Les pieds dans l’eau, les joues rougies, les yeux mi- fermés par un soleil qui s’abandonne au sommeil, je constate que l’été prend déjà ses airs solennels réservés aux adieux. Cette année, mon bel été, je dois t’avouer que j’ai tendance à croire que tu n’as pas tellement pris le rôle d’un « été » mais plutôt d’un ramassis de souvenirs.

Un album photo qui a vieilli année après année. Des vieux vêtements de la personne que j’étais. Un journal intime qui me raconte les vieilles décisions périmées et les regrets camouflés.

Pis là, ben j’ai eu une belle révélation.

C’est ce que tu as été, parce que ma pensée s’est perdue dans les choses que je n’avais plus avec moi ou encore les choses que j’aurais pu avoir mais que je n’ai pas su garder. Et, immédiatement, bien cet isolement dans ce monde malsain a trouvé sa rime avec la tristesse.

Mais après mure réflexion… Pourquoi perdre quelque chose devrait être triste? C’est bien beau les «et si c’était supposé finir comme ça», mais écoute-moi bien, la vie : cesse tes mensonges qui sont si bien camouflés sous forme poétique de «destinée», arrête de me laver le cerveau. La seule personne pour qui il est question de prendre une décision sur comment n’importe quelle composante de ma vie devrait finir, ou encore la seule personne qui est apte à savoir qu’est-ce qui est bon pour moi, et bien c’est moi-même.

Mes décisions ne devraient pas être prises en fonction de ce qui devrait m’arriver au final. En fonction de ce que la vie avait prévu pour moi.

J’écris mon histoire à mon fil, petit à petit. T’as bien beau m’offrir un alphabet, mais sache que c’est moi qui joue avec les mots et c’est moi qui la façonne à mon propre goût. Et surtout, la seule personne à savoir le happy ending parfait, c’est l’écrivain, donc moi.

Tu sais quoi? Mes amies ne devraient pas s’empêcher d’aimer à nouveau parce que l’ancien était peut-être le bon, ou encore s’empêcher de manger comme des folles parce que elles ont déjà été plus minces. Elles ne devraient surtout pas se demander qu’est-ce qu’elles ont fait de mal pour perdre des amis juste parce que ceux-ci ont été présents pendant longtemps et elles ne devraient surtout pas se sentir mal de profiter du moment présent parce qu’il peut mener à un futur différent de celui auquel elles ont toujours pensé.

Elles n’ont pas à vivre avec un «je devrais», mais avec un beau gros je vais.

Le cahier est à eux et le crayon entre leurs mains. Elles peuvent même dessiner au lieu d’écrire si elles le souhaitent. Leur conscience n’a pas à être ta victime.

Ouais. Ben finalement, faisant du pouce sur l’autoroute qui relie ce qui devait arriver et ce qui va arriver, il y a le plus important qu’on devrait sans aucun doute accueillir à bras ouverts dans l’auto: ce qui se passe, là en ce moment, à cette minute près.

Et à partir de là, j’te jure qu’on n’aura même pas à monter le chauffage, l’auto va déjà être chaude et réconfortante avec une belle brise de fraicheur d’imprévus. Pis devine quoi? Ce serait l’cas même si on était en décembre et qu’on serait donc ben supposé avoir froid.

Photo: WeHeartIt

À PROPOS DE L'AUTEUR
Amélie Savard

Amélie Savard

Mon confort se cache dans ma naïveté. J'aime croire que dans chaque noirceur se trouve une étoile qui vient allumer un tison d'espoir pour toutes les âmes ayant perdu leur chemin en cours de route. Ça sonne trop «quétaine», je vais continuer autrement. Éternelle romantique que je suis, j’adore les belles choses. Je me contredis toujours. Un jour je suis ci, et le lendemain je suis ça. Je veux tout goûter, tout essayer, et tout faire. Les mots «être raisonnable» m’énervent particulièrement, parce que selon moi, la vie est faite pour sortir des sentiers battus. Je suis une bibitte à musique, j’en joue, j’en écoute, j’en porte, bref j’en mange tout simplement. En conclusion, je suis un drôle d’oiseau qui vole dans un drôle d’univers, mais je le vis plutôt bien puisque je finis généralement mon aventure bien emmitouflée dans les nuages.

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