La mode de nos jours, c’est de vivre. Vivre à fond, vivre sans penser au lendemain et surtout pas à ce qui pourrait se passer si jamais on osait le faire.

Tout est une mode aujourd’hui : ce qui est bien pour l’un est aussi bien pour l’autre. J’admire notre génération pour son ouverture sur le monde, sa capacité d’être versatile et son désir constant d’évoluer, de se surpasser.

Tout est une mode aujourd’hui. Il y a 10 ans, on croisait rarement des gens avec des dessins sur les bras : aujourd’hui, on s’arrête pour les admirer.

Notre génération est la première à dire «T’es tu game?» sans penser à toutes les répercussions que pourrait engendrer notre geste. (Salutation aux Baby Boomers qui nous lisent : je sais que vous aussi, vous avez eu votre lot de «T’es tu game?».)

Le synonyme de la question, ça revient à dire YoloYou only live once : tu ne vis qu’une fois. J’aimerais que notre adage fétiche change. Yolo, ça fait tellement 2012… J’aimerais que ce soit remplacé par «Sors de ta zone de confort».

Récemment, j’ai fait le deuxième meilleur move de ma vie. J’ai fait quoi? Je suis tout simplement parti loin de chez moi. C’était quoi le premier meilleur move, que tu te demandes? Ben… c’est que j’étais parti une autre fois avant.

Jonquière – Jonkitown ou Jonkifornie pour les intimes – a été ma maison pendant trois ans. J’y ai vécu pour étudier. Elle m’a permis de découvrir qui j’étais et ça a été la plus belle expérience de ma vie. Je me suis entouré de gens en qui je me reconnaissais, ceux que j’appellerai dans quelques années pour qu’on organise des soupers avec nos petites familles.

La deuxième fois que je suis parti, c’est quand j’ai commencé à vivre ma vie, ma vraie vie d’adulte, il y a quelques semaines de ça. J’ai décidé de partir pour vivre de ma passion, loin… très loin! Ce que j’ai surtout décidé, c’est de partir seul. Quelques lignes plus haut, je disais savoir qui j’étais : je vous assure, c’était la pire connerie jamais écrite.

J’ai réalisé qu’on ne savait pas qui on était avant d’avoir vécu avec nous-mêmes. J’habite actuellement à quinze heures de route du Saguenay et à douze heures de ma famille. La semaine passée, j’ai fêté pour la première fois mon anniversaire seul. Et vous savez quoi? Je me sens bien avec ça.

L’école, c’est une guerre de popularité. Mais je vous annonce que la vie n’en n’a rien à battre de la popularité. Au secondaire, c’est hyper cool d’avoir 300 personnes qui te souhaitent bonne fête sur Facebook. Une fois que t’es plus aux études, que c’est le jour de ton anniversaire et que t’es seul dans ton monde, c’est plus la même game.

T’as juste le goût que certaines personnes prennent le temps de te souhaiter une belle journée et te remercient d’être dans leur vie, avec un peu de chance sans l’aide de Facebook. C’est ce qui m’est arrivé : j’ai compté aux yeux des gens qui comptent le plus pour moi. Je l’ai réalisé parce que pour la première fois, je savais ce qui me rendait vraiment heureux le jour de mon anniversaire. Partir est la meilleure chose que j’ai fait du haut de mes 20 ans.

Partir, c’est de se donner une claque dans le dos quand personne ne le ferait mieux que nous. Mais partir, il faut le faire pour les bonnes raisons. J’ai quitté pour exercer mon métier. J’aurais bien pu me trouver une petite place pas très loin de mes repères, avoir une vie banale et être heureux. J’aurais pu avoir une routine, être confortable. Mais pourquoi se contenter de banalités quand on peut avoir le monde comme cour arrière? J’ai côtoyé beaucoup trop de gens qui ont gaspillé leur beau potentiel parce que le rêve était trop loin. Parce que la blonde ou le chum suivrait pas. Parce que la peur de se retrouver seul prenait toute la place.

Aujourd’hui, je vous invite à réfléchir à ce qui vous fait vraiment tripper dans la vie. Votre chum ou votre blonde est-elle vraiment la chose qui vous rend le plus heureux présentement et surtout, le restera-t-elle pour toujours? Êtes-vous là où vous devriez être en ce moment? Surtout, êtes-vous là où vous voulez être? Prenez une bonne respiration et sortez de votre zone de confort : «Life begins at the end of your comfort zone» (La vie débute à la fin de votre zone de confort).

Photo : WeHeartIt


À PROPOS DE L'AUTEUR
Félix Langlois

Félix Langlois

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