Pour faire carrière en mode, il faut : de la passion, de l’audace, et de la détermination. C’est ce qu’ont démontré la consultante Britta Kröger, la créatrice d’évènements Chantal Durivage et le designer Denis Gagnon lors de la conférence «L’art d’entreprendre dans l’industrie de la mode», présentée jeudi au Musée d’art contemporain de Montréal par Nota Bene en collaboration avec le Festival Mode & Design (FMD).

La rencontre, sous forme de groupes d’échange, a permis à la relève entrepreneuriale de discuter directement avec des leaders dont le talent n’est plus à prouver. Animé par la blogueuse et chroniqueuse Émilie Fournier, l’événement a accueilli près de 50 participants.

À la poursuite de ses rêves

Ex-mannequin pour Jean-Paul Gaultier et acheteuse principale pour la Maison Simons, la consultante allemande Britta Kröger a toujours été attirée par la mode. «Pour moi, la mode, c’est de l’art. Je peux pleurer devant une belle collection, indique-t-elle d’entrée de jeu. On nait tous avec une passion; on doit ensuite la découvrir et la développer.»

Son leitmotiv? «Il faut gagner la confiance des gens et ne pas vouloir tout révolutionner. C’est un travail d’équipe.» Selon l’entrepreneure, il ne faut pas être complexé par ce qu’on ne sait pas faire et collaborer avec des personnes dont les compétences sont complémentaires. Et on ne doit pas avoir peur de rectifier le tir au besoin. «La mode, c’est un milieu qui n’est jamais statique, affirme-t-elle. J’apprends tous les jours!»

Oser cogner aux portes

Cofondatrice du Groupe Sensation Mode, l’organisation derrière le FMD, Chantal Durivage a consacré les 15 dernières années à créer des évènements novateurs au Québec comme à l’international. À son avis, le secret est de bien s’entourer. «Je recommande fortement de se trouver des mentors dans différents domaines, avec qui on peut échanger et ainsi éviter beaucoup d’erreurs de débutants», déclare-t-elle.

Quant à la façon de dénicher de tels conseillers, c’est tout simple : «Il faut carrément cogner à leur porte et ne pas se gêner!» Chantal Durivage confie que tous les entrepreneurs ont envie de partager leur expérience avec des jeunes audacieux et visionnaires dans lesquels ils se reconnaissent. «Nous vivons dans une monde de cocréation. Il ne faut pas hésiter à se rallier avec d’autres», insiste-t-elle.

Déterminé à innover

Figure emblématique de la mode québécoise, Denis Gagnon a acquis sa renommée grâce à sa créativité débordante et son travail acharné. «La dernière fois que j’ai pris des vacances, c’était il y a trois ans», révèle celui qui crée toutes ses collections lui-même, avec l’aide d’une couturière et des stagiaires.

Le designer fait remarquer que la mode est un domaine où il y a beaucoup de joueurs, d’où l’importance de se démarquer. «Que tu sois un petit ou un grand créateur, on joue tous dans la même cour. L’industrie va bien, mais il faut savoir s’adapter au marché», affirme-t-il. Si Denis Gagnon avait un conseil à donner aux futurs créateurs, ce serait de profiter des technologies numériques pour promouvoir leur projet : «Si tu as un talent, tu dois l’exporter sur le web tout de suite pour un maximum de visibilité.»

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Photos: Benoît Vermette / Nota Bene et Jimmy Hamelin / FMD


À PROPOS DE L'AUTEUR

Julie Levasseur

Quand j’étais petite, mon plan de carrière était d’étudier la sorcellerie à Poudlard dans le but de travailler au Ministère de la Magie. Comme ma lettre n’est jamais arrivée, j’ai dû me réorienter en journalisme. Outre la magie et l’écriture, ma grande passion est la musique, suivie de très près par les beaux vêtements et la bonne bouffe. Dans la vie, j’aime apprendre et avoir du plaisir, et pourquoi pas les deux en même temps. Fun fact : Je suis une rappeuse hors pair.

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