naturelle

Je n’y croyais pas trop, tu vois. J’ai mes insécurités, je ne suis pas full in love avec mon physique, je doute un peu de tout. Mais quand tu me l’as dit, j’ai eu envie d’y croire.

La première fois que tu me l’as dit, j’ai souri et je t’ai dit merci. Je me suis dit que tu disais ça pour être gentil. La deuxième fois, j’ai souri, simplement. Pis là, tu m’as dit que mon sourire me rendait encore plus belle. Je dois t’avouer que j’ai fondu un peu en entendant ça.

T’as continué à me le dire. N’importe quand. En plein milieu d’une conversation, entre deux baisers, dans le silence de nos respirations. Juste ça. «t’es belle» ou «maudit que t’as un beau sourire». Tu t’en rends pas compte, mais ça fait tellement du bien pour une fille comme moi d’entendre des mots comme les tiens.

Un bec sur le front en plein milieu de la nuit, la voix pleine de sommeil, pas trop sûr que j’étais réveillée, tu l’as dit encore. Et, ce matin, encore. Les cheveux n’importe comment, pas une trace de maquillage sur le visage, les paupières encore à moitié fermées. T’as starté ma journée du bon pied. Tu m’as donné l’énergie qui commençait à me manquer, tu m’as collé un sourire en plein visage.

Quand je souris, maintenant, je pense à ça. Je pense à tes mots, à tes «maudit que t’es encore plus belle quand tu souris », à tes « t’es tellement belle». Pis je souris encore plus. Toute seule, en plein milieu de mon cours, dans ma chambre, en marchant dans la rue…

Tes textos aussi, ils me font sourire. Tes  bon matin» et tes «bonne nuit» me font du bien. Tes petits «t’es ben cute» glissés entre deux messages font bondir mon cœur.

Mais c’est quand même en vrai que ça a le plus d’impact. Quand tu glisses tes doigts sous mon menton juste avant de le dire. «T’es adorable», «t’es mignonne», «t’es cute», «t’es belle».

Je ne m’en rends pas compte, je ne le crois pas encore. Mais continue, s’il te plait. Continue de me dire que je suis belle. Ça fait du bien à entendre. Et je sens que je vais finir par y croire pour de vrai.

«77,60 $», lance la vendeuse. C’était le prix de mon chandail, t’sais le plus hot du magasin. Parce que ça coûte ben cher la confiance en soi. Ça prend de la marque pis du makeup pour te sentir in. Finalement, j’utilise beaucoup trop de termes anglais pour dire que la confiance en soi, j’ai cru que ça n’existait pas sans flafla.

Par chez nous, la confiance se cherche longtemps et ça se trouve rarement. Assez ironiquement, c’est quand je me suis fait dire que j’avais l’air d’une fille confiante dans la vie que je me suis mise à réfléchir fort… La personne était bin fine : «T’as tellement l’air épanoui, c’est beau de te voir aller!», rajoute-t-elle en me lançant des fleurs. Surprise, j’ai dit merci, mais un genre de merci qui venait avec des larmes. T’inquiète, je les ai cachées. Parce que faire semblant, je connais ça. Du moins, je connaissais ça. À partir de ce jour-là, je me suis dit que ça avait pas de sens de faire semblant. C’est ben beau sourire tout le temps pis rire fort, mais si j’arrive devant mon reflet pis que je le trouve pas, ce sourire-là, il n’y a plus rien de beau dans l’histoire. Le bonheur commence par soi, comme on dit.

Donc le lendemain matin, je me suis levée, comme d’habitude quoi! Mais pas tout à fait. Ce matin-là, j’ai commencé par le miroir plutôt que par le petit-déjeuner. Le chignon décoiffé et la robe de nuit de Mickey, rien pour être à mon meilleur, je me suis regardée longtemps, comme si j’essayais de voir où est-ce qu’elle se cachait, la confiance… Mais cette fois, j’ai choisi de la regarder en face. J’avais l’impression de retrouver le vêtement que j’avais perdu depuis l’été dernier, t’sais la jupe essentielle de la saison, sauf que le vêtement que j’ai retrouvé ce matin-là était plutôt le genre d’essentiel qui manquait à ma vie.

La montre Mickeal Kors, je ne l’ai pas et les souliers non plus d’ailleurs. Je n’ai pas les cheveux blonds ni de longues jambes, quoique j’aimerais bien ça, des fois. J’ai 70 likes sur ma photo de profil alors que mon amie en a 300 et j’ai toujours eu peur de montrer mon profil parce qu’un jour on m’a dit que j’avais un nez de sorcière. Puis, combien de fois j’ai pris des selfies dans un angle particulier pour qu’on voit mon meilleur profil? Trop souvent…

Tu sais quoi? Je me rends compte qu’on est tous pareils. On veut tout le temps montrer le meilleur de nous-mêmes pour avoir le plus de commentaires et de likes possibles… Parce qu’on se valorise à coup de publications. C’est ça, avoir confiance?

Non.

Avoir confiance, c’est se montrer de façon authentique. C’est être capable de dire que ça ne va pas et que t’as besoin d’amour, du vrai amour. Pas l’amour qu’on te donne sur Facebook quand tu vas mettre un selfie, mais celui qui va te consoler pis te faire sentir bien pour vrai.

Hey… Si on jouait à un jeu? On se dit qu’on est belle chaque fois qu’on le pense. Non, je blague, c’est pas un jeu, on le fait pour vrai. Parce que tu me jugeras comme tu voudras, je me suis donné le droit d’être belle. Et la prochaine fois que je rencontrerai la madame qui m’a dit que j’étais confiante, j’aurai la fierté de lui dire merci, avec un sourire sincère.

P.S. : Le bonheur, c’est pas dans le magasinage, c’est dans ta peau. C’est d’être capable de le voir dans ta tasse de thé, dans ton smoothie ou dans ta séance d’entraînement, parce qu’il te suit tout le temps. C’est de se lever avec un sourire qui n’a pas dormi, et qui, même assailli par les larmes, est plus fort qu’hier et plus prêt pour demain. Ensuite, tu pourras sortir ton baume à lèvres coloré et être fière de le porter comme accessoire.

 Photo : WeHeartIt