Cahier de bord

J’suis pas Ricardo, je sais, mais j’me réserve le droit de jaser fruits et légumes encore.

C’te fois là, c’est la banane la vedette.

Mais pas n’importe laquelle.

Non madame/monsieur!

D’la banane qui a la pelure brune.

Avant que ma valse de la banane start, juste une chose : pensez pas croche en lisant. J’parle d’un fruit. Déjà là c’est wack, rajoutez-en pas.

Y’a pas grand monde qui ose la choisir dans le bol de fruits qui traîne sur la table. Jusqu’à temps que quelqu’un la mette dans un smoothie ou une recette de pain aux bananes. C’est là qu’on se rend compte qu’elle est pas mal plus sur la coche que l’autre à la peau jaune toute parfaite.

De la peau, bah c’est de la peau. Folle révélation, I know.

La peau, en dessous, il peut se cacher quelque chose de ben ben nice.

Faut juste pas s’arrêter à ça, l’enveloppe de peau.

Y’a des soirées comme les deux dernières où t’es heureuse. Heureuse que mom and dad t’aient montré que les bananes qui vont faire le meilleur mélange avec n’importe quoi sont peut-être pas celles qu’on aurait choisies au départ.

Y’a de ces gens et de ces moments qui te font comprendre pourquoi tu penses d’une façon plutôt qu’une autre.

Qui te font comprendre que tout un chacun a sa petite histoire, histoire qui mérite d’être racontée.

Qui te font comprendre que l’apparence, c’est juste un mot qui a de l’importance dans le dictionnaire parce qu’il remplit un trou qui autrement aurait été vide et blanc.

C’est pas juste sur du papier que l’encre peut devenir porteuse d’un message.

C’est pas les mélanges les plus prévisibles qui sont nécessairement les meilleurs.

Fuck les bananes jaunes parfaites.

Photo: We Heart It

Après la joie d’être en vacances passée et la vue d’un compte en banque qui ne fait que descendre, on se dit que ce serait comme le temps de commencer à travailler. Pas de panique, mon boss a dit qu’il allait appeler pour me faire entrer. Mais là c’est long. Beaucoup trop long.  Hyperventilation.  En y repensant, l’attente n’est pas si pire. En fait, elle comporte même plusieurs avantages. Si vous êtes dans cette situation, relaxez et prenez le temps de constater à quel point vous êtes bien : tout est chill!

1. Dormir.

Hein? C’est quoi ça? C’est l’affaire après laquelle tu as couru durant toute la session dernière et que tu repoussais toujours un peu plus à grands coups de tasses de café. L’heure est venue de faire du rattrapage : se lever à 11h, c’est tout à fait permis. S’endormir debout, c’est du passé; avoir  trop d’énergie au réveil sera votre nouvelle réalité!

2. Temps libre=bonne bouffe.

Déjeuners, dîners et soupers n’auront jamais été aussi élaborés et délectables. Out le Kraft Dinner et les toasts au beurre de peanuts! Les blogues de cuisines deviendront vos meilleurs alliés et le guide alimentaire canadien n’aura jamais vu une fille remplir ses recommandations aussi bien.

3. Training à l’horizon.

Plus d’excuses : une journée comporte 24 heures, ce n’est rien de prendre une heure pour enfiler ses chaussures et aller faire du sport! Vous n’avez qu’à passer le pas de la porte et hop!, vous y êtes. On laisse tomber le gym pour aller courir à l’extérieur, faire des abdos couchée dans l’herbe et des push-up la face dans les pissenlits! Le sentiment d’accomplissement après tout vaut tellement la peine. Genre, on se sent comme Beyoncé.

4. Tanning!

C’est bien beau suer sous le soleil, mais étendre une serviette sur le bord de la piscine et faire l’épave est gé-ni-al. On en profite pour prendre des couleurs : par couleur, j’exclus le rouge. On essaie de passer de vanille à chocolat – on ne se cachera pas que passer de vanille à homard, c’est pas mal moins cute…! Vivement la crème solaire pour faire le plein de Vitamine D en toute sécurité!

5. Passer beaucoup de temps sous le soleil ça fait blondir les cheveux! Allô, les reflets plus pâles : on dit oui au summer hair sans aucune hésitation! Pas besoin de prendre rendez-vous chez la coiffeuse, on laisse la nature agir et pour un look surfer, on opte pour le look «frisé-pas-peigné-style-je-sors-de-l’océan».

6. Bye bye Make-up.

Tant qu’à adopter un look naturel, pourquoi se maquiller? Pas besoin de mascara, de fond de teint ou de poudre bronzante : votre teint est imprégné du soleil que vous avez pris durant les derniers jours et pas de cernes car vous avez rattrapé toutes les heures de sommeil qu’il vous manquait. La vita è bella! La journée sans maquillage devrait être tous les jours. En plus, qui veut avoir l’air d’un raton-laveur en sortant de la piscine?

7. TV et DVD. Journée grise? C’est LE moment de te taper tous les films et séries dont ton entourage te parlait depuis janvier. On se met à jour et ENFIN on sait de quoi il est en question quand notre mère nous parle d’Unité 9 ou que nos amis de gars font l’éloge de Game Of Thrones! Ça n’empêche pas de se retaper le film Cher John et d’imaginer à quoi pourrait ressembler notre summer love… en mangeant du popcorn.

8. Lire.

Regarder un fil d’actualité Facebook, ce n’est pas tout à fait de la lecture : Ça fait combien de temps que t’as pas ouvert un livre juste pour le plaisir de faire de la lecture? Je sais, le traumatisme des livres imposés par ton prof de français est encore tout frais, mais je te jure que ça va passer.

9. Adios, chambre bordélique!

L’heure est au grand ménage de printemps : même si c’est tardif, il n’est jamais trop tard. Avec une chambre trop rangée qui sent le «poush-poush en ca-canne», on épate maman à coup sûr! Un émerveillement qui durera deux minutes pour par la suite te faire lancer : «J’ai hâte de voir ça va durer combien de temps!». Challenge accepted.

10. Agentes 007.

Il est temps de se botter les fesses et de monter un plan pour commencer à travailler : on ne se le cachera pas, toi et ta collègue êtes tout de même impatientes de pouvoir recommencer à travailler ensemble. Cette mission pas impossible déguisée en une petite visite «improvisée» au bureau de votre supérieur ne pourra pas faire de tort..! Diabolique, il n’y verra que du feu.

11. Explorons l’inexploré.

Tant qu’à se tourner les pouces, ouvrez vos ordinateurs (vous êtes déjà bien parties) car Google deviendra votre meilleur ami. Votre région regorge de petits trésors dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. Durant vos futures journées de congé, vous saurez quoi faire! Avant d’aller à l’étranger, c’est toujours bien de connaître son propre coin de pays!

12. Planification 101.

Élaborer un budget pour l’année à venir, ça pourrait être une pas pire idée, non? T’sais, au cas où tu commencerais à travailler plus tard l’été prochain… On ne sait jamais!

Photo: Moyan Brenn via Flickr

Gifs tirés de Tumblr et Reactiongifs.com

Quand j’ai déménagé pour partir étudier au Saguenay Lac-Saint-Jean, on m’a souvent dit ceci : «Tu vas voir, les Saguenéens sont accueillants et généreux.»  Bon, on dit qu’il faut le voir pour le croire. Hé bien je vous le confirme, en deux ans de résidence dans la région, ce n’est pas un mythe, mais bien une réalité. 

Assise au fond d’un café à Chicoutimi, je faisais tranquillement mes devoirs – fin de session oblige! Je m’ennuyais et le temps était long. Une dame s’est assise tout près de moi, à la table d’à côté. Au début, j’étais ultra-concentrée dans mon étude, alors je n’y ai pas porté attention. Puis, en me levant la tête, je l’ai aperçue. Elle était seule et mangeait son repas. Elle s’est levée pour s’acheter un muffin aux framboises (j’ai remarqué, il avait l’air délicieux) et elle m’a souri. Je lui ai rendu son sourire.

Et je me suis dit : «Tu pourrais lui parler», mais j’étais gênée. (Moi gênée? Oui ça arrive!) On ne connaît pas l’histoire des gens. Pourquoi était-elle seule ? Était-ce une veuve? Voulait-elle ne pas être dérangée? Bref, trop d’idées pour rien, finalement.

– Et puis  madame, avez-vous bien mangé?

– NON!!!

Elle est partie à rire.

Voilà, j’avais cassé la glace. Et pendant près d’une heure, j’ai réussi à gagner sa confiance et nous avons discuté longuement. Parfois même de sujets profonds; je me sentais «psychologue d’un jour».

– Qu’avez-vous pratiqué comme métier dans votre vie?

– Oh… Je ne suis pas instruite. Mes parents m’ont fait abandonner l’école pour que je puisse me consacrer à mes enfants. Je suis vraiment gênée d’en parler, on m’a toujours dit de garder cela sous silence.

Ne se sentant aucunement jugée, elle m’a raconté sa vie, comme un véritable film.

Nous avons tous une histoire. Les personnes d’un certain âge ne veulent que ça, la raconter. En elle, je voyais mes grand-mamans, que je ne vois pas souvent. Quant à la dame, ses petits-enfants ne la visitent jamais. Nous aurons donc comblé un manque en ce vendredi soir pluvieux.

Elle a dû quitter le café, son mari l’attendait. Elle m’a lancé, en me caressant le bras : «T’avais des études, t’es bien fine de m’avoir parlé aussi longtemps. Merci ma belle fille.»

Je ne connais pas son nom, et pratiquement rien d’elle, mais ce que je sais, c’est qu’elle aura fait la différence dans ma journée. Vice-versa.

Faites-le, vous verrez à quel point ce petit moment peut être gratifiant.

Je dédie ce petit texte à cette grand-maman de 72 ans, qui aura contribué à la réussite de ma journée!

Photo: WeHeartIt