colocation

« Pis, ta coloc, elle va bien ? » « Oui, oui, il va super bien. » « Attends… T’habites avec un gars ? »

 

On va se le dire, je l’ai entendue souvent, cette petite phrase-là. Oui, mon coloc est un gars. Non, c’est pas mon boyfriend. Oh, pis NON, ça deviendra pas mon boyfriend.

 

Je pense qu’habiter avec un gars, c’est pas la même chose qu’habiter avec une fille. Y’a des lignes, des limites, pis c’est pas les mêmes quand tu partages un appartement avec quelqu’un du sexe opposé. Surtout si cette personne ressemble à mon coloc.

 

On va se l’avouer, au début, je trouvais ça un peu étrange. Bizarre, spécial, whatever ! Je sais pas si c’est le fait d’habiter avec quelqu’un d’autre que je trouvais étrange, ou bien encore celui d’habiter avec un gars. J’étais un peu mal à l’aise (mais oh my god, est-ce qu’il faut que je me change direct en me levant ? Je fais quoi si je veux sortir de la salle de bain seulement avec une serviette ? Où est-ce que je cache l’emballage de tampon ?).

 

Je m’en faisais un peu pour rien. Disons que, avec mon coloc, la gêne, elle reste pas longtemps. Il se fout un peu de ce que les gens pensent de lui, ça a déteint sur moi. J’pense pas que je me prive de quoi que ce soit. Pis mes trucs de filles, y’est au courant pis c’est ça.

 

La grande différence entre habiter avec une fille ou bien avec un gars (ou, du moins, avec mon coloc), c’est les calls qu’on peut se lancer. Des calls bien gras, y’en a qui s’entendent à longueur de journée. Je me formalise pu vraiment de ses rots ben sonores pis de sa manie à lâcher un pet (pis de faire sentir qu’il l’a lâché). Y’a pas de drama de filles pour savoir si c’est lui qui a fini ma bouteille de shampoing « par hasard », parce qu’on le sait tout les deux qu’il veut pas sentir l’orchidée sauvage qui chante. On se pogne pas la tête parce qu’on a les hormones dans le tapis en même temps. On se bitche pas dans le dos l’un de l’autre. (Je dis pas que ça arrive à toutes les colocs de filles, mais tsé… Y’a quand même plus de chance.)

 

Mon coloc, s’t’un gars. Pis c’est ben parfait de même.

Le moment est finalement venu : tu as enfin reçu les clés de ton premier appartement ! Félicitations, c’est une grande étape qui commence. Cette petite clé est maintenant synonyme de liberté, d’indépendance, de ton entrée dans le monde adulte et de… colocation!

Dans bien des cas, lorsqu’on part en appartement pour la première fois, il est bien rare que l’on part seul. Parfois on part avec des amis, avec un frère ou une sœur, mais parfois on n’a pas bien le choix de se trouver un coloc qui partagera cet espace avec nous. On apprend donc à connaître et à vivre avec cette personne. Cependant, afin de faciliter cette expérience de collocation, il y a quelques petits trucs que l’on doit établir ou auxquels on doit penser afin de vivre en harmonie. En voici quelques-uns!

Tout d’abord, dans la mesure du possible, assurez-vous d’emménager avec quelqu’un qui a votre rythme de vie! Ce critère est d’ailleurs primordial. Avoir le même rythme de vie, c’est être à un stade similaire dans vos vies. Même en ne connaissant pas beaucoup l’autre personne, vous pouvez délimiter si vous êtes au même stade seulement en connaissant son statut. Cette personne est-elle aux études, travaille-t-elle? Si vous êtes deux étudiants avec des horaires d’étudiants, c’est-à-dire des obligations scolaires du lundi au vendredi, cela concorde. Vous avez inévitablement et sensiblement les mêmes besoins.

Dans le cas où vous n’avez pas les mêmes horaires, c’est le respect qui vous sauvera. Respectez l’autre. Évitez de faire du bruit lorsqu’il dort et simplement respectez son horaire. Le respect, c’est aussi : de ne pas monopoliser la salle de bain, d’éviter de se laisser traîner dans les airs communs de l’appartement et de faire sa vaisselle. Quelques petits trucs qui semblent anodins, mais qui évitent les malentendus et les altercations inutiles et désagréables.

De plus, si vous aimez que tout soit clair, vous pouvez même vous entendre sur une liste de tâches que chacun aura le devoir d’accomplir chaque semaine. De cette façon, tout est clair et l’entretien de l’appartement ne revient pas aux les mains d’une seule personne.

Vous voilà maintenant prêt à déménager loin de votre petit nid douillet!

Source : www.weheartit.com

Il y a un an, je traversais le parc des Laurentides les larmes aux yeux, parce que je me demandais encore avec qui j’allais vivre en appartement. Trois filles, ça je le savais, mais j’ignorais leur nom et leur mine. Avant même de les connaître, je les détestais. Hélas, je me suis vite rendue compte que j’étais une sacré égoïste au fond parce que je ne pouvais pas m’imaginer partager ma salle de bain et ma cuisine.

Une fois l’heure de lâcher la main de maman et papa, je me sentais comme une enfant qu’on laisse à la garderie, sauf qu’ils ne reviendraient pas me chercher après le boulot. T’sais quoi, j’ai eu le cœur bin gros, mais ça n’a pas été long avant que je rencontre mes premiers amours : le temps de défaire mon épicerie. J’ai découvert trois filles qui ont embarqué dans l’aventure avec moi… Et Dieu sait que l’aventure a été parsemée de bien des vagues, où l’eau était parfois bien salée. Le bouillon ne se faisait pas sentir longtemps qu’on redevenait des amies… ou plutôt des sœurs.

On s’est tout partagé… TOUT! On a mangé en famille, parce qu’on était une vraie famille. Une fois de temps en temps on s’échangeait le rôle de la mère, pis on se donnait des ordres sur le ménage. Mettons une fois par mois si on veut être honnêtes.

Il est vrai qu’on s’est chicané comme un couple, mais on s’est aimées. On s’énervait tellement… Parce que l’une laissait ses cheveux traîner dans la douche, l’autre avait un auguste caractère et, de temps en temps, il y en avait une qui vidait la tank à eau-chaude (comme on dit en bon vieux québécois) ou qui laissait son assiette trainer… Mais malgré tout, on s’endurait pis on s’aimait. On se disait les affaires en face, ça durait le temps d’une respiration ou deux (parfois trois!) et on repartait à rire.

Ensemble, on a appris à devenir des adultes, c’est-à-dire à mettre le bac de recyclage au chemin le jeudi soir (quand on n’oubliait pas!), à cuisiner et à laver les casseroles. On restait beaucoup trop longtemps devant le papier de toilette à se soucier de la qualité prix et encore beaucoup trop de temps à sentir des savons à vaisselles et des sents-bon. Ah et comment parler du yogourt… C’était beaucoup trop long à choisir, aussi long qu’aller chez Jean Coutu! Beaucoup trop, ce sont les termes que j’aime utiliser, parce que ce sont l’ensemble de ces «beaucoup trop» qui me font dire que j’ai eu beaucoup trop de fun avec mes colocs.

On a ri de l’une et de l’autre, mais c’est comme ça qu’on s’est fait du plaisir. Je ne savais peut-être pas faire des pommes de terre, mais j’ai appris par les fous rires et c’est ce qu’il y a de beau dans notre histoire d’amour parce qu’on l’a semée dans chacun de nos petits moments.

Dans deux ans, après mes études, je retraverserai le Parc des Laurentides les larmes aux yeux, parce que je vais me demander comment je vais faire pour vivre sans mes premiers amours pour le futur.

P.S. J’espère que je t’ai convaincu qu’une vie en appart à quatre filles, c’est ben ben plaisant.

Photo : WeHeartIt