gars

« Pis, ta coloc, elle va bien ? » « Oui, oui, il va super bien. » « Attends… T’habites avec un gars ? »

 

On va se le dire, je l’ai entendue souvent, cette petite phrase-là. Oui, mon coloc est un gars. Non, c’est pas mon boyfriend. Oh, pis NON, ça deviendra pas mon boyfriend.

 

Je pense qu’habiter avec un gars, c’est pas la même chose qu’habiter avec une fille. Y’a des lignes, des limites, pis c’est pas les mêmes quand tu partages un appartement avec quelqu’un du sexe opposé. Surtout si cette personne ressemble à mon coloc.

 

On va se l’avouer, au début, je trouvais ça un peu étrange. Bizarre, spécial, whatever ! Je sais pas si c’est le fait d’habiter avec quelqu’un d’autre que je trouvais étrange, ou bien encore celui d’habiter avec un gars. J’étais un peu mal à l’aise (mais oh my god, est-ce qu’il faut que je me change direct en me levant ? Je fais quoi si je veux sortir de la salle de bain seulement avec une serviette ? Où est-ce que je cache l’emballage de tampon ?).

 

Je m’en faisais un peu pour rien. Disons que, avec mon coloc, la gêne, elle reste pas longtemps. Il se fout un peu de ce que les gens pensent de lui, ça a déteint sur moi. J’pense pas que je me prive de quoi que ce soit. Pis mes trucs de filles, y’est au courant pis c’est ça.

 

La grande différence entre habiter avec une fille ou bien avec un gars (ou, du moins, avec mon coloc), c’est les calls qu’on peut se lancer. Des calls bien gras, y’en a qui s’entendent à longueur de journée. Je me formalise pu vraiment de ses rots ben sonores pis de sa manie à lâcher un pet (pis de faire sentir qu’il l’a lâché). Y’a pas de drama de filles pour savoir si c’est lui qui a fini ma bouteille de shampoing « par hasard », parce qu’on le sait tout les deux qu’il veut pas sentir l’orchidée sauvage qui chante. On se pogne pas la tête parce qu’on a les hormones dans le tapis en même temps. On se bitche pas dans le dos l’un de l’autre. (Je dis pas que ça arrive à toutes les colocs de filles, mais tsé… Y’a quand même plus de chance.)

 

Mon coloc, s’t’un gars. Pis c’est ben parfait de même.

J’ai la drôle de manie d’associer un groupe de musique ou un artiste à chaque nouvelle personne que je rencontre, à mes ami(e)s, mais particulièrement aux garçons. Pour les cerner, pour mieux les comprendre, si on veut.

Un des gars qui m’a le plus marquée ever était le genre Daniel Bélanger. Avant de le rencontrer, j’avais jamais vraiment fait attention aux garçons/musique de son genre, mais il m’a fait découvrir toute une nouvelle façon d’écouter, de m’arrêter et d’apprécier un tas de choses. C’était un gars complexe, mais qui valait la peine d’être écouté. Maintenant, chaque fois que j’entends Les deux printemps, c’est comme s’il était à côté de moi encore. Ça n’a pas marché, lui et moi. Ce n’est pas parce que sa musique n’était pas bonne. On ne s’accorde simplement pas toujours à long terme, t’sais.

Après ma plus grosse peine d’amour (le Daniel Bélanger en question), j’ai rencontré un Blink 182 qui m’a distraite et fait sourire pendant un bon bout d’temps. On va se l’avouer, du Blink, c’est facile à écouter. C’est bon un peu tout l’temps pis c’est un must dans les beach party avec tes BFF. Ça me changeait les idées pis ça me faisait sourire les vendredis soirs. Les airs de Blink s’écoutent à tout âge (ou presque) pis tu peux pas vraiment résister à First Date ou All the small things, avoue-le.

Y’a eu le gars qui me faisait penser à Dallas Green aussi, parce qu’il était un beau mélange de plein d’trucs. Parce que certains l’ont connu avec Alexisonfire et d’autres dans l’époque de City & Colour, on peut s’entendre que ce sont deux styles bien différents. Pourtant, ça part de la même personne. Le gars en question paraissait le plus simpliste, mais c’est avec lui que j’ai eu les conversations les plus profondes que j’ai jamais eues. Y’était comme une bouchée sucrée-salée : d’apparence, tu crois que tu n’aimeras pas, mais quand tu y goûtes, tu te demandes pourquoi tu avais résisté.

J’ai déjà réfléchi au fait qu’un gars qui me fait penser à Mozart (ou à toute autre musique classique) pourrait m’intéresser. Mes parents l’aimeraient, pis ça ferait sûrement du bien à mon cœur qui écoute trop de musique qui fait mal. Une relation plus vin et fromage, moins bière de dépanneur pis toasts au beurre de peanut, genre. Une relation d’adulte. (J’ai toujours pas eu le guts de me lancer dans le classique.)

Donc si un jour tu te dis qu’ils sont tous pareil, les gars, souviens-toi que ce n’est pas l’cas. On a tous une différence. C’est à toi de bien écouter et de percevoir ce qui différencie un son d’un autre, ce qui fait que tu en apprécies un plus qu’un autre.

D’ici-là… Bonne écoute!

Photo: WeHeartIt

Une peine d’amour, ça n’a pas été inventé par les filles, pour les filles. Les gars sont touchés par le phénomène même si parfois on a l’impression qu’on s’en fout pas mal. Au contraire, de nos jours, ceux qui cherchent une relation sérieuse et qui pensent détenir la perle rare tombent de haut quand le lien se coupe. Particulièrement quand c’est la perle en question qui le coupe.

On pense que la vie s’arrête et qu’elle ne pourra recommencer que si elle refait surface à nos côtés. Mais non, la vie ne s’arrête pas, elle devient seulement difficile pendant un certain temps. Ça ressemble à quoi un gars en peine d’amour ? Je vous dirais que ça dépend des gars, justement! Il y en a qui retrouve l’amour du sport et du gym. Pourquoi ne pas redevenir un homme en shape pour pouvoir épater les autres femmes qui attendent un bon gars pour s’occuper d’elle? Malheureusement, on s’entend, même ces gars-là finissent par en brailler une shot rendu aux douches. Au fond, on veut sans doute impressionner la femme qui nous a laissé tomber d’un certain sens, essayer de lui montrer qu’on vit bien quand même. Mais en fait, on s’en moque totalement du regard des autres, c’est son regard qui importe.

Il y en a d’autres qui doivent occuper leur temps le plus possible : les pires moments d’une rupture sont ceux où on se retrouve seul. Ces moments-là nous font repenser aux bons souvenirs, aux mauvais et elle nous manque terriblement. Même les chicanes nous manquent. Ces gars-là sont très bien entourés, ils ont de bons amis et heureusement qu’ils sont là, parce que ce n’est pas toujours facile. Et les amis de ces gars-là savent très bien que les moments qu’il passe seul sont les pires qu’une personne peut subir dans sa vie.

 Un gars, c’est un gars, c’est orgueilleux, ça veut montrer que c’est tough, ça veut rendre son ex jalouse, ça veut lui prouver qu’elle a fait une erreur en le laissant, ça veut montrer au monde qu’une peine d’amour, ça ne l’atteint pas. Pourtant, les gens qui le côtoient savent que ça l’atteint quand même, parce qu’il n’est pas le même. Oui, un gars, c’est tough, mais un gars a ses limites aussi. Un gars, ça pleure, ça pleure quand il pense que ça vaut la peine de pleurer. Et, dans des situations comme celles-là, ça vaut la peine de pleurer, parce que, oui, ça fait du bien de pleurer (merci les filles pour ce bon conseil).

C’est cliché de dire qu’un homme a des émotions, mais un cœur, c’est fragile et un homme, ça en a un tout comme vous, chères demoiselles. Certains sont plus forts que d’autres, mais ne pensez pas que votre coup de marteau ne l’atteint pas, il essaie plutôt de cacher que vous l’avez brisé. Alors, même si le gars en question semble bien s’en tirer, pour chaque haltère qu’il lève au dessus de ses épaules, pour chaque bière qu’il porte à ses lèvres, une larme coulera rendu chez lui.

Photo : WeHeartIt

Y’a des matins où je me réveille avec une gifle au visage. Pourtant, je n’entends personne autour. Les couloirs sont vides, les chambres sont vides, le frigo est vide, les poubelles sont pleines. Y’a personne pour me gifler, c’est la vie qui s’en occupe. Je me fais frapper par mon manque de moi-même, parce que c’est trop difficile de me réveiller avec ma peau sur le dos.

J’ai plutôt l’impression de me blottir au milieu de couvertures en cellophane, comme un gros tas de viande à fondue.

Gelé au centre. Saignant sur les rebords. Suffoquant.

Je devrais aller me faire cuire le steak dans le bouillon de ma douche, mais le courage me manque. Seulement peur d’être cuit à point. Peur de sortir. Peur de me faire bouffer par la grande gueule du monde.

J’ai juste envie d’un bon café froid.

Je me lève, en camisole couleur tache de moutarde sur fond blanc et en boxers beiges du temps qui passe. J’avance dans le grand couloir, mes mains s’ecchymosent contre les murs, j’ai perdu mon équilibre quelque part dans l’appartement.

Ça m’arrive d’être chanceux. Quelques gorgées de café dans la cafetière. Je bois directement à la carafe, parce qu’aucune tasse n’est propre.

Bam! L’envie d’uriner m’uppercut dans le ventre et me fait défriser le chemin du bonheur. Mais il faut que je le fasse ici, debout, au bout du couloir. C’est obligé, un non-sens involontaire, une faiblesse tremblante dans les jambes, une absence qui fragmente tout. C’est mon cœur qui sent le poids du monde, un monde trop lourd pour tenir debout.

J’urine ici, dans mes boxers. C’est chaud, puis de plus en plus froid à mesure que j’avance en pataugeant. J’écrase mon cul météore dans le fauteuil, et le coin du salon devient un trou glacial. Un frisson m’effrite du bout de ses ongles dentelés.

Je pense à toi, tu sais?

La distance commence à me faire du mal. Elle me fait mal à tous les jours, et moi, je m’affaibli devant l’air libre.

Sur la petite table du salon, y’a une lettre que j’ai scellée avec ma langue de mauvaise haleine. Ton adresse est écrite dessus. J’espère que c’est encore la bonne. J’irai la poster un autre jour, parce qu’aujourd’hui, la migraine se défoule à coups de marteau sur mes cheveux enneigés.

La lettre, c’est pour te demander de venir faire un tour à l’appartement. Tu pourrais m’aider à retrouver mon équilibre, qui sait? Viens, qu’on se blottisse dans l’amas de nous-même. Viens, qu’on vienne ensemble, en même temps, pour une dernière fois. Viens, parce que j’ai trop peur de sortir. L’extérieur me donne la nausée, avec les feuilles qui meurent par terre, la foule en sueur dans l’autobus, le hurlement des voitures…

La lettre, c’est pour me souvenir de la première nuit qu’on a passée ici. Dans la chambre, le lit était nu, sans drap ni oreiller. On s’est couché et tes cils se sont mis à pousser. Tes cils poussaient et je me voyais dans tes yeux qui brillaient un peu trop. Deux belles petites billes de verre.

Pour l’instant, je laisse le sang s’écouler dans mes veines. J’attends d’épuiser mes dernières impressions d’espoir. J’essuie les larmes qui tombent sur le papier-lettre.

Y’a des matins où j’aurais besoin que tu me réveilles avec une gifle au visage.

Après quelques recherches sur les Internets et un court vox-pop auprès de mes collègues de LaCerise,  tout laisse à croire qu’une amitié gars-fille se retrouve dans l’univers des impossibles. Laissez-moi rire.

On dit souvent qu’il est important d’avoir une meilleure amie, la mienne s’appelle Michaël, Bob pour les intimes. Nous sommes l’exemple vivant que l’amitié entre un garçon et une fille peut exister. Il y a cependant quelques règles à suivre pour que le tout fonctionne.

1.    Être franc

« Marie, penses-tu que j’aurais des chances avec cette fille-là ?

-Non c’est vraiment pas ton genre»

« Blonde ou brune ?

-Blonde ! »

Ce sont le genre de question qui mérite une honnêteté totale. Ça ne nous sert à rien de s’inventer des réponses pour faire plaisir à l’autre, la vérité va ressortir de toute façon. Les gants blancs seront pour d’autres, pas l’temps de niaiser.

2.    Se dire tout… ou presque

Transformer quelqu’un en journal intime, c’est quelque chose de rassurant, de réconfortant même. C’est une oreille attentive qui sait tout et qui peut te guider dans les moments difficiles et profitez des bons avec toi. Tu sais que tes histoires ne se retrouveront pas sur une page Spotted. Il faut bien sûr que cela aille dans un sens comme dans l’autre.

 Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, d’avoir un spécimen des deux planètes aident aussi à comprendre certains évènements de la vie. De « sont toutes folles» à « ce sont tous des caves» il y a des choses qui ne fonctionnent pas de la même façon chez les garçons et les filles. D’avoir un cerveau contraire et bénéfique dans ces moments-là.

 

3.    N’avoir aucune attirance physique

 

C’est le point le plus important. Le seul moyen de faire en sorte que cette amitié ne deviendra pas une histoire-d’amour-awkward-qui-brise-tout. Pour ce qui est de mon amitié avec Bob, c’est un beau garçon et il trouve que j’ai de bien beaux yeux, mais voilà… nous ne sommes pas DU TOUT le genre de l’un et de l’autre. Cela ne veut pas dire qu’il ne remarque pas ma nouvelle robe ou que je ne le complimente pas sur sa barbe-pas-faite-de-trois-jours qui lui fait si bien.

C’est même important dans les cas d’amitié gars-fille d’être capable de complimenter l’autre. Ça nous donne un regard sur ce qu’un autre garçon ou une autre fille pourrait penser de nous. Un petit coup de pouce qui fait du bien à l’estime.

Et la touche de Bob

4.    Ne pas se laisser influencer par les autres

Combien de fois Marie-Pierre et moi se sommes faites dire que nous allions finir par être ensemble ?

« Pouvez-vous bien arrêter de faire semblant et nous dire que vous vous aimez ? »

« Moi j’y crois pas, c’est certain que vous nous cachez quelque chose »

« Vous avez une drôle de relation. C’est bizarre voir un gars et une fille si proche et qu’ils ne s’aiment pas comme des amoureux »

Et le célèbre

« Non Maman, Bob ce n’est pas mon chum et ce ne le sera pas, c’est mon meilleur ami »

Il vaut mieux en rire que de prendre notre entourage au sérieux. Autant l’un que l’autre, nous savons que nous sommes des âmes sœurs. Oui âme sœur amicale, car je considère Marie-Pierre comme ma petite sœur. De plus, je sais que c’est une personne digne de confiance, autant je peux  lui passer mon auto autant je peux lui confier mes peurs ou mes peines

Hommage à l’une des plus belle amitié jamais vu.

(Harry et Hermione ? Oui, eux aussi sont de bons amis et ça n’ira jamais plus loin ! )

Source Photo : Facebook