estime de soi

«Un matin, je n’en
pouvais plus. Je la voyais fondre sous mes yeux. Je devais faire quelque chose. Je l’ai
brusquée, plusieurs fois, j’imagine, mais ça a fonctionné. Elle l’a avouée.

Ça n’arrive pas à tout le monde, heureusement, mais plusieurs passent proche. Tu penses
que ça ne t’arrivera jamais. Penses-tu que c’est une bonne chose? Sur le moment, le long
moment, oui. Il est là le problème. Au début, ça ne parait pas puisque ça prend du temps.
Ça prend du temps avant que les gens le remarquent et qu’ils se posent des questions,
qu’ils te posent des questions. Au début, tout se passe dans ta tête et tu ressens comme
une satisfaction. N’est-ce pas?
Elle a eu de la difficulté à l’accepter. Ça l’a vraiment été difficile. Un matin, je n’en
pouvais plus. Je la voyais fondre sous mes yeux. Je devais faire quelque chose. Je l’ai
brusquée, plusieurs fois, j’imagine, mais ça a fonctionné. Elle l’a avouée. Elle m’a
avouée, en détresse qu’elle voulait s’en sortir. Elle savait qu’elle était rendue à un point
où elle avait besoin d’aide. Nous sommes allés voir l’infirmière, ensemble. Ensemble plus
que jamais.


Elle m’a tout dit. Le déjeuner, rien. Le dîner consistait à être une pomme. Le souper elle
mangeait une plus petite portion, mais elle mangeait puisqu’elle ne voulait pas mettre en
doute ses proches. Elle voulait continuer à être sur son petit nuage et ne manger que le
strict minimum, tu vois? Elle m’a dit que c’était la raison pourquoi elle se mettait autant
de pression à l’école et dans les sports. Effectivement, elle s’était inscrite dans environ 3
équipes sportives pour perdre du poids. Elle voulait être la plus parfaite possible et
 donner son maximum pour tenter d’atteindre l’idéal, son idéal. Elle m’expliquait
que c’était comme si quelqu’un d’autre était dans sa tête pour la dicter, comme un
démon. Les crises d’anxiétés, les sauts d’humeur, les obsessions de la balance, les
calories, les quantités, le fast-food, le stress, la pression, la peur…
Elle a fini par en parler à ses parents qui l’ont amené à l’hôpital. Elle a été suivie par un
psychologue, un médecin, un psychiatre et une nutritionniste. Elle a été prise en charge.
Le soulagement pour ses proches, mais la détresse pour elle. Il fallait y aller, une chose à
la fois. Une journée à la fois. Il fallait du temps. C’est difficile et long avant de reprendre
un mode de vie sain. Il fallait être patient et essayer de comprendre, même si ce n’est pas
toujours facile. Elle devait augmenter ses portions tranquillement pas vite. Elle avait des
rendez-vous, souvent. J’ai été là, tout au long du processus. Et vous savez quoi? Ça fait
maintenant deux ans, presque trois, et elle s’en est si bien sortie. Elle rayonne.C’est difficile avoir une bonne estime de soi. Il faut apprendre à s’apprécier, à se
valoriser et à être fière de sa personne. Et elle a réussi, en majeure partie. Tu réussiras.
Il suffit d’avoir la volonté et d’aller chercher l’aide qu’il faut. Ce n’est pas facile, je te
l’avoue. Par contre, je te promets que c’est le plus beau cadeau que tu t’offriras. La joie
t’ira à merveille.Crédit photo : weheartit

 – avec Yeliz Kayacan.

J’ai décidé de m’aimer comme j’aime les autres. Sans anicroche et sans jugement. Sans me poser de questions, sans me demander si je suis correcte. J’ai décidé de m’aimer à ce point-là.

J’ai décidé que mon corps, je le trouvais beau comme je trouve beau celui des autres. J’ai décidé d’arrêter de me comparer de façon négative aux autres. J’ai décidé que, moi aussi, j’étais belle. Et que si quelqu’un n’était pas d’accord avec ça, je lui ferais un beau finger assumé. 

Est-ce qu’on est obligé d’être parfait? Pas pantoute. Mais on est obligé de s’aimer. D’aimer nos orteils et le bout de notre nez.

On est obligé de s’accepter. D’accepter que notre sein droit soit plus gros que le gauche. Qu’on soit minces, grandes, enrobées, petites… On est faites de même pis qu’es-ce que tu veux qu’on fasse de plus?

J’ai décidé d’embrasser le fait que je suis comme je suis. J’ai décidé de tomber en amour avec moi-même à chaque matin, avant de tomber en amour avec quelqu’un d’autre.

J’ai décidé d’entrer dans la bande de celles qui se regardent dans le miroir le matin et qui se disent «wow, maudit que t’es belle à matin!» sans même avoir l’air à se prendre pour une autre. Sans même paraître trop arrogante.

J’ai décidé que, même sans maquillage, j’étais belle. Non, pas juste belle, magnifique! J’ai décidé de m’habiller avec le linge que je trouve beau. J’ai décidé d’assumer d’être moi et que si ça déplait aux gens, ben de m’aimer quand même. J’ai décidé de m’aimer comme j’aime la vie : ouvertement, sans en être gênée. 

J’ai décidé de crier au monde entier que j’en avais rien à faire de mes courbes sur les côtés. Que peu importe ce qu’ils disent, elles sont belles, mes petites vergetures sur les fesses. Qu’elles sont belles mes cicatrices de boutons dans le visage. Qu’elles sont belles mes cuisses, même si elles ne sont pas proportionnées au reste de mon corps.

J’ai décidé d’être moi pis c’est tout.  

Photo : Flickr

Je n’y croyais pas trop, tu vois. J’ai mes insécurités, je ne suis pas full in love avec mon physique, je doute un peu de tout. Mais quand tu me l’as dit, j’ai eu envie d’y croire.

La première fois que tu me l’as dit, j’ai souri et je t’ai dit merci. Je me suis dit que tu disais ça pour être gentil. La deuxième fois, j’ai souri, simplement. Pis là, tu m’as dit que mon sourire me rendait encore plus belle. Je dois t’avouer que j’ai fondu un peu en entendant ça.

T’as continué à me le dire. N’importe quand. En plein milieu d’une conversation, entre deux baisers, dans le silence de nos respirations. Juste ça. «t’es belle» ou «maudit que t’as un beau sourire». Tu t’en rends pas compte, mais ça fait tellement du bien pour une fille comme moi d’entendre des mots comme les tiens.

Un bec sur le front en plein milieu de la nuit, la voix pleine de sommeil, pas trop sûr que j’étais réveillée, tu l’as dit encore. Et, ce matin, encore. Les cheveux n’importe comment, pas une trace de maquillage sur le visage, les paupières encore à moitié fermées. T’as starté ma journée du bon pied. Tu m’as donné l’énergie qui commençait à me manquer, tu m’as collé un sourire en plein visage.

Quand je souris, maintenant, je pense à ça. Je pense à tes mots, à tes «maudit que t’es encore plus belle quand tu souris », à tes « t’es tellement belle». Pis je souris encore plus. Toute seule, en plein milieu de mon cours, dans ma chambre, en marchant dans la rue…

Tes textos aussi, ils me font sourire. Tes  bon matin» et tes «bonne nuit» me font du bien. Tes petits «t’es ben cute» glissés entre deux messages font bondir mon cœur.

Mais c’est quand même en vrai que ça a le plus d’impact. Quand tu glisses tes doigts sous mon menton juste avant de le dire. «T’es adorable», «t’es mignonne», «t’es cute», «t’es belle».

Je ne m’en rends pas compte, je ne le crois pas encore. Mais continue, s’il te plait. Continue de me dire que je suis belle. Ça fait du bien à entendre. Et je sens que je vais finir par y croire pour de vrai.

Tout commence par soi. Si je ne m’aime pas, qui le fera? Et même si tu me détestes, jamais tu ne réussiras à me détester autant que moi, je m’aime.

Je veux m’aimer démaquillée, nue, devant mon miroir.

Je veux m’aimer le jour et la nuit.

Je veux m’aimer le matin en robe de chambre les cheveux en batailles.

Je veux m’aimer dans ma robe préférée comme dans mon vieux pyjama qui laisse à desirer.

Je veux m’aimer dans mes élans de colère et quand mon coeur bat à la chamade.

Je veux m’aimer lorsque je suis fière et quand je suis découragée.

Je veux m’aimer quand j’ose quelque chose de nouveau.

Je veux m’aimer quand je regrette, ça aura été une leçon.

Je veux m’aimer le sourire aux lèvres et le visage trempée de larmes.

Je veux m’aimer quand je prends du poids et quand j’en perds.

Je veux m’aimer plus que jamais.

Je veux reconnaitre mes défaults, mais particulièrement mes qualités.

Je veux m’aimer comme personne ne m’a jamais aimé.

Tout commence par soi. Si je ne m’aime pas, qui le fera? Et même si tu me détestes, jamais tu ne réussiras à me détester autant que moi, je m’aime.

Il est temps de vivre et d’apprécier les bonheurs de la vie. Allez, portons un toast à nous, en tant que personne, et crions : “HEY! ‘GONNA LOVE MYSELF! NO, I DON’T NEED ANYBODY ELSE!”

Photo : Tumblr.com

Nénés, nichons, lolos, totons, poitrine, boules, djos, boobs, boobies.. Peu importe le nom qu’on leur donne, les seins sont magnifiques! Et quelle meilleure façon d’exprimer ce sentiment que de les libérer toute une journée. Car aujourd’hui, c’est le NoBraDay ou la journée nationale sans soutien-gorge pour soutenir les femmes atteintes du cancer du sein.

Hey oui, vous avez bien entendu. Une journée complète sans porter de brassière. Wait a minute? Se passer de fer plat, de maquillage, de talons hauts, ok. Mais de brassière??? Pas question. On se dit que ça pendouille, que ça bouge dans tous les sens et qu’il est hors de question de montrer des seins qui pointent.

En 2015, on a intégré l’idée qu’un sein socialement acceptable est un sein bien rond, bien haut et bien lisse. La preuve : difficile de se trouver un soutien-gorge avec un bonnet qui n’est pas déjà formé et rembourré. Et pourquoi pas les bonnets souples? Parce que c’est tellement matante, voyons!

Alors on compresse notre corps sous ces attirails de tissus et de métal trop serrés, fabriqués pour correspondre à un type de corps qui n’est pas le nôtre, parce qu’il ne faudrait surtout pas montrer de quoi ont vraiment l’air nos boobies. Pourtant, tout le monde le sait. Ils ont des formes très différentes, ils se tiennent différemment et c’est parfait comme ça, non?

Si ces morceaux de tissus ont sans doute libéré la femme de la prison du corset au XXe siècle, ils sont peut-être devenus, au fil des décennies, une cage dorée. On les porte sans trop se poser de questions depuis des décennies.

Adolescente, on croyait que de mettre ce truc en coton mignon qui nous distinguait des garçons signifiait qu’on devenait une femme.

Tranquillement, je réalise qu’il ne s’agit pas de donner du pouvoir aux femmes, de la sensualité ou de la féminité, mais bien de dissimuler cet engin sexuel ou publicitaire parce qu’il ne faudrait surtout pas déranger ou exciter le voisin. Ne s’agit-il pas, en fait, d’une simple partie de l’anatomie humaine?

«Des seins aux genoux»

Je vous épargne les théories pseudoscientifiques à propos des bienfaits ou non de porter une brassière. Par contre, ces dernières années, plusieurs études ont été menées prouvant que celle-ci rend les tissus des seins paresseux. Ben oui, ne pas porter de soutien-gorge renforce vos ligaments et rend vos seins naturellement mieux soutenus. C’est pas une bonne nouvelle, ça?

Et si en fait, le soutien-gorge ne servait à rien? Et si, au contraire, il était nocif pour nous? C’est aussi ce que plusieurs spécialistes soutiennent. Ils se questionnent encore à savoir si porter une brassière à long terme pouvait augmenter les chances de développer un cancer du sein.

Qu’est-ce qui nous oblige finalement à porter ces trucs qui coûtent les yeux de la tête, qui font mal et dont les bienfaits ne sont pas prouvés?

Le sujet est encore tellement tabou. Nombreuses sont les femmes qui n’imagineraient pas sortir en public sans brassière. Elles se disent que ce n’est pas beau, que c’est gênant et que ce n’est pas acceptable. Moi la première.

Mais je crois qu’il s’agit d’un travail de longue haleine, d’un travail d’estime et de bien-être. C’est un geste que l’on fait pour soi, parce qu’on en a envie et que ça nous correspond.

Et si pour une journée, on se disait, au diable les diktats du corps féminin et place à la liberté de mouvement? Si on laissait tomber nos préjugés ou notre peur des regards extérieurs? Si on se laissait le droit d’être belle au naturel et de se sentir libre?

Et si sortir sans soutien-gorge devenait tout simplement banal?

Parce que peu importe ce que la société en dit, qu’ils soient petits ou gros, déséquilibrés ou non, nos seins sont beaux comme ils sont et ils méritent d’être libérés!

Photo : Pinterest

À toi qui vient de terminer l’école, ou qui est à la vieille de finir, ben je te conte mon histoire. Parce que je pense qu’elle n’est pas si originale et que tu pourras te reconnaître. À toi qui peut être n’importe qui, je te conseille de lire jusqu’au bout. 

Le vertige. C’est ça qui m’a pris. J’ai eu le vertige.

Pourtant, je n’ai jamais eu peur des hauteurs. Je ressens même un malin plaisir à vouloir me jeter dans le vide. Mais en ce moment, ce n’est pas moi qui me jette dans le vide : je me fais pousser dedans. *Nuance*

J’ai passé trois ans au Cégep pour apprendre le plus beau métier du monde. On m’a donné tous les outils, on m’a conseillé, on m’a dit ce qu’il fallait faire et ne pas faire. Après trois ans dans ce qui était devenu un petit nid confortable, je me ramasse sur le marché du travail. C’est tellement excitant mais tellement paniquant à la fois.

Depuis toujours, le chemin est déjà tracé, les étapes enlignées parfaitement les unes derrière les autres : la maternelle, le primaire, le secondaire, le cégep puis l’université. Nos études deviennent, sans vraiment qu’on s’en rende compte, des points de repères.

Après l’étape cégep pour moi, y’a quoi? Un gros vide. Un vide rempli de possibilités, de victoires, de déceptions, de sacrifices et de surprises. C’est ce à quoi ressemblera ma vie de jeune-femme-début-vingtaine : une gamine qui se ramasse dans ses petits souliers, prête à parcourir la terre entière nue pied si jamais ses souliers devenaient trop usés.

 «T’as tout appris, maintenant débrouille-toi, fille.»

La confiance qu’on peut accorder à la petite jeune qui sort de l’école est à la fois impressionnante, excitante et déstabilisante. Pas mal vraiment très beaucoup déstabilisante, en fait. On te regarde, on te prend la main et on t’invite gentiment à plonger dans la piscine. Pis dans le creux en plus. Ça s’appelle «nage», ma belle

Je suis juste la petite jeune pleine d’ambition, moi là, juste ça y me semble. Par grands bouts, j’ai le sentiment qu’on me fait plus confiance que moi-même je peux me faire confiance. Je suis loin de m’en plaindre, vraiment très très trèèèès loin.

On apprend sur le tas, on s’améliore en ayant un maximum de temps de glace : c’est là qu’on joue à essais et erreurs, qu’on se plante pour mieux se relever. C’est là qu’on se surprend. C’est là qu’on se créé des moments qui nous ferons dire dans un, cinq, dix ou vingt ans : «Eille, ça me rappelle la fois où j’étais à la job, je sortais de l’école pis…».

Aujourd’hui, j’ai le vertige. Je me suis fait pousser dans le vide. Pis tu sais quoi? Je me pousse maintenant moi-même dans le vide et je continuerai de le faire. Parce qu’au fond, la peur n’est jamais une raison, c’est une excuse.

Il y a ces soirées-là (pas comme la chanson d’Alan Théo, t’sais) où tu cherches même pas à attirer l’attention du sexe opposé. Pas pantoute. Tu cherches juste à avoir ta propre attention. I mean, ça arrive de se mettre belle pour soi-même. De faire sa coiffure préf, mettre son t-shirt préf et un soupçon de son parfum qu’on met juste dans les occasions spéciales, genre un premier rendez-vous. Ce soir-là, c’était un premier rendez-vous avec moi-même (et quelques autres amies). Ça fait du bien, ces soirs-là. Tu te prouves que toi aussi, tu peux te trouver pas-pire-pantoute et comprendre un peu pourquoi tes amies sont un peu jalouses de toi comme tu l’es d’elles. 

Fait que cette soirée-là, c’en était une d’elles. J’avais décidé de mettre un top mauve parce que la BFF de ma grande sœur a le même teint que moi et je l’avais entendu dire un soir que le mauve était la couleur qui lui allait le mieux. J’avais mis des boucles d’oreilles qui brillent et du mascara sur mes cils. J’avais mangé quelque chose de bon, avant, aussi. Pas genre Fast-food-bon. Non, non. C’est juste bon passé 3 h du matin, ça. Bon genre réconfortant-bouffe-à-maman-mais-c’est-pas-maman-qui-l’a-fait bon. J’avais écouté mon album préf, aussi. On oublie trop souvent nos propres classiques, avec tous les albums qui sortent chaque mois, les artistes qui come-and-go dans nos fils d’actualités et nos amies qui nous disent d’aller écouter le nouveau band british de l’heure. J’aime ça revenir aux classiques, moi.

On prend parfois bien soin des autres et peu de nous-même. On donne des conseils, on pense à ce qu’on ferait à leur place, on les félicite pour leurs bonnes notes ou leur nouvelle job, et dans tout ça on finit par s’oublier parfois.

Pour 2015, je vous souhaite de penser à vous et de vivre votre prochaine année comme lorsqu’on sabre une bouteille de champagne : avec précaution et des étoiles dans les yeux. De foncer, même quand vous êtes devant l’inconnu parce que ça vaut (presque) toujours le risque.

Je vous souhaite des trucs simples. Je vous souhaite d’acheter votre nouveau sweater préf, je vous souhaite de manger votre repas préf autant de fois que vous le voulez, je vous souhaite de découvrir le monde (ou juste une ville du Québec où vous n’êtes encore jamais allé), je vous souhaite d’être en santé au lieu de vouloir perdre 10 livres, je vous souhaite de savoir qui est réellement là pour vous dans vos moments de crises comme de joies, je vous souhaite de pleurer un bon coup (parce que ça nous fait jamais de mal, un moment donné) et je vous souhaite de rire à en perdre le souffle (parce que ça aussi, ça nous fait jamais de mal, un moment donné). Je vous souhaite de vivre de ces soirées-là et de tomber en amour avec vous-même, cette année.

Bonne année ’15!

Photo: Tumblr

Ronde et Jolie a lancé en grand son calendrier 2015 hier soir lors d’une soirée très glamour à laquelle La Cerise était présente. Encore une fois, douze femmes sont mises en valeur dans ce calendrier qui veut promouvoir la diversité corporelle.

Plusieurs personnes étaient présentes pour cette soirée haute en couleur. Le duo Sweet Cover a lancé la soirée en faisant des reprises de chansons populaires. L’artiste-peintre Nancy Morin était sur place pour exposer quelques-uns de ses tableaux qui exposent des hommes et des femmes de gabarits différents. L’artiste peignait, devant le public, deux modèles qui se sont dénudées pour l’occasion. La clinique Optik Maltais était aussi présente pour inviter les gens à essayer une variété de lunettes, puis à se faire photographier dans le cadre d’un concours.

La photographe Camille Blais était également sur place pour prendre des clichés dans un photobooth, le glamour était à l’honneur. Les mannequins ont défilé sur le tapis rouge pour présenter chacun des mois. Il a été possible de constater la très grande équipe qui est derrière Ronde et Jolie. La soirée a été conclue par un flash mob dans lequel les organisatrices, les mannequins et certains membres du public se sont déhanchés sur la chanson Bang Bang de Jessie J. Le party était «pogné», la foule tapait de mains et ne voulait rien manquer du spectacle!

Améliorer l’estime de soi

Les mannequins étaient tout en beauté pour l’occasion. Le sourire sur le visage des douze femmes valait le déplacement. «Le but de Ronde et Jolie est venu du besoin d’améliorer la perception de soi et de l’estime de soi chez les femmes», explique l’instigatrice du projet, Poleen Beaulieu. Elle peut dire mission accomplie! Les mannequins doivent d’ailleurs suivre des ateliers sur l’estime de soir dans le processus de création du calendrier. «Aujourd’hui je me sens belle», lance la mannequin du mois de décembre, Vicky Friolet.

«Il manque des leaders dans la société pour aller sensibiliser les gens à la diversité corporelle», souligne la responsable des communications chez Ronde et Jolie et mannequin du calendrier 2014, Joëlle Vaillancourt. Elle a d’ailleurs livré un touchant témoignage en début de soirée sur son parcours vers une acceptation de soi. Elle estime aussi que l’expérience a changé sa vie, un sentiment qui semble partagé parmi tous les modèles.

La soirée était à la hauteur du calendrier très coloré, qualifié de «calendrier Life Saver», par la styliste Marylin Bédard.

Les fonds amassés permettront de réaliser le calendrier 2016. Les démarches pour recruter les modèles commenceront dès février.

Le calendrier Ronde et Jolie est disponible ici.

Photo: Jade Pinard

Le matin avait pourtant commencé de la même manière que tous les autres auparavant: tu t’étais levée après une quinzaine de minutes à laisser ton cadran crier sans lui porter une quelconque attention; tu t’étais brossé les dents face au miroir en te demandant comment tu allais faire pour passer un peigne dans cette tignasse; tu t’étais pesée… avec anxiété, peur et honte, tu t’étais pesée.

Puis la routine est embarquée.

Les calculs ont commencé.

Pour le déjeuner, on oublie le yogourt grec ou la tranche de pain, le nombre inscrit juste à côté du mot «calories» est bien trop énorme à ton goût. Tu regardes autour de toi, tu vois que ta mère a acheté des chocolatines. Ton déjeuner préféré. Ou plutôt, ton ancien déjeuner préféré, car bien sûr tu n’en manges plus. Ton regard dévie sur le plat de fruits posé sur la table et, sans réfléchir, tu prends une pomme avant d’enfiler ton manteau et ton sac pour aller à l’école.

Durant toute la matinée, ton attention est diminuée, tu n’écoutes pas, mais ce n’est pas parce que tu ne veux pas, oh non. Dès que tu essaies de te concentrer un tant soit peu, des chiffres te reviennent en tête et tu penses à ce que tu vas bien pouvoir manger pour dîner et tu penses à ce grilled cheese qui serait si bon, mais aussitôt la balance et de très très gros chiffres s’imposent dans ta tête et tu rejettes l’idée.

Pourtant tu vois toutes ces filles, ces très jolies filles, qui mangent sans se questionner, qui parlent avec leurs amies entre deux bouchées de muffin, qui sourient, qui ne semblent pas se soucier du chiffre en dessous de ce muffin. Et tu les envies.

Et la journée continue ainsi, comme à l’habitude, jusqu’à la fin de l’école.

Et je crois que c’est là que cette journée, qui avait pourtant commencé de la même manière que les autres auparavant, est devenue une autre sorte de journée. Une journée différente, qui ne rentrait pas dans la catégorie de toutes celles qui s’étaient écoulées au cours des derniers mois… Parce que cette journée-là, tu as choisi d’agir différemment.

Tu sais, ces choses qui nous donnent envie de vomir de stress juste à y penser, sont des choses qui nuisent à notre vie… Ce n’est sans doute pas un bon emploi pour toi si tu te ronges les ongles jusqu’au sang avant d’y aller et que tu espères à chaque minute de te faire couper pour terminer plus tôt… Ce n’est sans doute pas une bonne personne pour toi si l’idée de la voir secoue en entier ton estomac et enlève ton sourire…

Ce n’est sans doute pas une bonne chose si chaque journée de ta vie, tu penses à cette balance et au chiffre qui apparaîtra lorsque tu poseras tes pieds dessus, avec cette peur si grandiose qu’elle t’empêche de manger.

Bref cette journée-là, en rentrant chez toi, tu as englouti la chocolatine qui t’attendait sans peur, sans penser aux conséquences, sans t’imaginer la balance. Tu l’as mangée en pensant à ces autres filles qui mangeaient sans crainte et qui avaient l’air si heureuse alors que toi tu ne l’étais pas. Tu l’as mangée pour toi, parce que c’était auparavant ton déjeuner préféré.

Cette soirée-là, tu n’es pas montée sur la balance, oh non!

Tu l’as foutue aux poubelles cette maudite balance.

Photo: Flickr