Cahier de bord

Tu fais du bien à ma vie. Je le sais, je te l’ai déjà dit. Souvent. Plusieurs fois de suite. Mais je pense qu’il faut que tu le saches. Que tu sois au courant. Tu fais du bien à ma vie.

Nos petits soupers du vendredi, ils m’aident à tenir la semaine en cette fin de session. Je le sais que ça va me faire du bien, me faire décompresser. Avant même de te retrouver, je le sais que je vais finir ma soirée en riant un peu trop fort, à en pleurer presque. Je le sais qu’on va encore se retrouver à l’épicerie à chercher ce qu’on peut bien se faire, mais sans rien vouloir acheter parce qu’on est des étudiants pauvres, tsé.

Je le sais qu’on va mettre de la musique et que, une fois de temps en temps, je vais me mettre à chanter parce que c’est ma chanson. Je le sais que je vais laisser toute la vaisselle dans ton évier en promettant que, un jour, je vais t’aider. Je le sais qu’on va s’asseoir, avec un petit verre de vino qui se videra un peu trop vite. Je le sais que la bouteille va y passer et qu’on va se décourager encore une fois.

Je le sais, et ça me fait du bien de le savoir. Maintenant, c’est à ton tour de savoir.

De savoir que je te dis merci. Que je te dis merci d’accepter ma folie. Que je te dis merci de passer toutes les rangées à l’épicerie pour au final prendre juste un sidekick. Que je te dis merci de me faire rire aux larmes, de me laisser parler de tout et de n’importe quoi (surtout de n’importe quoi), de m’encourager dans mes délires, de ne pas trop rire de moi et mon merveilleux talent au billard. Que je te dis merci de ne pas me juger, malgré tout ce que j’ai bien pu te confier.

Maintenant, tu le sais. Tu le sais, la place que tu as prise dans ma vie en aussi peu de temps. Tu le sais que je tiens à toi. Tu le sais à quel point nos fous rires me font du bien. Mais il y a une dernière chose qu’il faut que je te dise, une dernière chose qu’il faut que tu saches :

Moi et ma vie, on te dit merci.

Source photo : weheartit

Oui, vous avez bien lu. Comme la plupart des gens, vous  devez être confus et surpris qu’une jeune femme de 19 ans vous annonce qu’elle ne rêve pas de donner la vie.

Je sais depuis que je suis toute petite que les enfants ne m’attirent pas particulièrement. J’ai gardé, j’ai fait plusieurs activités en lien avec les plus petits, mais c’est difficile à expliquer… Je ne trouve pas le souhait d’avoir un ou une mini-moi.

Lorsque j’en parle, j’ai droit à des réactions du genre: « Tu es bien trop jeune pour prendre cette décision-là. », « Quand ce sont tes enfants, ce n’est pas pareil! », « C’est égoïste de ne pas vouloir donner la vie. »

Égoïste? Au contraire, ça fait longtemps que j’y réfléchi. Je me demande si on DOIT avoir des enfants pour faire plaisir et faire comme tout le monde.  Je ne pense pas être trop jeune pour y penser non plus. Il a quand même fallu qu’à 16 ans je choisisse ce que je voulais faire dans la vie. C’est une aussi grosse décision…

J’ai d’autres priorités présentement. J’en ai marre de voir des gens déclarer qu’ils ont hâte d’être à la retraite pour enfin « vivre » leur vie. Une fois retraités, ils auront travaillé plus de 40 ans. 40 ans avec une routine. Ça peut paraître égoïste, mais moi, j’ai envie de vivre et ce, avant 40 ans de travail acharné. J’ai envie de profiter de chaque jour de ma vie. Je veux poursuivre mes rêves les plus fous, visiter les plus beaux endroits.  Et surtout, je ne veux pas être une mère absente. Je suis une passionnée, une fille qui se donne à fond dans tous ses projets.

Combien de fois avez-vous entendu quelqu’un dire : « Je rêvais de ça quand j’étais petit, mais j’ai eu des enfants et j’ai dû abandonner » ?

Je ne veux pas être ce genre de personne.

Pourquoi faut-il, encore en 2016, avoir absolument des enfants, construire une famille? C’est le seul moyen d’être heureux, c’est ce que vous  me dites? Pourquoi juger quand une femme dit que les enfants ne l’intéressent pas particulièrement ?

Je ne me considère pas comme égoïste. Ce que je trouve égoïste, ce sont les parents qui n’offrent pas une bonne qualité de vie à leurs enfants, ou encore, des parents qui sont absents.

Finalement, ne vous en faites pas, je ne serai pas une femme à chats. Quoique…

PS: À tous ceux qui ont des enfants ou souhaitent en avoir, je vous respecte et je vous admire particulièrement.

Photo: theluxuryspot.com

Il y a de ces soirées où je ferme les yeux et où je ne pense plus à la routine. J’oublie les travaux, la vaisselle qui s’empile et les petits tracas d’étudiante pour rêver, tout simplement.

J’ai refait le monde à maintes reprises dans le confort de mes couvertures, éradiquant la pauvreté et les conflits. Sous mes paupières, il n’était plus question d’inégalité des sexes, de conflits sanglants ou d’attentats dévastateurs.

Dans mes rêveries utopiques, il faisait bon vivre sur toute la surface de la terre. Mon imagination débridée se plait à esquisser une société où les différences culturelles représentent une richesse.

Lorsque je ne refais pas le monde, je rêve d’aventures.

Je ferme les yeux et je suis catapultée à Istanbul, où je réalise mon souhait de visiter la Mosquée Bleue. En quelques secondes, je fais de la randonnée pédestre dans l’air pur des Pyrénées espagnoles. Le lendemain, je m’imagine aisément déambuler dans un souk marocain, humant l’odeur des épices décuplées par la chaleur. Ensuite, je vais faire un tour au Costa Rica, où je baragouine les quelques mots d’espagnol que je connais.

Parfois, je fais aussi un saut dans le passé. L’adepte d’architecture en moi visite l’Expo 67 alors que mon côté pacifiste discute avec Martin Luther King, lui-même assis à côté de Nelson Mandela. La fascinée d’histoire en moi assiste avec émotion à la chute du mur de Berlin et l’amoureuse du voyage que je suis visite le Pérou au temps de l’Empire Inca.

Je chéris ces soirées où mon imagination se perd en rêveries loufoques, parce que tout y est permis : aucune contrainte monétaire et le temps n’y est plus un facteur.

«La logique vous mènera d’un point A à un point B : L’imagination vous emmènera partout»

-Albert Einstein et ses douces paroles

Photo : Wikimédia

Dernièrement, j’ai fêté mon anniversaire. J’ai eu 22 ans. Étrangement, je n’étais pas tellement enthousiaste à l’idée de célébrer mes 22 ans. J’étais plutôt stressée.

Il me semble que je ne suis vraiment pas prête à affronter mes 22 ans. Il me manque encore trop d’outils pour vivre mes 22 ans. J’ai dû être déconcentrée à quelque part dans mon cheminement pour qu’il me manque un paquet d’informations pour continuer de vieillir comme du monde.

Bien que selon la loi je suis considérée comme une adulte depuis maintenant 5 ans, il me manque un paquet de skills d’adulte. Le genre de skills que tous les adultes que je côtoie maitrisent à la perfection. Des skills comme cuisiner des repas équilibrés, établir un budget ou bien soigner un rhume de façon rapide et efficace.

Je me rends compte qu’à 22 ans, j’ai encore besoin de mes parents pour un paquet d’affaires! Je fais cuire une pièce de viande? J’appelle maman pour savoir à quelle température je dois mettre le four. J’ai un tricot que je dois laver? J’appelle maman pour savoir si je le lave dans la laveuse ou à la main. Je lave mon four? J’appelle papa pour savoir quel produit je dois utiliser. Pourquoi mes parents peuvent répondent à ces questions et pas moi? J’ai tu manqué le cours de ‘’savoir universel’’ ?

Est-ce que je suis obligée de vieillir? Est-ce qu’on peut arrêter mon horloge biologique une couple d’années? Est-ce que je peux avoir 22 ans jusqu’à la fin de mes jours? Je vais faire quoi le jour ou j’aurai des enfants et que je vais avoir une hypothèque à payer? Je vais appeler maman pour qu’elle m’explique c’est quoi une hypothèque? (Non, je ne sais pas c’est quoi).

Ça me stresse avoir 22 ans parce que je ne suis pas prête à agir en adulte. J’éprouve encore du plaisir à faire du coloriage, des casse-têtes ou de la pâte à modeler. J’aime ca quand mes amis me donnent des p’tits surnoms quétaines. Je rêve secrètement d’avoir la taille requise pour rentrer dans les modules du McDo.

 Je ne suis pas capable de dormir sans mon toutou (OUI! J’ai un toutou!) Je capote beaucoup trop quand je rencontre des animaux dans la forêt et j’éprouve encore un immense plaisir à m’acheter un calendrier de chocolats à noël.

Je ne veux pas vieillir parce qu’il me reste encore trop de choses à vivre. J’ai l’impression que plus je vieillis moins j’ai la chance de faire des choses. Je ne veux pas me réveiller à 40 ans et me rendre compte que j’ai passé à côté d’un paquet de choses! Je ne veux pas me réveiller à 40 ans et me rendre compte que j’ai jamais acquis ça moi, des skills d’adulte.

Photo: We Heart It

Salut… moi. Surprise un peu, non? Oui, j’imagine. Tu te demandes pourquoi je t’écris ? Et bien, j’ai deux-trois trucs ben importants à te dire.

T’es encore jeune, t’as la vie devant toi. N’hésite pas, fonce. Ne laisse pas les autres te dire quoi faire. Aide-les, mais ne sois pas « trop fine » non plus. Tiens tes rêves bien fort aux creux de tes mains et ne les laisse pas s’enfuir. Bats-toi pour eux. Ils ne sont pas cons, ils ne sont pas stupides. Ils valent la peine.

Tu vas avoir de la peine de la vie, tu vas avoir des bouts rough. Mais t’es meilleure que ça, t’es forte. Tu vas en pleurer un coup pis tu vas avoir l’impression que ça n’en finira pas. Mais ça va finir. Tu vas te relever, à chaque fois. Ça va être dur, mais t’es une battante. Tes démons, tu vas les envoyer au plancher pis j’te jure, tu vas être heureuse. Tes larmes, elles vont arrêter de couler. Ton petit cœur massacré, il va se réparer. TU vas le réparer. Personne d’autre, juste toi. Parce que t’es forte de même.

Tu vas connaître l’amour, aussi. C’est le fun, non? À dix-sept ans, j’te jure que tu vas déjà avoir aimé de tout ton cœur. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de connaître ça. T’es chanceuse. Ça ne durera pas toute la vie, mais il va te laisser des bons souvenirs. Pis tu vas être capable de continuer. Tu vas pleurer, mais tu vas te relever. J’te le promets.

Tes amis, ils t’aiment, okay? Ils vont toujours être là pour toi, peu importe les galères. Ils vont t’aider à rester sur le bon chemin. N’hésite pas à aller les voir. Ils sont là. Ils vont te supporter, ils vont tout faire pour que tu sois heureuse. Ne les repousse pas dans les moments durs. Serre-les fort dans tes bras et dis-leur merci. Ne les laisse pas s’en aller. Garde-les dans ton cœur pour toujours.

Je le sais que t’as peur. Peur de toujours rester dans ton petit coin de pays, de ne jamais voir le monde. Tu vas le voir, le monde. Tu vas partir à l’aventure, tu vas explorer. Des voyages, tu vas en faire. Tu vas partir sans trop savoir ce qui t’attend. Pis tes découvertes, elles vont te faire vieillir dans le bon sens.

Sèche tes larmes. Je le sais, t’as toujours été un peu trop sentimentale. T’as pas à en avoir honte. Mais attends. Attends encore un peu, j’ai presque fini.

T’es belle. Ne laisse pas les autres te dire autrement. T’as le droit de te promener en joggings. T’as le droit d’avoir les cheveux tout croche. Je te donne le droit d’être belle sans maquillage, avec tes dents un peu croches. T’as le droit de t’aimer. Continue de le faire.

Ta vie ne sera pas toute rose, mais je t’assure une chose : elle vaut la peine.

Tu seras heureuse.

Photo : https://www.pexels.com/photo/sunset-sunrise-landscape-nature-6952/

Les garçons (OK les filles aussi) vous êtes bons d’habitude pour mettre en évidence vos défauts. Habituellement, ça ne prend pas ben ben longtemps avant qu’on se rende compte de vos points faibles du genre que vous êtes impatients ou que vous n’êtes pas polis quand il le faudrait. C’est pour ça que ce soir d’automne m’a marqué. Ce fameux soir d’automne où j’en ai croisé un qui était le meilleur pour faire comprendre qu’il avait beaucoup de qualités.

 Ce n’est pas qu’il voulait vraiment se mettre en valeur, c’est plus qu’il avait réellement beaucoup de qualités. Le genre de personne que tu rencontres et que t’as envie qu’il t’aime, t’as envie de rester la fille ben ordinaire que t’es, mais qu’il trouverait dont pas comme les autres, pas comme t’as toujours pensé que t’étais. J’avais envie de lui dire en silence « regarde-moi, juste moi, pendant cinq minutes », mais en réalité, je n’avais même pas besoin de lui dire pour qu’il me regarde les yeux ou les mains ou mon cou ou les yeux encore.

Y’avait la grande qualité d’être dans l’instant présent, de se consacrer à toi à 100 % quand y’était devant toi. Ce n’était pas un cellulaire ou sa chanson préférée ou un verre de trop qui le distrayait de tes yeux. Ou cette fois-ci, des miens.

Les gars vous êtes beaux quand vous êtes là de corps et d’esprit. Vous devriez prendre exemple sur lui.

Je l’ai rencontré un soir d’automne alors qu’il faisait froid et qu’il pleuvait juste assez pour dire que mes cheveux étaient tous plats sur ma tête et que j’étais contente de ne pas avoir mis un t-shirt blanc. La capitale était belle pis mes amies aussi. Je ne pensais pas avoir de chance du tout parce que tout le monde brillait plus que moi ce soir-là et qu’anyway je ne courais pas après la chance. J’ai eu l’impression qu’il m’a spottée parce que je prenais des shots de Jameson à la place de la Tequila comme toutes mes amies. Il aimait ça, le Jameson. C’était une autre de ses qualités.

Y’avait l’autre grande qualité d’être intéressé envers la personne qui se trouve devant lui, pis j’avais la chance que cette fois-là c’était moi. Y’avait la qualité d’être juste assez drôle, juste assez beau pis juste assez laid. Y’était juste assez tout, dans l’fond. Pis y’avait la qualité de me donner l’impression d’avoir encore plus de qualités que lui, même si c’était pas mal impossible.

Les gars (OK les filles aussi) je sais que vous avez plein de qualités, prenez juste un peu exemple sur lui. Lui aussi, y’a plein de défauts, mais y a simplement compris que nos qualités valent plus d’importance que nos défauts. Nos qualités sont nices, d’habitude. Faudrait peut-être les exploiter un peu plus à la place de stresser sur nos défauts.

Photo : weheartit

Cet hiver qui vient de se terminer a été l’un des plus froids que j’ai vécus. Vous aurez compris que je ne parle pas vraiment de température…

Depuis que je vois le soleil se coucher plus tard et que je peux enfin sortir de l’école sans qu’il fasse noir, on dirait que dans ma tête aussi, c’est un peu moins noir, de jour en jour.

J’ai perdu des gens que j’aimais, mais j’ai réalisé qu’ils ne sont jamais bien loin, malgré la distance. J’ai perdu d’autres personnes dont je ne m’ennuie pas tellement et j’ai alors réalisé qu’ils m’apportaient plus de mal que de bien. J’ai décidé d’être heureuse. Je ne veux plus me soucier de la vie et des malheurs. Je veux apprendre, devenir plus forte qu’auparavant et apprécier tous les plaisirs, en arrêtant de ma casser la tête pour des bêtises.

Je suis prête à saisir toutes les chances qui s’offriront à moi et je pars avec l’idée que rien n’arrive pour rien. Cette phrase que tout le monde en a assez d’entendre, mais qui représente énormément pour moi. Dorénavant, je me sens comme sur un bateau qu’on nomme la vie et je me laisse pousser par les vagues. Sur quelle île j’atterrirai? Aucune idée, mais je suis certaine que ce sera un petit paradis, mon petit paradis à moi.

Bref, bye bye à ce lourd hiver, je te remercie pour les leçons, bonjour printemps, ça fait si longtemps que je t’attends…

Photo : Tumblr

À mon moi de 40 ans,

J’essaie de t’imaginer physiquement, de construire tes courbes, de dessiner les traits de ton visage vieilli par le temps. Et tes cheveux, les teindras-tu ou les laisseras-tu trahir ton âge gris?

Peut-être m’en voudras-tu d’imaginer que la vieillesse aura pris d’assaut ton corps quarantenaire. En fait, je te souhaite de m’en vouloir et de pouvoir me prouver que tu es restée jeune.

Seulement, ce n’est pas la jeunesse de ton physique qui m’importe, mais bien celle de la personne que tu es devenue.

Souviens-toi de ces nombreuses folies où, à l’âge où je t’écris, tu as dit : «Anyway, ce sera pu grave à 40 ans!». Souviens-toi de la candeur qui t’habitait à cette époque. Tu n’étais qu’une âme en construction, un esprit qui rêvait d’être libre.

Soulève ton chandail et regarde sur tes côtes droites. Tu vois ce qui y est gravé?

«Free spirits will find their way»

Ferme tes yeux, rappelle-toi ce moment où ta merveilleuse amie et toi avez prononcé ces paroles et ressens leur profonde signification. Je prie pour que tu ne souhaites pas que je te raconte le moment en question à la suite de ce paragraphe, parce que je ne le ferai pas.

Si tu n’arrives pas à te le remémorer et que tu regrettes cette encre permanente marquée sur ta peau, c’est que tu as perdu. Parce que ces mots sont la base de ce qui te rend unique, peut-être même marginale, ici, maintenant, dans l’instant même où je t’écris.

Ils représentent l’entièreté de ton ouverture d’esprit, de ton idéalisation de la planète, de ton rêve d’être citoyenne du monde.

Ils définissent la base de ton désir de vivre l’aventure plutôt que de coller au moule sociétal dans lequel on nait prisonnier.

Ils alimentent ta compassion universelle, ta révolte contre l’injustice mondiale et ta volonté de faire une différence, ne serait-ce que dans la vie d’une seule personne.

Que penses-tu de ces arbres lourdement enneigés et d’un blanc pur qui brillent à la suite d’une tempête? Arrives-tu en retard au travail parce que tu t’es arrêtée quelques minutes de trop pour les admirer comme tu avais l’habitude de le faire avant tes cours?

Le pouvoir de la contemplation, de l’émerveillement… Ces termes te parlent-ils toujours?

Je me demande à quelle vitesse défile le train de ta vie. À l’âge où je t’écris, tu t’es donnée comme défi de le ralentir, voir même de l’arrêter un peu plus souvent. Tu tentes d’abandonner le contrôle pour le laisser prendre le rail qu’il préfère. Y es-tu parvenue ou a-t-il eu raison de ton combat?

À mon moi de 40 ans,

J’espère que tu liras ces lignes en ayant en tête autant de paysages admirés qu’il y a de caractères dans ce texte.

Autant de fous rires accumulés que le nombre d’étoiles visibles dans le bras de la Voie Lactée.

Autant de cultures découvertes que de larmes versées à cœur ouvert.

Autant d’aventures vécues que de visages croisés sur ton chemin.

Autant de pays déchiffrés que le nombre de folies improvisées durant ta jeunesse, c’est-à-dire jamais trop.

Et si jamais, à la suite de ces mots, tu as le malheur de te dire «Mon dieu que c’était beau, la naïveté de 18 ans…», je t’en supplie, arrête-toi. Regarde le monde qui t’entoure et prends le temps de te perdre dans son environnement, dans sa nature, dans ses regards, dans son énergie, dans ses connections.

Tu ne sauras que mieux t’y retrouver.

Photo et montage : Eve-Marie Fournier

Un appart’ d’étudiants, c’est avoir 3 poubelles pour les trois appartements de ton bloc et que les trois débordent complètement. Tellement que certains sacs de poubelle se retrouvent par terre…

C’est quand tu n’as pas d’attache à sac et que tu prends du tape gris à la place (fait vécu). Ou encore, que tu n’as pas de pain hot-dog et que tu prends du pain à sandwich.

C’est quand tu t’es chicané avec un/une de tes colocs et que tu ne peux pas vraiment l’éviter. Tu décides soit de t’enfermer dans ta chambre ou de rester à l’école le plus longtemps possible… Si t’es comme moi et que tu as une grosse tête de cochon, tu risques de rester enfermé longtemps.

C’est quand une (je dis une, parce que c’est un truc de filles) de tes colocs a de la peine et que tu l’invites dans ta chambre pour l’écouter parler de ses problèmes et que tu lui dis à quel point tu l’aimes et que t’hais ça la voir pleurer. Vous finissez la plupart du temps à pleurer toutes les deux, en mangeant du chocolat dans une doudou, à regarder un bon film.

C’est quand tu entends des gens marcher au dessus de ta tête tout le temps.

C’est quand il y a un party et que tu ne feels pas pour y aller, mais que tout le monde dans l’appart’ est vraiment crinqué et te convainc de venir. Tu finis saoul, tu te réveilles le lendemain et tu te dis : «Anyway, ce cours-là est pas si important» et tu te recouches.

C’est quand tu n’as pas besoin d’attendre à vendredi pour prendre une coupe de vin… ou deux… ou sept…

C’est quand vous organisez un party chez vous en disant «pas trop de monde» et que vous finissez à être 30 dans votre petit 4 et demi.

Dans le fond, un appart’ d’étudiants, c’est où on apprend à vivre avec des inconnus qui deviennent les personnes les plus importantes de votre vie. Des colocs, oui, mais surtout, des amis qu’on échangerait pour rien au monde.

Ils t’ont vu à ton meilleur, comme à ton pire et décident quand même de signer leur nom sur le prochain bail.

Un appart’ d’étudiants, c’est des souvenirs grandioses. Je peux te le dire.