critique

Tous les jours, nous côtoyons plusieurs dizaines de personnes. On se laisse guider par la façade qu’ils dégagent. On les suit sur les médias sociaux. À force de voir déambuler tous ces gens qui nous entourent, on finit par croire qu’on les connait réellement. Mais c’est totalement faux. On ne connait pratiquement rien de toutes ses personnes qui laissent transparaitre seulement leur côté qu’ils considèrent comme « acceptable ».

 

Tout le monde possède ses petits démons et ses secrets cachés.

 

Dernièrement, je suis allée voir un film au cinéma qui m’a fait réaliser qu’on ne peut pas supposer connaître toutes les personnes qui nous entourent. Il s’intitulait « Avec amour, Simon ».

Simon, un adolescent de dix-sept ans mène la vie classique : il étudie, possède un groupe d’amis, une famille conventionnelle… Mais, ce que son entourage ne sait pas, c’est qu’il porte avec lui un gros secret : il est « gay ». Durant l’histoire, on peut voir Simon qui commence de plus en plus à vouloir dévoiler son secret à ses proches. Par contre, une immense frayeur le tort. Il a peur de leurs réactions et que cet aveu change quelque chose dans leurs relations ; il y aussi la perception qu’auront ceux qui l’entourent comme ses camarades de classe suite à cette vérité qui sortirait.

 

Bref, je ne vais pas en dire davantage sur le film, pour ne pas vous spoiler la suite.

 

Sincèrement, je trouve que ce film montre d’une très belle façon le parcours d’un jeune homme qui ose enfin s’assumer et dévoiler son vrai visage. Il est clair qu’au début Simon possédait des barrières qui l’empêchaient d’être qui il est réellement, car il tentait de cacher une grande partie de ce qui le définit. Ce genre de situation peut se présenter chez n’importe quel individu qui camoufle qui il est vraiment. C’est pourquoi je suis certaine que ce film a rejoint beaucoup de personnes.

 

Assumer certains aspects de notre personnalité, de nos intérêts ou bien de qui on est, c’est parfois vraiment difficile. C’est si facile se faire influencer par notre entourage, par la société. On est confronté à un cadre dans lequel on se sent constamment obligé de rentrer. C’est évident que quand certaines personnes sortent de ce moule, elles se sentent différentes de ce que serait la « conformité ». Le film illustre que, même si Simon a dévoilé son homosexualité, il reste la même personne qu’il était au départ.

 

D’après moi, on pourrait tous apprendre un peu de ce film. Jamais on ne devrait avoir peur de révéler qui on est. Autant minimes que peuvent être les petites incertitudes que nous avons, nous méritons tous d’avoir le pouvoir de s’assumer pleinement sans avoir peur du jugement des autres.

 

Sur ce, je vous suggère ce film qui m’a agréablement surpris. Il m’a amené à réfléchir sur le fait qu’assumer certaines de nos caractéristiques peut être vraiment difficile. C’est une longue quête, de dévoiler qui nous sommes réellement, mais je suis certaine que chaque personne peut y arriver.

 

Crédit photo: © 20th Century Fox

La fébrilité est à son comble. J’entends les discussions, les cris, je ressens l’excitation parmi la foule. J’ai à peine d’espace devant moi pour respirer, on est collés comme des sardines, mais ça ne me dérange pas. C’est le genre d’excitation que l’on souhaite ressentir à plusieurs, le cœur battant, les mains moites.

Soudain, les lumières se ferment. Les cris deviennent plus forts, la foule est presque hystérique. Half Moon Run apparaît sur scène, tout souriant de jouer à la maison. Il faut dire que ça doit être spécial de réussir à remplir le Métropolis de Montréal 4 soirs de suite (du premier au 4 avril). 10 000 personnes, 10 000 fans qui sont particulièrement heureux de partager une connexion spéciale avec les musiciens.

La première chanson Warmest Regards se fait entendre et déjà, je tombe sous le charme de la voix angélique de Devon Portielje. Déjà à son jeune âge, il a un parfait contrôle de sa voix. Chaque fois qu’il atteint des notes hautes, les frissons descendent le long de ma colonne vertébrale, les larmes me montent aux yeux. C’est encore plus beau que sur les albums.

Plusieurs violonistes et un flûtiste accompagnaient le groupe montréalais sur scène pour plusieurs morceaux. La qualité de la musique était incroyable. Conner Molander séduisait la foule chaque fois qu’il sortait son harmonica. Même les jeux de lumière étaient super impressionnants!

J’étais complètement sous le charme, et je n’étais pas la seule. Il faut dire qu’en plus d’avoir une énergie hors du commun et d’être talentueux, les musiciens du groupe sont très cutes.

Je conseille à tous ceux et celles qui ne connaissent pas Half Moon Run d’acheter leurs deux albums, Dark Eyes et Sun Leads Me On. Chaque chanson a son cachet et fait du bien à l’âme écorchée ou à l’âme qui file le parfait bonheur. Et pour ceux qui connaissent déjà le groupe, eh bien, on se reverra au Métropolis la prochaine fois!

Photo : Mathieu Pothier

Mon père est un grand fan de Star Wars et malheureusement, il est pas mal tout seul de sa gang chez moi. Quand l’épisode sept est sorti, il a voulu qu’on aille le voir… après s’être tapé les six premiers épisodes bien entendu! Alors en quatre jours, j’ai découvert cette série épique.

Je ne vous propose pas une critique de l’épisode 7, parce que je ne suis vraiment pas qualifiée pour le faire, n’étant pas une admiratrice inconditionnelle. En fait, je vous propose mes commentaires sur la série.

Premièrement, je me suis trompée! J’ai toujours pensé que Star Wars, c’était plate, mais non. Quand tu t’intéresses à l’histoire, c’est tout sauf ennuyant. Je dois avouer que j’ai vraiment préféré les épisodes 4,5 et 6 parce qu’ils sont beaucoup moins axés sur la politique que les trois premiers. Je trouve que la politique et les sabres laser, c’est un drôle de mélange…

J’ai une confession à faire. J’ai dû passer au moins 1 million de commentaires pendant les six premiers épisodes. Comment Luc fait pour comprendre R2D2? Sérieusement, il ne fait que des bips? Est-ce que c’est moi ou Anakin est vraiment nono de croire que Padmé va encore vouloir de lui après qu’il soit devenu aussi méchant? Je veux bien croire qu’elle aime peut-être les bad boys, mais là!

Pour ce qui est de l’ordre, je sais que c’est compliqué, mais mon père m’a tout expliqué! Et je suis là pour venir à votre rescousse. Il y a 7 épisodes. Le premier à avoir été produit est l’épisode 4, suivi du 5 et du 6. Plus tard, ils ont produit les épisodes 1,2, 3 et maintenant l’épisode 7. Pourquoi les avoir faits dans le désordre? C’est simple, c’est une question de moyen et de technologie. Le premier film de la série, l’épisode 4, est sorti en 1977. Vous pouvez deviner qu’ils n’avaient pas tous les moyens technologiques qu’on possède aujourd’hui que ce soit pour le tournage ou pour les effets spéciaux, qui sont présents en quantité industrielle dans chaque épisode.

Même si les derniers épisodes à avoir été tournés sont beaucoup plus réalistes, j’ai préféré les premiers à cause de leur histoire, mais surtout grâce aux personnages. J’ai été impressionnée par les costumes. Ils sont exceptionnellement bien faits! On a qu’à penser aux Ewoks (de petites créatures étranges qui ressemblent à des oursons en peluche vraiment adorable) ou à cette affreuse limace géante qui se nomme Jabba le Hutt.

En conclusion, j’ai une seule chose à vous dire. J’ai bien fait de passer par dessus mon jugement et de me lancer dans la série. Ça a fait plaisir à mon papa et on a passé de beaux moments en famille. Pourquoi ne pas faire comme nous et finalement accepter les multiples demandes de votre frère, de votre meilleur ami ou de votre copain et enfin regarder la série? Qui sait, peut-être allez vous apprécier?

Après le phénomène musical de leur tout premier album certifié disque d’or en 2012 et une tournée de 300 concerts, Half Moon Run revient en force.  Le quatuor se laisse inspiré par le soleil et les vagues de la Californie pour nous revenir fidèle à eux-mêmes, avec la sortie d’un tout nouvel album pour l’automne, Sun leads me on. 

Le groupe montréalais, qui, souvenons-nous, a fait ses débuts remarqués après avoir occupé la  scène des groupes comme Mumford and Sons et Of Monsters and Men, se détache cette fois-ci de sa mélancolie folk-alternative pour nous ouvrir une porte vers treize ballades pleines de poésie. Les compositeurs se permettent de toucher à tout, ce qui propose une variation peut-être plus vaste que leur premier enregistrement. Allant de leur étonnant single Trust, à une chanson clin d’œil à leur ancien album, I can’t figure out what’s going on, les artistes nous on offert un avant-goût qui nous laisse insatiables. Toutefois, j’ai eu un coup de foudre musical dès l’écoute de la mélodie parfaitement exécutée dans Narrow Margins et j’avoue également avoir eu une faiblesse pour le piano suave de Throes.

À la première écoute, j’ai tout de suite senti que le recueil musical témoignait de la spontanéité du groupe, mais qu’il nous dévoilait aussi une toute nouvelle maîtrise de leur musique. À travers le tout nouveau matériel musical, on peut y explorer un univers intime et délicat au piano, sans délaisser les mélodies entraînantes de guitare, d’harmonica et d’arrangements sonores.

Ils livrent en entrevue que la création de l’album a été inspirée par leurs expériences accumulées en tournée et par leur retour au calme dans leur chalet en Californie. Ils nous livrent un tout harmonieux, travaillé minutieusement.

Ils ont insisté sur l’authenticité et la transparence de cet album pour en faire un succès. Ils seront au Métropolis à guichet fermé du 1er au 4 avril prochain. Heureusement, l’équipe de la cerise vous réserve un retour bien spécial sur le sujet!

Photo : halfmoonrun.indica.mu

Je vous ai parlé il y a quelques semaines de la programmation d’automne du Cercle à Québec. Vendredi dernier, j’ai eu l’immmmmmense plaisir d’assister au spectacle, vendu à guichet fermé, du duo montréalais Milk&Bone. L’album de Laurence Lafond-Baulne et Camille Poliquin, étant sorti en mars dernier, a été acclamé par les critiques, donc j’avais hâte de voir le résultat en live.

On a pu voir les deux musiciennes sur scène dans une complicité à son meilleur. Leur album Little Mourning est plutôt électro-pop, mais est comparable à peu de son qu’on a l’habitude d’entendre au Québec. L’écouter en live a été une expérience, simplement pour l’amour du talent.

Ce qui m’a fait le plus sourire de la soirée, c’était de voir à quel point 400 personnes s’étaient présentées pour voir ces deux musiciennes. Dans les années précédentes, elles ont acquis beaucoup d’expérience sur la scène en ayant joué pour d’autres artistes (Alex Nevsky, Ariane Moffatt, David Giguère, Misteur Valaire). Il était temps de les voir à l’avant plan ! Les deux jeunes femmes ont toutes les deux une très belle voix, mais je dois avouer mon coup de cœur pour la voix translucide de Camille. J’ai eu quelques frissons qui me passaient à travers le dos à chacune de leur chanson. La foule s’est mise en transe dès leur chanson Easy to read du début, et n’aurait probablement pas dit non à deux autres rappels comme on a eu droit. Leur chanson New York (premier single sorti à l’été 2014) m’a complètement bouleversée et a confirmé qu’elles étaient uniques dans ce qu’elles ont réussi à créer.

Allez jeter un coup d’oeil !

La première partie a été assurée par le duo CRi. Une seule chose m’a déçue de cette partie du spectacle et ce n’était pas la performance des musiciens, mais bien le public. (Sérieusement, si tu m’accompagnes à un show, ne me parle pas la moitié du temps. Je viens écouter de la musique, on s’update sur nos vies avant ou après le show.) Le style musical étant super électro, il est certain que ça prend un lapse de temps pour apprécier à fond leur performance. C’est quand ils ont annoncé leur dernière chanson que j’en aurais redemandé d’autres. Cependant, je dois dire que c’était la parfaite première partie pour nous préparer à la partie principale de la soirée.

Si vous êtes de ceux qui se cherchaient des billets désespérément le jour du spectacle, sachez qu’une supplémentaire au Cercle a été annoncée pour le 22 avril 2016. N’attendez pas à la dernière minute pour réserver votre place, parce que j’ai la réelle impression que d’ici ce temps, Milk&Bone auront eu le temps de nous donner (encore plus) de raisons de les aimer.

Crédit photo : Page Facebook Milk&Bone.

Avec son troisième roman, Les blondes, Émily Schultz nous transporte dans un univers à la fois réel et déjanté. Les blondes, naturelles ou non, sont prises d’une hystérie meurtrière virale, de vraies zombies. L’épidémie m’a cependant laissée sur ma faim…

L’auteure ontarienne a su doser parfaitement humour et suspense. L’histoire m’a tenue en haleine; stress, paranoïa tout y était. Certaines scènes d’action étaient difficiles à saisir du premier coup, j’ai du en relire quelques-unes. Mais je vais mettre ce bémol sur le dos de la traduction (la version originale est en anglais).

Le livre traite de féminité, de beauté et de maternité. Les moments où le personnage principal, Hazel Hayes, décrit la sensation du bébé qui bouge dans son ventre sont à couper le souffle.

D’un chapitre à l’autre, on suit les péripéties d’Hazel qui tente de survivre à la VSH (la furie blonde). Elle est témoin de multiples attaques de blondes, elle se sauve, se met dans le pétrin, vit (et nous fait vivre) toute une gamme d’émotions.

Habituellement, je suis une lectrice assez émotive. Les blondes m’a fait sourire, m’a donné de légers frissons et a fait naitre une boule dans ma gorge sans pour autant m’avoir fait rire, m’avoir terrorisée ou fait pleurer. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée, l’intrigue compense.

MAIS LA FIN!! ARK OUACHE NON! Quoi de plus décevant qu’une fin décevante? Je souffre encore en écrivant ces lignes. J’ai l’impression de ne rien avoir compris du livre. On dirait que l’histoire est inachevée, qu’il devrait y avoir un tome 2. C’est peut être volontaire, mais POURQUOI!?! L’histoire, le concept, l’intrigue rien ne débouche et mes questions sont restées sans réponse.

Malgré tout, je ne suis pas déçue de ma lecture, le reste du livre en vaut la peine, mais je crois que si c’était à refaire, j’achèterais The blondes. 

Photo: Flikr creative commons

J’ai le bonheur étampé dans la face pour la prochaine année. Et je ne pense pas me tromper en affirmant que c’est le cas aussi pour les 6 822 autres personnes qui m’entouraient au Colisée Pepsi. One Republic, Québec aurait voulu te garder pour avoir une dose de ton toi à chaque jour.

Quand tu dis que quelqu’un est une bête de scène, qu’il l’habite de long en large, ben c’est ça qui arrive avec Ryan Tedder. Chanteur, guitariste, claviériste et surtout,  futur mari dans les rêves de toutes les filles.

J’ai encore de la difficulté à comprendre comment il a fait pour, du début à la fin, sauter d’un bout à l’autre de la scène jusqu’à même faire une escapade dans les estrades en plus de nous étaler son registre vocal impressionnant au grand complet au creux de l’oreille sans aucune fausse note.

One Republic, c’est le genre de groupe qui a tellement de chansons à succès que tu arrives presque à oublier l’existence même de certaines d’entre elles. Ça, c’est  jusqu’au moment où Ryan Tedder pousse une note que tu reconnais et tu te rappelles que eille, ben oui, c’est de One Republic ça!

Puis, plus le spectacle avance, plus tu te demandes : «Mais voyons ça va être quoi la prochaine chanson, il a déjà fait toutes les plus connues y me semble?!». Et à cet instant-là, BOUM!, il commence à entonner Love Runs Out. Puis il nous jette à terre avec If I Loose Myself.

Une mise en scène impeccable a permis à Ryan Tedder et sa bande de valser entre l’intimité d’une Apologize  et le grandiose d’une Something I Need, toujours en nous en mettant plein la vue.

Encore hier, j’ai pris le temps d’arrêter de crier trente secondes pour regarder autour de moi. Une foule qui bouge au même rythme et qui chante en cœur me donnera toujours autant de frissons. Le temps d’un spectacle, on semble tous être dans le même bateau : de simples humains qui vivent grâce à une injection de musique pure, des junkys qui vont en redemander à la minute où les lumières vont s’éteindre. On en a besoin comme on a besoin d’oxygène.

One Republic, Québec est junky de toi.

Quand j’ai dit à mes amies que j’allais voir le premier one-man show de François Bellefeuille, elles ont dit : «Ah le frustré là ?» OUI, lui ! Mais vous allez rapidement prendre goût à ses «pètages de coches» et à sa voix criarde, je vous le garantis ! 

Oubliez ça, en sortant de là vous n’avez plus de yeux, de bouche ou d’abdominaux.  Premièrement, vos yeux seront envahis par les pleurs OU tout simplement ébahit par la chevelure de l’humoriste. On dirait qu’il s’est volontairement mis les doigts dans la prise électrique. Pour ce qui est de la bouche, et bien, vous allez rire à vous en déboiter la mâchoire. Et oubliez la session de gym, vos abdos travailleront fort tout le long du show. Il y a tellement plein d’avantages à l’humour !

Ce qui m’a le plus étonnée, c’est qu’il peut rendre une chose bien banale ou «anodine» comme il dirait, en une chose hilarante. Est-ce qu’on vous a déjà fait rire à cause d’une libellule ? Bien lui, oui. 

Il décide à sa façon de réinventer la carte du monde, se disant insatisfait de sa configuration. Vous comprendrez que notre monde n’aura plus aucun sens après qu’il se soit mis à la tâche, mais vous verrez que ses réflexions sont poussées (à l’occasion)… Tu as déjà voulu inverser l’Islande et les Grands Lacs sur la carte du Monde ? Bien il l’a fait, lui. 

N’étant pas un grand lecteur, il s’amuse à nous montrer l’envers du décor de livres pour enfants. Et en t’y attardant vraiment, tu trouves toi aussi que l’histoire est pourrie, invraisemblable et niaiseuse. As-tu déjà pensé à faire ça, analyser des livres pour les jeunes ? Bien lui, oui. 

À la fin du show, tu es quasiment essoufflée. Imaginez l’humoriste! Son énergie est hallucinante et je lève mon chapeau à sa voix, qu’il SURmène et qui n’a toujours pas flanché ! 

Il s’est amusé à nous offrir des blagues qu’il rode ici et là après son stand-up comique. «Si vous les trouvez pas bonnes, vous avez pas payé pour celles-là. C’est un cadeau de  Noël que je vous fais là…» 

Je me demande où il trouve son inspiration. Sérieusement. Pour me parler d’insectes pendant cinq minutes, et réussir à garder mon intérêt, il faut être fort !

Le seul point négatif du spectacle : pas assez LONG 

Ah, et si tu te le demandais, je n’ai pas été payée pour écrire cette critique. Alors si j’étais toi, j’irais me procurer ses billets tout de suite puisqu’il est en supplémentaires. COOOOOURS. 

Photo: Facebook

Vous devez tous être tannés au plus haut point d’entendre parler sans arrêt du film Mommy, de Xavier Dolan. Je vous comprends. Je m’auto-énerve en ce moment à commencer un nouveau texte à ce propos. Mais tout le blabla qui circule et se propage autour de ce film a raison d’être et, croyez-moi, on n’a pas fini d’en entendre parler. Il va nous servir de nouvelle comparaison, comme l’on s’est servi d’un certain film de Jean-Marc Vallée pour dire: «Ça faisait longtemps que j’avais pas vu un bon film québécois de même, pas depuis C.R.A.Z.Y.».

Hier, je suis allée voir le film (oui, un peu en retard, je sais) et je suis sortie de la salle légèrement dans les vapes sur un air familier de Lana Del Rey, plutôt ébranlée après ce que je venais de vivre. Mommy choque, émeut, fait rire, sourire, chanter – bref, il fait tout sauf nous laisser indifférents. Le trio Anne Dorval-Suzanne Clément-Antoine Olivier Pilon est complètement attachant. Les trois effectuent une performance des plus remarquables. Suzanne Clément, dans le rôle de Kyla, enseignante en sabbatique qui a vécu un mystérieux traumatisme la laissant bégayer depuis un bon deux ans, s’épanouit sous nos yeux au contact de la mère et du fils. Anne Dorval incarne Diane, ou pour les intimes Die, la mère-héro qui ne mâche pas ses mots, qui ferait tout pour son fils, qui voit en Kyla une amie et une aide. Et finalement il y a Antoine Olivier Pilon, qui interprète Steve, le jeune ado difficile à gérer, souffrant de maladies mentales multiples, qu’on pourrait résumer en un TDAH.

À première vue, ces trois personnages semblent incompatibles et leur amour mutuel, improbable, mais c’est à la suite d’une scène de révolte et d’explosion de colère de la part de l’enseignante coincée devant le jeune troublé qui nous laisse sans mots, dois-je dire, que l’on comprend qu’ils avaient simplement besoin de se rencontrer. Ce sont ces scènes dont je me rappellerai le plus en repensant à Mommy, les fois où la musique souvent présente s’évanouissait pour laisser place à un bruit sourd, un sentiment d’acouphène, tandis que les personnages se criaient l’un par-dessus l’autre, laissant la violence s’imposer en gestes ou en mots.

Une réalisation qui innove

Pourquoi un film en ratio 1:1? On ne se rend pas compte que ce cadrage nous étouffe, nous enferme, nous donne l’impression d’être pris dans une cage, jusqu’à qu’à ce qu’il s’élargisse et que tout prenne son sens. C’était Die, Steve et Kyla qui étaient pris dans une cage, leur liberté étant réduite. Dans les moments de pure joie, l’image remplie tout l’écran et on comprend le choix du cadre, très judicieux et d’autant plus beau. C’est la particularité numéro un de ce film, une première, une idée des plus originales et efficaces, même si certains pourraient trouver cela agaçant à la longue.

Encore un excellent film de Xavier Dolan, son plus marquant sans aucun doute et le plus réussi jusqu’à présent, j’en ai bien l’impression. Qu’importe l’âge que vous ayez, qu’importe que vous n’aimiez pas le réalisateur ou les acteurs, que vous n’alliez jamais voir de films québécois, vous ne pouvez passer à côté de celui-ci. Il vous fera changer d’idée, je vous l’assure, peu importe avec quelle idée vous partez.

Photo: Facebook