Au secondaire, j’ai été victime d’un trouble alimentaire. Le pire dans tout ça, c’est que toi aussi, peut-être. Selon des statistiques québécoises, près de 3% des filles entre 15 et 25 ans souffrent de troubles alimentaires.

Sauter des repas, m’entraîner comme une folle: voilà ce que je faisais. J’avais peur du nombre qui apparaissait sur la balance. J’ai perdu le contrôle assez rapidement et mon poids est devenu ma préoccupation principale. Je voulais être comme les filles qu’on voit sur Instagram. Avoir un ventre plat comme celui des mannequins de Victoria’s Secret.

En secondaire 5, j’ai obtenu un emploi dans un gym qui me permettait de m’entraîner sur les heures de travail. Ma mère m’apportait mon souper vers 17h et la plupart du temps, je ne le mangeais pas. Je picossais 2 bouchées et je jetais le reste. Je passais la soirée à m’entraîner. Quand je rentrais du travail, je mangeais une tranche de pain, car je mourrais de faim. Ensuite, j’allais dormir.

C’était devenu plus fort que moi: mon obsession de devenir toujours plus mince prenait toute la place dans mon esprit. Je ne voulais plus me nourrir correctement. Je préférais crever de faim plutôt que de manger des calories. Parce que oui, pour moi la nourriture n’était plus l’un des petits plaisirs de la vie, mais plutôt un nombre qui me pourrissait l’existence.

Je suis devenue faible, mais je devenais «toujours plus belle». Strong is the new beautiful, que je me disais sans cesse.

Je voulais des abdos. Je perdais du poids à une vitesse sensationnelle et j’adorais ça. Je mesurais 5 pieds et pesais 102 lbs.

Je ne dis pas que j’étais squelettique, mais si j’avais continué dans cette direction, ce serait arrivé, car je n’étais jamais assez petite. Je voulais plus, toujours plus. Mon bal arrivait et je voulais à tout prix entrer dans ma robe. Vous ne saurez jamais à quel point j’avais peur de la période des fêtes. Peur de ruiner tous mes efforts et de reprendre tout ce que j’avais perdu. Peur de tomber dans le chocolat et la tourtière et de devoir recommencer à 0, de redevenir «laide et grosse».

J’ai réalisé mon problème lorsque j’ai été à l’hôpital. Mes maux de cœurs étaient devenus de plus en plus fréquents, mais surtout, ma baisse d’énergie contrôlait ma vie. Je ne trouvais même plus le boost nécessaire pour aller à l’école. Ma mère m’a forcée à aller consulter. Mes parents ont remarqué ma baisse de poids flagrante et ma mère a compris ce qui m’arrivait.

Au début, ça été difficile de vouloir recommencer à m’alimenter normalement. Étant donné que mon estomac était habitué à manger peu, il ne trouvait pas la place pour toute cette nourriture, alors je vomissais. Encore aujourd’hui, il m’arrive d’être tentée de recommencer.  J’ai arrêté de m’entraîner à tous les jours, je me donne le droit de manger des sucreries et j’ai arrêté de passer mes journées à contempler des images de corps photoshoppées.

Ce message n’est pas pour m’apitoyer sur mon sort, mais bien pour aider quelqu’un qui pourrait être dans le même tourbillon que j’ai vécu.  Sache que tu n’es pas seule. Sache que tu peux t’en sortir. Ce sera peut-être difficile, mais je te promets que tu te sentiras mieux après.

Et sache surtout, que tu es magnifique peu importe ce que tu penses.

Photo : Tumblr.com


À PROPOS DE L'AUTEUR
Lydia Lévesque

Lydia Lévesque

<p>Le mot qui me décrirait le mieux serait sans aucun doute : passionnée. Étudiante en radio, je suis amoureuse de la scène et je participe à toutes sortes de projets. Chanter, écrire et animer sont mes trois loisirs préférés. Je vis le moment présent à fond et j’essaie de propager ma bonne humeur partout. Autant coquette que Tomboy, j’adore être en robe, mais aussi en gros cotton ouetté. Bref, je suis super excitée de faire partie de ce beau projet et j’espère que ma petite plume vous plaira!</p>

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