vie

– Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

– Plus tard quand ?

– Je veux dire une fois adulte, après tes études ?

J’ai 20 ans et j’ai de la misère à imaginer ce que je vais manger pour souper ce soir. Est-ce que je vais me faire un bon repas de tartare au saumon et au bœuf ou est-ce que je vais me faire livrer une bonne poutine bien grasse dans le confort de mon salon ? Je ne le sais même pas. Pourtant, le souper, c’est dans à peine 5 heures. Maintenant, tu me demandes de te décrire mon plan de vie détaillé et à l’échelle pour quelque chose qui ne se produira même pas dans une semaine ? C’est loin, c’est clairement trop loin.

Je ne peux même pas prévoir si je vais avoir envie de sortir jeudi ou vendredi soir avec mes amis. Ah non, ça, en fait, je peux le prévoir, mais ça, c’est une exception. Le point étant qu’on nous demande sans arrêt de penser au futur, de se projeter de l’avant et de savoir ce que l’on va « faire dans la vie ». Où on va être dans 5, 10 voire même 30 ans ? Ne pensez-vous pas que ce temps-là est révolu, voire démodé ? Le temps de nos parents et des vieux de la vieille où avoir un job stable était signe de réussite. Un signe de réussite professionnelle peut-être, mais est-ce également synonyme de réussite sociale, d’épanouissement et d’accomplissement en tant qu’individu ? On se croirait en cours de philo, hein ? Et pourtant, ces questions méritent, à mon sens, qu’on leur prête une attention, ne serait-ce que le temps de finir la lecture de mon article.

La réussite ne repose pas sur l’argent, c’est d’ailleurs pour cette raison que je me demande à quoi bon nous demander ce que l’on fera plus tard ou quel job on aura. Au lieu de me demander ce que je ferai plus tard, ou encore où je me vois dans x nombre d’années, demande-moi plutôt si je suis heureuse, si je me sens bien, si j’arrive à trouver un équilibre entre l’école, le travail, les amis. Demande-moi qu’est-ce qui me fait du bien et ce qui me rend heureuse et demande-moi ce que j’aime réellement, si j’ai une passion, quelque chose qui me tient en vie et qui me donne envie de me lever le matin.

À partir de ce moment-là, on laissera les banalités de côté et je te promets : on aura une vraie conversation qui durera pas mal plus longtemps que : « Bof, j’sais pas, on verra… »

Si vous pouviez sauver huit vies. On croirait un titre de film hollywoodien où l’acteur principal incarne un superhéros. On ne parle pas ici de film hollywoodien, mais cet acteur, il existe bel et bien : c’est vous. En faisant don de vos organes et tissus après votre décès, vous pourriez sauver huit vies.

En cette semaine du don d’organes et de tissus, une campagne est en cours pour sensibiliser la population à l’importance du don d’organe. Les donneurs, une fois qu’ils ont quitté cette terre, peuvent faire un dernier don significatif : celui de la vie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, un don de vie. Quelqu’un peut, à lui seul, sauver huit vies et aider 20 personnes en attente d’une greffe grâce à un simple trait de crayon.

À la date du 31 décembre 2015, 856 Québécois de tous âges attendaient une transplantation. Si on ne se fie qu’aux chiffres, il faudrait donc à peine plus de 100 donneurs pour répondre à la demande. Hélas, la réalité est bien plus complexe. Tout d’abord, il faut que la mort neurologique d’un donneur soit déclarée. Le diagnostic de décès neurologique tombe lorsque le cerveau ne fonctionne définitivement plus. Ensuite, il faut que le donneur soit compatible avec ceux qui bénéficieront de ses organes. Ainsi, la taille des organes, leur poids et la compatibilité des groupes sanguins sont des facteurs qui peuvent influencer un don. Finalement, une transplantation représente une course contre la montre : certains organes tels le cœur ou les poumons doivent être greffés dans les six heures suivant le décès du donneur.

Lorsqu’il s’agit de dons d’organe, les esprits peuvent s’échauffer très rapidement. D’un côté, les inconditionnels militants du don d’organes, qui y voient une preuve d’altruisme immense et une dernière chance de faire le bien autour d’eux. De l’autre, les plus réticents qui, pour diverses raisons, refusent de faire don de leurs organes et tissus. Sous le couvert de l’anonymat, certaines personnes ont accepté d’expliquer les raisons pour lesquelles elles n’ont pas signé leur carte d’assurance maladie.

Elle a 17 ans et c’est parce que sa mère refuse qu’elle ne soit pas enterrée entière qu’elle n’a pas signé pour faire don de ses organes. Lorsqu’elle aura 18 ans, elle s’emparera d’un crayon et il lui fera plaisir de signer sa carte d’assurance maladie. Elle déplore toutefois le fait que certains l’aient déjà traitée de « sans-cœur égoïste » suite à des choix qui, somme toute, sont personnels.

Si, au paradis, nous avions besoin de tous nos morceaux? C’est la question qu’un grand-père a posée à sa petite-fille. « Ce n’est pas bête » s’est-elle dit. Et puis, il n’est jamais trop tard pour la signer, cette carte! souligne-t-elle.

Pourquoi n’a-t-il pas signé sa carte d’assurance maladie? « On ne me l’a jamais demandé et j’ignore les procédures » répond-il simplement. Trop souvent, le manque d’informations est un obstacle pour ceux qui désireraient faire don de la vie après leur décès, d’où l’importance de la Semaine du don d’organes et de tissus. C’est l’occasion d’informer la population sur les différents types de dons, car bien que seul le don d’organes après le décès ait été abordé dans cet article, il est également possible de faire un don vivant, notamment de rein ou de foie.

Au Québec, il existe trois façons de faire savoir son consentement au don d’organes et de tissus.

  • La signature de l’autocollant figurant au dos de la carte d’assurance maladie.
  • L’inscription au registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).
  • L’inscription au Registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Chambre des notaires du Québec.

Pour plus d’information concernant le consentement au don d’organes, vous pouvez consulter le www.signezdon.gouv.qc.ca.

Dernièrement, j’ai fêté mon anniversaire. J’ai eu 22 ans. Étrangement, je n’étais pas tellement enthousiaste à l’idée de célébrer mes 22 ans. J’étais plutôt stressée.

Il me semble que je ne suis vraiment pas prête à affronter mes 22 ans. Il me manque encore trop d’outils pour vivre mes 22 ans. J’ai dû être déconcentrée à quelque part dans mon cheminement pour qu’il me manque un paquet d’informations pour continuer de vieillir comme du monde.

Bien que selon la loi je suis considérée comme une adulte depuis maintenant 5 ans, il me manque un paquet de skills d’adulte. Le genre de skills que tous les adultes que je côtoie maitrisent à la perfection. Des skills comme cuisiner des repas équilibrés, établir un budget ou bien soigner un rhume de façon rapide et efficace.

Je me rends compte qu’à 22 ans, j’ai encore besoin de mes parents pour un paquet d’affaires! Je fais cuire une pièce de viande? J’appelle maman pour savoir à quelle température je dois mettre le four. J’ai un tricot que je dois laver? J’appelle maman pour savoir si je le lave dans la laveuse ou à la main. Je lave mon four? J’appelle papa pour savoir quel produit je dois utiliser. Pourquoi mes parents peuvent répondent à ces questions et pas moi? J’ai tu manqué le cours de ‘’savoir universel’’ ?

Est-ce que je suis obligée de vieillir? Est-ce qu’on peut arrêter mon horloge biologique une couple d’années? Est-ce que je peux avoir 22 ans jusqu’à la fin de mes jours? Je vais faire quoi le jour ou j’aurai des enfants et que je vais avoir une hypothèque à payer? Je vais appeler maman pour qu’elle m’explique c’est quoi une hypothèque? (Non, je ne sais pas c’est quoi).

Ça me stresse avoir 22 ans parce que je ne suis pas prête à agir en adulte. J’éprouve encore du plaisir à faire du coloriage, des casse-têtes ou de la pâte à modeler. J’aime ca quand mes amis me donnent des p’tits surnoms quétaines. Je rêve secrètement d’avoir la taille requise pour rentrer dans les modules du McDo.

 Je ne suis pas capable de dormir sans mon toutou (OUI! J’ai un toutou!) Je capote beaucoup trop quand je rencontre des animaux dans la forêt et j’éprouve encore un immense plaisir à m’acheter un calendrier de chocolats à noël.

Je ne veux pas vieillir parce qu’il me reste encore trop de choses à vivre. J’ai l’impression que plus je vieillis moins j’ai la chance de faire des choses. Je ne veux pas me réveiller à 40 ans et me rendre compte que j’ai passé à côté d’un paquet de choses! Je ne veux pas me réveiller à 40 ans et me rendre compte que j’ai jamais acquis ça moi, des skills d’adulte.

Photo: We Heart It

Salut… moi. Surprise un peu, non? Oui, j’imagine. Tu te demandes pourquoi je t’écris ? Et bien, j’ai deux-trois trucs ben importants à te dire.

T’es encore jeune, t’as la vie devant toi. N’hésite pas, fonce. Ne laisse pas les autres te dire quoi faire. Aide-les, mais ne sois pas « trop fine » non plus. Tiens tes rêves bien fort aux creux de tes mains et ne les laisse pas s’enfuir. Bats-toi pour eux. Ils ne sont pas cons, ils ne sont pas stupides. Ils valent la peine.

Tu vas avoir de la peine de la vie, tu vas avoir des bouts rough. Mais t’es meilleure que ça, t’es forte. Tu vas en pleurer un coup pis tu vas avoir l’impression que ça n’en finira pas. Mais ça va finir. Tu vas te relever, à chaque fois. Ça va être dur, mais t’es une battante. Tes démons, tu vas les envoyer au plancher pis j’te jure, tu vas être heureuse. Tes larmes, elles vont arrêter de couler. Ton petit cœur massacré, il va se réparer. TU vas le réparer. Personne d’autre, juste toi. Parce que t’es forte de même.

Tu vas connaître l’amour, aussi. C’est le fun, non? À dix-sept ans, j’te jure que tu vas déjà avoir aimé de tout ton cœur. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de connaître ça. T’es chanceuse. Ça ne durera pas toute la vie, mais il va te laisser des bons souvenirs. Pis tu vas être capable de continuer. Tu vas pleurer, mais tu vas te relever. J’te le promets.

Tes amis, ils t’aiment, okay? Ils vont toujours être là pour toi, peu importe les galères. Ils vont t’aider à rester sur le bon chemin. N’hésite pas à aller les voir. Ils sont là. Ils vont te supporter, ils vont tout faire pour que tu sois heureuse. Ne les repousse pas dans les moments durs. Serre-les fort dans tes bras et dis-leur merci. Ne les laisse pas s’en aller. Garde-les dans ton cœur pour toujours.

Je le sais que t’as peur. Peur de toujours rester dans ton petit coin de pays, de ne jamais voir le monde. Tu vas le voir, le monde. Tu vas partir à l’aventure, tu vas explorer. Des voyages, tu vas en faire. Tu vas partir sans trop savoir ce qui t’attend. Pis tes découvertes, elles vont te faire vieillir dans le bon sens.

Sèche tes larmes. Je le sais, t’as toujours été un peu trop sentimentale. T’as pas à en avoir honte. Mais attends. Attends encore un peu, j’ai presque fini.

T’es belle. Ne laisse pas les autres te dire autrement. T’as le droit de te promener en joggings. T’as le droit d’avoir les cheveux tout croche. Je te donne le droit d’être belle sans maquillage, avec tes dents un peu croches. T’as le droit de t’aimer. Continue de le faire.

Ta vie ne sera pas toute rose, mais je t’assure une chose : elle vaut la peine.

Tu seras heureuse.

Photo : https://www.pexels.com/photo/sunset-sunrise-landscape-nature-6952/

Tu t’es peut-être déjà demandé comment tu vivrais sans doigt. Sans bras. Tu t’es peut-être dit que tu t’arrangerais juste avec tes pieds. Mais imagine que tu n’as pas de jambe aussi. Imagine un peu ce que tu ne pourrais pas faire. Il y a beaucoup de choses dans ton esprit, non? Et bien, laisse-moi te montrer comment tu te trompes.

Nick Vujicic, 33 ans, est né sans membre. La raison de ce handicap est inconnue et lui a apporté bien des déboires dans sa jeunesse. Il avoue avoir sombré en dépression lors de son adolescence. Il avait peur de ne pas être comme les autres, il enviait les garçons qui sortaient et avaient des copines.

Au fil du temps, il a appris à avoir confiance en lui. Pour Nick, c’est sa rencontre avec Dieu qui l’a aidé à retrouver le droit chemin. À quinze ans, un passage de la Bible attire son attention et le marquera à vie. Il s’agit de celui où Jésus rencontre un aveugle de naissance et lui dit que Dieu a un plan pour lui. Nick vit selon la même logique et fait de son mieux pour tourner sa mauvaise fortune en bonne.

Aujourd’hui à la tête de l’organisation Life Without Limbs, Nick traverse le globe afin de donner des conférences sur sa confiance en Jésus. Il lance un message d’espoir, teinté d’humour, afin de rassembler les gens ensemble malgré leurs différences.

Sur son blogue, Nick raconte ses aventures aux quatre coins de la planète. Sa tournée internationale World Outreach en 2013 avait pour but de raconter son histoire, partager sa foi et rencontrer ceux à qui il donne espoir. De la Bolivie aux Philippines, en passant par la Hongrie, son voyage inspirant y est décrit.

Depuis 2012, il est possible de l’écouter en streaming. Il s’agit de capsules de quelques minutes, portant sur ses réflexions quotidiennes. Très actif sur Facebook et Twitter, il aime prendre le temps de répondre aux messages qui lui sont envoyés.

Aujourd’hui, Nick Vujicic est un homme accompli et fier de qui il est. Il arrive à vivre sa vie, il est indépendant. Marié et père de trois enfants, on peut dire que son handicap n’est plus un obstacle à son bonheur.

Site Web : http://www.lifewithoutlimbs.org/

J’aimerais ça te raconter mes yeux, t’expliquer que même s’ils semblent fuyants par moment, ce n’est pas du snobisme, je te jure. Je n’ai pas la prétention de me croire supérieure à qui que ce soit, même pas quand je bois un dry martini avec des olives farcies aux amandes.

J’aime même pas ça anyway.

Non, ce n’est pas un complexe d’infériorité, je t’assure. Je les ai vécues, les années de torture psychologique pour un pas grand chose. J’osais même pas me pencher pour attacher mes lacets devant tout le monde, tu vois le genre. C’est con, ça n’sert à rien. Tu fais juste t’enlever l’opportunité de te montrer au grand jour. Pourtant, c’est beau le Soleil, ça porte sur ses rayons l’odeur d’un jour plus libre. Ça chatouille, ça s’éclate sur tout ton tapis de peau, pis même en dedans.

C’est peut-être que tu m’intimides un peu, je t’avoue, mais toujours dans un mélange de fascination et de curiosité. Ce n’est pas de la gêne tant que ça, je me garde juste le plaisir de laisser planer le mystère. Aussi parce que je me vois mal arriver dans ton monde en y imposant le mien. Pas que je crois que ma réalité crie fort, mais parce que la rencontre de deux passés différents m’intéresse, pas la domination d’un empire. Ce n’est pas le mur de Berlin, mais quand même, y’a ce rideau entre nous qui ne nous dévoile de chacun que les ombres de nos silhouettes évasives dont la lumière du grand jour a bien voulu tiré portrait.

Je n’ai de toi qu’un croquis grossier. Je n’ai de toi qu’un tout petit souvenir, le temps d’un minime partage d’une parcelle d’instant. De toi qui cours pour attraper le bus en laissant voler quelques feuilles de ton porte-document. De toi qui se regardes dans le reflet de la vitre du métro en essayant de te recoiffer subtilement. De toi qui se plantes 5 minutes devant le comptoir à produits laitiers pour faire un choix réfléchi entre le yogourt grec au citron et le Silhouette aux fraises en spécial à 1,99$. De ce que tu dis à ton enfant pour le rassurer dans la salle d’attente chez le dentiste. De toi qui es dans ma vie en hors-champ le plus souvent, mais qui contribues tellement à l’authenticité de mon quotidien.

À toi que je ne connais pas, j’aimerais ça te raconter mes yeux. Te dire que si je n’ai pas soutenu ton regard dans la file du McDo, ce n’est pas par snobisme, par complexe d’infériorité ou par gêne, c’est parce que je me doute bien que tu ne connais pas l’ampleur de ce que tu m’inspires.

J’aimerais ça savoir si t’es le genre de personne à mettre du ketchup un peu partout. Que tu me dévoiles ce qui te fait chanter du ABBA sous la douche à 6h AM. Que tu me confies ce qui te fait briller d’existence, ce qui te fait crier de rage, ce qui te rend malade à un point où t’as les yeux flous tout le temps. Que tu me racontes la fois où les papillons t’ont brûlé le ventre à force de danser. J’aimerais ça que tu m’expliques tes yeux, pour que tu puisses comprendre les miens. Que pendant que j’hésite entre le trio MacPoulet pis le Joyeux Festin croquettes, tu me racontes pourquoi la sauce à Bigmac te fait penser à ta grand-mère.

C’est peut-être purement égoïste de ma part de vouloir découvrir ton univers avant de te dévoiler ce qui m’habite moi aussi, mais voilà, j’ai juste envie de te dessiner en une esquisse, en ce que j’ai capté de plus brut. De gribouiller sans finir les lignes, pour laisser place à l’imaginaire, pour continuer de carburer à l’inspiration. C’est ce qui me permet de ne pas me lasser de la vie.

Pas parce que je n’aurais pas voulu que notre rencontre dure plus longtemps, mais je ne voudrais surtout pas estomper la véracité de ce partage, dans toute sa petitesse et sa grandeur.

Je ne te connais pas, tu ne me connais pas. J’aurai sans doute oublié à quoi ressemble ton visage dans 2 semaines, mais pour un instant, tu m’as fait ressentir la beauté de l’ordinaire. Et tu as probablement changé quelque chose en moi, sans que tu ne le saches, sans que je ne le sache. Parce que tu m’inspires la vie, cher inconnu. Et par ton regard, tu me rappelles que j’en suis une moi aussi.

Je ne suis qu’une vague solitaire qui trouve refuge dans les marées des eaux inexplorées.

Photo : Tumblr

T’as probablement lu les livres d’Alexandra Larochelle quand t’étais jeune. Dis-moi pas le contraire, ses six tomes d’«Au-delà de l’univers» te rappellent probablement quelque chose. Après une dizaine années d’absence, elle nous revient avec son nouveau livre : «Des papillons pis de la gravité».

Je sais, moi aussi j’ai trouvé le nom bizarre sur le coup. Mais inquiète-toi pas, tu vas aimer ce livre-là.

En fait, c’est l’histoire d’une fille, Frédégonde Hautcoeur, qui te raconte son histoire d’amour «à l’eau de cactus». Assise autour d’un bon verre de vino, elle te fera le récit de sa vie.

Tu feras donc le saut dans la vie amoureuse d’une adolescente normale qui se cherche et qui n’est pas sûre du chemin que prendra son destin.

Une mère décédée, un père qui retrouve l’amour après de longues années, peine d’amour et amitié sont les quelques mots qui décrivent sa vie.

Écrit en français québécois, tu peux facilement imaginer la voix de ton amie Frédégonde : «Je te jure, y m’a déclenché une ovulation» est une des nombreuses phrases que tu liras dans ce livre qui est, ma foi, rempli d’expressions que tu n’auras jamais entendues.

Un petit roman de 180 pages facile à lire, 180 pages de pur plaisir. Alexandra Larochelle a clairement touché dans le mille pour son comeback littéraire.

Photo : Archambault.ca

Un ACV, 3 opérations au cervelet, une grave méningite bactérienne. J’imagine que c’est ce qu’on lit dans mon dossier médical de jeune fille de 19 ans lorsqu’on l’ouvre. Je suis née avec une malformation des vaisseaux sanguins dans le cervelet. Un amas de capillaires qui sont entremêlés pis ouf… il ne faut pas que ça saigne cette affaire-là!

«Tu vas sortir grandie de tout ce mauvais rêve.»

J’aimerais donc ça! Mais ce matin, assise dans mon lit avec mon café, je réfléchis et je ne vois vraiment pas en quoi ça m’a aidé à grandir. Ça ne m’a pas rendue plus mature ou responsable, ça ne m’a pas fait voir la vie différemment. Je suis la même personne que j’étais.

« Tu es la fille la plus courageuse que je connaisse, tu es passé à travers. »

Combien de fois ai-je entendu cette phrase? Le truc est que je ne suis pas plus courageuse que toi, belle fille en santé. J’ai juste été obligée de me battre. Ce n’était pas un choix comme celui d’aller escalader l’Everest. Soit je me battais et j’acceptais de me faire jouer dans la tête, soit je mourrais. Ce n’est pas du courage, c’est de l’acceptation.

Mais reste que ce n’est pas ma maladie qui décide de qui je suis. Ce n’est pas ce que tu as vécu qui dicte où ira ta vie. Tu décides de surmonter ce qui t’arrive de la façon dont tu as envie.

Il y a environ un an jour pour jour, j’ai appris que j’étais guérie pour toujours.

Oui, je suis reconnaissante du travail des docteurs et du choix de mon corps de se battre jusqu’au bout. Au final, j’ai accepté de vivre ce que la vie m’a envoyé. Parce que des fois, ce ne sont pas des choix, mais des obligations. N’oublie pas que tu as quand même le contrôle sur comment tu vas affronter ces épreuves-là.

Photo : WeHeartIt

Ça, c’est une période de temps déterminée. Ça se  compte en jours, en mois, en années ou même en heures. Tout le monde veut une réponse à la question du «après ça». Le moment est venu : je suis rendue au fameux «après ça».

Pendant que je vivais mon ça, je me disais que j’allais commencer à planifier mon après environ un mois avant que ça finisse. Un mois, ça me semblait un bon laps de temps, ça me semblait en masse.

J’ai cherché, j’ai lancé des lignes à l’eau. Pendant deux semaines, j’ai pensé à m’en faire surchauffer le cerveau, à en manquer de sommeil. C’est que pour la première fois de ma vie, je me retrouvais à être perdue. J’ai toujours été la fille qui savait précisément où aller, même lorsque tout le monde aux alentours n’avait aucune idée du chemin à prendre. Mais là, à cet instant, je ne savais plus où donner de la tête. Je paniquais : j’étais pire qu’une chèvre qu’on aurait pitchée en pleine forêt amazonienne.

Je me suis rendue compte que ça ne me servait à rien. J’ai lâché prise et j’ai tout simplement profité à fond de la fin de ça, sans trop penser au après.

Maintenant que ça est fini final, qu’il est devenu un incroyable souvenir, le après ne s’est pas gêné pour me sauter en pleine face. Mais la panique ne l’a pas accompagné.

«C’est quoi tes plans?»

Des plans au pluriel? Je n’en ai pas. Un plan au singulier non plus. Et scoop : ça me rend tellement heureuse.

En fait, un plan, j’en ai un sans même le vouloir. J’ai le plan de ne pas avoir de plan.

Je crois qu’il n’y a aucun mal à se coucher sans savoir de quoi demain sera fait. Au réveil, je ne vois aucun problème à confier à Dame Nature le droit de déterminer l’orientation de ma journée. Je pense aussi que de laisser le vent nous porter là où bon lui semble n’est pas synonyme d’une incapacité à se décider. Au contraire, je pense que ça prend de la confiance et du courage, et ce, autant en soi qu’en la vie.

Notre vie, c’est comme la carte au trésor d’un pirate : elle est vaste et un tas de chemins peuvent mener au gros X qui y est dessiné. Notre X, il est le même. Notre X, c’est le bonheur. Tout ce qu’on veut au fond, c’est ça. C’est d’être heureux. C’est de pouvoir regarder en arrière en se disant que notre route a été la plus belle. Pas la plus facile, mais la plus belle.

Pour y arriver, il ne suffit que de s’en donner les moyens. On peut tout voir. On peut tout essayer. On peut avoir tout ce qui est à notre portée autant que ce qui nous semble inaccessible. Je n’ai pas envie de me limiter, je n’ai pas envie qu’ON se limite : pourquoi on devrait, d’ailleurs?

Présentement, je me rends compte que je ne vis pas un après. Non. Je vis plutôt un nouveau ça. Je n’ai aucune idée de sa durée, de son emplacement géographique ni de quoi il sera constitué. La vie est un enchaînement de plusieurs ça, des chapitres qui ont tous leurs raisons d’être si on leur laisse, justement, la chance d’être.

Photo : Maude Boutet et Catherine Paquette