J’ai passé une journée de merde. Je vous demande pardon pour mon pessimisme, mais c’est tout ce que je trouve à dire lorsque je pense à ma journée. Afin de trier mes pensées, j’ai décidé d’aller courir. Histoire de faire quelque chose de constructif dans ma vie qui semble si insignifiante ces jours-ci.

Ben oui, courir. Ceux qui me connaissent trouveront cette phrase ben bizarre venant de ma part, mais sachez que depuis que l’été est commencé, je m’auto inflige un entraînement à tous les jours. Bref, on s’en fou. On en parlera dans l’article Timé devient sportive (je ne vous infligerai pas ça, ne vous inquiétez pas.) Tout ça pour dire que, native de la belle capitale, bien j’en profite et je cours aux Chutes Montmorency. Évidemment, dans cette belle période estivale, le lieu est rempli de touristes de toutes les nationalités.

En général, lorsque je croise des gens, je leur offre un sourire. C’est devenu un véritable réflexe. Je trouve que ça fait du bien recevoir un sourire d’un inconnu alors je ne me gêne pas pour rendre la pareil. (Et ici, ma maman dirait : Amélie, fais attention, ne soit pas trop naïve! Les histoires d’enlèvement, ça commence toujours comme ça. Infuse-toi un thé, maman, ça va bien aller.)

Quoi qu’il en soit, lorsque je suis arrivée sur les lieux, j’ai été surprise qu’il y ait encore beaucoup de touristes même si le soleil allait bientôt rejoindre Morphée. Parmi eux, il y avait un vieux monsieur qui marchait en avant de moi et il avait de la difficulté à faire ses pas. Alors, j’ai arrêté de courir et j’ai marché, histoire de ne pas le brusquer en le dépassant. Lorsque j’ai fait mon aller-retour, je l’ai recroisé et il m’a fait signe d’arrêter. J’ai appuyé sur stop et j’ai fait taire Adam Levine et son été qui fait mal «en titi» (référence à «This summer’s gonna hurt», de Maroon 5… T’sais.) en enlevant mes écouteurs.

Et là, il m’a fait un de ces biens incroyables. Au diable les discours sur les bienfaits psychologiques de l’éducation physique, c’est rien comparé aux bienfaits que le petit monsieur m’a offerts avec ses paroles.

En résumé, le vieillard m’a pris les mains et m’a regardée directement dans les yeux. Il m’a dit que j’avais une bonne aura et que je dégageais quelque chose de bon. Il a rajouté que je l’avais rendu heureux avec un beau «God bless you» le tout en souriant.

Pis là, j’ai tu besoin de rajouter que la «moumoune» en moi est devenue ben ben émotive. T’sais quand quelque chose arrive au bon moment.

Nous avons discuté. Tellement que l’application Nike Running a pensé que j’avais abandonné mon entraînement. Certaines personnes n’auraient pas pris le temps de discuter avec celui-ci. Pourquoi? C’était un inconnu et il avait un turban ainsi qu’un teint foncé.

Ça cloche à mes oreilles. Foutus préjugés. Le p’tit monsieur qui ’’fait peur’’ à certains, ben moi, il m’a rassuré ben gros.

Il s’appelait Sang (ce n’est pas peu dire considérant que ses paroles sonnaient comme une mélodie des plus rassurantes à mes oreilles) et il venait de Toronto. Avec sa petite jasette,  il a fait passer ma journée d’horrible à acceptable.

Depuis que je suis revenue à la maison, je suis submergée par un genre de sentiment de solitude et de nostalgie où est-ce que j’apprends à devenir ma propre amie. Mais ce soir, Sang, il a aidé ma petite âme ben gros et il a donné une belle p’tite tape dans mon dos. Ce soir, il a été un ami.

Finalement, sa rencontre a été bien plus rafraichissante que les millions de gouttes que nous offrait l’énorme étendu d’eau qui se trouvait en arrière de nous. Pis ses paroles ont eu un effet bien plus réchauffant que le soleil qui se dissimulait tranquillement et qui teintait la ville d’une belle couleur orangée. Nous ne nous connaissions pas. Nous n’allions sûrement jamais se revoir. Dans quelques jours, il retournerait à Toronto et continuerait sa petite vie. Mais à ce moment précis, nous avons eu la chance de partager quelque chose. Il parlait en anglais. On a eu tous les deux une certaine difficulté à se comprendre, mais je crois qu’on a saisi le plus important.

Que d’une certaine manière, on s’était mutuellement aidé.


À PROPOS DE L'AUTEUR
Amélie Savard

Amélie Savard

Mon confort se cache dans ma naïveté. J'aime croire que dans chaque noirceur se trouve une étoile qui vient allumer un tison d'espoir pour toutes les âmes ayant perdu leur chemin en cours de route. Ça sonne trop «quétaine», je vais continuer autrement. Éternelle romantique que je suis, j’adore les belles choses. Je me contredis toujours. Un jour je suis ci, et le lendemain je suis ça. Je veux tout goûter, tout essayer, et tout faire. Les mots «être raisonnable» m’énervent particulièrement, parce que selon moi, la vie est faite pour sortir des sentiers battus. Je suis une bibitte à musique, j’en joue, j’en écoute, j’en porte, bref j’en mange tout simplement. En conclusion, je suis un drôle d’oiseau qui vole dans un drôle d’univers, mais je le vis plutôt bien puisque je finis généralement mon aventure bien emmitouflée dans les nuages.

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