amour

Je me souviens. Tu étais mon ami. Mon amour. Ma vie. J’aimais prendre des selfies avec toi. J’aimais te caresser. J’aimais la vie avec toi.

Avec l’école, je n’avais pas toujours la force de croire en la liberté. Ma liberté. Mais ton énergie, cette joie de vivre, m’incitait toujours davantage à y croire pour qu’un jour, je puisse vivre, comme toi, cette liberté qui t’a toujours habité.

Or, du jour au lendemain, tout a changé.

Ta joie de vivre avait disparu. Je ne reconnaissais plus mon frère. Tu n’avais plus d’énergie, je n’avais plus d’énergie. Plus d’énergie pour croire que tu étais mon ami, mon amour et ma vie, car la Terre avait cessé de tourner, cette semaine-là.

Il n’y avait plus de vie.

Les jours se sont enchaînés, lentement, sans que ton état ne s’améliore. Maman est donc allée te porter à l’hôpital.

J’avais une peur immense de te perdre. Mon instinct m’affolait face à cette idée qui me paraissait si illusoire. J’aurais préféré pas cette semaine, pas cette année, pas encore.

Quelques jours plus tard, l’hôpital a appelé. Maman était ébranlée, j’étais ébranlé. Je sentais des sanglots, à travers sa voix, tremblante d’appréhension et de peur. Je sentais aussi des sanglots qui se répandaient en moi… car je m’attendais au pire.

« On ira le voir une dernière fois à l’hôpital », a-t-elle lâchée en raccrochant, telle une bombe qui avait explosé.

Notre dernier moment 

Le lendemain, je t’ai vu pour la dernière fois. Mais je ne sais pas si toi, tu m’as vu. Je ne sais pas si tu m’as reconnu, en fait, car ton regard ne laissait présager aucune lueur de vie. J’ai tout de même caresser ton corps chétif pour une dernière fois, avec toute l’énergie et toute la joie de vivre qui me restaient.

Après que tu aies tiré ta révérence, j’ai fixé ton regard, encore si loyal après une mort si soudaine. À travers ce regard, tu avais toujours ta joie de vivre qui m’était contagieuse.

Par contre, plus je sanglotais ton nom, et plus je disais adieu à ma liberté.

Rhubarbe, mon chien, je t’aime.

Source photo : pexels.com

Imaginez un univers scénique dans lequel évoluent des gens comme vous et moi. Un monde où les émotions sont vraies, où les couleurs priment et où autant le rire que les larmes sont de mise.

Dans cet univers, vous êtes le confident des protagonistes et vous êtes impliqué de telle sorte que leurs décisions et sentiments vous tiennent soudainement à cœur, sans que vous ne sachiez vraiment pourquoi. Cet univers, c’est celui de La liste de mes envies, spectacle réalisé par Maryse Warda, une adaptation du livre du même nom de Grégoire Delacourt.

Le 20 avril dernier, j’ai eu la chance d’assister à cette pièce de théâtre, grande amatrice des arts de la scène que je suis. C’était l’histoire d’une mère de famille qui, ayant gagné au loto, décide de ne rien changer à sa vie tout en dressant la liste de ses envies.  Calepin et stylo en main, je m’attendais à une pièce de théâtre charmante, mais sans grand déploiement, comme celles auxquelles j’avais assisté dans le passé. J’avais dressé le cadre d’une liste de points forts et de points faibles en vue d’écrire ma critique ensuite. Ce ne fut d’aucune utilité : ce spectacle est bien plus que charmant, il est touchant et drôle à la fois, authentique, mais tellement surprenant. Ce fut un réel coup de foudre que je me dois de vous partager.

Le voile du quatrième mur est tombé

Vous savez, ce quatrième mur qui est un obstacle entre les comédiens et le public? Eh bien, il n’existe tout simplement pas dans cette pièce, et c’est terriblement original. Le personnage de Jocelyne, interprété par la talentueuse Marie-Chantal Perron, s’adresse directement à nous. Elle nous livre ses pensées et ses secrets, mais aussi ses craintes et ses angoisses. L’ensemble de tout cela fonde la structure de son personnage, qui est complexe dans son grand réalisme.

Une belle opposition des personnalités

Les personnages de Luce et Lucie (Anick Lemay et Tammy Verge), les deux amies jumelles de Jocelyne, créent un parallèle intéressant entre les subtilités de leur personnalité. Alors que l’une est autoritaire et terre-à-terre, l’autre est rêveuse et dissipée. C’est intéressant dans la mesure où ces deux personnages se complètent réellement, que ce soit dans leurs gestes, dans leurs paroles ou leurs vêtements. Cela fait en sorte que l’illusion d’un seul personnage, à la fois complet et profond, demeure.

Une magnifique histoire d’amour… mais pas celle que l’on croit

Jocelyne est mariée à Jocelyn depuis de nombreuses années, mais ce n’est pas de cet amour-là que je parle. En effet,  ce dernier finit par se tanner de la monotonie de son quotidien et décide de partir, ce qui est plutôt l’antithèse de l’histoire d’amour. Non, en réalité, je parle en premier lieu de l’histoire d’amour entre Jocelyne et sa fille décédée à la naissance, Ariane. Celle-ci ne quitte jamais son cœur, elle fait office à la fois de guide et d’inspiration pour sa mère. Jocelyne la voit comme un véritable ange qui la protège, ce qui nous plonge dans un état mélancolique bien malgré nous. Une deuxième histoire d’amour est également présentée : celle qu’entretient  Jocelyne avec elle-même. Au départ, ses sentiments sont mitigés : elle se sent grosse, laide et ennuyante. Autrement dit, sa confiance en elle est à plat. Mais au fur et à mesure que le temps passe et qu’elle dresse sa fameuse liste, elle apprend à s’aimer. Cette nette évolution nous sert de leçon, puisque sa confiance grandissante la pousse dans un bonheur qui l’est aussi.

Véritable œuvre théâtrale, c’est sans équivoque que je vous encourage à y assister. Je vous promets une remise en question intéressante de votre propre vie à la sortie de l’auditorium…

Source : weheartit.com

Je l’ai rencontré un soir de novembre que j’étais à moitié saoule et que je l’écoutais à moitié. C’était après un show, mais pas le sien. On buvait d’la bière, moi une rousse je pense. Je parlais à 5 personnes en même temps, mais c’était lui le plus proche, y’était assis à ma gauche.

J’avais l’impression d’avoir un peu plus chaud à chaque fois qu’il me souriait, même si j’avais en tête le chanteur du groupe du spectacle ce soir-là. Fai’que j’ai pas sauté sur lui comme j’aurais peut-être dû. Il me demandait comment on allait changer le monde pis en quoi j’étudiais pis je le trouvais original dans ses sujets de conversation. Je savais qu’il était plus jeune que moi, mais j’voulais pas savoir de combien d’années. La conversation à six s’est transformée en conversation à deux sans que je m’en rende compte. Il me regardait dans les yeux pis j’aimais ça. Il avait sans doute deviné qu’un gars qui me regarde dans les yeux, ça me turn on un peu. Nos genoux se touchaient, pis je me suis accotée les deux coudes sur la table pour être plus proche de lui.

On a fini par se regarder sans rien dire, y’a sourit du coin de la bouche puis j’ai baissé le regard. Puis je l’ai regardé de nouveau. Je savais pas ce qu’il se passait autour de nous, jusqu’à temps qu’un plateau de shots nous sépare de force pis que les personnes autour de la table s’enthousiasment à (presque) nous forcer d’en prendre.

Y’avait des cheveux bouclés pis ça me donnait le goût de me réveiller à côté de lui le lendemain matin. Ça c’est pas passé parce qu’il devait partir tôt… Et que j’ai eu la langue du chanteur qui se frottait à la mienne en fin de soirée. Je sais pas si c’était un mauvais choix, parfois ça arrive ces affaires-là sans qu’on le prévoit.

Trois mois après le band du gars-aux-cheveux-bouclés commençait à se faire connaître pis je voyais des flyers de lui dans les cafés de la ville. Il m’écrivait encore pis on s’écrivait souvent qu’on voulait se voir sans vraiment faire de plans pour que ça arrive. On aimait ça vivre dans nos fantasmes, probablement.

Maintenant on s’écrit moins, mais on like encore nos photos sur Instagram. Et un like régulier, ça veut toujours dire quelque chose. Et j’espère que ça veut dire qu’un jour, j’vais finir par me réveiller à côté de ses cheveux bouclés.

Source : weheartit.com

J’ai dit « sentiments » au pluriel, mais je parle plus de « sentiment » au singulier.

Le gros sentiment, t’sais. Celui qui te donne un frisson dans le dos jusqu’en arrière de la tête. Celui qui te fait regarder dans le vide et sourire. Celui qui te rappelle des souvenirs de la veille en plein après-midi.

S’ennuyer des sentiments, c’est dangereux. Faut être conscient qu’on s’ennuie des sentiments pour une bonne raison : ils sont rares. C’est pas en se jetant aux pieds du premier venu (ou deuxième, ou troisième) que ce sera les bons sentiments. Ou qu’ils seront réciproques. Ou qu’ils seront vrais. Les gros sentiments, c’est difficile à expliquer comment on fait pour les trouver. C’est souvent du hasard, sûrement. Même si j’crois pas à ces affaires-là.

Les grands sentiments, ils sont difficiles à trouver. C’est pour ça qu’ils ont une aussi grande valeur. Si on trouvait un billet de cent piasses à chaque coin de rue, être « riche » voudrait pas dire grand chose. On n’envierait pas autant les personnes fortunées parce qu’elles peuvent s’acheter des trucs qu’on ne peut se permettre, genre des meubles d’ailleurs que chez IKEA pis du champagne à tous les jours. Si j’étais riche, j’aurais une coupe de champagne chaque jour. À la place, on s’achète du mousseux dans les bars pis on se croit fancy. Si on trouvait des vingt piasses dans toutes nos poches de manteau, on n’envierait pas autant ces millionnaires. Parce qu’on serait facilement aussi riche qu’eux.

Ta fréquentation du moment qui refuse de se mettre en couple, c’est ta bouteille de mousseux. Tu te contentes au lieu de vouloir les vraies affaires. Même si t’aimes ça, tu sais que tu pourrais avoir mieux, avoir plus.

La personne qui t’envoie des messages textes seulement après minuit, c’est ton meuble IKEA. Tu sais que ça va faire l’affaire, mais, qu’éventuellement, tu vas devoir avoir mieux.

Les personnes bien fortunées, ils ont souvent travaillé fort pour avoir ce qu’ils ont. Quelques-uns parmi eux l’ont peut-être eu tout cuit dans l’bec, vous m’direz, mais ils sont plutôt rares ceux-là. Ceux qui savent vraiment la valeur de l’argent, ce sont ceux qui savent bien l’investir.

Je t’ai fait des comparaisons (de marde) pour que tu comprennes tout ce qui t’entoure. Pour qu’on arrête un peu de jeter notre argent par les fenêtres. Pis qu’on arrête de courir après des personnes qui n’en valent pas la peine.

Économise(-toi) un peu.

En bonne étourdie, je garde mes cartes de fêtes, de St-Valentin et de Noël dans chacun de mes livres. C’est aussi pour moi un signet bien pratique puisque je perds toujours les miens. Ça me permet d’aller revisiter des moments passés avant de commencer un autre chapitre. Ça me fait rire et sourire en général.

Ce soir, j’attends impatiemment que ma brassée de blanc finisse en écoutant Jus de boussole des Sœurs Boulay. J’ai passé 3 bonnes minutes à choisir le livre que j’allais commencer avant de dormir. Bien installée dans mon lit, j’ouvre le livre et une carte tombe.

Ça disait : « Bonne Saint-Valentin »

Je ne me souviens pas avoir autant shaké. En l’ouvrant, en voyant les pattes de mouches écrites il y a quelques mois par mon ex, les larmes se sont mises à couler toutes seules. Moi qui croyais que mon petit cœur avait commencé à cicatriser.

« Pas aujourd’hui ma belle », que ma tête a dit.

Pour une fille qui était éternellement en couple, ça fait un choc. On s’est séparés d’un commun accord, en se disant que « ça marchait pu ». J’ai pleuré, mais je pensais aller mieux, je pensais avoir vraiment passé au travers. Ben non fille, guérir ça prend du temps.

J’ai relu la carte plusieurs fois à défaut de lire le livre que j’avais soigneusement choisi.

J’ai revu dans ma tête; cette soirée de Saint-Valentin quand tu m’as regardé avec les yeux les plus amoureux du monde. J’ai senti l’odeur de ton parfum. Je t’ai revu rire, faire une blague poche, me dire que tu m’aimes.

J’ai pleuré, en me demandant si c’était de la tristesse ou de la nostalgie.

J’en suis venu à la conclusion que c’était les deux.

À toi, jeune femme nouvellement célibataire, t’es pas toute seule à penser que t’avais passé au travers et que finalement, un bout de papier a fait basculer toute ta journée.

En dernier conseil, laisse le temps aller. Mais laisse-le aller en écoutant les Sœurs Boulay, c’est plus doux, plus nostalgique.

Photo : Tumblr

Je le sais qu’on avait rien. Ou du moins, pas grand chose de beau. Pas quelque chose de grand. Mais même si on n’avait pas de belles choses, j’ai de la misère à t’enlever de ma tête. Je te trouve plus intéressant que les autres. Toi, t’avais de quoi à dire. T’avais de quoi d’intéressant à faire savoir au monde. Pis j’pense que c’est ça que j’ai trouvé beau chez toi.

Je trouve beau que tu ne saches même pas à quel point t’es quelqu’un qui mérite d’être aimé de toutes les bonnes façons possibles. Je le vois dans tes yeux que tu ne t’aimes pas tant que ça. Pis c’est correct. Quelqu’un, un jour, va t’aimer à ta place. Je pense que ça aurait pu être moi. Mais l’amour, ça ne marche pas vraiment quand c’est juste dans un sens, non?

Je le sais que je ne t’aimais pas au point de tomber en amour avec toi, mais ça aurait pu. De toute façon, même quand je n’aime pas au complet, je n’aime pas juste à moitié. Donc même si je ne t’aimais pas au complet, j’aurais été capable de mettre ma vie de côté pour t’aider à t’aimer comme tu mérites d’être aimer : au complet, justement.

J’ai de la misère à comprendre ce que c’est l’amour, le vrai. Peut-être qu’on se passe à côté, pis qu’on passe à côté de tellement de «peut-être».  On ne le saura jamais si toi et moi on était des «peut-être» ou des «c’est sûr».

Ca m’énerve parce que quand je ferme les yeux, c’est toi que j’imagine. Quand je fais semblant de chercher quelqu’un, c’est ton visage que j’essaie de trouver. C’est con, parce que ca me fait même pas de peine, c’est juste une habitude. Tu m’as marqué. Plus que je ne le pensais.

Je veux que tu te rappelles de moi quand tu vas avoir besoin de quelqu’un. Tu as encore mon numéro. Je vais venir. Je vais te donner un bec sur le front et je vais te promettre que ça va passer, même si je ne suis pas certaine.

Je veux juste que tu te rappelles de moi dans ta chambre qui lâche un «wow, elle est vraiment belle la vue d’ici». Dans le milieu d’un silence confortable. Dans le milieu d’un amour incomplet.

Photo : Flickr.com

Sortir avec un gamer… Ce n’est pas mieux ou pire que de sortir avec un sportif, un geek ou un collectionneur de timbres! C’est juste qu’il y a certaines choses à savoir, question d’éviter quelques petits problèmes. Voici donc une courte liste de connaissances pour les nouvelles dans la ligue!

  1. Dictionnaire Français – Gamer

C’est inévitable, tu vas développer un tout nouveau langage! Par exemple, LOL et WOW n’auront plus du tout la même signification. À ton vocabulaire s’ajoutera aussi une liste d’acronymes qui semble ne rien vouloir dire : AFK (away from keyboard) et GG (good game)… La première fois que tu vas l’entendre, tu risques de ne pas comprendre, mais je te promets que ça s’arrange avec le temps.

  1. Oublie le rangement

Si tu es une maniaque du rangement, de la propreté et de l’organisation, tu risques d’avoir un autre problème. Les gamers ont des ordis de fou! Ils sont énormes et il y a des tonnes de fils qui viennent avec. Un fil pour la caméra, une extension pour la prise, un câble internet, les gros écouteurs, la souris, le clavier, etc.! Ça traîne et c’est surtout laid, mais il faut vivre avec… et essayer de les organiser le mieux possible.

  1. Des tutoriels de gamers, vraiment?

Certains gamers aiment beaucoup regarder des gameplays (d’anciennes parties terminées), du stream (d’autres personnes qui jouent en direct) et certaines vidéos de promotion. Au début, je ne comprenais pas trop. Sérieusement, c’est quoi le but de regarder d’autre joueurs jouer à un jeu à la place d’y jouer? J’ai réfléchi à ça et je me suis dit que ce n’était pas vraiment mieux que de regarder des tutoriels de coiffure, de maquillage et des vidéos de petites filles de 4 ans qui chantent vraiment trop bien.

  1. Intéresse-toi à sa vie si tu veux qu’il s’intéresse à la tienne

Dernière chose : les anecdotes de game…Peut-être que ça ne va pas t’intéresser. Moi, ça  ne m’intéresse pas, mais je fais quand même un petit effort d’attention. Ça leur fait tellement plaisir de nous raconter leurs games et de nous décrire leurs statistiques (même si on ne comprend absolument rien)! En même temps, je me dis que, nos anecdotes de soirée de filles, nos résumés de conversations et toutes nos petites réflexions étranges ne doivent pas toujours les intéresser. S’ils font l’effort, on le peut bien nous aussi, non?

Nos gamers, on les aiment comme ils sont et on ne doit pas essayer de les changer. Ils sont parfaits comme ils sont, il faut simplement savoir à quoi s’attendre avant de se lancer pour éviter les mauvaises suprises…

Bonne chance!

Photo : Silvert Feather Studios sur Pinterest http://www.silverfeatherstudios.com/blog/gamer-engagement-session-in-durham-kenari-brian and http://topcanadacasinos.net/casino-reviews/gaming-club

J’ai décidé de m’aimer comme j’aime les autres. Sans anicroche et sans jugement. Sans me poser de questions, sans me demander si je suis correcte. J’ai décidé de m’aimer à ce point-là.

J’ai décidé que mon corps, je le trouvais beau comme je trouve beau celui des autres. J’ai décidé d’arrêter de me comparer de façon négative aux autres. J’ai décidé que, moi aussi, j’étais belle. Et que si quelqu’un n’était pas d’accord avec ça, je lui ferais un beau finger assumé. 

Est-ce qu’on est obligé d’être parfait? Pas pantoute. Mais on est obligé de s’aimer. D’aimer nos orteils et le bout de notre nez.

On est obligé de s’accepter. D’accepter que notre sein droit soit plus gros que le gauche. Qu’on soit minces, grandes, enrobées, petites… On est faites de même pis qu’es-ce que tu veux qu’on fasse de plus?

J’ai décidé d’embrasser le fait que je suis comme je suis. J’ai décidé de tomber en amour avec moi-même à chaque matin, avant de tomber en amour avec quelqu’un d’autre.

J’ai décidé d’entrer dans la bande de celles qui se regardent dans le miroir le matin et qui se disent «wow, maudit que t’es belle à matin!» sans même avoir l’air à se prendre pour une autre. Sans même paraître trop arrogante.

J’ai décidé que, même sans maquillage, j’étais belle. Non, pas juste belle, magnifique! J’ai décidé de m’habiller avec le linge que je trouve beau. J’ai décidé d’assumer d’être moi et que si ça déplait aux gens, ben de m’aimer quand même. J’ai décidé de m’aimer comme j’aime la vie : ouvertement, sans en être gênée. 

J’ai décidé de crier au monde entier que j’en avais rien à faire de mes courbes sur les côtés. Que peu importe ce qu’ils disent, elles sont belles, mes petites vergetures sur les fesses. Qu’elles sont belles mes cicatrices de boutons dans le visage. Qu’elles sont belles mes cuisses, même si elles ne sont pas proportionnées au reste de mon corps.

J’ai décidé d’être moi pis c’est tout.  

Photo : Flickr

J’ai une histoire d’amour pas comme les autres. Je ne dis pas que ma relation est plus merveilleuse, plus belle, plus parfaite que toutes les autres relations. Je dirais plutôt qu’elle est particulière.

Ma relation a débuté lorsque j’avais 9 ans. À l’époque, j’étais une jeune fille plutôt calme qui passait ses journées à faire de la bicyclette et à lire de livres. Puis, l’amour est rentré dans ma vie comme si un gros autobus jaune m’était passé sur le corps. Jamais je n’avais ressenti quelque chose d’aussi fort. Mes temps libres étaient consacrés à cette personne et lorsque nous étions séparés, il occupait toutes mes pensées. J’étais jeune oui, mais je feelais le parfait bonheur et je me sentais invincible lorsqu’il était à mes côtés.

Puis, les jours, les mois, les années ont passé. Plus je vieillissais, plus ma relation amoureuse prenait de l’ampleur tant dans ma vie personnelle que professionnelle. Au début, je me suis dit que ce n’était qu’une mauvaise phase et que tout allait rentrer dans l’ordre. Or, ça allait de mal en pire. Je n’allais plus aux fêtes organisées par mes amis, car je ne voulais pas laisser mon amour seul. Je refusais les invitations au cinéma et mes notes scolaires chutaient comme des montagnes russes.

Un jour alors que je faisais de l’ordre dans ma chambre, je suis tombée sur un vieux bouquin que j’avais mainte et mainte fois lu quand j’étais plus jeune. Il y avait maintenant plusieurs années que je n’avais pas ouvert un livre. C’est à ce moment que je me suis réveillée. Cette relation m’étouffait. J’avais laissé de côté mes livres, ma bicyclette et petit à petit je mettais de côté mon réseau social. Il fallait que cette relation cesse. Elle m’intoxiquait.

Petit à petit, j’ai commencé à être plus distante. J’ai commencé à sortir un peu plus, j’acceptais volontiers les sorties au cinéma et mes notes scolaires ont repris le dessus. Pendant un moment, j’ai cru que j’avais pris le dessus sur cette relation qui me gâchait l’existence. Mais, j’ai bien vite vu que ce n’était qu’éphémère.

Bientôt, je passais mes jours, mes nuits et mes matins avec lui. Il était toujours avec moi. Partout où j’allais, il n’était jamais bien loin. Autour de moi, mes amis, mes camarades de classe et mes collègues de travail vivaient la même chose que moi. Eux aussi étaient pris au piège dans une relation dangereuse et ils n’y voyaient que du feu.

Cette année, j’ai décidé que j’en avais assez et, qu’il le veuille ou non, il allait sortir de ma vie… Du moins, il va prendre beaucoup moins de place qu’auparavant. Je vais me déconnecter. Mon cellulaire, mon portable et toute autre distraction technologique n’auront plus jamais d’emprise aussi grande dans ma vie. Sur ce, je vais éteindre mon ordinateur et je vais ressortir ce vieux bouquin que j’aimais tant lire lorsque j’étais plus jeune.

Photo : WeHeartIt