bonheur

Cultiver son bonheur

À quand, le bonheur ? 

Je ne sais pas pour toi, mais moi, depuis que je suis toute petite, je reporte mon bonheur à plus tard.

À 7 ans, je me disais « Ce n’est pas grave si tu n’as pas le temps de jouer avec tes barbie parce que tu t’occupes de ta sœur : tu seras heureuse quand t’auras pleins d’amis au secondaire ! ». Quand je suis entrée au secondaire, je me disais « hey, arrête de t’en faire avec ton petit bonheur : tu seras heureuse quand tu perdras 15 livres, pas avant ». À 16 ans, je me disais « arrête de capoter parce que tu penses que t’es pas heureuse : fais tes devoirs, et tu seras enfin heureuse quand tu seras une vraie femme d’affaires avec plein d’argent ».

Et maintenant, je me dis que ça suffit : c’est le temps de mettre les choses au clair une fois pour toutes, pour moi et pour tous les autres qui subissent ce foutu lavage de cerveau encore et encore. Cessons ces utopies idéalistes : le parfait moment pour commencer à être heureux, ça n’existe pas, arrête de chercher.

Ce n’est pas parce que tu es célibataire que tu dois te dire qu’un jour, quand ton prince charmant viendra, tu pourras être enfin heureuse. Voyons-donc, les femmes ont parcouru bien trop de chemin, souvent les plus sinueux, pour laisser ton bonheur entre les mains d’un simple gars ! Ce n’est pas parce que tu te trouves trop grosse ou trop maigre que tu dois te dire que quand t’auras atteint le poids idéal, tu seras enfin heureuse. Franchement, voir que tu n’es pas belle si tu n’es pas le sosie de Kim Kardashian !

Arrête de placer ton bonheur entre les mains des autres ou des attentes de la société. Il est bien trop précieux pour ça. Honnêtement, laisserais-tu quelqu’un d’autre porter le bijou que ta grand-mère t’a légué ? Confierais-tu ton petit cousin à des inconnus dans la rue ? C’est la même chose pour ton bonheur : il t’appartient à toi, et à toi seule.

Personne ne peut te l’arracher, personne n’a le pouvoir de le faire mourir. Sauf qu’il serait maintenant le temps que tu en prennes soin, de ton bonheur. Que tu le nourrisses, que tu l’arroses pour qu’il prenne racine au plus profond de ton cœur. Et dès que tu feras le premier pas, tu verras, ton bonheur, tu vas le sentir naître en toi. Tu vas le sentir briller, mettre de la couleur dans ta vie. C’est trop beau pour que tu ne tentes pas ta chance. Moi, j’ai osé le faire.

Et sais-tu quoi ? Je suis maintenant heureuse. Même si je ne suis pas la plus intelligente, fine, belle, riche, name it, je suis heureuse. Et sais-tu ce qui est le plus beau dans tout ça ? Il n’est jamais trop tard pour commencer.

Source photo : https://pxhere.com/en/photo/1379511   

 

J’aurais peut-être dû compter les moutons ce soir-là, pour m’endormir. Mais j’étais enlisée par les mots. «Enliser», c’est faire du sur place, être stagné. Un peu comme quand tu prends le bord du chemin dans le fossé, mais dans mon cas, c’était plus comme une cloison qui empêchait mon raisonnement de s’élucider.

Ça fait qu’en d’autres mots, je me posais 1000 et une question. Pas une de moins. Sur la définition du mot «heureuse». La mienne. Ça a donné ce qu’on appelle de l’insomnie.

Ce soir-là, le mot «heureuse» ne voulait pas dormir. Il divaguait dans les plus grandes artères de mon cerveau, entre l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit, entre les lobes frontaux, pariétaux et temporaux. Je n’ai peut-être pas la formation d’un neurologue, mais je peux confirmer que le sommeil ne faisait pas partie du voyage cérébral.

Sache que ledit voyage peut s’avérer long quand on ne connaît pas le chemin, parce que j’ai jamais eu le sens de l’orientation, t’sais quand t’as toujours pensé qu’une boussole, c’était le nom d’un tatouage que les filles portent.

«Heureuse», c’est l’exemple que ma prof de français avait pris pour expliquer les mots qui commencent par un h non aspiré, que l’on dit aussi muet. C’est le mot que mon oncle avait utilisé en me souhaitant une bonne année, en même temps que de me parler de ses résolutions qu’il ne tiendra pas et qui le rendront supposément heureux. Pis c’est le mot que mon ex a employé quand il m’a laissé, parce qu’il voulait que je sois heureuse sans lui, qu’il disait.

Revenons à nos moutons. T’sais ceux que j’aurais dû compter au début. C’est quoi ça être «heureuse»? Ça a l’air beau quand les gens le disent. Est-ce une expression métaphorique, littéraire, égocentrique, utopique ou juste une expression capitaliste?

Dans le dictionnaire, ça a l’air de parler de bonheur. C’est tu le même bonheur que chante Pharrell Williams ou plus comme Le p’tit bonheur de Félix Leclerc? Ça a l’air beau quand ils le chantent. Mais moi je sais pas chanter.

J’ai vu le regard des gens, perplexe, incompréhensif… Comme si cette question ne se posait pas. Comme si c’était d’une évidence forcée ou d’une idiotie palpable. Sauf que quand ils me répondaient, ça ne se ressemblait jamais, voir même qu’ils se contredisaient tout la gang. Ils me parlaient de musique, de famille, d’amitié, d’amour, de neige, pis tantôt de nourriture.

Au fond, quand on me souhaitait d’être heureuse, on voulait peut-être juste me souhaiter le bonheur au quotidien. Peut-être qu’il n’y a pas de définition parfaite pour ce mot-là finalement, parce que tout le monde en a une différente. Peut-être que c’est de regarder la tempête de neige d’un air souriant ou d’avoir les étoiles dans les yeux quand on rencontre l’amitié et les papillons dans le ventre quand on rencontre l’amour. Peut-être même que c’est d’avoir la passion dans l’âme et la vie dans le coeur.

Parce que j’imagine qu’à la base, tout commence par le cœur, quand ça fait boom boom vite vite chaque jour et qu’il te fait aimer la vie comme elle se présente.

Peut-être qu’ils avaient pas tort : c’est un mot muet dont personne connait véritablement le signe, sauf qu’il est beau quand on le connaît, pis j’espère bien le connaître encore cette année.

Peut-être que finalement être «heureuse», c’est de ne pas se poser de questions. J’aurais juste dû compter les moutons, parce que j’avais besoin de rêver à demain.

J’ai fini par dormir, pis je viens de me réveiller, avec le sourire. Heureuse, parce qu’il neige. Simple de même.

Photo : WeHeartIt

Il arrive parfois que tout ne se passe pas comme on le voudrait. Il y a des années plus difficiles que d’autres et qui finissent aussi mal qu’elles ont commencé.

Peut-être que cette année tu as rencontré certaines difficultés familiales, amicales ou personnelles. Des disputes ou des séparations.

Peut-être que cette année tu passeras un Noël déchiré. Pas juste de l’intérieur, parce que tu es triste, mais aussi de l’extérieur. Peut-être que tu ne passeras pas cette fête du partage avec toute ta famille.

C’est compliqué d’être heureux lorsque tu n’as qu’une envie : pleurer dans ton lit. Ça va aller. Tout se règle un jour. Je sais que fêter Noël à essayer de satisfaire maman, papa et le copain, essayer de passer du temps avec tout le monde tout en espérant qu’il soit de qualité, c’est difficile, mais sois confiante.

Profite du temps avec ta famille, même si tu es déchiré(e), parce qu’eux seuls peuvent te recoller. Laisse leur mettre un petit band-aid sur tes blessures encore à vif.

Essaie de voir tes ami(e)s, faites des biscuits, riez, amusez-vous. Change tes idées. Fais-toi une liste de tes petits bonheurs et accroche-la à un endroit où tu peux toujours la voir. Tout ne peut pas toujours être noir dans la vie : laisse les couleurs des lumières de Noël devenir celle de ton univers le temps d’une journée au moins.

Photo : WeHeartIt

Alors que j’étais couchée dans mon lit d’hôpital, le 1er décembre, souhaitant définitivement être ailleurs, je reçois le fameux texto de ma mère: ‘’Fais-moi donc ta liste de cadeaux de Noël, Jeanne.’’  Chaque année depuis toujours, les idées me viennent par millier, avec mes passions pour tout ce qui est littérature et musique. Elle devait donc s’attendre à une réponse du genre ‘’le dernier disque d’Half Moon Run’’. Mais en cette fin d’année difficile, j’y réfléchis deux instants et non, c’est le néant.

Je réponds donc pour rire ‘’La santé, ça serait cool.’’ (Ce qu’elle n’a pas trouvé très drôle)

J’ai réfléchis un bon bout de temps dans mon lit (c’est pas comme si j’avais grand chose à faire t’sais). J’ai déjà tout ce dont j’ai besoin. Pis les docteurs s’occupent de ma santé pour Noël. Pourquoi j’aurais besoin d’autre chose?

Que tu aies été malade comme moi, que tu aies eu une fin de session difficile, que tu subisses des échecs amoureux avec un gars qui ne réalise pas ta valeur, tout ça belle fille, tu as le pouvoir de l’effacer, du moins pour le temps des Fêtes. Fais un effort et pense aux petits bonheurs qui t’entoures. Le retour aux sources va te faire le plus grand bien et tu pourras commencer la nouvelle année fraîche et souriante.

Je te fais une liste des trucs dont tu dois réaliser les bienfaits sur ton bonheur.

1-La famille

Tu l’avais prédit, j’en suis sûre! Le temps des fêtes amène une certaine proximité dans la famille. Que tu habites encore chez tes parents ou que tu vives seule, de vivre Noël en famille te feras redécouvrir tes parents, tes frères et soeurs d’une façon plus enjouée, plus légère et ça, ça fait du bien. De voir ta famille heureuse, c’est un cadeau inestimable.

2-La bouffe

Je suis peut-être gourmande, mais la bonne nourriture de Noël me met dans un état qui frise l’euphorie. C’est le moment de l’année ou les mille desserts te font réaliser à quel point tu es chanceuse de ta situation et d’être bien entourée comme ça.

3-Les journées de repos (entre deux partys)

Alors que tu cours partout à l’année longue, entre deux examens, ta job étudiante et tes soirées arrosées entre amis, tu ne te rends pas compte des bienfaits des journées de repos. Le temps des fêtes est parfait pour te ressourcer. Colle-toi avec ta soeur sur le divan, écoute le grinch, fais-toi les ongles et joue à des millions de jeux de société.

4-Te mettre belle

C’est inestimable comment être jolie fait du bien au moral. T’as pas besoin de payer 100$ pour ta robe de Noël, mais passe la journée à prendre soin de toi. Même si tu trouves ton souper de famille rasoir, le fait d’être magnifique va te faire passer une meilleure soirée.

5-Les sourires

Noël, c’est le temps des sourires. Abreuve-t-en. De voir les gens qui t’entourent heureux, ça va te rendre heureuse à ton tour. Tu peux même créer des sourires. Si ta tante est belle dans sa robe fleurie, pourquoi tu ne lui dirais pas?

Au final, l’important c’est que tu réalises que tu n’as pas besoin de tous ces cadeaux pour être heureuse. Le temps des Fêtes cache plein de petits bonheurs qui vont te permettre de commencer l’année en beauté.

Photo: WeHeartIt

L’amie toxique t’empoisonne l’existence de façon vicieuse. Pour elle, tu décrocherais la lune et quand elle pleure ton cœur se brise, mais quand c’est toi qui as besoin, tu ne t’es jamais sentie aussi seule. C’est bien beau donner sans espérer recevoir, mais il y a des limites. Fec, je fais une mini-montée de lait, pour toi et pour toutes celles que ça touche de près ou de loin.

Le venin de l’amie toxique se libère la plupart du temps en groupe ou selon ses humeurs. Oui, elle est cool, oui elle est drôle et les moments que vous passez ensemble sont extraordinaires, mais tu dois constamment courir derrière elle pour espérer exister l’espace d’un instant, alors tu la prends quand elle passe. Comme si c’était un privilège de passer du temps avec elle.

Mais le pire, le comble du malheur, c’est que tu ne te sentiras jamais à la hauteur, toujours dans son ombre. Parfois même tu transgresses tes valeurs, tu suis et imite ses faits et gestes en espérant un jour obtenir une place de choix dans son cœur si convoité.

T’es pas à bout d’être déçue? Tu crois pas que tu mérites mieux que ça? Juste le fait de te poser ces questions est suffisant pour prendre une décision. L’amitié c’est facile et ça devrait le rester. Toute l’énergie que tu gaspilles à entretenir une relation unidirectionnelle pourrait tellement être investie dans une personne saine qui saura t’apprécier à ta juste valeur.

Tu es la seule maîtresse de la situation, coupe les ponts, libère-toi de cette relation toxique. Pour une fois, c’est toi qui auras le gros bout du bâton.

Parce que l’amitié, tout comme l’amour, ça se construit à deux avec de la compassion et de la considération. Ce n’est pas une mauvaise personne, c’est juste qu’elle n’est pas pour toi et tu n’es pas pour elle.

Photo: Flikr

La mode de nos jours, c’est de vivre. Vivre à fond, vivre sans penser au lendemain et surtout pas à ce qui pourrait se passer si jamais on osait le faire.

Tout est une mode aujourd’hui : ce qui est bien pour l’un est aussi bien pour l’autre. J’admire notre génération pour son ouverture sur le monde, sa capacité d’être versatile et son désir constant d’évoluer, de se surpasser.

Tout est une mode aujourd’hui. Il y a 10 ans, on croisait rarement des gens avec des dessins sur les bras : aujourd’hui, on s’arrête pour les admirer.

Notre génération est la première à dire «T’es tu game?» sans penser à toutes les répercussions que pourrait engendrer notre geste. (Salutation aux Baby Boomers qui nous lisent : je sais que vous aussi, vous avez eu votre lot de «T’es tu game?».)

Le synonyme de la question, ça revient à dire YoloYou only live once : tu ne vis qu’une fois. J’aimerais que notre adage fétiche change. Yolo, ça fait tellement 2012… J’aimerais que ce soit remplacé par «Sors de ta zone de confort».

Récemment, j’ai fait le deuxième meilleur move de ma vie. J’ai fait quoi? Je suis tout simplement parti loin de chez moi. C’était quoi le premier meilleur move, que tu te demandes? Ben… c’est que j’étais parti une autre fois avant.

Jonquière – Jonkitown ou Jonkifornie pour les intimes – a été ma maison pendant trois ans. J’y ai vécu pour étudier. Elle m’a permis de découvrir qui j’étais et ça a été la plus belle expérience de ma vie. Je me suis entouré de gens en qui je me reconnaissais, ceux que j’appellerai dans quelques années pour qu’on organise des soupers avec nos petites familles.

La deuxième fois que je suis parti, c’est quand j’ai commencé à vivre ma vie, ma vraie vie d’adulte, il y a quelques semaines de ça. J’ai décidé de partir pour vivre de ma passion, loin… très loin! Ce que j’ai surtout décidé, c’est de partir seul. Quelques lignes plus haut, je disais savoir qui j’étais : je vous assure, c’était la pire connerie jamais écrite.

J’ai réalisé qu’on ne savait pas qui on était avant d’avoir vécu avec nous-mêmes. J’habite actuellement à quinze heures de route du Saguenay et à douze heures de ma famille. La semaine passée, j’ai fêté pour la première fois mon anniversaire seul. Et vous savez quoi? Je me sens bien avec ça.

L’école, c’est une guerre de popularité. Mais je vous annonce que la vie n’en n’a rien à battre de la popularité. Au secondaire, c’est hyper cool d’avoir 300 personnes qui te souhaitent bonne fête sur Facebook. Une fois que t’es plus aux études, que c’est le jour de ton anniversaire et que t’es seul dans ton monde, c’est plus la même game.

T’as juste le goût que certaines personnes prennent le temps de te souhaiter une belle journée et te remercient d’être dans leur vie, avec un peu de chance sans l’aide de Facebook. C’est ce qui m’est arrivé : j’ai compté aux yeux des gens qui comptent le plus pour moi. Je l’ai réalisé parce que pour la première fois, je savais ce qui me rendait vraiment heureux le jour de mon anniversaire. Partir est la meilleure chose que j’ai fait du haut de mes 20 ans.

Partir, c’est de se donner une claque dans le dos quand personne ne le ferait mieux que nous. Mais partir, il faut le faire pour les bonnes raisons. J’ai quitté pour exercer mon métier. J’aurais bien pu me trouver une petite place pas très loin de mes repères, avoir une vie banale et être heureux. J’aurais pu avoir une routine, être confortable. Mais pourquoi se contenter de banalités quand on peut avoir le monde comme cour arrière? J’ai côtoyé beaucoup trop de gens qui ont gaspillé leur beau potentiel parce que le rêve était trop loin. Parce que la blonde ou le chum suivrait pas. Parce que la peur de se retrouver seul prenait toute la place.

Aujourd’hui, je vous invite à réfléchir à ce qui vous fait vraiment tripper dans la vie. Votre chum ou votre blonde est-elle vraiment la chose qui vous rend le plus heureux présentement et surtout, le restera-t-elle pour toujours? Êtes-vous là où vous devriez être en ce moment? Surtout, êtes-vous là où vous voulez être? Prenez une bonne respiration et sortez de votre zone de confort : «Life begins at the end of your comfort zone» (La vie débute à la fin de votre zone de confort).

Photo : WeHeartIt

Ces temps-ci, je suis heureuse. Je ne me sens pas coupable du tout, j’ai même le goût de le crier un peu partout. Je sourie, je ris, je regarde autour de moi et je me chuchote intérieurement : «Je ne demande pas mieux.»

La recette du bonheur

Au fait, nous avons tous nos propres secrets pour être joyeux. Un simple chocolat chaud Coffee Crisp ne fait pas le bonheur de tout le monde, mais pour moi ce petit breuvage me donne le sourire aux lèvres lors d’une journée bien remplie. Cours, devoir, diner, COFFEE CRISP, cours, devoir, souper, dodo. Tu vois, un simple chocolat chaud ensoleille ma journée : c’est pas être heureux ça?

Mon bien-être, il n’apparaît pas tout seul sans avertir lorsque je fais un devoir ou que je marche en direction de l’école, détrompe-toi. Sans prétentions, je suis la seule responsable de ce phénomène. Si aujourd’hui je me sens bien, c’est parce qu’au cours de mon existence, plusieurs épreuves m’ont rendue celle que je suis et que je perçois maintenant la vie d’une façon bien différente. Un peu cliché, non? Mais tellement vrai!

Arrête de t’en faire pour quelque chose qui n’est pas vraiment grave. Bon bon bon, je sais, facile à dire, difficile à faire (même moi, j’ai de la difficulté avec cette règle). Nous devrions faire la part des choses, ne pas nous effondrer pour un devoir raté ou pour, un peu plus tough, un cœur brisé. Oui, ça fait mal, mais le sentiment qui t’habite quand tu te relèves de ta chute en vaut vraiment la peine, juré craché!

Sans vraiment pouvoir l’expliquer, le bonheur est présent dans tous tes projets. Quand tu donnes ton 110% dans ton entraînement quotidien, t’es satisfaite, même si tes cuisses se tordent de douleur. Quand tu remets (enfin) ton travail de session à ta prof, t’es satisfaite, même si le jour avant t’avais tout perdu sur ta clé USB. Parce que chaque fois que tu mets des efforts dans quelque chose, au bout du compte, tu t’aperçois que rien n’est perdu. Avoir quelques goûtes de joie dans le sang, c’est se dépasser, sortir de sa zone de confort, réaliser projet par-dessus projet et les réussir, oui oui!

Ton cœur se repose, il est essoufflé

Bien sûr, il arrive que notre cœur soit épuisé, voire souffrant. Dans ces moments, le seul remède est, évidemment, le temps. Pense à tes moments de bonheur, de fous rires, et dis-toi que tout ça reviendra. Prends soin de ta petite personne, fais-toi plaisir, mais surtout n’abandonne pas, beaucoup trop le font. Le bonheur n’a pas le choix de prendre quelques pauses. Pendant ce temps, travaille sur toi : après tout, c’est en rencontrant plusieurs obstacles que nous apprenons à nous connaître et à affronter ce qu’on appelle, au fond, la vie.

Photo: We Heart It

Il y a des matins comme ça où on se réveille et on se dit : @!$# de journée de marde. Parce que la veille, le gars dans ta vie qui portait le qualificatif de «chum» est devenu en une fraction de seconde le gars out de ta vie qui porte le qualificatif d’«ex». Parce que ton chien est mort il y a une semaine et, ben oui, tu t’ennuies de sa grosse langue qui te lave la face pour te réveiller. Parce que ce matin, c’est juste de la marde. Ça arrive, non?

C’est dans ces moments-là que tu sors dehors pour te rendre à l’école et que, quand bien même le soleil brille et les oiseaux chantent, tu vois gris. Ce matin-là, y’a plus rien de rose. En fait, y’a plus rien tout court, parce que t’es tellement perdue dans tes pensées de marde que tu remarques même pas la nouvelle couleur de cheveux de ta meilleure amie.

Puis les jours passent. Petit à petit, tu t’adaptes à ce nouveau monde pas de couleurs et, sans même t’en apercevoir, il devient ton quotidien. Quelques semaines plus tard, tu te regardes dans le miroir et tu observes cet air monotone qui t’assombrit le visage depuis un petit bout. T’as ben beau avoir pas mal de fun avec tes amies, comment ça se fait que ce vide en dedans de toi ne veuille pas s’en aller? Une vraie tache! Il est là pis il reste là. Il ne grossit pas, il ne rapetisse pas non plus, il ne bouge surtout pas : il fait juste être là. Puis tout d’un coup, tu comprends qu’il te manque une pièce. Mais cette pièce-là, tu ne peux pas aller la récupérer avec ta facture au Canadian Tire. C’est à toi de l’inventer.

Ta pièce manquante, ben c’est le Bonheur. (Oui, j’ai bel et bien mis une lettre majuscule parce que c’est un mot qui le mérite. Bon.) Souvent, on oublie la lumière qu’il apporte à nos vies, aveuglés par cette vague d’émotions qui nous submergent. À bout de forces, on croit qu’il n’y a plus d’espoir possible. On est persuadés que cette lumière n’existe que dans nos rêves, là où se trouve le paradis. Mais c’est lorsque le temps file à vive allure et qu’il emporte nos nuits sombres avec lui qu’on se rend compte qu’elle existe toujours, cette lumière. Eh oui… il existe toujours, le Bonheur. Il est partout autour de nous. Il flotte à travers ces sourires qu’on croise chaque jour. Il virevolte avec le vent qui souffle sur nos visages à mesure que les feuilles changent de couleur. Rappelez-vous ces arbres blancs qui renaissent après une tempête hivernale! Ne sont-ils pas magnifiques? Ils se tiennent droits debout avec honneur et brillent de mille feux sous le soleil éclatant d’un nouveau jour. (Ben oui, je suis quétaine de même.) C’est ça, le bonheur! C’est savoir savourer chaque petit détail de notre vie en mettant de côté ce qui nous fait souffrir. C’est savoir se tenir debout avec humilité malgré les obstacles. C’est posséder le pouvoir de la contemplation… et c’est aussi croquer dans une grosse tranche de bacon bien juteuse un lendemain de brosse.

Dans le fond, ce vide en dedans de toi, il est la pure création de ce qu’on appelle le subconscient. Maintenant que tu en as pris conscience, il suffit d’en faire une nouvelle création! Tu me suis? Ton Bonheur, tu vas l’inventer. Parce que tu le mérites, parce que tu te respectes, et parce que plus jamais tu vas laisser une simple journée de marde venir changer les couleurs de ton quotidien en gris.

Photo: Pinterest

« Quatre auteurs. Quatre saisons. Un village transformé par une glissade d’eau. 118 blessés. Beaucoup de cris, de larmes et de dents qui grincent. Tous les enfants de Saint-Sauvignac s’excitent le poil des jambes – celui qu’ils n’ont pas encore – à l’annonce de la construction d’un parc aquatique de l’autre côté de la track. Mais quand ils se précipitent, à la queue leu leu, dans la glissade d’eau la plus à pic en Amérique du Nord, ils en ressortent écorchés, lacérés par la pointe d’un clou transperçant le plastique turquoise. D’un coup, les cicatrices apparaissent, comme si ce clou n’avait été posé là que pour révéler au grand jour les blessures de l’enfance. »  Je n’aurais su mieux résumer ce fantastique livre écrit par Sarah Berthiaume, Simon Boulerice, Jean-Philippe Baril Guérard et Mathieu Handfield.

Cette œuvre collective divisée en quartes parties qui ont leur propre auteur leur propre saison, mais aussi leur propre narrateur qui raconte sa propre vision des évènements. À travers les yeux des enfants (plus étranges et trash les uns que les autres), les situations, les personnages, les tournures de phrase et le vocabulaire cru (souvent vulgaire, mais toujours de bon goût), vous feront rire aux éclats à coup sûr. Je n’ai aucun commentaire négatif à formuler à propos de cet hilarant roman paru aux éditions Ta mère sauf peut être qu’il est beaucoup trop court et qu’il peut occasionner des situations gênantes lorsqu’on le lit en public et qu’on éclate de rire de façon incontrôlable et beaucoup trop fort. Ce roman 100 % québécois est réellement extraordinaire et je vous le conseille très fortement, 162 pages de bonheur. Un livre original, qui sort des sentiers battus et nous fait sortir de notre zone de confort par son contenu absurde et complètement fou, impossible de ne pas l’apprécier. Sur ce, bonne lecture! 😉

1 : http://www.tamere.org/nos-livres/les-cicatrises-de-saint-sauvignac-histoires-de-glissades-deau/

Photo : lacerise.ca