québécois

 

Source photo : Claudia Fortin

En naviguant tranquillement sur Youtube, j’ai fait une belle trouvaille il y a environ un mois. L’image de présentation de la vidéo m’a semblé assez intrigante. J’ai décidé de tenter le coup et de l’écouter. Voilà comment je suis tombée sur Mila !

Quatre épisodes d’environ une quinzaine de minutes chacun, c’est ce qui constitue MilaSi jamais vous avez écouté la série Treize raisons et que vous avez apprécié, je vous garantis que Mila ne vous décevra pas.

De quoi ça parle?

Une protagoniste mystérieuse qui semble tourmentée disparait le jour de son dix-huitième anniversaire. Vous l’aurez deviné, il s’agit de Mila, qui s’éclipsera sans donner aucune nouvelle à ses amis ou à sa famille. Ceux-ci resteront dans l’ignorance des raisons pour lesquelles la jeune fille aurait voulu disparaître.
Tout au long des épisodes, il est possible d’en apprendre davantage sur les différents personnages à l’aide de retours en arrière. Alors, plus la série avance, plus les événements et les intrigues se replacent et font du sens. C’est avec cette manière de tourner qu’il est possible de constater certaines ressemblances avec la série Treize raisons. Les retours en arrière se font de la même manière et ils font découvrir les liens entre les personnages en recourant au passé.

Pour ce qui est de l’histoire, je vous laisse aller découvrir le reste !

Ce qui est vraiment intéressant avec Mila, c’est que la série a été entièrement créée et produite par des jeunes de moins de vingt ans ! « Toute léquipe, cest des jeunes et cest cela qui est assez unique dans ce projet  », déclare Émile Roy, le réalisateur de la série durant une entrevue. Étudiant de seulement dix-huit ans, il possède une panoplie de courts métrages à son actif. Mila se range définitivement au top de ses plus gros projets. Selon les dires du jeune réalisateur, ce n’est clairement pas la dernière fois qu’il produira un projet de cette ampleur.

Alors pour les intéressés, la série se retrouve sur Youtube, plus précisément sur la chaîne d’Émile Roy. Allez y jeter un coup d’œil, vous ne serez pas déçus !

En espérant que vous allez apprécier cette petite découverte !

À la suite de son spectacle solo du 10 novembre au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi (prodigieux, soit dit en passant), j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Louis-Jean Cormier.

Votre dernier album est sorti en 2015, quels sont les projets qui s’en viennent pour vous?

Avec la France, c’est un peu difficile, je vis décalé en ce moment. L’album « Les grandes artères » vient de sortir en France et je veux le faire vivre là-bas. Il y a la possibilité d’un disque live avec mon spectacle réalisé aux Francofolies de Montréal, un spectacle Soul avec 14 musiciens. Aussi, il y va y avoir un nouveau disque avec de nouvelles chansons…Je l’ai dans ma tête, mais je ne peux pas le sortir avant fin 2017.

Et en ce moment, je suis dans un petit fond de valise « pas défaite tout le temps » pour ma tournée!

Pourquoi un spectacle solo ?

C’est arrivé par accident.  On m’a demandé souvent de faire des conférences, des spectacles bénéfice solo, etc. Et les gens me disaient qu’ils avaient accès à une partie de moi qu’on n’a pas découverte à travers mon band. Je suis dénudé,  il y a quelque chose de super touchant. Et j’ai remarqué qu’au final, ce qui marque beaucoup les gens,  c’est souvent des reprises. Comme par exemple, ce soir j’ai fait une reprise de « Ce soir l’amour est dans tes yeux », seul, moi et ma guitare…Et il y a quelque chose là, qui représente vraiment qui je suis.

Ce soir il y a eu des versions solos qui sont plus fidèles à la création originale et à mon style musical qu’à ce que j’ai pu faire en band. Les gens ont accès à qui je suis un peu plus  simplement et concrètement.

Dans votre chansons j’hais les happy ends, vous dites : « J’hais les happy ends, le bonheur, c’est sans histoire, j’hais ça quand tu m’aimes, j’ai pus aucune raison de brailler… » Pourriez-vous dire que vos malheurs vous apportent le bonheur parce qu’il vous inspire?

L’appel du malheur sert à déstabiliser, à vivre le bonheur… Le désir de donner un coup de volant pour changer ce qu’on est habitué d’avoir, déjouer le destin… La chanson dit « et si on prenait le clos », c’est pour dire changer, pour provoquer.

Mais ce n’est pas le malheur, c’est plutôt de la mélancolie…  Comme dirait Victor Hugo, la mélancolie, c’est le bonheur d’être triste. Le plaisir à chanter le drame. Il y a quelque chose de thérapeutique dans la mélancolie.  En chanson, on peut se permettre le drame. C’est plus facile de créer dans le drame que de chanter « ça fait rire les oiseaux ».. La musique est un véhicule à émotions vraiment intense. Avec la mélodie, l’accompagnement sonore… On réussit à créer de belles choses.

Vous avez participer au documentaire la musique à tout prix (http://www.telequebec.tv/documentaire/la-musique-a-tout-prix/), comment les artistes peuvent-ils vivre avec tous les Streaming, Spotify, Etc.… aujourd’hui?

Ils ne peuvent pas vivre avec ça. Il faut avoir un spectacle qui se démarque étant donné la surabondance de l’offre.  On ne peut pas vivre qu’en faisant des enregistrements sonores. Et c’est difficile d’avoir des gens qui payent des billets pour aller te voir en spectacle.

C’est facile faire un disque en 2016, avec son « laptop » et un logiciel, mais vas-tu réussir à le défendre sur scène? Aujourd’hui c’est sur scène qu’on découvre le talent de quelqu’un.

Mais pour répondre à la question, il faut surtout  faire en sorte que la musique sur internet soit mieux rémunérée.

Que pensez-vous du mouvement de Free Culture au Québec ?

Le mouvement de Free culture c’est ce qui peut tuer la musique d’ici. On va se mettre à écouter que du Beyoncé ou du Taylor Swift. On doit prendre soin de nos artistes d’ici sans les aimer par compassion. Au travers tout ce qui se fait, il y a vraiment de la bonne musique ici. Quand tu pars à l’extérieur tu comprends à quel point on est épanouie et fleurissant ici. Le ratio de musique « Cheap » à l’extérieur est vraiment plus élevé, c’est ce que je trouve.

Pensez-vous que le documentaire va ouvrir les yeux aux québécois?

Je ne pense pas que le documentaire va ouvrir les yeux des québécois parce qu’il devrait durer 2-3 heures et il y avait une contrainte de temps.  Je pense que le documentaire fait une belle description de ce que c’est, mais ne donne pas beaucoup de pistes de solutions.  J’aimerais bien qu’on puisse faire une suite à ce documentaire-là et dire quoi faire dans l’ordre pour changer les choses. Comme par exemple, il faut clairement acheter un billet de spectacle, acheter de la marchandise, acheter l’album, s’abonner à un site de streaming en étant membre et être actif, engagé, afficher des playlists… Si vous aimez un artiste, servez-vous des réseaux sociaux pour en parler. Postez des trucs intéressants, plus que la photo de votre chat t’sais… Et ça, ça va aider la culture d’ici, vraiment.

On doit aussi forcer nos jeunes à écouter de la musique d’ici, leur dire qu’en écoutant mon disque sur Youtube, ça ne me donne pas vraiment d’argent… Pratiquement rien… C’est comme un peu pirater un livre, prendre une photo d’une toile et l’agrandir pour la mettre sur son mur…

Vos conseils pour un artiste qui veut percer aujourd’hui?

Tu dois être conscient que tu ne peux plus juste faire de la musique. Tu dois créer du contenu. Tu dois être distingué en entrevue … Être un artiste qui a quelque chose à dire.  

En janvier 2017, ne manquez pas « Microphone », une émission animée par Louis-Jean Cormier, où des artistes québécois se réunissent pour réarranger leurs plus grands succès ensemble et les présentent ensuite dans une ambiance intime devant public. Un concept d’émission qui risque d’être très intéressant!

source photo : google.com

Quand je demandais à mes amies ce qu’elles voulaient faire dans la vie, il y avait toujours deux réponses. La plus populaire, c’était « Moi je veux être travailleuse sociale pour aider les gens». La deuxième plus populaire, c’était « Moi je m’en vais en design de mode». Attends une minute là, est-ce qu’on peut vraiment être designer au Québec?

C’est avec cette question que tout a commencé. Je ne compte même plus le nombre de personnes qui m’ont dit vouloir devenir designer un jour. À chaque fois, je me demandais si le Québec était un marché assez grand pour nos designers. Je n’avais que des questions. Est-ce qu’on peut vivre de ce métier sans être une personnalité publique? Est-ce que les gens achètent vraiment des vêtements faits ici? Est-ce qu’il y a des gens qui ont réussi à poursuivre ce rêve?

C’est ma mère qui m’a apporté le plus de réponses. Étant donné qu’elle aime bien les vêtements québécois, je l’ai suivi dans des évènements et dans certaines boutiques pour découvrir le trésor caché qu’est la mode québécoise.

Très honnêtement, j’avais quelques réticences. Je peux même dire que c’était des préjugés. Je croyais que les vêtements d’ici étaient hors de prix, que c’était un peu «quétaine» et qu’à la limite, ça ne s’adressait pas vraiment à moi. J’avais tort.

Pour le prix, j’ai découvert des marques locales très abordables. Habituellement, je ne paye jamais plus de 30 $ pour un chandail et c’est possible de trouver de très jolis hauts pour ce même montant. En plus d’encourager le créateur, j’encourage aussi des gens d’ici, qui travaillent à la confection de ces vêtements. Ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que la mode québécoise connait aussi les mots promotions, rabais et soldes! Si on porte attention, on peut trouver la plus belle robe du monde pour une fraction du prix, lorsqu’elle est en solde. Il est fréquent d’organiser ce qu’on appelle des ventes d’atelier. On y vend, à prix réduit, ce qu’il reste des collections de la saison. Encore une fois, c’est une belle occasion de faire des trouvailles et c’est aussi très sympathique.

Pour le look, j’ai été épatée. Il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts! Certaines compagnies se spécialisent dans les vêtements pour bébé, pour taille forte, pour homme, pour adolescent et même dans la lingerie. Il y a des dizaines de compagnies à découvrir. Certaines sont déjà sur une bonne voie, si on pense à Rudsak ou à Shwiing et d’autres méritent d’être connues davantage comme Kollontai, Rien ne se perd, Marie Lavoie et Sonia P.

Je vous invite à découvrir le talent québécois lors des évènements prévus à cet effet (les braderies de la mode, le Salon des métiers d’art, etc.). Vous pouvez aussi faire une courte recherche pour visiter le site des nombreuses entreprises d’ici qui œuvrent dans le domaine de la mode ou visiter une boutique spécialisée qui vend des vêtements faits au Québec. Laissez-vous éblouir par leurs talents et, qui sait, peut-être qu’un jour, ce sera au tour de nos amis de prendre la relève!

Photo : http://azute.deviantart.com/art/

Vous devez tous être tannés au plus haut point d’entendre parler sans arrêt du film Mommy, de Xavier Dolan. Je vous comprends. Je m’auto-énerve en ce moment à commencer un nouveau texte à ce propos. Mais tout le blabla qui circule et se propage autour de ce film a raison d’être et, croyez-moi, on n’a pas fini d’en entendre parler. Il va nous servir de nouvelle comparaison, comme l’on s’est servi d’un certain film de Jean-Marc Vallée pour dire: «Ça faisait longtemps que j’avais pas vu un bon film québécois de même, pas depuis C.R.A.Z.Y.».

Hier, je suis allée voir le film (oui, un peu en retard, je sais) et je suis sortie de la salle légèrement dans les vapes sur un air familier de Lana Del Rey, plutôt ébranlée après ce que je venais de vivre. Mommy choque, émeut, fait rire, sourire, chanter – bref, il fait tout sauf nous laisser indifférents. Le trio Anne Dorval-Suzanne Clément-Antoine Olivier Pilon est complètement attachant. Les trois effectuent une performance des plus remarquables. Suzanne Clément, dans le rôle de Kyla, enseignante en sabbatique qui a vécu un mystérieux traumatisme la laissant bégayer depuis un bon deux ans, s’épanouit sous nos yeux au contact de la mère et du fils. Anne Dorval incarne Diane, ou pour les intimes Die, la mère-héro qui ne mâche pas ses mots, qui ferait tout pour son fils, qui voit en Kyla une amie et une aide. Et finalement il y a Antoine Olivier Pilon, qui interprète Steve, le jeune ado difficile à gérer, souffrant de maladies mentales multiples, qu’on pourrait résumer en un TDAH.

À première vue, ces trois personnages semblent incompatibles et leur amour mutuel, improbable, mais c’est à la suite d’une scène de révolte et d’explosion de colère de la part de l’enseignante coincée devant le jeune troublé qui nous laisse sans mots, dois-je dire, que l’on comprend qu’ils avaient simplement besoin de se rencontrer. Ce sont ces scènes dont je me rappellerai le plus en repensant à Mommy, les fois où la musique souvent présente s’évanouissait pour laisser place à un bruit sourd, un sentiment d’acouphène, tandis que les personnages se criaient l’un par-dessus l’autre, laissant la violence s’imposer en gestes ou en mots.

Une réalisation qui innove

Pourquoi un film en ratio 1:1? On ne se rend pas compte que ce cadrage nous étouffe, nous enferme, nous donne l’impression d’être pris dans une cage, jusqu’à qu’à ce qu’il s’élargisse et que tout prenne son sens. C’était Die, Steve et Kyla qui étaient pris dans une cage, leur liberté étant réduite. Dans les moments de pure joie, l’image remplie tout l’écran et on comprend le choix du cadre, très judicieux et d’autant plus beau. C’est la particularité numéro un de ce film, une première, une idée des plus originales et efficaces, même si certains pourraient trouver cela agaçant à la longue.

Encore un excellent film de Xavier Dolan, son plus marquant sans aucun doute et le plus réussi jusqu’à présent, j’en ai bien l’impression. Qu’importe l’âge que vous ayez, qu’importe que vous n’aimiez pas le réalisateur ou les acteurs, que vous n’alliez jamais voir de films québécois, vous ne pouvez passer à côté de celui-ci. Il vous fera changer d’idée, je vous l’assure, peu importe avec quelle idée vous partez.

Photo: Facebook

« Quatre auteurs. Quatre saisons. Un village transformé par une glissade d’eau. 118 blessés. Beaucoup de cris, de larmes et de dents qui grincent. Tous les enfants de Saint-Sauvignac s’excitent le poil des jambes – celui qu’ils n’ont pas encore – à l’annonce de la construction d’un parc aquatique de l’autre côté de la track. Mais quand ils se précipitent, à la queue leu leu, dans la glissade d’eau la plus à pic en Amérique du Nord, ils en ressortent écorchés, lacérés par la pointe d’un clou transperçant le plastique turquoise. D’un coup, les cicatrices apparaissent, comme si ce clou n’avait été posé là que pour révéler au grand jour les blessures de l’enfance. »  Je n’aurais su mieux résumer ce fantastique livre écrit par Sarah Berthiaume, Simon Boulerice, Jean-Philippe Baril Guérard et Mathieu Handfield.

Cette œuvre collective divisée en quartes parties qui ont leur propre auteur leur propre saison, mais aussi leur propre narrateur qui raconte sa propre vision des évènements. À travers les yeux des enfants (plus étranges et trash les uns que les autres), les situations, les personnages, les tournures de phrase et le vocabulaire cru (souvent vulgaire, mais toujours de bon goût), vous feront rire aux éclats à coup sûr. Je n’ai aucun commentaire négatif à formuler à propos de cet hilarant roman paru aux éditions Ta mère sauf peut être qu’il est beaucoup trop court et qu’il peut occasionner des situations gênantes lorsqu’on le lit en public et qu’on éclate de rire de façon incontrôlable et beaucoup trop fort. Ce roman 100 % québécois est réellement extraordinaire et je vous le conseille très fortement, 162 pages de bonheur. Un livre original, qui sort des sentiers battus et nous fait sortir de notre zone de confort par son contenu absurde et complètement fou, impossible de ne pas l’apprécier. Sur ce, bonne lecture! 😉

1 : http://www.tamere.org/nos-livres/les-cicatrises-de-saint-sauvignac-histoires-de-glissades-deau/

Photo : lacerise.ca