émotions

Imaginez un univers scénique dans lequel évoluent des gens comme vous et moi. Un monde où les émotions sont vraies, où les couleurs priment et où autant le rire que les larmes sont de mise.

Dans cet univers, vous êtes le confident des protagonistes et vous êtes impliqué de telle sorte que leurs décisions et sentiments vous tiennent soudainement à cœur, sans que vous ne sachiez vraiment pourquoi. Cet univers, c’est celui de La liste de mes envies, spectacle réalisé par Maryse Warda, une adaptation du livre du même nom de Grégoire Delacourt.

Le 20 avril dernier, j’ai eu la chance d’assister à cette pièce de théâtre, grande amatrice des arts de la scène que je suis. C’était l’histoire d’une mère de famille qui, ayant gagné au loto, décide de ne rien changer à sa vie tout en dressant la liste de ses envies.  Calepin et stylo en main, je m’attendais à une pièce de théâtre charmante, mais sans grand déploiement, comme celles auxquelles j’avais assisté dans le passé. J’avais dressé le cadre d’une liste de points forts et de points faibles en vue d’écrire ma critique ensuite. Ce ne fut d’aucune utilité : ce spectacle est bien plus que charmant, il est touchant et drôle à la fois, authentique, mais tellement surprenant. Ce fut un réel coup de foudre que je me dois de vous partager.

Le voile du quatrième mur est tombé

Vous savez, ce quatrième mur qui est un obstacle entre les comédiens et le public? Eh bien, il n’existe tout simplement pas dans cette pièce, et c’est terriblement original. Le personnage de Jocelyne, interprété par la talentueuse Marie-Chantal Perron, s’adresse directement à nous. Elle nous livre ses pensées et ses secrets, mais aussi ses craintes et ses angoisses. L’ensemble de tout cela fonde la structure de son personnage, qui est complexe dans son grand réalisme.

Une belle opposition des personnalités

Les personnages de Luce et Lucie (Anick Lemay et Tammy Verge), les deux amies jumelles de Jocelyne, créent un parallèle intéressant entre les subtilités de leur personnalité. Alors que l’une est autoritaire et terre-à-terre, l’autre est rêveuse et dissipée. C’est intéressant dans la mesure où ces deux personnages se complètent réellement, que ce soit dans leurs gestes, dans leurs paroles ou leurs vêtements. Cela fait en sorte que l’illusion d’un seul personnage, à la fois complet et profond, demeure.

Une magnifique histoire d’amour… mais pas celle que l’on croit

Jocelyne est mariée à Jocelyn depuis de nombreuses années, mais ce n’est pas de cet amour-là que je parle. En effet,  ce dernier finit par se tanner de la monotonie de son quotidien et décide de partir, ce qui est plutôt l’antithèse de l’histoire d’amour. Non, en réalité, je parle en premier lieu de l’histoire d’amour entre Jocelyne et sa fille décédée à la naissance, Ariane. Celle-ci ne quitte jamais son cœur, elle fait office à la fois de guide et d’inspiration pour sa mère. Jocelyne la voit comme un véritable ange qui la protège, ce qui nous plonge dans un état mélancolique bien malgré nous. Une deuxième histoire d’amour est également présentée : celle qu’entretient  Jocelyne avec elle-même. Au départ, ses sentiments sont mitigés : elle se sent grosse, laide et ennuyante. Autrement dit, sa confiance en elle est à plat. Mais au fur et à mesure que le temps passe et qu’elle dresse sa fameuse liste, elle apprend à s’aimer. Cette nette évolution nous sert de leçon, puisque sa confiance grandissante la pousse dans un bonheur qui l’est aussi.

Véritable œuvre théâtrale, c’est sans équivoque que je vous encourage à y assister. Je vous promets une remise en question intéressante de votre propre vie à la sortie de l’auditorium…

Source : weheartit.com

Pink Floyd est sans contredis mon groupe préféré parce que c’est le genre de délice pur pour les oreilles, parce que ça ne passe jamais date. Tu vas dire «Ah oui, c’est le groupe qui joue la tune Another Brick in the Wall, je l’entends à la radio.» En fait, c’est tellement plus que ça. Pink Floyd en soit est une émotion.

L’écouter procure un plaisir sans fin, peu importe la chanson. Ce qui est bien avec ce groupe, c’est qu’il va toujours y avoir un morceau qui s’agence parfaitement avec ton humeur. Voilà pourquoi aujourd’hui, je t’aide à trouver la tune de Pink Floyd à écouter selon ton mood.

La peine d’amour

Quelle tristesse, le gars parfait t’a laissé tomber pour une fille plus chix que toi… Tout ce dont tu as envie présentement, c’est de crème glacée, ton lit et d’écouter des tunes tristes sur repeat. La chanson Don’t Leave me Now, de l’album The Wall, est faite pour ce genre de situation. C’est une chanson poignante qui fait pleurer. On dirait qu’on ressent la douleur de Roger Waters quand il la chante.

La joie euphorique 

C’est drôle, aujourd’hui en te réveillant, t’as eu l’impression que rien ne pouvait t’atteindre. Tu te sens complètement euphorique et heureuse comme tu ne l’a pas été depuis des lustres. Malheureusement, tu as l’impression qu’aucune chanson ne peut s’agencer à ton moral complètement débordant de bonheur. Écoute Shine On You Crazy Diamond, de l’album Wish You Were Here. Comportant sept parties, de la plus douce à la plus orgasmique musicalement parlant, c’est certain que ce morceau fait ressentir encore plus la joie intense, même un orgasme pour les oreilles! 😉

La colère rude

Ton prof vient de te dire que tes nombreux efforts n’ont pas porté fruit et que tu as coulé ton gros travail de session. Tu te sens tellement en tabar***** colère que rien ne pourrait améliorer ton humeur. La chanson One of my Turns, de l’album The Wall, va te faire du bien. Dans le film The Wall, c’est sur cette chanson que le gars pète complètement sa coche en détruisant tout sur son passage. La colère dans la voix de Roger Waters est palpable, tu te sens moins seule à être fâchée.

Le roadtrip

Par une belle journée d’été, t’as juste envie de partir sur la route et de ne plus jamais t’arrêter. Tu t’en fous de ne pas avoir d’itinéraire. La chanson Learning To Fly, de l’album A Momentary Lapse Of Reason, rassemble toute l’émotion ressentie par cette belle journée. T’auras même envie de l’écouter sur repeat dans ton auto.

L’amour et sa douceur

Tu le vois dans ta soupe, tu te sens tellement amoureuse que toute parole te ramène à sa chevelure dorée et à ses bras musclés. Le morceau A Pillow Of Wind, de l’album Meddle, est fait pour toi. Tout en douceur, cette chanson fait carrément flotter dans les airs. La légère voix de Roger Waters touche énormément le petit cœur amoureux.

La bad-girl

Tu te sens plus «démon» qu’«ange» ces temps-ci. T’as envie de découcher et de te dire YOLO. La chanson Young Lust de l’album The Wall va fitter à fond avec ton côté wild. «I need a dirty girl!» comme dirait Roger Waters.

Bref, ouvre Youtube là. Maintenant. Pis écoute la tune qui s’agence à ton mood de la journée!

Photo : Pastdaily.com

Je ne sais pas si vous êtes comme moi et que vous aimez écrire, mais parfois il m’arrive d’avoir des élans d’inspiration, et les mots prennent le contrôle de mon esprit. Là, c’est la panique : il faut que j’écrive, sinon je perds mon idée et je m’en veux.

Le pire, c’est quand ça m’arrive le soir. Je suis couchée, j’essaie de dormir et soudainement un événement surgit dans mon esprit. Cet événement fait en sorte qu’une dizaine de liens se créent et ça me donne envie d’écrire. Mais je suis trop lâche pour m’étirer, prendre mon téléphone et me faire aveugler par la lumière de celui-ci pour écrire ce qui me passe par la tête. Si je ne le fais pas, c’est pire, je suis incapable de dormir. Alors j’écris, j’écris, et finalement, après 15-20 minutes, je regarde ce que j’ai fait et je me demande comment je me suis rendue à ça.

Écrire, ça libère ton esprit de tout ce qu’il y a dedans, tout ce qui te passe par la tête. Tu te laisses aller, après tu te relis, tu modifies ce que tu n’aimes pas, ou tu fais juste supprimer la note. C’est pratique quand t’es fâchée et que t’as envie de dire tout ce qui te passe par la tête, mais que tu n’as pas la force d’assumer la chicane qui va suivre ensuite.

Parfois, quand t’en as trop en dedans, tu peux te laisser aller avec des mots, au lieu de tes poings. Quand mes parents se sont séparés, j’ai écrit des tonnes de textes. Genre des tonnes. Ça évite le trop-plein d’émotions et les crises de nerfs et de larmes. Ça évite de le vivre seul, sans nécessairement avoir à en parler à quelqu’un d’autre.

Je vous encourage à écrire sur ce qui vous passionne, sur tout ce que vous voulez! Gardez ces écritures, reliques de vos pensées, de qui vous étiez avant. Parfois ça fait peur, parfois ça vous ouvre les yeux.

«Plus jeune, [la vie] nous fait miroiter une vie d’rêve, des parents ensemble, des couples heureux, plein d’amis. Plus tu grandis, plus ta naïveté diminue, plus tes illusions s’diluent. Tu comprends ensuite dans quoi tu t’es embarqué, y’est trop tard, l’engrenage est déjà en marche. »
– Mon moi de 2013

Photo: We Heart It

Je me souviens encore de la toute première fois que je l’ai entendu. Nous dévalisions à grand coup de bien-être la route de campagne sur laquelle nous roulions, le vent fouettant nos visages réchauffés par le soleil d’été. J’étais assise du côté passager de la voiture ; l’homme qui conduisait, ma plus sincère oreille, mon père, a soudainement monté le son de la radio. Il m’a dit, les yeux remplis d’étoiles comme ceux d’un enfant : «Marie!!! As-tu entendu cette tune-là? Écoute, tu vas l’aimer!». J’ai soudainement cessé de me préoccuper de mes cheveux qui s’entremêlaient au vent, puis j’ai écouté. Une voix nouvelle s’est inscrite sur une mélodie encore inconnue.

 «J’veux rire à en pleurer, et puis pleurer de rire»

À ces paroles, j’ai tourné la tête vers mon père, mais, cette fois, c’est moi qui avais les yeux remplis d’étoiles. De grosses étoiles liquides. Au même moment, j’ai remarqué que celles dans les yeux de mon père avaient changé d’état elles aussi et, entre deux larmes se sont dessinés deux sourires, suivis de deux éclats de rire.

Nous avions donné vie aux paroles d’Alexandre Poulin.

Dimanche soir, c’est Alexandre Poulin à son tour qui a donné un sens à nos vies lors de son spectacle au Théâtre Petit Champlain de Québec. Un des spectacles les plus touchants de toute ma vie LE spectacle le plus touchant de toute ma vie.

Parce que ce soir-là, lorsqu’Alexandre et sa simplicité sont entrés sur scène, sa guitare sur le dos et accompagné d’un seul musicien, j’ai su que j’allais passer une belle soirée, mais j’étais loin de me douter que j’étais sur le point de vivre une expérience émotionnelle.

Trois courtes heures ont suffi pour comprendre que mes idées idéalistes de grande-voyageuse-tropsensible-et-ouverte-d’esprit étaient partagées. Trois courtes heures où une minuscule salle d’à peine deux cents personnes s’est envolée au Congo, à Paris, dans Oshelaga, dans l’au-delà, à Montréal, dans le passé… Mais surtout, trois courtes heures ont permis à des êtres humains de changer d’âme le temps d’une histoire, d’une chanson, et d’enfiler la peau d’un écrivain, d’un enfant sans père, d’un réfugié de guerre, d’un amoureux, d’un vieillard, d’un défunt, d’un penseur, d’un voyageur et tellement, tellement, tellement plus.

J’aurais aimé détenir la plume de Baudelaire afin de pouvoir rendre honneur à ce conteur, poète et musicien hors pair qu’est Alexandre Poulin. Je pourrais parler de ce moment pendant des heures et des heures sans jamais réussir à trouver les mots parfaits pour décrire ce qui s’est réellement déroulé dans cette salle, ce soir-là.

Mais je peux vous dire que, pour la première et probablement pour la dernière fois, j’ai compris ce que c’est, la magie : c’est l’attention portée aux harmonies et à la poésie de la dernière chanson qui a été jouée sans caisse de son et de manière totalement acoustique. Bien plus, c’est le murmure des âmes présentes qu’on entendait chanter silencieusement sur le bout des lèvres, comme si un simple faux son aurait pu secouer la terre entière.

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SURPRISE SURPRISE! Alexandre tenait à vous saluer lui-même suite à son spectacle au Côté-Cour de Jonquière à l’automne dernier! Pour un article et une entrevue exclusive avec l’artiste, cliquez-ici ; pour ses dates de spectacle et tout le reste, visitez son site internet!

Photo : Page Facebook d’Alexandre Poulin