voyage

Il est clair que certaines personnes d’entre vous ont déjà été sur un site de rencontre que ce soit pour niaiser ou pour toutes autres raisons qui ne sont pas de mes affaires. Vous connaissez probablement Tinder, Hot or Not ou, pour les plus âgés, Badoo? Et Miss Travel, ça vous dit quelque chose?

Ce site est probablement le pire que l’humain ait créé, à mon avis bien sûr. En fait, il est né pour aider les voyageurs à ne pas parcourir le monde seul. Lorsqu’on s’inscrit, on a la possibilité de créer notre voyage de rêve sur notre profil et attendre que quelqu’un nous répondre. Jusque-là, je ne suis pas contre. Ensuite, on peut choisir si l’on paye la totalité du voyage, la moitié ou rien du tout. Là est le problème.

Certaines jeunes femmes en profitent pour se faire payer la lune par des inconnus qui font habituellement le triple de leur âge. Le site est réputé pour contenir plusieurs suggar daddy à la recherche d’une jeunesse avec qui partager leur lit durant un certain temps à l’étranger, ce avec quoi je suis en total désaccord.

Les gens ne voient donc pas le danger là-dedans? Voyons donc! Les chances de tomber sur des personnes du même âge que nous, ayant de vraies bonnes intentions de voyager agréablement et d’être sérieux dans leur démarche sont assez minime merci, on va se le dire. Ce site de rencontre est la meilleure opportunité pour les pédophiles ou d’autres types de gens malsains de trouver preneur.

Un exemple? Vous savez les deux Québécoises qui se sont fait arrêter récemment en Australie pour trafic de drogue… Elles auraient très bien pu se faire payer le voyage par l’homme plus âgé qui était avec elles et se faire avoir rendu là-bas en transportant de la drogue. C’est mon hypothèse personnelle pour m’encourager à détester la page web, mais avouez qu’elle ne reste pas impossible?

Bref, méfiez-vous des voyages gratuits. Oui, c’est plaisant, mais à quel prix? 

 

 

Source de l’image : Miss Travel

C’est en juillet 2015 que Cassandra De Pecol a amorcé son périple à Paulau, dans l’espoir de briser un record Guinness, celui de la « plus jeune personne à voyager à travers les 196 pays souverains ». L’objectif de L’expédition 196 est sur le point de s’accomplir, pour la jeune  ambitieuse.

Au sommet de l’optimisme

En effet, l’américaine âgée de 27 ans a pour l’instant visité 180 des 196 États reconnus au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Il ne lui reste donc que 15 nations à explorer, avant la fin décembre, pour ainsi se voir apparaître dans le livre des record Guinness. Elle prédit qu’en moins d’un mois, elle aura visité chacun des pays souverains du Monde. Celle-ci compte aussi réaliser un documentaire dans lequel le public pourra découvrir ses escapades aux quatre coins du globe.

Pas seulement pour le « fun » de voyager

En fait, l’exploratrice en chef de l’expédition est aussi l’ambassadrice de l’Institut international de la Paix par le tourisme durable. Effectivement, pendant chacune de ses escapades –  d’une durée de trois jours, ni plus ni moins –  la jeune ambassadrice s’entretient avec de jeunes étudiants en tourisme, à propos des écosystèmes ainsi que du tourisme durable en plus d’agir en tant que « citoyenne du monde » à travers le Monde. « [Certes], je veux briser un record qui est de voyager au travers toutes les Nations Unies en moins de trois ans, mais ce qui m’est le plus important est de promouvoir le système de paix à travers le tourisme durable », souligne la jeune ambassadrice, dans une vidéo postée sur son site officiel, exposant les objectifs de l’expédition.

« J’espère inciter les gens à voyager davantage pour qu’il s’ouvre aux autres cultures, et que les autres cultures s’ouvrent à eux », affirme-t-elle dans la vidéo d’introduction de sa mission sur YouTube. Dans tous les cas, la jeune femme n’hésite pas à laisser sa trace, en plantant «  l’arbre national » de chaque pays qu’elle visite, afin de compenser son empreinte de  carbone.  La voyageuse a pour ce projet déboursé pas moins de 209 060 dollars. Un voyage financé à l’aide de sponsors et de dons du public.

Il y a de ces soirées où je ferme les yeux et où je ne pense plus à la routine. J’oublie les travaux, la vaisselle qui s’empile et les petits tracas d’étudiante pour rêver, tout simplement.

J’ai refait le monde à maintes reprises dans le confort de mes couvertures, éradiquant la pauvreté et les conflits. Sous mes paupières, il n’était plus question d’inégalité des sexes, de conflits sanglants ou d’attentats dévastateurs.

Dans mes rêveries utopiques, il faisait bon vivre sur toute la surface de la terre. Mon imagination débridée se plait à esquisser une société où les différences culturelles représentent une richesse.

Lorsque je ne refais pas le monde, je rêve d’aventures.

Je ferme les yeux et je suis catapultée à Istanbul, où je réalise mon souhait de visiter la Mosquée Bleue. En quelques secondes, je fais de la randonnée pédestre dans l’air pur des Pyrénées espagnoles. Le lendemain, je m’imagine aisément déambuler dans un souk marocain, humant l’odeur des épices décuplées par la chaleur. Ensuite, je vais faire un tour au Costa Rica, où je baragouine les quelques mots d’espagnol que je connais.

Parfois, je fais aussi un saut dans le passé. L’adepte d’architecture en moi visite l’Expo 67 alors que mon côté pacifiste discute avec Martin Luther King, lui-même assis à côté de Nelson Mandela. La fascinée d’histoire en moi assiste avec émotion à la chute du mur de Berlin et l’amoureuse du voyage que je suis visite le Pérou au temps de l’Empire Inca.

Je chéris ces soirées où mon imagination se perd en rêveries loufoques, parce que tout y est permis : aucune contrainte monétaire et le temps n’y est plus un facteur.

«La logique vous mènera d’un point A à un point B : L’imagination vous emmènera partout»

-Albert Einstein et ses douces paroles

Photo : Wikimédia

Cela fait maintenant plusieurs mois que j’explore la terre canadienne et je peux déjà dire qu’il y a certaines différences marquantes. À l’intention des futurs étrangers, je vous présente le top 10 des choses à ne pas faire au Canada! (Surtout quand on est un maudit français chiant 😉 )

  1. Oublier de donner un pourboire au serveur

Au Canada, le fait de donner plus ou moins 15 % de pourboires est obligatoire, faute de quoi on nous regardera avec insistance. Le serveur n’est pas près de nous oublier!

  1. Se servir de l’alcool des autres lors d’une soirée

Se servir dans le pack du mec assis à côté de toi : n’y songe même pas. C’est à TOI d’apporter ton propre alcool. Plus besoin de payer 20 euros pour n’avoir qu’un verre, héhé.

  1. Ne pas respecter l’environnement

On arrête de jeter les ordures et les bouts de papier par terre et on devient écoresponsable! Au Canada, la protection de l’environnement occupe une place majeure dans la société et la population marque un intérêt certain pour cette cause.

  1. Faire du bruit après 23 h

Si tu ne veux pas que la police débarque et te colle une amende. La première fois on se croit dans un film.

  1. Garder ses chaussures chez les autres

On laisse ses chaussures sales et boueuses sur le tapis d’entrée. Étrange au début, une véritable habitude par la suite! Attention aux super chaussettes que tu pourrais porter ce jour-là et à l’odeur de tes pieds.

  1. Vouloir faire la bise à tout bout de champ

Difficile de se défaire du réflexe français par excellence. Deux petits bisous sur les joues qui rapprochent les individus. Ici, c’est différent et c’est parfois beaucoup mieux. On serre la main pour dire bonjour ou on fait de gros « hugs » à nos amis proches!

  1. Rire de l’accent québécois

Ici, c’est toi qui as un accent. Pauvres c’htis et Marseillais…

  1. Boire de l’alcool dans la rue

Bien que ça le soit également en France (ou plus ou moins), boire de l’alcool dans la rue ou les parcs est formellement interdit, sous peine d’une lourde amende. Fini les petits biberons alcoolisés dans le métro ou dehors.

  1. Arrête de répondre au « bienvenue » du serveur

Comme les Anglais nous diront « You’re welcome », cela n’a aucun rapport avec notre statut d’étranger.

  1. Critiquer, râler, tout comparer à la France

Si tu es parti, ce n’est certainement pas pour critiquer ton pays d’accueil, mais bien pour l’aimer et le découvrir. ON OUBLIE LA FRANCE. Si personne ne te le demande, évite de tout rapporter à ce pays et cesse de réclamer du fromage à la place du cheddar. Ce n’est pas au Canada de s’adapter, mais bien à toi. En plus, la poutine est super bonne.

À mon moi de 40 ans,

J’essaie de t’imaginer physiquement, de construire tes courbes, de dessiner les traits de ton visage vieilli par le temps. Et tes cheveux, les teindras-tu ou les laisseras-tu trahir ton âge gris?

Peut-être m’en voudras-tu d’imaginer que la vieillesse aura pris d’assaut ton corps quarantenaire. En fait, je te souhaite de m’en vouloir et de pouvoir me prouver que tu es restée jeune.

Seulement, ce n’est pas la jeunesse de ton physique qui m’importe, mais bien celle de la personne que tu es devenue.

Souviens-toi de ces nombreuses folies où, à l’âge où je t’écris, tu as dit : «Anyway, ce sera pu grave à 40 ans!». Souviens-toi de la candeur qui t’habitait à cette époque. Tu n’étais qu’une âme en construction, un esprit qui rêvait d’être libre.

Soulève ton chandail et regarde sur tes côtes droites. Tu vois ce qui y est gravé?

«Free spirits will find their way»

Ferme tes yeux, rappelle-toi ce moment où ta merveilleuse amie et toi avez prononcé ces paroles et ressens leur profonde signification. Je prie pour que tu ne souhaites pas que je te raconte le moment en question à la suite de ce paragraphe, parce que je ne le ferai pas.

Si tu n’arrives pas à te le remémorer et que tu regrettes cette encre permanente marquée sur ta peau, c’est que tu as perdu. Parce que ces mots sont la base de ce qui te rend unique, peut-être même marginale, ici, maintenant, dans l’instant même où je t’écris.

Ils représentent l’entièreté de ton ouverture d’esprit, de ton idéalisation de la planète, de ton rêve d’être citoyenne du monde.

Ils définissent la base de ton désir de vivre l’aventure plutôt que de coller au moule sociétal dans lequel on nait prisonnier.

Ils alimentent ta compassion universelle, ta révolte contre l’injustice mondiale et ta volonté de faire une différence, ne serait-ce que dans la vie d’une seule personne.

Que penses-tu de ces arbres lourdement enneigés et d’un blanc pur qui brillent à la suite d’une tempête? Arrives-tu en retard au travail parce que tu t’es arrêtée quelques minutes de trop pour les admirer comme tu avais l’habitude de le faire avant tes cours?

Le pouvoir de la contemplation, de l’émerveillement… Ces termes te parlent-ils toujours?

Je me demande à quelle vitesse défile le train de ta vie. À l’âge où je t’écris, tu t’es donnée comme défi de le ralentir, voir même de l’arrêter un peu plus souvent. Tu tentes d’abandonner le contrôle pour le laisser prendre le rail qu’il préfère. Y es-tu parvenue ou a-t-il eu raison de ton combat?

À mon moi de 40 ans,

J’espère que tu liras ces lignes en ayant en tête autant de paysages admirés qu’il y a de caractères dans ce texte.

Autant de fous rires accumulés que le nombre d’étoiles visibles dans le bras de la Voie Lactée.

Autant de cultures découvertes que de larmes versées à cœur ouvert.

Autant d’aventures vécues que de visages croisés sur ton chemin.

Autant de pays déchiffrés que le nombre de folies improvisées durant ta jeunesse, c’est-à-dire jamais trop.

Et si jamais, à la suite de ces mots, tu as le malheur de te dire «Mon dieu que c’était beau, la naïveté de 18 ans…», je t’en supplie, arrête-toi. Regarde le monde qui t’entoure et prends le temps de te perdre dans son environnement, dans sa nature, dans ses regards, dans son énergie, dans ses connections.

Tu ne sauras que mieux t’y retrouver.

Photo et montage : Eve-Marie Fournier

Le voyage est la forme d’ivresse la plus totale. La liberté atteint son paroxysme dès lors que l’on admire un paysage magnifique et intouchable, plus réel que les cartes postales qui ont l’habitude de nous faire rêver. Les cheveux dans le vent, les joues roses et froides, les pieds engourdis et les yeux toujours vivants.

Cet hiver j’ai eu les vacances dont j’ai toujours rêvé. J’ai eu mon propre «road trip». Contrairement aux films, il y avait un peu plus que quelques culottes et une brosse à dent dans mon sac à dos, et je n’ai pas pu voyager la crinière au vent en chantant à tue tête dans une vieille Chevrolet cabriolet. C’était mon aventure à moi, avec ses maladresses et ses imprévus. J’ai réalisé mes rêves d’enfants, découvert tout un tas de choses dont je ne mesure pas encore l’impact.

En réalité, je ne me rends pas bien compte de ce qui m’arrive. Moi, la petite bourguignonne qui avait pour habitude de se pelotonner dans son lit et de passer son temps à rêver, qui se contentait de simplicité et aimait le confort et la sécurité. Aujourd’hui je vois plus grand, j’ai soif d’aventure et d’inconnu. Et pour la toute première fois, je suis heureuse toute seule. Je n’attache pas mon bonheur à un garçon qui m’aurait fait tourné la tête une fois de plus, non, je suis heureuse par moi-même et par les choix que j’ai fait. Je n’ai pas besoin que quelqu’un m’apprenne à être heureuse et prenne soin de moi car j’en suis parfaitement capable.

La distance avec les gens que l’on aime n’est pas la fin du monde, il s’agit seulement d’une question d’habitude. On s’adapte, on s’habitue et parfois on oublie. Il n’y a que le voyage qui permet la véritable expérience, car il est un test à chacune de nos relations humaines. Il est le test de notre moi intérieur, le fameux et impénétrable moi intérieur, celui qui nous met en proie à des interrogations et qui ne cessera jamais de nous surprendre. On dit souvent que les plus belles photos sont celles qui se capturent avec les yeux. Elles restent bien au chaud dans un coin de la tête et ce sont elles qui continueront de nous interpeller.

Je sais que demain m’appartient. Car, dans ces instants suspendus que personne ne peut me voler, je me plais à être la reine du temps. 

Photo: We Heart It

Avant je rêvais d’aimer. Disney me faisait rêver de la perfection, de la princesse et de son prince charmant, des plus beaux paysages, et de son histoire à saveur d’un conte de fée. Sauf que le conte de fée, c’est trop cliché. Aujourd’hui, je veux pas juste aimer, je veux voyager à travers l’amour.

Je veux qu’on parte en sac à dos, et qu’on vive la vraie vie; t’sais celle qui connaît le doute, la peur, la tristesse et la déception. Mais je te promets que dans notre sac à dos, il va aussi y avoir du bonheur, des rires, de l’amitié profonde, des folies, et bin de l’amour.

Je te promets que le jour où on décide de partir, on va se rendre quelque part, mais j’espère que t’es prêt à tout, parce que la destination je la connais pas, et le chemin non plus. Il y a des fois où on va se retrouver devant les plus belles merveilles du monde, que ce soit la muraille de Chine ou les pyramides d’Égypte, mais il y a d’autres fois où on va se retrouver sur la terre ferme à observer des jeunes guerriers sur les champs de cacao. Pis nous aussi on va se sentir comme des guerriers de l’amour, parce que ce n’est pas toujours facile.

Ça se peut qu’on se perdre, pis ça se pourrait même que le trajet soit long parce que des fois on doit vivre avec les tensions, comme on doit vivre avec les défauts de l’autre. Des fois, voyager longtemps ça donne l’impression que c’est monotone, que c’est routinier et que ça devient ennuyant. Ça arrive, pis ça va nous arriver à nous aussi. Mais ce jour-là, faudra juste changer la boussole de bord, pis on ira visiter le Nord. Le Danemark t’en penses quoi?

Je veux jamais que tu me demandes où on s’en va demain, parce que demain je le connais pas. Je sais pas si t’es l’homme de ma vie, mais t’es celui qui me rend heureuse maintenant, pis le moment présent il est bin plus beau. Si on n’en profite pas, l’angoisse va nous rattraper. T’sais quand je te parlais du doute, je voulais parler de ces questions qui nous tracassent quand on pense au futur. On en a pas besoin de celles-là, elles sont juste là en guise d’obstacles, mais les obstacles ont été inventé pour être traversé, pas pour te faire tomber.

T’aimes tu ça les manèges toi ? Parce que j’aimerais ça que tu embarques dans le mien. Ça va arriver que ça ressemble à une montagne russe, que ça tourne en rond, que ça aille vers le bas pis que ça remonte en haut, mais je te promets qu’on a bin du fun dans ce manège-là. Des fois, ça fait peur, mais quand on est rendu dedans, on veut pas débarquer.

Voyager, c’est vouloir tout découvrir, tout voir. Tout de suite. Parce que la société veut que ça aille vite, ça fait que nous aussi on veut aller vite. Pis à certains endroits va falloir ralentir le rythme parce que pour connaître le monde, faut prendre le temps de le faire. Regarder en surface, ça rien de ce que ça l’air en profondeur des fois. Tu le sais comme moi que la Chine ça l’air beau, l’architecture est d’une beauté inestimable, mais les conditions de travail sont pas toujours celles que tu pourrais oser imaginer.

Voyager, c’est aussi des beaux moments. Je veux qu’on regarde les étoiles jusqu’au lever du soleil, qu’on danse sur la plage, qu’on se découvre au fur et à mesure qu’on découvre le monde, pis qu’on garde toujours en tête qu’on est biens. Ça se peut que tu veuilles déraper des fois, vivre tes trips seuls, faire des expériences qui t’appartiennent, et je te le souhaite. Parce que voyager à deux, c’est aussi faire son propre voyage personnel dans le même envol.

Je ne sais pas on si on va se rendre à San Francisco ou en Australie, mais je te promets qu’on va faire un bout ensemble. Voyager, c’est plus que de la distance. C’est d’apprendre à se découvrir, à apprivoiser l’amour, à en tirer des apprentissages, à en créer des souvenirs, à vivre des nouvelles expériences, à faire des nouvelles rencontres, à se cultiver, et à devenir quelqu’un de grandissant. Puis si jamais tu finis par décider de faire le voyage seul, je te promets qu’on aura fait le plus féerique des voyages. Ça ne sera pas comme l’histoire de Cendrillon, mais ce sera notre conte de fée à nous.

Mais après tout, c’est ma version de l’amour, pis je ne voudrais pas qu’elle soit parfaite. Parce que moi la perfection je trouve ça fastidieux.

Photo: weheartit

Un matin, je vais me lever, lancer deux ou trois t-shirts et une paire de jeans dans un sac. Je vais me faire un café et prendre mes clés. Après, je vais rouler.

 Je vais laisser mon cellulaire sur ma table de chevet et je vais mettre un CD qui bouge dans le lecteur de la voiture. Je ne dirai rien à personne, je vais juste rouler. Longtemps. Sans avoir de plans, sans avoir de raison. Simplement pour le bonheur de me sentir libre.

 Je vais rouler jusqu’à ne plus avoir d’essence. Rendue là, je vais aller en remettre et continuer. Je vais éviter les autoroutes, prendre les chemins de campagne. Je vais ouvrir les fenêtres, laisser le vent venir me décoiffer et m’en foutre, chanter des chansons à tue-tête. Je vais juste rouler, pis ça va être assez.

 Je ne sais pas jusqu’où je vais aller. Vers l’ouest? Le sud? J’aviserai en temps et lieu. Je vais rencontrer des gens dans des petits restaurants locaux, je vais découvrir du pays, je vais être libre. Ne pas avoir de comptes à rendre à personne, même pas à moi-même. Je vais vivre au jour le jour et apprécier la vie.

 Je vais rouler encore. Rouler jusqu’à ce que je sois perdue et que je doive m’arrêter dans une station-service pour obtenir une carte. Je vais rire avec le caissier qui ne saura pas comment m’aider, parce que je n’ai pas de destinations. Je vais retourner à ma voiture, faire le plein d’essence et repartir.

 Je vais voir des paysages que personne n’aura jamais vus, je vais me perdre dans mes pensées, je vais inventer mille et une histoires. Je vais prendre des tas de photos, me créer des souvenirs à la pelletée. Je vais m’arrêter au bord d’un lac et regarder le soleil se lever en buvant mon café, bien emmitouflée dans une grosse doudou.

 Après avoir flambé toutes mes économies, je vais revenir. Je vais avoir un gros sourire aux lèvres. Les gens vont me poser des questions, mais je ne répondrai pas. Ce voyage, ça va être mon secret. Mon escapade dans la nature, mon contact avec moi-même.

 Mais je dirai une chose à ces gens : la vie est belle.

Photo : Flickr

Le 24 décembre dernier, une majorité de Québécois déplorait l’absence de neige, véritable symbole du temps des fêtes dans la province. Pendant ce temps dans la chaleur de l’Espagne, les festivités battaient leur plein, mais rien à voir avec nos traditions nord-américaines!

La veille de Noël dans la région de la Catalogne, en Espagne, les habitants fêtent la Tió. Cette tradition est typiquement catalane. Il faut savoir que la Catalogne est différente du reste du pays, elle est plus prospère et ses habitants possèdent leur propre langue : le catalan. Les habitants réclament leur indépendance depuis plusieurs années, invoquant le fossé culturel qui les sépare du reste de l’Espagne. Il ne faut donc pas se surprendre si la région a des traditions qui lui sont propres!

La Tió, qui signifie « Bûche de Noël » en catalan, est une fête assez surprenante pour ceux qui ignorent son déroulement comme c’était mon cas jusqu’à ce que Berta, une Catalane de 17 ans, m’explique en quoi elle consiste. Au début du mois de décembre, les familles placent dans leur maison un tronc d’arbre sur lequel elles auront dessiné un visage souriant. Le tronc d’arbre, appelé tió, est recouvert d’une couverture et il est aussi affublé d’une barretina, le bonnet typique catalan.

Le soir du 24 décembre, la famille bat la bûche avec des bâtons pour la « faire chier », ou autrement dit, pour qu’elle donne des cadeaux. Lorsque Berta m’a dit cela, j’étais plutôt perplexe et bien honnêtement, je me suis dit que le français n’étant pas sa première langue, alors il était bien probable qu’elle n’ait pas trouvé d’autre mot pour exprimer sa pensée! Eh bien non, « faire chier le tió » est l’expression exacte, aucun terme plus poli ne peut être employé! Les parents ont caché de petits cadeaux sous la couverture du tió, qui sont découverts une fois que le tió est « chié ». Lorsque les membres de la famille frappent la bûche avec des bâtons, ils chantent des chansons traditionnelles de ce moment de l’année.

Lorsque Berta a eu terminé de me décrire cette tradition du 24 décembre, elle a conclu en disant : « On est bizarres les Catalans! ». Je ne la contredirai pas, mais chose certaine, j’aimerais bien vivre un tel réveillon une fois dans ma vie!

En ce qui a trait à l’arrivée du Nouvel An, les Espagnols ont une tradition bien particulière : ils mangent un raisin à chacun des douze coups de minuit précédant l’arrivée de la nouvelle année. On les appelle les raisins de la chance, parce que la tradition veut que tous ceux qui parviennent à les avaler à temps vivent une année remplie de chance et de prospérité. Ce n’est toutefois pas aussi aisé qu’on serait porté à le croire parce que les raisins espagnols sont bien plus gros que les raisins québécois, en plus de contenir d’énormes pépins, a spécifié Berta.

Finalement, comme le père Noël est très peu répandu en Espagne, ce sont plutôt les Rois mages qui apportent les cadeaux aux enfants, dans la nuit du 5 au 6 janvier. Alors que les enfants d’ici écrivent une lettre au Père Noël, les gamins espagnols s’adressent plutôt à Melchior, Gaspar et Balthazar, les trois Rois mages orientaux.

Voilà donc comment se déroulent les célébrations du temps des fêtes en Espagne. Si les Catalans ignorent tout de la magie d’un Noël blanc, ils peuvent par contre se targuer d’être parmi les seuls qui vivent l’effervescence entourant la Tió.

Photo : Joan Cuevas