Psycho

– Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

– Plus tard quand ?

– Je veux dire une fois adulte, après tes études ?

J’ai 20 ans et j’ai de la misère à imaginer ce que je vais manger pour souper ce soir. Est-ce que je vais me faire un bon repas de tartare au saumon et au bœuf ou est-ce que je vais me faire livrer une bonne poutine bien grasse dans le confort de mon salon ? Je ne le sais même pas. Pourtant, le souper, c’est dans à peine 5 heures. Maintenant, tu me demandes de te décrire mon plan de vie détaillé et à l’échelle pour quelque chose qui ne se produira même pas dans une semaine ? C’est loin, c’est clairement trop loin.

Je ne peux même pas prévoir si je vais avoir envie de sortir jeudi ou vendredi soir avec mes amis. Ah non, ça, en fait, je peux le prévoir, mais ça, c’est une exception. Le point étant qu’on nous demande sans arrêt de penser au futur, de se projeter de l’avant et de savoir ce que l’on va « faire dans la vie ». Où on va être dans 5, 10 voire même 30 ans ? Ne pensez-vous pas que ce temps-là est révolu, voire démodé ? Le temps de nos parents et des vieux de la vieille où avoir un job stable était signe de réussite. Un signe de réussite professionnelle peut-être, mais est-ce également synonyme de réussite sociale, d’épanouissement et d’accomplissement en tant qu’individu ? On se croirait en cours de philo, hein ? Et pourtant, ces questions méritent, à mon sens, qu’on leur prête une attention, ne serait-ce que le temps de finir la lecture de mon article.

La réussite ne repose pas sur l’argent, c’est d’ailleurs pour cette raison que je me demande à quoi bon nous demander ce que l’on fera plus tard ou quel job on aura. Au lieu de me demander ce que je ferai plus tard, ou encore où je me vois dans x nombre d’années, demande-moi plutôt si je suis heureuse, si je me sens bien, si j’arrive à trouver un équilibre entre l’école, le travail, les amis. Demande-moi qu’est-ce qui me fait du bien et ce qui me rend heureuse et demande-moi ce que j’aime réellement, si j’ai une passion, quelque chose qui me tient en vie et qui me donne envie de me lever le matin.

À partir de ce moment-là, on laissera les banalités de côté et je te promets : on aura une vraie conversation qui durera pas mal plus longtemps que : « Bof, j’sais pas, on verra… »

Selon les statistiques québécoises, 3% des filles âgées de 15 à 25 ans souffrent de troubles alimentaires. Chaque année, on dénombre environ 100 décès au Canada, reliés aux conséquences des troubles alimentaires.

Pour moi, ça l’a pas duré longtemps, mais c’était là. J’ai commencé à surveiller mon alimentation, j’utilisais des applications pour compter les calories que j’ingurgitais, pour compter mon nombre de pas fait par jour et les calories que j’avais perdu.  Quand ça n’a plus été suffisant, j’ai pensé à mettre deux doigts dans le fond de ma gorge. Pis en plus, je prenais des médicaments qui me coupaient l’appétit, c’est tu pas beau ça !? J’enflais quand je mangeais et surtout, je n’avais aucun contrôle. Je haïssais mon corps. J’ai toujours été un peu excessive dans tout. Je donne mon 100%. Ben c’est pareil avec la bouffe.

Je mangeais, mangeais, mangeais, pis des fois, jusqu’à me rendre malade toute seule. Mais bon, être malade, c’est pas si pire, au moins t’engraisse pas tant. J’ai jamais eu la phobie de manger, j’ai jamais sauté un repas, j’aime ben trop la nourriture pour ça. Mais rendu là, manger à en être malade, tu ressens un genre de détresse psychologique, pis j’ai comblé cette détresse là en continuant de manger. Ça l’a pas duré longtemps, parce que j’ai été capable de me rendre compte à quel point c’était malsain, pis à quel point ça me causait du tort. J’ai également eu la chance d’avoir des amies qui m’ont écouté et aidé là-dedans, des profs au Cégep pis un travailleur social qui m’ont montré que dans l’fond, je vaux plus la peine que ça. Depuis qu’on est jeunes on nous pèse sur des balances devant les autres élèves à l’école.

En 3e année on me traitait déjà de grosse, pis j’men va te dire que c’était vraiment pas si pire que ça. Et puis y’a cette fois-là, secondaire 1, une fille m’a dit que j’allais écraser (genre tuer) mon chum en m’assoyant sur lui. Les gens autour de nous ne se rendent pas compte qu’une phrase peut tout changer. On dit aux filles de s’aimer, mais aimez-vous en bas de 130 lbs s’il vous plait, parce que si vous pesez plus, regardez tout ce qu’on a à vous offrir pour que vous soyez ‘’Belle et Mince’’. On dit au gars de prendre d’la masse, parce que la masse, c’est tu assez viril ! Regarde-moi les tonnes de produits et service que tu peux te procurer pour avoir la shape à The Rock…

Aujourd’hui moi je te dis, aime-toi. Aimes-toi assez pour te choisir. Choisir la santé, autant mentale que physique. Je t’encourage, toi la personne que tu es, à t’ouvrir et à aller chercher l’aide dont tu as de besoin. Aide-toi avant le point de non-retour.

Ressources disponible :

La maison L’Éclaircie 

http://www.maisoneclaircie.qc.ca/

Téléphone : 418 650-1076

Sans frais : 1-866-900-1076

[email protected]

Anorexie et Boulimie Québec

https://anebquebec.com/

Téléphone : 514 630-0907

Sans frais : 514 630-0599

[email protected]

 

’Je vous pose la question: Attendez-vous d’avoir des caries pour allez voir le dentiste? Je vous souhaite que non! Laissez moi vous poser une autre question: Vous connaissez-vous vraiment?’

Ça faisait longtemps que j’avais mis sur papier quelques lignes histoire de partir de nouveaux débats.

Aujourd’hui on se jase vous et moi d’un tabou qui me « titille » un brin depuis que je fais usage de ce dit tabou. Je parle ici de mon amie la psychologue. Et oui, je fais parti de la catégorie de personne qui se font chuchoter dans son cercle d’ami. Avant tout, j’aimerais vous dire pourquoi j’ai une nouvelle amie. Que lorsque vous lisez ces lignes vous soyez toujours au cégep, à l’université ou sur le marché du travail, il n’y a pas un moment propice dans la vie où le mental flanche, et malheureusement j’ai le regret de vous apprendre que personne est à l’abris. Le miens m’a lâché il y a quelque mois. On s’entend je ne suis pas une larve ou un végétal pour autant, mais parfois on peut être victime d’un truc qui s’appelle l’angoisse, pas mauvais vous me direz, tout le monde fait de l’angoisse tôt ou tard. Pour un examen, un retour d’appel, une nouvelle job, etc. En gros dans mon cas ce que ça fait c’est que j’ai peur d’avoir peur. Je sais c’est difficile à comprendre et même de l’expliquer moi même, je sais que c’est pas facile à comprendre. Une chose est sûr je pense à la mort souvent, pas par idée noire, mais plus que je pense que mon corps va me trahir durant l’une de mes crises.

Bref, le point est que j’ai eu besoin de faire appel à une aide extérieur qui se nomme: mon amie la psychologue. Encore aujourd’hui je consulte chaque semaine pour mon plus grand bien. Plusieurs personnes de mon entourage ne peuvent s’empêcher de me voir autrement depuis ce jour. Par chance, j’ai une bonne estime, mais je me suis quand même demandé pourquoi la société a-t’elle fait de ce service un tabou? En fouillant un peu, et par avis général on se rend compte que pour la plupart du monde, voir une psychologue est un signe de faiblesse. Un signe d’abandon et de paresse. Je dois vous avouer que je pensais un peu comme ça aussi avant d’être moi-même victime de mon mental.

Je crois au contraire que d’aller voir un psychologue est une bonne chose. Que vous ayez des problèmes ou pas je crois qu’il n’y a pas plus sein comme rendez-vous que celui que vous prendrez avec l’ami psychologue. Je vous pose la question: Attendez-vous d’avoir des caries pour aller voir le dentiste? Je vous souhaite que non! Laissez-moi vous poser une autre question: Vous connaissez-vous vraiment?

Depuis que je vais voir ma nouvelle amie, j’arrête de me cacher la tête dans le sable. J’apprends à être une meilleure personne, pour les autres mais surtout pour moi. Je connais même plusieurs couples qui eux aussi, dans une génération qui décide de faire à leur tête où près d’un couple sur deux se sépare, décident d’aller chercher des moyens d’être meilleur pour la personne qu’il / qu’elle aime en plus de s’accomplir en tant qu’humain. Je vous pose une autre question: Qui êtes vous pour juger ceux et celles qui désire devenir une meilleure personne? Probablement que vous êtes la première personne à en avoir de besoin.

Il y a un proverbe qui dit que les idiots vivent heureux, je crois qu’ils vivent heureux parce qu’ils ne se posent pas de questions. La société en général ne se pose pas LES bonnes questions. Chez le psychologue vous trouverez les outils pour vous poser les BONNES questions. Il n’y a de solution miracle malheureusement, pour chaque victoire, tu tombes une dizaine de fois, et ce même si tu vas bien quand tu rentres dans le bureau.

En terminant je dirais à ceux et celles qui ont déjà pensé à allez voir une amie comme la psychologue, de prendre son courage et d’y aller. Parce que oui ça fait mal s’asseoir pendant une heure dans la grosse chaise. Mais tellement satisfaisant une fois terminé. Vous n’êtes pas faible parce que vous y aller, vous manquez de courage parce que vous n’y aller pas. Suis-je une meilleure personne aujourd’hui, peut-être pas, mais chaque semaine je me pose les bonnes questions pour le devenir…et vous?

Source photo : pixabay.com

Si on se connait bien, tu m’as certainement déjà vu esquiver les échelles et contourner les obstacles pour aller du même côté que la personne avec qui je marche. Comme bien d’autres personnes, je suis une superstitieuse assumée. Pourquoi? Personnellement, je vois ça comme une croyance. Certains croient à la religion, aux extraterrestres ou à la fée des dents.

Moi je crois au destin et à l’énergie que j’envoie. Tu n’es pas de bonne humeur? Il y a peu de chances qu’un évènement heureux survienne (toujours selon moi). Je crois plus particulièrement aux superstitions, aux genres de rituels. Avant chaque spectacle, il est important de ne pas mettre le soulier gauche avant le droit, de répéter tout bas les paroles de la chanson avant d’entrer en scène et de porter ma bague du bon côté. C’est complètement fou me diras-tu.

Je pense plutôt que c’est une façon de me sécuriser, de me donner confiance et satisfaction.

Bref, si t’es l’ami(e), le chum ou le voisin d’une fille superstitieuse, voici quelques croyances utilisées. À la suite de cet article, tu seras une personne tout de même informée sur le sujet et au nom de tous les superstitieux, nous te serions très reconnaissants si tu pouvais ne pas faire exprès pour qu’on casse un miroir.

#1 Le fameux et populaire miroir qui une fois cassé, procure 7 ans de malheur

#2 Le chiffre 13. Shame on you si tu aimes ce chiffre. Ce n’est pas pour rien s’il n’y a pas de salle 13 au cinéma, s’il n’y a pas de 13ième étage dans les hôtels et si il n’y a pas de 13ième rangée dans les avions.

#3 Croiser un chat noir est présage de malheur.

#4 N’ouvrez pas un parapluie à l’intérieur, il va pleuvoir.

#5 Je t’en prie, si tu vois une échelle ne passes pas en-dessous, contourne là!

#6 Ne joues pas avec les béquilles de quelqu’un d’autre, sinon c’est toi qui en auras besoin.

#7 Au moment ou tu commences la phrase : «ça ne m’est jamais arrivé de…» touche du bois automatiquement si tu ne veux pas que ça se produise réellement.

#8 Tu as renversé le sel? Ne te pose pas de question et jettes en une pincé derrière ton épaule (oui oui, même si t’es au resto dans une banquette et que le client voisin se demande ce qui vient de lui tomber sur la tête. #faitvécu)

#9 Au cas ou t’avais prévu de faire le ménage ce soir, ne passes pas le balais après 18h au risque de réveiller les mauvais esprits.

#10 Il est préférable de souhaiter bon anniversaire à la date convenue. Le souhaiter la veille, c’est comme souhaiter une année de malheur.

#11 Tu veux passer une bonne journée? Ne te lève pas du pied gauche.

#12 À table ne présente pas le pain à l’envers, c’est perçu comme un appel au diable (c’est intense je sais, je sais.)

#14 Aussi anodin que ça peut être, avoue que t’as déjà eu la frousse de ne pas souffler toutes les bougies sur ton gâteau?

#15 Échapper une fourchette par terre annonce la visite d’une femme, et échapper un couteau… oups! Je viens malheureusement de faire tomber le mien, un homme est supposé se pointer sous peu…

Certains y sont déjà, stressés ou non. D’autres sont stressés parce qu’ils se préparent à y entrer. Quelques- uns sont très confiants quant à leur admission, d’autres ont hâte et plusieurs n’iront simplement jamais. Je parle de l’Université.

J’ai déjà plusieurs amies à l’Université et ça l’air de bien aller. Pourtant, on dirait que je ne me sens pas prête du tout. Je veux dire… L’UNIVERSITÉ, avec un U énorme.

Pour être honnête, c’est plus l’admission qui me rend nerveuse. Si, comme moi, vous tenter votre chance dans un programme contingenté, vous comprendrez; c’est hyper insécurisant de savoir que seulement 30 seront choisis… sur 200!

Mais même ceux qui s’essaient dans un programme super ouvert, il y a de quoi paniquer quand même, l’université, c’est l’étape ultime.

L’université, c’est le moment où théoriquement, t’es supposée savoir ce que tu fais de ta vie. T’es censée avoir un plan pas mal détaillé de ce qui se passe après. Parce que, on s’entend, t’es supposée être fixée sur ta vie à 20 ans…. NOT.

J’ai à peine 20 ans et je ne sais pas trop ce qui va se passer. Mais je sais que la prochaine étape, c’est d’être acceptée dans le programme qui m’intéresse à l’Uni. Pour l’instant, c’est ça mon plan A.

Maintenant, j’ai moins d’un mois pour trouver un plan B, et peut-être même un plan C. L’important c’est de se donner la chance d’avoir plus qu’une option je crois. Plus crucial encore; croire en soi. Croire qu’on peut tout accomplir, université ou pas.

C’est pas évident d’avoir 20 ans, que tu finisses le cégep ou que tu sois sur le marché du travail en attendant, c’est la période où on se pose le plus de questions. C’est normal, il faut juste avoir confiance que tout va se placer, chaque chose en son temps…

Bonne chance à tous pour vos inscriptions à l’Université, bonne chance pour la grande dernière rentrée et bonne chance pour la suite, elle sera bonne j’en suis sûre.

Je l’ai rencontré un samedi soir pis il avait vraiment beaucoup neigé ce soir-là. J’avais eu de la misère à partir mon char pis à conduire prudemment sur les routes. Y m’a appelé la mignonne dès la première fois qu’il m’a adressé la parole. C’était pas une insulte ni rien d’autre que vous pouvez penser. Le monde pense trop souvent que quand on est mignonne on n’est rien d’autre.

Moi ça me suffisait d’être la mignonne. C’était juste mon surnom. Ce l’est encore, d’ailleurs. C’était le premier qui me surnommait par autre chose que mon prénom. Faut dire que quand t’as « Mary » dans ton prénom, le substitut plus court vient souvent assez rapidement de soi-même. Le nombre de personnes au cégep que je ne connais pas tant que ça, mais qui ont commencé à m’appeler Mary juste parce qu’ils pensaient que ça allait de soi (alors que pas-tant-que-ça, en passant) pis qu’on était assez proche pour ça (alors que pas-tant-que-ça).

Mais lui c’était différent. Y’était différent. Il l’est toujours, d’ailleurs. Il me surnommait la mignonne et j’aurais voulu que la nouvelle se répande partout sans que j’aille besoin d’en faire un statut Facebook. Juste que ça soit su, que pour lui, j’étais pas une « Mary » parmi tant d’autres Mary. J’étais la mignonne. Sa mignonne, presque.

Presque.

C’est mon surnom préféré numéro 1 de tous les surnoms que j’ai eu. Juste parce qu’il me regarde dans les yeux à chaque fois qu’il le dit. Pis j’ai l’impression qu’il fait exprès à chaque fois. Comme s’il savait que je souris de l’intérieur à chaque fois qu’il prononce ces syllabes là. Mais non, il fait pas exprès. Y’était juste différent. Il l’est toujours, d’ailleurs.

C’est ça la clef de la vie, j’pense. Se trouver un humain différent. Ou se faire trouver par un humain différent. Trouvez-vous en un. Un qui vous trouve votre surnom préféré.

Mais qu’il ne vous appelle pas la mignonne.

Ça, c’est mon surnom.

Laissez-moi ne pas vous parler d’amour. Ou devrais-je dire, de différence, voire d’indifférence ? Outre les écarts de langage, de culture ou de nourriture qu’il existe entre la France et le Québec, il y en a une qui sort du lot depuis le début de mon voyage. Le rapport de séduction.

J’aime ce qui est beau, les belles histoires et le flirt à la française. Ici, je me sens dépourvue de tout charme et de toute intelligence. Car les garçons, ô combien ils sont nombreux, sont vraiment étranges. J’ai compris une chose : deux choix semblent s’offrir à nous, nous la gente féminine. La relation de couple ou le one night stand. Le sexfriend semble ne pas exister, encore moins le rapport de séduction longue durée.

On se lance à corps perdu dans une histoire, ou bien on accepte de se faire avoir et on déguerpi le matin en ramassant notre petite culotte pendue au rideau. C’est tout ou rien. On ne peut pas prendre le temps d’en savoir davantage, de voir si cette personne nous plaît vraiment, de savoir si on a envie de la revoir par la suite. Notre corps l’a décidé à notre place ; ce qui est fait est fait. C’est comme si c’était la saison de la chasse et que les agneaux étaient en fuite. Des projets ne durent parfois qu’une seule nuit, et tant pis si nous y prenons goût.

Le fait est que les garçons sont COMPLIQUÉS. La facilité ne semble pas leur convenir, ils s’imaginent des tas de choses et se soucient de futilités. Ce sont eux qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Apparemment, leur technique consiste à ne montrer aucun intérêt à la fille qui leur plaît. Car, écrire le message c’est apparemment mettre de côté sa dignité et il est tellement plus facile d’ignorer. Amis Québécois, réveillez-vous ! Une fille on doit la gâter, lui montrer qu’on la veut, lui dire qu’elle est belle, la faire rire, la faire rêver, la remettre à sa place de temps à autre et surtout la respecter.

Par moment, je regrette toutes ces nuits innocentes et sans contraintes passées dans des draps chaleureux, ces cafés pris le long des quais avec des regards enjôleurs, ces soirées si libérées où aucune question n’avait à être posée. La séduction s’opère dès le début, on joue à un jeu, celui de l’interdit; c’est excitant, on est censées perdre la tête, avoir des pétillements dans le ventre et des éclats dans les yeux.

Ici nous jouons seules, face à cette créature impitoyable et pourtant si fascinante qu’est l’être masculin. Alors, je pense qu’il faut juste apprendre à être bien toute seule, à s’aimer pour ce que l’on a et ce que l’on est, et attendre. Oublier la lâcheté de certains instants et la paresse d’autres moments. Car nous sommes toutes incroyables, et ça ils ne le savent simplement pas.

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Mon ami le stress. Comme me dirait ma mère : «Arrête de stresser sur le stress qui s’en vient.» Ben oui, je suis de même, moi. Stresser sur le fait que je SAIS que je vais bientôt stresser. Toi aussi t’es une anxieuse maladive ? Laisse-moi te donner les trucs que j’ai appris au fil du temps pour décompresser (un peu).

Premièrement, il faut apprendre à se parler. Je vois déjà ta face. Je le sais que tout le monde qui est au courant de ton problème te l’a déjà dis. Je suis moi-même pas capable pantoute d’entendre cette phrase là. Mais c’est vrai. Il n’y a personne de mieux placer que toi-même pour savoir ce qui te détend. Personnellement, je me dis de relaxer et que tout ira bien. Bizarrement, ça marche.

Il faut aussi que tu t’éloignes le plus possible de ce qui te rend anxieuse. Je dis pas d’éviter l’inévitable, mais de prendre du recul. Être seule chez soi une fois de temps en temps, ça ne fait pas de tord, promis. Prend tout ça relaxe. Je le sais mieux que quiconque ce que tu ressens en dedans. C’est pas le fun, mais la plupart du temps, tu fais juste le prendre beaucoup trop gros pour ce que c’est vraiment.  Fie-toi pas à ton jugement de fille stressée. Dis toi que de toute façon, ce qui est pour arriver. va arriver anyway.

Écoute ton corps. Ça, c’est le plus beau conseil que personne ne pourra jamais te donner. Ton corps, c’est ton meilleur ami. Faut que tu le surveilles comme lui le fait pour toi. Quand tu sens que tu passeras pas au travers, que ton corps a juste le goût d’exploser, prend le temps de t’asseoir et de prendre un petit cinq minutes à toi.

Un jour quelqu’un m’a dit : «Le stress s’écoule d’un tuyau à l’intérieur de toi. Tu dois simplement trouver un moyen de boucher ce tuyau ou d’arrêter l’écoulement. Pour certaines personnes, le tuyau coule lentement. Pour d’autres, un peu comme toi, il crache l’eau beaucoup trop rapidement. Bouche-le.»

Prend ce conseil en note. Je sais que t’es capable de le boucher ce tuyau là, peu importe l’intensité à laquelle il coule.

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J’ai envie qu’on parle météo ensemble. Qu’on parle des ces moments où le ciel est noir, très noir. L’atmosphère est lourde, les nuages s’empilent. Le soleil a sacré son camp depuis un bon moment déjà. Tu te dis qu’il ne reviendra probablement jamais. Le vent se lève, tu perds un peu le contact avec la réalité. On dirait un film. Mais un mauvais film. T’as envie de t’en aller, mais tu ne peux pas, il n’y a pas de porte de sortie.

Tout ça, ça m’est arrivé quand j’ai vécu une dépression, il y a deux ans maintenant. Je dis dépression, et là, j’utilise le vrai mot. Je ne parle pas «d’une phase» comme dirait certain. Je ne parle pas de ces journées où tu feel bof bof. Je parle de ces mois, ces longs mois durant lesquels j’ai traîné sur mes épaules tout le poids du monde. Je me sentais poche, pas à la hauteur, pas unique, pas assez belle, pas assez confiante, pas assez toute. Chaque matin, je me levais et je pleurais. Je voyais la journée qui s’annonçait, j’appréhendais le cocktail météorologique émotionnel qui m’attendait et ça me faisait peur. Je n’arrivais plus à rien faire, tout me semblait une énorme corvée. J’étais consciente que mon esprit faisait des siennes et pouvait m’emmener sur des terrains glissants, sur des pensées qui m’enfonçaient encore plus, mais ce qui me faisait plus peur encore, c’est que je n’arrivais pas à contrôler ces pensées.

Pourtant, je suis une fille super occupée et engagée, j’ai de bons amis et une bonne famille. Parfois, ça ne suffit pas. Parfois, il y a quand même quelque chose au fond de nous qui ne fonctionne plus. Ma machine à motivation était défectueuse, mon petit cœur avait la vie dure et mon usine à larme fonctionnait beaucoup trop par rapport à mon mécanisme de sourire. J’avais l’impression d’avoir l’intérieur tout fucké et ce feeling-là me grugeait mon énergie à chaque jour.

On me demandait comment ça allait et je n’arrivais pas à répondre. Ma seule réponse était bien souvent «je ne sais pas». Parfois, je me sentais ensoleillée, d’autre fois je sentais les orages dans mon ventre, parfois, j’avais la tête dans les nuages et la plupart du temps il pleuvait tellement que je n’arrivais pas à glisser un mot. Mon entourage a vu que quelque chose clochait et m’ont emmené voir une psychologue. Et là, le ciel s’est éclairci. Évidemment, ce n’est pas la psy qui a actionné le bouton «Soleil et bonne humeur pour l’éternité», mais elle m’a montré comment on pouvait tasser les nuages pour laisser paraître la beauté du monde. Pour ça, je lui en serai éternellement reconnaissante. Je me sentais tellement seule et avec elle j’ai pu voir à quel point j’avais tord.

Cette semaine, c’est la Semaine nationale de la santé mentale et ça concerne tout le monde. Parce que la santé mentale, ça touche autant ta petite personne que ton meilleur ami, ta mère, ton voisin ou ta collègue. Pour eux, va les voir et écoute les. Même pas obligé de répondre! Seule ta présence et ton écoute, sans préjugé, sans tabou et sans gêne, peuvent faire toute la différence. Les professionnels de la santé sont là pour aider aussi.

On n’est jamais seul.

Ah oui et je te jure que ça va bien aller. Parce qu’il ne peut pas pleuvoir tout le temps.

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