Mode

Gawa (nom féminin) : Qui vit en symbiose avec la nature, avec un petit côté marginal. Synonymes : audacieuse et authentique. Voir aussi : ta nouvelle marque de vêtements préférée, entièrement made in Saguenay.

On vous en avait glissé un mot dans cet article, mais maintenant, c’est officiel : la première collection de Gawa Clothing est disponible en ligne dès aujourd’hui! Lancée hier soir à l’occasion d’un défilé extérieur sur le pont Sainte-Anne à Chicoutimi, la marque 100 % locale deviendra l’incontournable de l’automne pour les fashionistas régionales qui recherchent un style confortable et décontracté avec de l’attitude.

«Gawa, c’est la marque d’ici entièrement faite au Canada, née de trois filles avec l’idée un peu folle d’offrir une alternative aux grandes marques de sports extrêmes», annonce d’entrée de jeu l’une des instigatrices, Marie-Noëlle Potvin. Les filles Gawa sont des outsiders qui n’ont pas froid aux yeux comme en témoignent les ambassadrices Océane Fillion et Tamara Truchon, toutes deux membres de l’équipe québécoise de planche à neige, rien de moins. «Une Gawa, c’est un peu déjantée par bouts…  mais authentique tout le temps.» On aime!

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Gawa, les origines

Parce que tout le monde se pose la question, le nom Gawa tire son origine de la culture amérindienne de la région du Saguenay. «À la base, le mot désignait les femmes autochtones, donc un côté proche de la nature et un peu hippie qui nous plait beaucoup et guide notre création», raconte l’entrepreneure. Elle ajoute qu’avec le temps, le terme a évolué pour qualifier les amateurs de métal du secteur de la Côte de la Réserve à Chicoutimi – un autre aspect apprécié par la marque locale : «On a tous un côté un peu trash ou plutôt marginal à nos heures!»

Les vêtements Gawa sont entièrement fabriqués au Canada de façon éthique et écoresponsable. «C’est l’élément le plus important pour nous», souligne Marie-Noëlle. Elle admet que c’est un défi de produire quelque chose d’abordable au Canada, mais qu’il est essentiel pour les Gawas d’honorer chaque étape de la création. «On veut rien savoir des t-shirts à 3$ et des usines qui exploitent les travailleurs», déclare même le site Internet de la jeune entreprise.

Gawa propose des vêtements pour femmes et pour enfants, la plupart dans des tailles unisexes. La marque sera présentée aux côtés des plus grands designers québécois lors de l’événement mode Panache, du 24 au 26 septembre à Chicoutimi. Pour découvrir la collection, rendez-vous au www.gawaclothing.com!

Photos: Sophie Lavoie

Pour faire carrière en mode, il faut : de la passion, de l’audace, et de la détermination. C’est ce qu’ont démontré la consultante Britta Kröger, la créatrice d’évènements Chantal Durivage et le designer Denis Gagnon lors de la conférence «L’art d’entreprendre dans l’industrie de la mode», présentée jeudi au Musée d’art contemporain de Montréal par Nota Bene en collaboration avec le Festival Mode & Design (FMD).

La rencontre, sous forme de groupes d’échange, a permis à la relève entrepreneuriale de discuter directement avec des leaders dont le talent n’est plus à prouver. Animé par la blogueuse et chroniqueuse Émilie Fournier, l’événement a accueilli près de 50 participants.

À la poursuite de ses rêves

Ex-mannequin pour Jean-Paul Gaultier et acheteuse principale pour la Maison Simons, la consultante allemande Britta Kröger a toujours été attirée par la mode. «Pour moi, la mode, c’est de l’art. Je peux pleurer devant une belle collection, indique-t-elle d’entrée de jeu. On nait tous avec une passion; on doit ensuite la découvrir et la développer.»

Son leitmotiv? «Il faut gagner la confiance des gens et ne pas vouloir tout révolutionner. C’est un travail d’équipe.» Selon l’entrepreneure, il ne faut pas être complexé par ce qu’on ne sait pas faire et collaborer avec des personnes dont les compétences sont complémentaires. Et on ne doit pas avoir peur de rectifier le tir au besoin. «La mode, c’est un milieu qui n’est jamais statique, affirme-t-elle. J’apprends tous les jours!»

Oser cogner aux portes

Cofondatrice du Groupe Sensation Mode, l’organisation derrière le FMD, Chantal Durivage a consacré les 15 dernières années à créer des évènements novateurs au Québec comme à l’international. À son avis, le secret est de bien s’entourer. «Je recommande fortement de se trouver des mentors dans différents domaines, avec qui on peut échanger et ainsi éviter beaucoup d’erreurs de débutants», déclare-t-elle.

Quant à la façon de dénicher de tels conseillers, c’est tout simple : «Il faut carrément cogner à leur porte et ne pas se gêner!» Chantal Durivage confie que tous les entrepreneurs ont envie de partager leur expérience avec des jeunes audacieux et visionnaires dans lesquels ils se reconnaissent. «Nous vivons dans une monde de cocréation. Il ne faut pas hésiter à se rallier avec d’autres», insiste-t-elle.

Déterminé à innover

Figure emblématique de la mode québécoise, Denis Gagnon a acquis sa renommée grâce à sa créativité débordante et son travail acharné. «La dernière fois que j’ai pris des vacances, c’était il y a trois ans», révèle celui qui crée toutes ses collections lui-même, avec l’aide d’une couturière et des stagiaires.

Le designer fait remarquer que la mode est un domaine où il y a beaucoup de joueurs, d’où l’importance de se démarquer. «Que tu sois un petit ou un grand créateur, on joue tous dans la même cour. L’industrie va bien, mais il faut savoir s’adapter au marché», affirme-t-il. Si Denis Gagnon avait un conseil à donner aux futurs créateurs, ce serait de profiter des technologies numériques pour promouvoir leur projet : «Si tu as un talent, tu dois l’exporter sur le web tout de suite pour un maximum de visibilité.»

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Photos: Benoît Vermette / Nota Bene et Jimmy Hamelin / FMD

«À vos marques, prêts… partez!» L’animatrice et ex-mannequin Geneviève Borne a donné hier le coup d’envoi du volet extérieur de la 15e édition du Festival Mode & Design (FMD) de Montréal, dont elle est la porte-parole pour la 7e année consécutive. Au programme de la journée : course à talons hauts, fashion trucks et défilés!

Un relais glamour

Selon la porte-parole, le FMD est l’événement tout indiqué pour les amoureux du design, de la mode et de la musique qui aiment fêter en plein-air. «La fête annuelle de la créativité au centre-ville de Montréal!» Le volet extérieur a débuté avec la traditionnelle Course à talons pour Le Chaînon, un centre d’hébergement pour femmes en difficulté.

Sous un soleil de plomb, des dizaines de coureuses et quelques courageux coureurs ont enfilé des souliers à talons d’au moins 7 cm (c’est le règlement) pour une course à relais au cœur du Quartier des spectacles. À noter qu’avec la première participation officielle des drag-queens de Fierté Montréal, l’édition 2015 s’est montrée particulièrement colorée!

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Tendances pour emporter

Les boutiques mobiles OldWIG, Nomad, La Montréalaise atelier et COVEN ont profité du FMD pour lancer en grand la page Facebook Fashion Truck Montréal. Les quatre «camions mode» seront présents à la Place des Festivals jusqu’à samedi, en plus d’une vingtaine de boutiques POP-UP – le paradis pour les accros du shopping avides de découvertes. Mes coups de cœur : les vêtements décontractés et abordables de COVEN ainsi que les accessoires zen de Fay with Love.

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Trio gagnant

Bien sûr, le Festival Mode & Design vient avec son lot de défilés. En ouverture, le FMD Collections a mis en scène les créations de trois designers canadiens : Bodybag by Jude (style urbain, à la fois chic et décontracté), Harricana par Mariouche (vêtements luxueux, faits de matières nobles recyclées) et Hip & Bone (pour hommes, look contemporain et sophistiqué).

La chanteuse montréalaise APigeon accompagnait les mannequins sur la passerelle de sa voix hypnotisante et sa musique «folktronique». Le défilé collectif a même donné lieu à une rencontre artistique entre la chanteuse et l’artiste new-yorkais Scooter Laforge, qui a transformé sa longue robe blanche en une minirobe asymétrique multicolore.

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Le Festival Mode & Design se poursuit jusqu’au 22 août à la Place des Festivals du Quartier des spectacles de Montréal. Pour tous les détails, visitez le site officiel de l’événement.

Photos: Jimmy Hamelin et Sébastien Roy / FMD

Je ne veux pas être trop clichée, mais, pour moi, qui dit «été» dit aussi «nouvelle garde-robe»! Et qui dit «nouvelle garde-robe» dit «nouvelles collections»! Voici donc mes coups de cœur du mois de juin, qui s’avèrent être des collections québécoises. C’est tu pas beau, tout ça?

Entre nous LC

Depuis maintenant deux ans, le blogue Le Cahier ne cesse de nous inspirer, mais surtout de nous étonner. Que ce soit par ses articles, évènements, concours et collaborations en tout genre, ça n’arrête jamais! Eh bien, depuis le 18 juin dernier, Camille DG et ses collaborateurs ont lancé une collection de vêtement 100% fabriquée au Québec! Les détails pour chaque pièce présentée sont remarquables, je dois l’avouer. Que ce soit de la robe Camille au kimono Virginie, en passant par la camisole Marilou, toute occasion estivale sera bonne pour porter un morceau Entre nous LC! La boutique est en ligne depuis quelques jours et déjà, quelques pièces ont été sold out. Si j’étais vous, je n’attendrais pas avant de passer commande !

Pony

J’ai déjà parlé de Pony dans un article précédent pour ces premiers dessins et crewnecks qui m’avaient charmée. Encore une fois, Gabrielle Laïla Tittley y va fort avec une toute nouvelle collection comprenant t-shirts, crewnecks, dessins et même des étuis pour cellulaire! Ce qui me charme particulièrement de sa collection, ce sont les histoires derrières les dessins. Coup de cœur au crewneck  «feelin’ myself» : «J’ai fait cette illustration à la base, pour toutes les personnes comme moi qui ont besoin d’un espèce de rappel régulier qu’on doit s’aimer avant d’aimer autrui. On doit aimer nos corps comme ils sont aujourd’hui, parce qu’ils sont parfaitement imparfaits. Nous sommes tous parfaitement imparfaits. <3» Une artiste qui ne cesse de démontrer son talent et son grand coeur, une œuvre à la fois!

Gawa Clothing

Gawa, c’est la nouvelle marque de vêtement du Saguenay que tu vas vouloir te procurer dès septembre 2015. Pourquoi je t’en parle maintenant? Parce que leur premier modèle vient de sortir pour nous teaser un peu. Confectionnée entièrement au Canada, cette marque est «pour les filles qui veulent porter la mode locale, des confections d’ici et soutenir le travail équitable.» Non, mais, wow! Des outsiders, c’est comme ça qu’elles se décrivent. On a bien hâte d’en savoir plus, mais en attendant, tu peux visiter leur site www.gawaclothing.com pour te procurer leur tank tie-diy qui est absolument parfait pour les belles journées estivales qui s’en viennent!

Photo : WeHeartIt

De plus en plus de boutiques de renommée internationale s’installent dans les centres d’achats près de chez nous. C’est vraiment une bonne nouvelle, car ENFIN nous n’aurons plus besoin d’aller dans les grandes villes pour visiter les Forever 21 et H&M de ce monde. Plus de choix de vêtements chez nous, une plus grande diversité, plus d’accessibilité et tout ça à bas prix : le fast-fashion semble nous offrir que des avantages! Par contre, si on regarde le tout d’un autre œil, c’est un peu moins avantageux pour les créateurs québécois…

La mode au Québec se tient sur la pointe des pieds pour ne pas se noyer dans l’océan fashion du monde (je fais de très belles figures de style, je sais : imaginez un océan avec des paillettes et des talons hauts). Nous avons juste à penser au triste sort des boutiques Jacob… Les grandes marques multinationales n’aident pas vraiment.

Mais hey, savez-vous quoi? Il existe des solutions! Pis faciles à part de ça : acheter et promouvoir les créateurs d’ici. Le problème est presque résolu, mais encore faut-il que vous sachiez QUI sont les doigts de fée qui confectionnent les plus beaux vêtements de la province.

Betina Lou, dont les vêtements sont très «Pinterest», très vintage et vraiment trop cute, est ma marque préférée. Au menu : des looks à la Zooey Deschanels, des cols claudine et l’habillement parfait pour aller prendre le thé.

Sinon, Melissa Nepton, Annie 50, Rudsak, Eve Gravel, sont d’autres boutiques québécoises dans le genre. La boutique Twist à Jonquière et Chicoutimi ou par commande en ligne offre également une belle vitrine pour les designers régionaux. Oui, le prix est élevé, mais chaque achat aide la mode québécoise! En plus, ce sont des vêtements de qualité qui sont bien souvent des bases à avoir dans sa garde-robe et donc, qui vous dureront longtemps! À la grandeur du Canada, il existe aussi plusieurs marques déjà bien placées comme Dynamite, Garage, Jacob, R&W co, Twik, etc.

Je n’empêche personne d’aller magasiner chez H&M si ça lui tente, mais, parfois, c’est l’fun de voir d’autres possibilités et de comprendre qu’aider les gens d’ici, c’est vraiment facile!

Photo : Screenshot du site de Betina Lou

Loin de moi l’habitude de me plaindre de la température hivernale du Québec. On ne se mentira pas : c’est normal, les – 350 degrés ici, deal with it. Je vous ai donc rassemblé mes boutiques en ligne préférées de Montréal pour ajuster ton look à la température, en même temps que d’encourager des gens d’ici. Parce que non, je ne te parlerai pas de la collection de printemps/été qui sort, comme beaucoup trop de blog mode/boutiques, ces temps-ci. Moi, j’ai frette. Je me dis que je ne dois pas être la seule… 

À noter que pour chacun des sites, vous n’avez qu’à cliquer sur le titre de celui-ci pour y accéder. C’est tu pas beautiful, ça?

Young Ghost Clothing

À leur début en 2011, je n’étais pas trop certaine de ce qu’ils faisaient. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’accrochais pas à leurs créations. Pis là, depuis un bout, quelque chose a changé. Je ne sais pas si c’est moi ou si ce sont eux, mais le brand est mieux exploité, je crois. Ils assument leur côté montréalais qui ressort dans leurs croquis, leurs coupes et leurs modèles (aller voir leur site, vous comprendrez, wow.) Coup de cœur à leur «Cat the ripper» sweatshirt qui se porte si bien avec des leggings de ton choix. Un gros oui.

C’est beau / Handwork

Ça le dit dans le nom, t’sais. Tout ce qu’ils font me donne envie d’être dans un chalet, d’allumer un feu, de m’éclairer aux chandelles et d’avoir perdu mon cellulaire à quelque part dans le bois. C’est réconfortant comme ligne de vêtements. «C’est Beau | Handwork est le résultat d’un travail d’artisans passionnés, dont vous ne vous départirez pas au fil du temps. Une façon plus naturelle de voir et de faire les choses.» Leur site est incroyablement bien fait, tout comme leurs tissus qui nous tiennent confortablement au chaud. Simple et intemporel : c’est ce que j’aime de C’est beau/Handwork.

 Stay Home club

Coup de cœur pour ses belles patch pas trop chères que j’aime m’imaginer coller/coudre sur toutes mes vestes de jean et pour son sweatshirt «Boring is best» qui m’empêche de culpabiliser d’être bien à rien faire d’utile chez nous confortablement les dimanches. Que de bonnes idées bien exploitées!

 PonyMtl

Si cette artiste écrivait des livres, Gabrielle Laïla Tittley, créatrice du site, serait assurément dans les «Coups de cœur Renault-Bray». Parce que, je ne sais pas pour vous, mais si je ne connaissais pas Pony depuis un bout, je la remarquerais ces temps-ci. Non seulement les design sur ses crewneck sont awesome, mais récemment, elle  a fait des illustrations pour des artistes comme Fanny Bloom et Misteur Valaire. C’est mon coup de cœur de l’hiver, j’ai assez hâte de recevoir ma commande. Shout out à son nouveau crewneck «Started from the bottom» qui m’a fait rire fort pendant un bon bout!

 Sokoloff Lingerie

Ok, vous l’aurez deviné, ce n’est vraiment pas pour vous tenir au chaud, mais plus pour donner chaud à une autre personne, disons. Sokoloff a la plus belle dentelle pour accompagner les modèles classiques de ce qui a le potentiel pour devenir tes sous-vêtements préférés. C’est MON coup de cœur et, en plus, je me dis que j’encourage des produits québécois ravissants et pas trop cher! Ben quoi ? C’est le mois de la Saint-Valentin et leur nouvelle collection est tout simplement PAR-FAITE. Il n’est jamais trop tard pour faire/recevoir un beau cadeau qui fait plaisir à deux personnes pour le prix d’une!

 BONUS : PetitPetitGamin

SURPRISE!!! Ce n’est pas une boutique en tant que telle, mais le site Petitpetitgamin va bientôt (genre, vraiment bientôt, là!) lancer de nouveaux produits promo PPG pour que tu représentes en tout temps le site que tu aimes tant et non juste par tes likes et tes partages de post sur Facebook. Idée audacieuse que Stéphane «Pellep» Pelichet m’a partagé, sans trop m’en dire plus pour garder le suspense. Pour ma part, j’ose espérer pouvoir boire mon morning coffee dans une tasse avec le logo du site, mais qui sait! D’ici là, surveille ça! Tu risques de vouloir être le/la premier/première à vouloir te procurer ton hoodie de chez Petitpetitgamin.

Photo : WeHeartIt

La majorité de nos vêtements sont fabriqués dans les pays les plus pauvres du globe, par des ouvriers sous-payés. Une série norvégienne appelée Sweatshop envoie des jeunes accros à la mode découvrir l’envers du décor. Entrevue avec Anniken Jorgensen, une participante.

Il y a maintenant 1 an, Anniken, la blogueuse de mode la plus lue en Norvège, a pris l’avion direction Cambodge. Un voyage qui la changera à tout jamais. «J’étais à un point dans ma vie où j’avais besoin de changement. J’ai reçu l’offre et je l’ai acceptée sans réellement savoir dans quoi je m’embarquais», raconte-t-elle. Quelques semaines plus tard, c’était le grand départ.

Aussitôt sortie de l’avion, Anniken vécut son premier choc. «L’air était sec, il y avait tellement de poussière dans l’air qu’on ne voyait pas le soleil», confie-t-elle. À ce moment, elle n’avait encore rien vu. Elle a vécu dans la maison d’une ouvrière cambodgienne, à peine plus grande que sa salle de bain. Elle a travaillé toute une journée dans une manufacture et le soir venu elle a tenté de se nourrir avec son salaire de misère. Mais ce qui l’a le plus choquée, c’est le témoignage d’une jeune fille de son âge, qui travaille depuis des années dans ces conditions, pour aider son père à nourrir ses frères et sœurs. Sa mère étant morte de faim, elle est le seul espoir de survie de sa famille. «C’était vraiment dur à entendre», ajoute Anniken.

Le retour à la vie normale a été très difficile pour la blogueuse. Mais elle ne regrette rien. Elle le referait n’importe quand. Ça ne saurait tarder, semble-t-il… «Il y a des petites rumeurs qui concernent un autre voyage», mais elle ne peut m’en dire plus.

Elle continue d’être très active sur son blogue et sur les réseaux sociaux. Elle aime encore autant la mode et continue d’être à l’affut des tendances. «Je suis une adolescente comme les autres, je ne peux pas être nue!» dit-elle. Par contre, elle n’achète plus aucun vêtement qui provient du Cambodge et elle n’a pas mis les pieds dans un H&M depuis son retour. Selon elle, le problème ce n’est pas le consommateur, ce sont les compagnies qui sont en tort. «Ils maltraitent leurs employés qui ne demandent pas plus que 160 $ par année pour vivre. Leur travail ne changera pas, mais il pourrait être beaucoup plus supportable avec des heures de travail raisonnables et des conditions plus humaines! Ils n’ont même pas le droit d’apporter de l’eau dans l’atelier pour ne pas en renverser sur les vêtements, c’est dégueulasse.»

Selon Anniken, le meilleur moyen d’aider, c’est de dénoncer et de réduire notre consommation. «Je ne sais pas par où commencer, le problème est tellement énorme. Je fais mon possible pour que les choses progressent.» Au courant de l’été, elle a rencontré le p.-d.g. d’H&M pour lui faire part de ses impressions. «Ce n’est pas facile de leur faire comprendre, surtout quand on est une jeune blogueuse de mode blonde, ça vient avec des préjugés», confie-t-elle. Malgré tout, la série Sweatshop a contribué à changer la mentalité des gens qui l’ont vue. Il y a quelques mois, la Norvège a changé les règles en ce qui concerne l’importation de vêtements, un pas dans la bonne direction.

Pour écouter les cinq épisodes de Sweatshop.

Pour suivre Anniken sur son blogFacebook et Instagram.

Photo: Page Facebook d’Anniken

Il fait froid, le vent glacial mord ma chair à travers mon vieux manteau. Il a fait son temps le rouge parka. C’est le moment d’investir. Aussitôt mon magasinage commencé, je heurte un mur. Et je ne parle pas ici du choix du modèle. Mon mur est plus que coquet; il fait naître un véritable conflit de valeurs en moi entre les haies de manteaux.

Étant étudiante, mon budget est limité. Je raye donc tout de suite de ma liste les créations, les manteaux technologiques et les marques de renom. Ça élimine presque la moitié du choix offert pour un manteau de qualité, mais j’ai espoir de trouver l’aubaine du siècle. Les parkas sont absolument magnifiques ornés de leurs cols de fourrure; tous gonflés de plumes d’oie, ils sont chauds, c’est certain. Un style indémodable fabriqué au Canada qui respecte mon budget (!!!), je n’y crois presque pas. Je jette un coup d’œil à l’étiquette: col de renard arctique. Euh non! Pas question. Je regarde autour de moi et je ne vois que les cadavres d’animaux zippés sur des poches de plumes d’oiseaux majestueux. Dans ma tête défilent les images cauchemardesques qui ont circulé il y a quelque temps sur les réseaux sociaux. Décidément, y’en aura pas de facile.

Le synthétique est ma nouvelle option. Fausse fourrure, isolant quelconque, ça calme l’amoureuse des animaux qui sommeille en moi. Un autre coup d’œil à l’étiquette, plastique et cie, Made in China. Cette fois, c’est la protectrice de la planète qui s’indigne! Pas fort pour l’environnement, l’alternative anti-cruauté qui ne tue peut-être pas directement un animal, mais qui détruit l’écosystème de plusieurs espèces jusqu’à ce que celles-ci disparaissent. Sans compter l’exploitation des ouvriers qui travaillent pour une poignée de pinottes dans des conditions horribles. Il ne faudrait pas oublier que le charmant manteau souillé de pétrole s’autodétruira d’ici deux hivers, ce qui me poussera à acheter une nouvelle cochonnerie.

Je suis dans une impasse. Ma philo 3 refait surface. Me voilà assise par terre chez La Baie dans la section manteaux à faire une application de la philosophie utilitariste dans le bloc-notes de mon cellulaire. J’accompagne ma réflexion de documentation qui me fait réaliser quelques faits que j’ai omis dans mon calcul.

  1. Contrairement à la croyance populaire, les animaux d’élevage ne sont pas maltraités; il faut que leur fourrure reste belle.
  2. Le coyote est une espèce nuisible trop abondante au Canada, tout comme le raton laveur: sa population doit être contrôlée par l’homme.
  3. Les plumes d’oie sont récupérées dans les élevages destinés à la boucherie
  4. Il existe de la fourrure recyclée.
  5. L’exploitation animale est une ressource renouvelable non polluante.

Donc, toujours selon mes calculs, John Stuart Mill achèterait un manteau en plumes d’oie avec de la fourrure de raton-laveur car il s’agit là du meilleur choix pour le bonheur du plus grand nombre.

Malgré tout, je n’ai pas l’esprit tranquille. Incapable de faire un choix, d’ignorer une valeur au profit d’une autre tout aussi importante. Dans un monde idéal presque utopique, je trouverais un manteau rembourré de matières recyclées, sans fourrure, chaud, de qualité et qui respecte mon budget… J’abandonne. Je retourne à la maison enfiler trois couches de vêtements chauds sous ma vielle veste synthétique jusqu’à l’année prochaine en espérant que l’industrie vestimentaire et la mode de 2016 me permettront de me réchauffer sans arrière-goût amer.

Photo: Flickr (License Creative Commons)

Noël. On s’offre des petits cadeaux, on partage de beaux moments et on se met beaux! D’ailleurs, ce n’est pas toujours facile de s’habiller pour les festivités. La facture «kit de Noël» monte très vite. Voici donc 5 façons de porter ta robe de l’an passé à plusieurs reprises, ni vu ni connu!

1. Transforme-la en jupe.

Pas de panique! Pas besoin de sortir les ciseaux, tu n’as qu’à enfiler une chemise ou un joli pull par-dessus ta robe et le tour est joué. (Attention: si ta jupe est évasée, choisis un haut assez court pour ne pas écraser la forme du vêtement.)

2. Ajoute une ceinture.

Large, mince ou colorée, laisse aller ton imagination. Porte-la à la taille pour mieux découper tes formes.

3. Accessoirise.

Les bijoux imposants et colorés peuvent changer totalement le look de ta robe préférée, tu peux même les changer d’une soirée à l’autre. (Attention: c’est à éviter avec les robes à gros motifs!)

4. Ose les collants.

Un bas de nylon noir c’est passe-partout, mais si ta robe le permet, agence-la à un collant funky ou à des bas au genou. Originalité garantie.

5. Mets-y de la laine.

Chic et confortable, une robe sophistiquée avec des souliers à talons accompagnés de jambières, d’un foulard et/ou d’un petit béret: ton look classy au chalet est complet.

Voilà! J’espère que mes petites astuces t’aideront durant le temps des fêtes. Pas la peine de dévaliser les magasins et d’acheter des vêtements qu’on ne portera que quelques fois. N’oublie pas, c’est bien d’être coquette, mais à Noël, l’essentiel c’est de passer du bon temps en bonne compagnie.

Photo: Pinterest