Violent mécontentement accompagné d’agressivité.

(Ok, j’y vais un peu fort, mais on va y aller avec ça.)

 

C’est correct d’avoir de la colère. De se sentir frustré(e), impuissant(e), amer(ère), d’avoir l’impression que l’Univers persiste à nous mettre dans des situations dira-t-on choquantes. Une douce affliction qui te pogne et qui vient t’envahir comme un parasite. Aujourd’hui, j’ai décidé d’embrasser cette colère qui m’habite. De l’utiliser à bon escient. J’me suis assise. J’me suis regardée dans le miroir, comme ma mère m’a regardé quand j’lui ai dis qu’j’avais oublié de mettre sa brassée de lavage dans la sécheuse; fâchée, mais pas surprise.

 

Pas surprise, parce que ça m’arrive souvent de me mettre les pieds dans les plats. Je suis de ce type de personne qu’on appelle hypersensible. Tout me touche, tout m’affecte, que je le veuille ou non. Ça a ses bons côtés, car mon empathie est sans limite. Sauf que, donner sa personne et son amour à la pinte au lieu d’y aller au compte-goutte, ça devient essoufflant.

 

Amertume, quand tu nous tiens.

 

Je suis fâchée, parce que dans un monde où on manque tellement de beauté et d’amour, les gens qui ont le cœur sur la main se font piler dessus. Par ailleurs, j’admire énormément tous ceux qui sont ainsi et qui perdurent à illuminer ce qui les entoure, peu importe le nombre de fois où on leur a dit qu’ils étaient trop. Je m’entête, moi de même, à ne pas perdre mon amour pour les êtres humains blessés et blessants autour de moi.

 

Donc, je disais : je suis assise dans mon lit, mes bras vont de tous bords tous côtés, j’suis choquée. Se parler à soi-même (et j’vais t’dire que c’temps-si, j’suis l’une de mes meilleures amies) ça fait du bien des fois. Parce que souvent, personne ne comprend mieux notre colère que nous-même. Peu importe que l’on hurle dans notre oreiller, à prier l’Univers de nous révéler le pourquoi, on l’sait au fond de nous.

 

Aller bien à l’année longue, c’est impossible : je te (me) l’annonce officiellement. Des relations imparfaites; des injustices sociales; des amitiés qui ne sont juste pas faites pour fonctionner; des bobos à l’âme; tu vas en rencontrer une poignée tout au long de ta vie. Le truc, ce n’est pas de rester froid aux obstacles, mais de les accueillir les bras grands ouverts.

 

À toi qui, comme ma personne, est frustré de tout ressentir à pleine capacité, de rencontrer des gens toxiques à la pelletée, de te mettre à nu dans ce monde d’apparence et de donner tout de toi comme si ton âme n’était pas tienne. Hey. Choisis-toi donc, pour une fois. Prends ta colère, fais-en une couverture, nage dedans, danse au travers de ses débris, pis va s’y fort.

 

J’te promets qu’ça fait pas mal, de lâcher prise.

De dire non, je ne veux pas de ça dans ma vie. De te fâcher.

 

Fâchons-nous donc plus souvent. Que ça fait du bien.

 

Crédit photo: Paolo Raeli


À PROPOS DE L'AUTEUR
Ann-Sophie Gagné

Ann-Sophie Gagné

Terre-à-terre le moins du monde, ouverte d’esprit (possiblement trop) et sensible à mes heures, voilà comment j’me décrirais en quelques mots. Étant moi-même une personne intense à temps plein, je m’engage à livrer du contenu fidèle à mon image et auquel plusieurs pourront s’identifier. Future journaliste et étudiante en ATM, qui sait, peut-être vous aurez l’occasion plus tard de me lire ailleurs que dans La Cerise?

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