Culture

Il y a de ces soirées où je ferme les yeux et où je ne pense plus à la routine. J’oublie les travaux, la vaisselle qui s’empile et les petits tracas d’étudiante pour rêver, tout simplement.

J’ai refait le monde à maintes reprises dans le confort de mes couvertures, éradiquant la pauvreté et les conflits. Sous mes paupières, il n’était plus question d’inégalité des sexes, de conflits sanglants ou d’attentats dévastateurs.

Dans mes rêveries utopiques, il faisait bon vivre sur toute la surface de la terre. Mon imagination débridée se plait à esquisser une société où les différences culturelles représentent une richesse.

Lorsque je ne refais pas le monde, je rêve d’aventures.

Je ferme les yeux et je suis catapultée à Istanbul, où je réalise mon souhait de visiter la Mosquée Bleue. En quelques secondes, je fais de la randonnée pédestre dans l’air pur des Pyrénées espagnoles. Le lendemain, je m’imagine aisément déambuler dans un souk marocain, humant l’odeur des épices décuplées par la chaleur. Ensuite, je vais faire un tour au Costa Rica, où je baragouine les quelques mots d’espagnol que je connais.

Parfois, je fais aussi un saut dans le passé. L’adepte d’architecture en moi visite l’Expo 67 alors que mon côté pacifiste discute avec Martin Luther King, lui-même assis à côté de Nelson Mandela. La fascinée d’histoire en moi assiste avec émotion à la chute du mur de Berlin et l’amoureuse du voyage que je suis visite le Pérou au temps de l’Empire Inca.

Je chéris ces soirées où mon imagination se perd en rêveries loufoques, parce que tout y est permis : aucune contrainte monétaire et le temps n’y est plus un facteur.

«La logique vous mènera d’un point A à un point B : L’imagination vous emmènera partout»

-Albert Einstein et ses douces paroles

Photo : Wikimédia

Pendant ma semaine de mi-session, j’ai essayé de comprendre les rouages de la danse contemporaine. La fille aussi flexible qu’un manche à balai et qui pensait que «contemporaine» constituait simplement une section hors de prix chez Simons, s’est donné la swing pour aller explorer ce qu’elle ne connaissait pas du tout. J’ai fait mon baptême au spectacle de Memory Palace, organisé par Tangente, le laboratoire de mouvements contemporains de Montréal. Tant pis, tango.

Je me rends à la Fonderie Darling le samedi du spectacle sans encore saisir ce que représente vraiment la danse contemporaine. La chorégraphe de Memory Palace, Dorian Nuskind-Oder, me donne alors sa propre définition de cet art : «un champ d’expérimentation qui implique la danse dans toutes ses formes (ballet, postmodernité, folklore) et qui constitue une recherche sur la façon de partager une chorégraphie avec le public».

Ce style ne s’inscrit donc pas seulement dans la danse qui évolue en ce moment, à notre époque : elle englobe aussi une vision unique et très personnelle des mouvements, du corps et du lien avec les spectateurs. Ouin. Ça reste un peu flou.

Le directeur général de Tangente, Stéphane Labbé, m’a confié lors d’une entrevue téléphonique qu’il existe encore beaucoup de préjugés à l’égard de ce type d’interprétation artistique et que certains pensent que c’est «incompréhensible, voir même  inaccessible».

La chorégraphe de Memory Palace, Dorian Nuskind-Oder, croit quant à elle que tout le monde est en mesure d’y trouver son compte : «Il y a des films que les gens ne comprennent pas, comme il y a des danses qu’ils ne comprennent pas. Ça reste qu’il y a beaucoup de danses accessibles, on a tous un corps, une vie sensorielle, je pense qu’avec une certaine ouverture à l’expérience on peut trouver une façon de connecter avec ce style».

Ma vie sensorielle et moi nous sommes dirigées vers la salle, qui constituait un immense hangar très éclairé, mais peu meublé. Le minimalisme par excellence : des tabourets pour les spectateurs, deux bancs pour les danseurs.

Et là, je me permets de réitérer le fait que je ne connais rien en danse, que j’en ai fait quand j’avais six ans et que j’ai accroché mes chaussons depuis. Je replongeais maintenant dans le bain avec un spectacle spécial, unique et expérimental. Je. N’étais. Pas. Prête.

Je ne vous dirai pas si le numéro était bon ou mauvais. Je ne vous énumérai pas les erreurs de mouvement ou d’alignement des danseurs, simplement parce que je n’y connais rien.

Ce que je peux vous avouer de mon expérience de Memory Palace, c’est que c’était captivant. Trois danseurs ont su retenir mon attention, malgré l’absence de musique et d’éléments de décor. J’ai remarqué la capacité des danseurs à transmettre des émotions et à user de leur respiration, de leur voix et de leur corps pour combler le vide musical. J’ai aimé qu’ils me demandent de fermer les yeux un moment dans la représentation pour tenter quelque chose de nouveau. En fait, j’ai trouvé ma propre définition de ce représente la danse contemporaine grâce à Memory Palace.

Je ne vous cacherai pas que j’aurais préféré maîtriser un peu les composantes de la danse contemporaine pour apprécier l’ensemble de la représentation, car il y avait des moments où je ne comprenais pas entièrement ce qui se passait et pour une fille orgueilleuse comme moi, ce n’est pas facile… La complexité des mouvements m’échappait parfois. Oupsi.

Bref, mon baptême s’est concrétisé. Je suis entrée dans un univers qui m’était complètement étranger, mais j’ai apprécié la pièce qui s’offrait à moi. Si je le peux, tu le peux!

Je te laisse le site de Tangente juste ici (http://tangente.qc.ca/), parce que leur riche programmation de spectacles pour 2016 te donnera probablement le goût de te lancer dans l’expérimentation à ton tour.

N’oublie pas d’amener ta vie sensorielle, c’est important!

Source image : Wikipedia

Avant je rêvais d’aimer. Disney me faisait rêver de la perfection, de la princesse et de son prince charmant, des plus beaux paysages, et de son histoire à saveur d’un conte de fée. Sauf que le conte de fée, c’est trop cliché. Aujourd’hui, je veux pas juste aimer, je veux voyager à travers l’amour.

Je veux qu’on parte en sac à dos, et qu’on vive la vraie vie; t’sais celle qui connaît le doute, la peur, la tristesse et la déception. Mais je te promets que dans notre sac à dos, il va aussi y avoir du bonheur, des rires, de l’amitié profonde, des folies, et bin de l’amour.

Je te promets que le jour où on décide de partir, on va se rendre quelque part, mais j’espère que t’es prêt à tout, parce que la destination je la connais pas, et le chemin non plus. Il y a des fois où on va se retrouver devant les plus belles merveilles du monde, que ce soit la muraille de Chine ou les pyramides d’Égypte, mais il y a d’autres fois où on va se retrouver sur la terre ferme à observer des jeunes guerriers sur les champs de cacao. Pis nous aussi on va se sentir comme des guerriers de l’amour, parce que ce n’est pas toujours facile.

Ça se peut qu’on se perdre, pis ça se pourrait même que le trajet soit long parce que des fois on doit vivre avec les tensions, comme on doit vivre avec les défauts de l’autre. Des fois, voyager longtemps ça donne l’impression que c’est monotone, que c’est routinier et que ça devient ennuyant. Ça arrive, pis ça va nous arriver à nous aussi. Mais ce jour-là, faudra juste changer la boussole de bord, pis on ira visiter le Nord. Le Danemark t’en penses quoi?

Je veux jamais que tu me demandes où on s’en va demain, parce que demain je le connais pas. Je sais pas si t’es l’homme de ma vie, mais t’es celui qui me rend heureuse maintenant, pis le moment présent il est bin plus beau. Si on n’en profite pas, l’angoisse va nous rattraper. T’sais quand je te parlais du doute, je voulais parler de ces questions qui nous tracassent quand on pense au futur. On en a pas besoin de celles-là, elles sont juste là en guise d’obstacles, mais les obstacles ont été inventé pour être traversé, pas pour te faire tomber.

T’aimes tu ça les manèges toi ? Parce que j’aimerais ça que tu embarques dans le mien. Ça va arriver que ça ressemble à une montagne russe, que ça tourne en rond, que ça aille vers le bas pis que ça remonte en haut, mais je te promets qu’on a bin du fun dans ce manège-là. Des fois, ça fait peur, mais quand on est rendu dedans, on veut pas débarquer.

Voyager, c’est vouloir tout découvrir, tout voir. Tout de suite. Parce que la société veut que ça aille vite, ça fait que nous aussi on veut aller vite. Pis à certains endroits va falloir ralentir le rythme parce que pour connaître le monde, faut prendre le temps de le faire. Regarder en surface, ça rien de ce que ça l’air en profondeur des fois. Tu le sais comme moi que la Chine ça l’air beau, l’architecture est d’une beauté inestimable, mais les conditions de travail sont pas toujours celles que tu pourrais oser imaginer.

Voyager, c’est aussi des beaux moments. Je veux qu’on regarde les étoiles jusqu’au lever du soleil, qu’on danse sur la plage, qu’on se découvre au fur et à mesure qu’on découvre le monde, pis qu’on garde toujours en tête qu’on est biens. Ça se peut que tu veuilles déraper des fois, vivre tes trips seuls, faire des expériences qui t’appartiennent, et je te le souhaite. Parce que voyager à deux, c’est aussi faire son propre voyage personnel dans le même envol.

Je ne sais pas on si on va se rendre à San Francisco ou en Australie, mais je te promets qu’on va faire un bout ensemble. Voyager, c’est plus que de la distance. C’est d’apprendre à se découvrir, à apprivoiser l’amour, à en tirer des apprentissages, à en créer des souvenirs, à vivre des nouvelles expériences, à faire des nouvelles rencontres, à se cultiver, et à devenir quelqu’un de grandissant. Puis si jamais tu finis par décider de faire le voyage seul, je te promets qu’on aura fait le plus féerique des voyages. Ça ne sera pas comme l’histoire de Cendrillon, mais ce sera notre conte de fée à nous.

Mais après tout, c’est ma version de l’amour, pis je ne voudrais pas qu’elle soit parfaite. Parce que moi la perfection je trouve ça fastidieux.

Photo: weheartit

Le 24 décembre dernier, une majorité de Québécois déplorait l’absence de neige, véritable symbole du temps des fêtes dans la province. Pendant ce temps dans la chaleur de l’Espagne, les festivités battaient leur plein, mais rien à voir avec nos traditions nord-américaines!

La veille de Noël dans la région de la Catalogne, en Espagne, les habitants fêtent la Tió. Cette tradition est typiquement catalane. Il faut savoir que la Catalogne est différente du reste du pays, elle est plus prospère et ses habitants possèdent leur propre langue : le catalan. Les habitants réclament leur indépendance depuis plusieurs années, invoquant le fossé culturel qui les sépare du reste de l’Espagne. Il ne faut donc pas se surprendre si la région a des traditions qui lui sont propres!

La Tió, qui signifie « Bûche de Noël » en catalan, est une fête assez surprenante pour ceux qui ignorent son déroulement comme c’était mon cas jusqu’à ce que Berta, une Catalane de 17 ans, m’explique en quoi elle consiste. Au début du mois de décembre, les familles placent dans leur maison un tronc d’arbre sur lequel elles auront dessiné un visage souriant. Le tronc d’arbre, appelé tió, est recouvert d’une couverture et il est aussi affublé d’une barretina, le bonnet typique catalan.

Le soir du 24 décembre, la famille bat la bûche avec des bâtons pour la « faire chier », ou autrement dit, pour qu’elle donne des cadeaux. Lorsque Berta m’a dit cela, j’étais plutôt perplexe et bien honnêtement, je me suis dit que le français n’étant pas sa première langue, alors il était bien probable qu’elle n’ait pas trouvé d’autre mot pour exprimer sa pensée! Eh bien non, « faire chier le tió » est l’expression exacte, aucun terme plus poli ne peut être employé! Les parents ont caché de petits cadeaux sous la couverture du tió, qui sont découverts une fois que le tió est « chié ». Lorsque les membres de la famille frappent la bûche avec des bâtons, ils chantent des chansons traditionnelles de ce moment de l’année.

Lorsque Berta a eu terminé de me décrire cette tradition du 24 décembre, elle a conclu en disant : « On est bizarres les Catalans! ». Je ne la contredirai pas, mais chose certaine, j’aimerais bien vivre un tel réveillon une fois dans ma vie!

En ce qui a trait à l’arrivée du Nouvel An, les Espagnols ont une tradition bien particulière : ils mangent un raisin à chacun des douze coups de minuit précédant l’arrivée de la nouvelle année. On les appelle les raisins de la chance, parce que la tradition veut que tous ceux qui parviennent à les avaler à temps vivent une année remplie de chance et de prospérité. Ce n’est toutefois pas aussi aisé qu’on serait porté à le croire parce que les raisins espagnols sont bien plus gros que les raisins québécois, en plus de contenir d’énormes pépins, a spécifié Berta.

Finalement, comme le père Noël est très peu répandu en Espagne, ce sont plutôt les Rois mages qui apportent les cadeaux aux enfants, dans la nuit du 5 au 6 janvier. Alors que les enfants d’ici écrivent une lettre au Père Noël, les gamins espagnols s’adressent plutôt à Melchior, Gaspar et Balthazar, les trois Rois mages orientaux.

Voilà donc comment se déroulent les célébrations du temps des fêtes en Espagne. Si les Catalans ignorent tout de la magie d’un Noël blanc, ils peuvent par contre se targuer d’être parmi les seuls qui vivent l’effervescence entourant la Tió.

Photo : Joan Cuevas

Dans un peu plus d’un mois, ce sera le temps des fêtes. Si pour moi Noël n’est pas Noël sans un sapin illuminé dans le salon et une traditionnelle dinde partagée en famille le 25 décembre, qu’en est-il ailleurs dans le monde? J’ai discuté avec Ghita Dezzaz, une sympathique étudiante marocaine, qui m’a brièvement présenté les traditions de son pays en cette période de l’année.

Le Maroc est un pays situé en Afrique du Nord, bordé par l’océan Atlantique à l’ouest et par la mer Méditerranée au nord. Colonisés par les Espagnols et les Français à une certaine époque, les Marocains sont désormais indépendants, le pays étant dirigé par un roi. L’Islam est la religion qui domine largement le Maroc et ce, depuis le VIIème siècle.

Comme Noël est une fête chrétienne et que la population est majoritairement de religion musulmane, Ghita mentionne que le 25 décembre est une journée bien ordinaire dans la vie de ses compatriotes, qui se rendent au boulot et poursuivent leur train-train quotidien alors que l’Occident est en fête. Nulle présence de lumières de Noël, de sapins illuminés ou de cadeaux enrubannés dans les foyers marocains.

En ce qui a trait aux traditions du nouvel an, Ghita me rappelle que dans son pays, il y a deux calendriers: le calendrier tel qu’on le connait, dit grégorien, ainsi que le calendrier islamique. Le nouvel an islamique est donc beaucoup plus significatif que le nouvel an grégorien pour les Musulmans, qui fêteront la Raas Assana, la nouvelle année musulmane, le 1er octobre prochain. «Le calendrier islamique commença le jour où le prophète Mahomet migra de La Mecque à Médina», m’apprend Ghita. À cette date, les familles marocaines, pratiquantes ou non, se réuniront pour partager un repas et rendre visite à des amis.

Le 31 décembre, alors que nous entamerons le compte à rebours pour accueillir la nouvelle année, seule une minorité des habitants de ce pays nord-africain fera la fête à l’occidentale. Ghita confirme en me disant que «cette célébration n’est pas ancrée dans notre culture et nos traditions: ce n’est qu’une coutume qu’on a empruntée aux Européens, puisque la culture européenne a quand même un impact sur les Marocains.» Le nouvel an grégorien gagne de plus en plus d’adeptes au fil des ans, bien qu’aucun rassemblement ne soit organisé pour l’occasion dans le pays: les familles qui souligneront l’arrivée de la nouvelle année le 31 décembre le feront donc dans l’intimité de leur foyer.

Bref, la culture marocaine étant différente de la nôtre, il est bien normal que nos traditions du temps des fêtes diffèrent également.  Pourtant, l’essentiel reste le même: l’importance de la famille durant ces moments de réjouissance. Et si, malgré le fossé culturel et tous ces kilomètres qui nous séparent, nous n’étions pas si différentes, Ghita et moi? Deux jeunes filles de 17 ans qui fêtent l’arrivée de la nouvelle année avec leurs familles respectives, la tête pleine de rêves et de projets pour ces 365 jours à venir.

Photo: wikimédia

Récemment, en feuilletant Le Devoir, j’ai lu un article portant sur la guerre civile en Afghanistan et je me suis dit que ce conflit était tombé dans l’oubli, relégué au second plan par l’apparition de nouveaux problèmes à l’échelle internationale. Quelques jours après cette lecture, c’est par hasard que j’ai découvert un roman traitant de la guerre civile afghane à la bibliothèque: Mille Soleils Splendides, de l’auteur Khaled Hosseini. Un réel coup de cœur littéraire.

Dans ce récit, on fait la connaissance de Mariam et Laila, toutes deux mariées à un homme extrêmement violent. Au cœur d’un Kaboul déchiré par les combats entre factions ennemies, les deux femmes font tout pour adoucir leur quotidien et celui de leurs enfants. Dépourvues de droits et confinées dans leur demeure par ce mari possessif, elles sont les témoins de la destruction de la capitale, qui se vide peu à peu de ses habitants. Mariam et Laila tenteront elles aussi de fuir leur terre natale, mais deux femmes seules avec leur progéniture ne peuvent aller bien loin dans cette société misogyne.

Un roman sans fioritures, qui expose la réalité des habitants, des femmes plus particulièrement, dans un pays dévasté par une guerre civile qui n’en finit plus. Les conditions de vie atroces, l’omniprésence du joug masculin et le système de répression sont présents dans l’histoire, mais ce qui ressort tout particulièrement de ce roman, c’est l’espoir des Afghans. L’espoir que les bombes épargnent leurs logis. L’espoir que leurs fils soldats évitent la mort. L’espoir qu’un avenir meilleur attende leurs enfants. L’espoir qu’un jour, l’Afghanistan retrouve la paix.

Cette lueur d’espoir dans la noirceur, elle m’a vraiment touchée, j’en ai eu les yeux pleins d’eau à plusieurs reprises. Pour tout dire, j’ai échappé quelques larmes en repensant à cet article dans le journal, le premier portant sur l’Afghanistan depuis trop longtemps. Si la violence s’est atténuée dans ce pays du Moyen-Orient, il n’en reste pas moins que la reconstruction du territoire dévasté sera laborieuse, sans compter les discriminations faites aux femmes, qui persistent encore aujourd’hui.

En m’endormant ce soir-là, après avoir fermé Mille Soleils Splendides, j’ai eu une pensée pour ces populations afghanes qui s’endorment sans avoir la certitude qu’elles se réveilleront à l’aube. Et, aussi égoïste que cela puisse paraître, j’ai réalisé la chance que j’ai. Honteusement, je me suis remémoré toutes ces fois où je me suis plainte pour des broutilles. Comme quoi, dans la vie, tout est une question de perspective.

Mille Soleils Splendides, un roman si touchant dont je me souviendrai certainement.

Pour faire carrière en mode, il faut : de la passion, de l’audace, et de la détermination. C’est ce qu’ont démontré la consultante Britta Kröger, la créatrice d’évènements Chantal Durivage et le designer Denis Gagnon lors de la conférence «L’art d’entreprendre dans l’industrie de la mode», présentée jeudi au Musée d’art contemporain de Montréal par Nota Bene en collaboration avec le Festival Mode & Design (FMD).

La rencontre, sous forme de groupes d’échange, a permis à la relève entrepreneuriale de discuter directement avec des leaders dont le talent n’est plus à prouver. Animé par la blogueuse et chroniqueuse Émilie Fournier, l’événement a accueilli près de 50 participants.

À la poursuite de ses rêves

Ex-mannequin pour Jean-Paul Gaultier et acheteuse principale pour la Maison Simons, la consultante allemande Britta Kröger a toujours été attirée par la mode. «Pour moi, la mode, c’est de l’art. Je peux pleurer devant une belle collection, indique-t-elle d’entrée de jeu. On nait tous avec une passion; on doit ensuite la découvrir et la développer.»

Son leitmotiv? «Il faut gagner la confiance des gens et ne pas vouloir tout révolutionner. C’est un travail d’équipe.» Selon l’entrepreneure, il ne faut pas être complexé par ce qu’on ne sait pas faire et collaborer avec des personnes dont les compétences sont complémentaires. Et on ne doit pas avoir peur de rectifier le tir au besoin. «La mode, c’est un milieu qui n’est jamais statique, affirme-t-elle. J’apprends tous les jours!»

Oser cogner aux portes

Cofondatrice du Groupe Sensation Mode, l’organisation derrière le FMD, Chantal Durivage a consacré les 15 dernières années à créer des évènements novateurs au Québec comme à l’international. À son avis, le secret est de bien s’entourer. «Je recommande fortement de se trouver des mentors dans différents domaines, avec qui on peut échanger et ainsi éviter beaucoup d’erreurs de débutants», déclare-t-elle.

Quant à la façon de dénicher de tels conseillers, c’est tout simple : «Il faut carrément cogner à leur porte et ne pas se gêner!» Chantal Durivage confie que tous les entrepreneurs ont envie de partager leur expérience avec des jeunes audacieux et visionnaires dans lesquels ils se reconnaissent. «Nous vivons dans une monde de cocréation. Il ne faut pas hésiter à se rallier avec d’autres», insiste-t-elle.

Déterminé à innover

Figure emblématique de la mode québécoise, Denis Gagnon a acquis sa renommée grâce à sa créativité débordante et son travail acharné. «La dernière fois que j’ai pris des vacances, c’était il y a trois ans», révèle celui qui crée toutes ses collections lui-même, avec l’aide d’une couturière et des stagiaires.

Le designer fait remarquer que la mode est un domaine où il y a beaucoup de joueurs, d’où l’importance de se démarquer. «Que tu sois un petit ou un grand créateur, on joue tous dans la même cour. L’industrie va bien, mais il faut savoir s’adapter au marché», affirme-t-il. Si Denis Gagnon avait un conseil à donner aux futurs créateurs, ce serait de profiter des technologies numériques pour promouvoir leur projet : «Si tu as un talent, tu dois l’exporter sur le web tout de suite pour un maximum de visibilité.»

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Photos: Benoît Vermette / Nota Bene et Jimmy Hamelin / FMD

«À vos marques, prêts… partez!» L’animatrice et ex-mannequin Geneviève Borne a donné hier le coup d’envoi du volet extérieur de la 15e édition du Festival Mode & Design (FMD) de Montréal, dont elle est la porte-parole pour la 7e année consécutive. Au programme de la journée : course à talons hauts, fashion trucks et défilés!

Un relais glamour

Selon la porte-parole, le FMD est l’événement tout indiqué pour les amoureux du design, de la mode et de la musique qui aiment fêter en plein-air. «La fête annuelle de la créativité au centre-ville de Montréal!» Le volet extérieur a débuté avec la traditionnelle Course à talons pour Le Chaînon, un centre d’hébergement pour femmes en difficulté.

Sous un soleil de plomb, des dizaines de coureuses et quelques courageux coureurs ont enfilé des souliers à talons d’au moins 7 cm (c’est le règlement) pour une course à relais au cœur du Quartier des spectacles. À noter qu’avec la première participation officielle des drag-queens de Fierté Montréal, l’édition 2015 s’est montrée particulièrement colorée!

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Tendances pour emporter

Les boutiques mobiles OldWIG, Nomad, La Montréalaise atelier et COVEN ont profité du FMD pour lancer en grand la page Facebook Fashion Truck Montréal. Les quatre «camions mode» seront présents à la Place des Festivals jusqu’à samedi, en plus d’une vingtaine de boutiques POP-UP – le paradis pour les accros du shopping avides de découvertes. Mes coups de cœur : les vêtements décontractés et abordables de COVEN ainsi que les accessoires zen de Fay with Love.

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Trio gagnant

Bien sûr, le Festival Mode & Design vient avec son lot de défilés. En ouverture, le FMD Collections a mis en scène les créations de trois designers canadiens : Bodybag by Jude (style urbain, à la fois chic et décontracté), Harricana par Mariouche (vêtements luxueux, faits de matières nobles recyclées) et Hip & Bone (pour hommes, look contemporain et sophistiqué).

La chanteuse montréalaise APigeon accompagnait les mannequins sur la passerelle de sa voix hypnotisante et sa musique «folktronique». Le défilé collectif a même donné lieu à une rencontre artistique entre la chanteuse et l’artiste new-yorkais Scooter Laforge, qui a transformé sa longue robe blanche en une minirobe asymétrique multicolore.

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Le Festival Mode & Design se poursuit jusqu’au 22 août à la Place des Festivals du Quartier des spectacles de Montréal. Pour tous les détails, visitez le site officiel de l’événement.

Photos: Jimmy Hamelin et Sébastien Roy / FMD

Habituellement, LaCerise.ca ne fait pas d’articles promotionnels, mais j’enfreins les règles de mon propre gré pour vous parler de la boutique Le Grenier du Livre. Une minuscule librairie cachée dans un marché aux puces au centre-ville de Chicoutimi. C’est une véritable révélation, je n’en reviens toujours pas.

Dès mon arrivée, je suis tombée en amour, avec le lieu et sa propreté. Ça ne sent pas le vieux, les livres sont en excellent état, il y a de tout pour tous les goûts à un prix qui frôle le ridicule. Pour 10 $, j’ai acheté Volkswagen Blues, Les yeux jaunes des crocodiles, L’Orange mécanique, Douze coups de théâtre et Chère voisine… Bref, pas d’arlequins de fond de tiroir qui sentent le moisi.

Des livres partout du plancher au plafond, des classiques aux thrillers en passant par les Best Sellers, les bandes dessinées et les nouveautés. L’ambiance est géniale. L’espace minuscule est utilisé à pleine capacité. Par contre, pas besoin de fouiller très longtemps pour trouver ce que l’on cherche. Tout est classé à la perfection par genre, en sous-catégories d’auteurs en ordre alphabétique.

Et que dire de la libraire: une perle rare. Elle rend la lecture accessible pour tous, sans prétention en donnant une deuxième vie aux livres usagés. Et par-dessus le marché, elle est gentille, attentionnée et accueillante. Elle connaît son inventaire sur le bout des doigts et sa patience est d’une rare sincérité. Sylvie Lajoie aime son travail, aime sa librairie, aime les acheteurs, les fouineurs, les jeunes et les vieux. Elle reconnaît ses habitués, discute et rit avec eux. Secrètement, j’ai déjà hâte au jour où j’aurai l’honneur de me faire appeler par mon prénom moi aussi. Sa passion est contagieuse et son univers nous donne envie de passer des heures à flâner et à caresser du bout des doigts les reliures des livres placés en rangée, à la recherche d’un coup de cœur littéraire.

Aussi, si vous avez des livres à vendre ou à donner, rendez-vous au 435 rue Sainte-Anne, Chicoutimi; ils seront entre bonnes mains.

Photo: Flikr creative commons