Cahier de bord

J’ai le blues de l’automne.

L’autre fois, j’attendais à la caisse au IGA. J’écoutais la jeune fille en avant, pas plus vieille que moi, parler de sa petite sortie aux pommes en amoureux à la caissière. Je me suis dit que jamais, jamais, je ne vais amener mon copain aux pommes tant qu’on n’aura pas nos huit enfants et notre chien.

Je me disais, ce jour-là, que c’est parce qu’on va avoir fait tout le Kama Sutra pour pimenter notre vie de couple et qu’on va être rendus à se trouver des pépins pour plus faire l’amour. Comme quoi, on n’est pas encore rendus là.

On est trop jeunes pour se balader main dans la main au travers des pommiers et s’obstiner sur quelle sorte de pommes est la meilleur (c’est la McIntosh).

Aller aux pommes, ça fait trop automne.

Sauf que j’ai quand même acheté ma première citrouille, parce que tout le monde fait ça en octobre. J’ai même acheté une courge, le légume qui a une drôle de forme. Je n’ai jamais cuisiné ça de ma vie, je sais même pas comment le couper, sauf que tout le monde en achète, à l’automne.

Alors ce vendredi soir-là, j’ai préféré refuser toute invitation à sortir pour venir à bout de ma courge.

– Est-ce que tu sors ce soir? m’a demandé une amie, puisque c’est normal de sortir un vendredi soir quand tu as 19 ans et que t’habites plus chez tes parents.

– Non désolée, je suis fatiguée, j’ai dit. Ma courge m’attend, c’est une bonne excuse.

Ou peut-être aussi parce qu’il faisait trop froid pour marcher jusqu’au bar. La brise d’octobre est assez aguicheuse pour que je doive mettre des collants avec ma petite robe, sauf que j’ai déjà dépensé 50$ en collants ce mois-ci (et en produits dérivés de la citrouille). Je n’ai même pas eu le temps de mettre un pied dehors qu’ils étaient déjà troués et déchirés. Résultat : j’ai le nez qui coule, les yeux rouges et une voix d’homme.

Finies les robes à l’automne, l’été c’est fini depuis un boute. (Surtout au Saguenay.)

Alors, non. Je ne suis pas sortie. J’ai remplacé le vin par un thé à la citrouille dans ma tasse avec des pommes du DavidsTea.

J’ai le blues saisonnier, mais en avance sur tout le monde. Moi, c’est pas à l’hiver, mais à l’automne.

Alors j’écoute du Kaïn pour passer à travers. Le problème avec les chansons de Kaïn? Ça me rappelle juste, au final, à quel point je suis aussi quétaine que les autres à l’automne.

Mon amour, je sais que tu vas lire ce texte, alors est-ce que tu veux m’amener aux pommes? Oui, aux pommes! Embarque-moi dans ta belle Mazda et on va rouler jusqu’à Rougemont. Je ne veux pas qu’on soit comme Adam et Ève, pas que je sois gênée de me promener nue. Je veux qu’on soit comme tous ces couples quétaines. Je voudrais que tu sois mon super héros de la pomme, juste pour que tu comprennes c’est quoi mettre des collants. Bref, je veux aller aux pommes.

Et j’veux que tu m’amènes boire un maudit café à saveur de citrouille au Starbucks.

Automne, t’es la saison que je déteste le plus. T’es ma saison préférée.

Photo: Sarah Horrigan via Flickr

Depuis un bout de temps, mon newsfeed Facebook est rempli d’articles partagés de «5 trucs qui vous assurent le bonheur  ou de «10 indices qui te prouvent que tu as trouvé l’homme de ta vie» pis j’en ai assez. Genre vraiment.

Ça m’donne l’impression qu’on veut tout avoir servi sur un plateau d’argent, qu’on ne veut pas explorer, qu’on veut juste savoir. Pis ça m’donne l’impression qu’on a trouvé toutes les réponses à nos questions comme par magie pis que notre vie est donc plus simple maintenant qu’on nous a dit ces révélations (qui n’en sont pas vraiment, quand on y pense un peu).

J’ai pas envie qu’on me dise que par huit facteurs ben simples on peut savoir qui est ma meilleure-meilleure amie. Ma meilleure-meilleure amie, elle a ce titre spécial-là parce qu’elle comprend une partie de moi que pas grand monde comprennent, en plus d’être capable de vouloir être là pour moi en silence quand ça feel pas ou vouloir faire la fête avec moi un mardi soir qu’on devrait étudier. C’est à elle que j’annonce en premier mes bonnes et mes moins bonnes nouvelles, pis c’est avec elle que je parle de vraiment (mais vraiment) n’importe quoi. Si vous voulez vraiment dire à votre BFF que vous l’aimez, écrivez-lui votre propre texte avec vos insides et vos moments-clés où vous avez compris combien vous étiez proche. Ne lui montre pas un patron de texte que tout le monde utilise.

J’ai pas envie qu’on me dise non plus comment savoir que j’ai trouvé l’homme de ma vie. J’ai envie de faire mes erreurs, de me laisser guider par mon cœur et de finir par le trouver… mais par moi-même! Même si ça risque de vouloir dire de vivre dans le doute, de penser beaucoup trop avant de m’endormir et de risquer d’avoir de la peine. Parce que ça veut aussi dire qu’en étant consciente de ces risques-là, je ne renonce pas à la conquête du bonheur à deux.

J’ai pas envie de penser que c’est avec les réponses écrites devant mes yeux que je vais pouvoir comprendre plus rapidement. Parce que c’est en cherchant nous même les réponses qu’on comprend réellement les questions. Notre prof de maths avait raison, dans le fond, quand il nous donnait le livre «corrigé» de notre livre d’exercices pis qu’il nous disait qu’on pouvait faire les exercices en copiant simplement les réponses, mais qu’à l’examen on comprendrait rien.

Au fond, on est mieux de faire nos bons coups comme nos erreurs par nous-même. Quand va arriver le bon temps, on va savoir par nous-même qu’on vient de trouver la bonne réponse à notre question, on aura pas besoin de vérifier dans le corrigé de notre vie pour le savoir…

On va simplement être certaine de notre réponse.

Photo: We Heart It

Quand j’étais petite, je m’imaginais à 19 ans riche, populaire, mariée, avec plein de bébés, mais, surtout, heureuse et complète. Bon OK, j’ambitionnais peut-être, et je dois dire que je ne suis pas malheureuse, mais je n’imaginais pas ma vie ainsi. Je suis sensée vivre ma vie à fond, pas la face dans le fond de mes cahiers.

J’avais envie de voir autre chose, des nouveaux paysages, de nouvelles personnes. J’avais envie de me voir moi, bon. Là tu vas m’dire: «Ben voyons Ève, tu peux t’voir tous les matins dans l’miroir, si tu veux.» Bonne blague, ma petite cerisette, mais je voulais plutôt dire que j’avais envie de me voir moi dans un endroit inconnu, dépaysée, livrée à moi-même.

Ça fait que en mai dernier, en fermant mes cahiers pour l’été, j’ai décidé de quitter le Québec pendant cinq semaines pour la merveilleuse ville de Vancouver, en Colombie-Britannique. Je ne suis peut-être pas allée à Riyad en Arabie Saoudite (merci Google), mais j’étais tout de même dépaysée, à cinq heures d’avion de chez Maman et Papa.

Ça m’a pris quelques jours à peine pour me faire des nouveaux amis et m’intégrer. Du ben bon monde, super gentils, ultra crinqués. Du ben ben bon monde, pour vrai. Et c’était cool, vraiment! Mais après une semaine, j’étais déjà redevenue tristounette. Ça faisait une semaine que j’étais là et rien ne changeait, toujours ce même feeling désagréable à l’intérieur.

C’est après une bonne réflexion et quelques claques dans la face que j’ai réalisé que c’est ben l’fun se faire des nouveaux amis, s’ouvrir aux autres et même leur offrir mon amour et mon amitié, mais ça donnait absolument rien si je n’arrivais pas à apprécier la petite blonde en face de moi dans le miroir.

J’ai décidé de vivre mes expériences pour moi. Prendre le métro seule, magasiner seule, marcher seule et manger au restaurant seule. Ça semble ridicule, mais c’était tout un exploit. Je n’aurais jamais fait ça auparavant. Parce que j’avais toujours besoin de quelqu’un pour être avec moi. Être seule me rendait malheureuse. En fait, l’idée de me retrouver seule avec moi-même me faisait littéralement trembler.

Plus je m’obligeais à être seule et à m’endurer, plus j’en apprenais sur moi et plus j’apprenais à m’aimer. Aimer mes traits de personnalité, les imperfections sur mon corps et même mes défauts. Et drôlement, plus je m’appréciais, plus j’appréciais les autres. C’est tu pas beautiful ça?

Où je veux en venir avec ma tranche de vie, ma petite cerisette, c’est que la base de tout, c’est l’amour de soi. Je ne parle pas de narcissisme ici. Je parle d’accepter tes défauts comme tes qualités, de t’accepter comme tu es et d’être capable d’être seule avec ta petite personne sans tomber dans la déprime. S’il faut aller à l’autre bout du monde, le plus loin possible de ton patelin pour te faire comprendre que tu es quelqu’un qui mérite d’avoir confiance en soi, alors fais-le. Une famille merveilleuse, un chum aussi romantique et beau que Ryan Gosling et des milliers de meilleures amies pour la vie, c’est vraiment incroyable. Mais rappelle-toi ma petite cerisette que la seule personne qui mérite tout ton amour, qui est importante et qui sera toujours là quoi qu’il arrive, c’est toi-même.

Je suis peut-être pas riche, populaire, mariée et avec plein de bébés, mais je suis heureuse et complète parce que j’ai appris à m’aimer. À m’aimer moi.

Photo: We Heart it

Vincent Vallières a raison : «Le temps est long, long, long, long, long». Le cours d’anglais est franchement interminable. J’apprends à rédiger un texte, à composer une introduction avec un sujet amené, posé, divisé et à lire en diagonale. Le hic là-dedans c’est que je suis en deuxième année de CÉGEP. Je pensais que l’époque où Memo l’éléphant nous apprenait à lire était révolue…

Flashback

Si je tends les mains, je touche presque le ciel. Mes pieds ont quitté le sol et le vent me fouette le visage, je dois tasser les quelques mèches de cheveux qui sont projetées sur mes lèvres humides.

Une chance que j’ai shotguné une balançoire, elles sont très prisées ces derniers temps… Tout comme les méli-mélo de Jessica, mon amie qui exhibe un tour de bouche tout rouge parce qu’elle se lèche trop les lèvres.

Je me balance tranquillement en prêtant attention au babillage de mes voisines. (J’te jure, pour être à l’affût de tous les potins, c’est au spot des balançoires que ça se passe!)

Aujourd’hui, j’ai appris deux choses :

La première, SCANDALE : Fanny-la-guidoune-qui-sort-avec-des-gars-plus-vieux est rendue à l’étape de porter des G-strings. Oui oui, l’affaire que te rentres dans la craque des fesses. Oh my god, elle a même pas encore l’âge pour louer Rage meurtrière» ou Le cercle sans supervision parentale, you know what I mean? Rassure-toi, je n’ai pas des yeux bioniques, je l’ai su quand elle s’est mise à «capoter»* parce qu’elle avait peur que les p’tits gars voient sous sa jupe lorsqu’elle était dans les airs.

*Ici, le terme «capoter» n’est pas entre guillemets parce qu’il constitue un québécisme, mais bien parce que Fanny n’angoissait pas vraiment à l’idée de peut-être exposer au grand jour ses petites fesses de prépubère. En fait, je dirais même qu’elle avait un brin d’espoir qu’un coup de vent soulève sa jupe question de faire fantasmer les garçons.

La deuxième chose que j’ai apprise : Mon chum* Cédric sort avec Sabrina. Déception. Je me console toutefois en me disant que j’ai peut-être une chance d’être sa deuxième blonde… L’an passé, il est sorti avec moi et ma meilleure amie en même temps, alors c’est envisageable!

*Chut! Il ne sait pas qu’il est mon amoureux.

Quand mon tour de balançoire est fini – car oui, on a instauré un système de rotation pour que toutes les filles puissent profiter de l’attraction (je vous l’avais dit qu’elle était très populaire cette année) -, je vais voir Anne pour lui quêter un morceau de rouleau aux fruits. Ouain, elle est chanceuse Anne : quand c’est pas les rouleaux aux fruits, c’était les goldfishs ou les ficellos. Moi, j’ai jamais de collations. Mais ça me dérange pas trop, parce que de toute façon je trouve que les poissons au cheddar ben ça donne mauvaise haleine.

La cloche sonne. Je cours me placer en rang. Je sais pas vous, mais moi je suis toujours parmi les premières dans la file. Peut-être qu’un jour, je serai derrière avec les grandes si je mange toutes mes croûtes… paraît que ça fait grandir, les croûtes.

Retour à aujourd’hui

En attendant le coup d’onze heures qui signifie la fin du supplice qu’est mon cours, je me surprends à rêver de retourner dans le passé. L’époque où y’en avait pas de problèmes! L’époque où porter des bobettes de grand-mère était accepté et où les couples se formaient par l’intermédiaire d’une croix sur un bout de papier. «Oui?», «Non?» ou «Peut-être» pour les indécis…

Photo: Pinterest

Ces temps-ci, je suis heureuse. Je ne me sens pas coupable du tout, j’ai même le goût de le crier un peu partout. Je sourie, je ris, je regarde autour de moi et je me chuchote intérieurement : «Je ne demande pas mieux.»

La recette du bonheur

Au fait, nous avons tous nos propres secrets pour être joyeux. Un simple chocolat chaud Coffee Crisp ne fait pas le bonheur de tout le monde, mais pour moi ce petit breuvage me donne le sourire aux lèvres lors d’une journée bien remplie. Cours, devoir, diner, COFFEE CRISP, cours, devoir, souper, dodo. Tu vois, un simple chocolat chaud ensoleille ma journée : c’est pas être heureux ça?

Mon bien-être, il n’apparaît pas tout seul sans avertir lorsque je fais un devoir ou que je marche en direction de l’école, détrompe-toi. Sans prétentions, je suis la seule responsable de ce phénomène. Si aujourd’hui je me sens bien, c’est parce qu’au cours de mon existence, plusieurs épreuves m’ont rendue celle que je suis et que je perçois maintenant la vie d’une façon bien différente. Un peu cliché, non? Mais tellement vrai!

Arrête de t’en faire pour quelque chose qui n’est pas vraiment grave. Bon bon bon, je sais, facile à dire, difficile à faire (même moi, j’ai de la difficulté avec cette règle). Nous devrions faire la part des choses, ne pas nous effondrer pour un devoir raté ou pour, un peu plus tough, un cœur brisé. Oui, ça fait mal, mais le sentiment qui t’habite quand tu te relèves de ta chute en vaut vraiment la peine, juré craché!

Sans vraiment pouvoir l’expliquer, le bonheur est présent dans tous tes projets. Quand tu donnes ton 110% dans ton entraînement quotidien, t’es satisfaite, même si tes cuisses se tordent de douleur. Quand tu remets (enfin) ton travail de session à ta prof, t’es satisfaite, même si le jour avant t’avais tout perdu sur ta clé USB. Parce que chaque fois que tu mets des efforts dans quelque chose, au bout du compte, tu t’aperçois que rien n’est perdu. Avoir quelques goûtes de joie dans le sang, c’est se dépasser, sortir de sa zone de confort, réaliser projet par-dessus projet et les réussir, oui oui!

Ton cœur se repose, il est essoufflé

Bien sûr, il arrive que notre cœur soit épuisé, voire souffrant. Dans ces moments, le seul remède est, évidemment, le temps. Pense à tes moments de bonheur, de fous rires, et dis-toi que tout ça reviendra. Prends soin de ta petite personne, fais-toi plaisir, mais surtout n’abandonne pas, beaucoup trop le font. Le bonheur n’a pas le choix de prendre quelques pauses. Pendant ce temps, travaille sur toi : après tout, c’est en rencontrant plusieurs obstacles que nous apprenons à nous connaître et à affronter ce qu’on appelle, au fond, la vie.

Photo: We Heart It

Il y a des matins comme ça où on se réveille et on se dit : @!$# de journée de marde. Parce que la veille, le gars dans ta vie qui portait le qualificatif de «chum» est devenu en une fraction de seconde le gars out de ta vie qui porte le qualificatif d’«ex». Parce que ton chien est mort il y a une semaine et, ben oui, tu t’ennuies de sa grosse langue qui te lave la face pour te réveiller. Parce que ce matin, c’est juste de la marde. Ça arrive, non?

C’est dans ces moments-là que tu sors dehors pour te rendre à l’école et que, quand bien même le soleil brille et les oiseaux chantent, tu vois gris. Ce matin-là, y’a plus rien de rose. En fait, y’a plus rien tout court, parce que t’es tellement perdue dans tes pensées de marde que tu remarques même pas la nouvelle couleur de cheveux de ta meilleure amie.

Puis les jours passent. Petit à petit, tu t’adaptes à ce nouveau monde pas de couleurs et, sans même t’en apercevoir, il devient ton quotidien. Quelques semaines plus tard, tu te regardes dans le miroir et tu observes cet air monotone qui t’assombrit le visage depuis un petit bout. T’as ben beau avoir pas mal de fun avec tes amies, comment ça se fait que ce vide en dedans de toi ne veuille pas s’en aller? Une vraie tache! Il est là pis il reste là. Il ne grossit pas, il ne rapetisse pas non plus, il ne bouge surtout pas : il fait juste être là. Puis tout d’un coup, tu comprends qu’il te manque une pièce. Mais cette pièce-là, tu ne peux pas aller la récupérer avec ta facture au Canadian Tire. C’est à toi de l’inventer.

Ta pièce manquante, ben c’est le Bonheur. (Oui, j’ai bel et bien mis une lettre majuscule parce que c’est un mot qui le mérite. Bon.) Souvent, on oublie la lumière qu’il apporte à nos vies, aveuglés par cette vague d’émotions qui nous submergent. À bout de forces, on croit qu’il n’y a plus d’espoir possible. On est persuadés que cette lumière n’existe que dans nos rêves, là où se trouve le paradis. Mais c’est lorsque le temps file à vive allure et qu’il emporte nos nuits sombres avec lui qu’on se rend compte qu’elle existe toujours, cette lumière. Eh oui… il existe toujours, le Bonheur. Il est partout autour de nous. Il flotte à travers ces sourires qu’on croise chaque jour. Il virevolte avec le vent qui souffle sur nos visages à mesure que les feuilles changent de couleur. Rappelez-vous ces arbres blancs qui renaissent après une tempête hivernale! Ne sont-ils pas magnifiques? Ils se tiennent droits debout avec honneur et brillent de mille feux sous le soleil éclatant d’un nouveau jour. (Ben oui, je suis quétaine de même.) C’est ça, le bonheur! C’est savoir savourer chaque petit détail de notre vie en mettant de côté ce qui nous fait souffrir. C’est savoir se tenir debout avec humilité malgré les obstacles. C’est posséder le pouvoir de la contemplation… et c’est aussi croquer dans une grosse tranche de bacon bien juteuse un lendemain de brosse.

Dans le fond, ce vide en dedans de toi, il est la pure création de ce qu’on appelle le subconscient. Maintenant que tu en as pris conscience, il suffit d’en faire une nouvelle création! Tu me suis? Ton Bonheur, tu vas l’inventer. Parce que tu le mérites, parce que tu te respectes, et parce que plus jamais tu vas laisser une simple journée de marde venir changer les couleurs de ton quotidien en gris.

Photo: Pinterest

C’est l’automne. Y commence à faire pas chaud chaud. Les feuilles changent de couleur. Pis elles tombent aussi, hein, faut pas oublier ça. Selon les plus récents articles que j’ai lus sur le nombre pas calculable de blogues que j’ai visités, c’est ça qui s’passe sur Terre en ce moment. Dame Nature est genre dans sa semaine/ménopause/bref. Pis selon le continent blogue d’la planète Internet, pour faire face à la p’tite crise de changement de saison de Dame Nature, on fait tous la même affaire.

Ouin. Ça a l’air que tout d’un coup, on s’enferme tous chez nous pour s’enrouler dans une couverture pour écouter d’la musique, lire ou ben se taper des films pis des séries en quantité industrielle, toi chose. Ah, pis faudrait pas oublier qu’on boit du thé en même temps que tout ça.

Non mais là. Siouplait. Est-ce qu’on peut changer de cassette?

C’est cliché. Pis ça me gosse.

Depuis que l’automne se pointe le bout du nez, au lieu d’aller se terrer dans notre chez nous, est-ce qu’on peut profiter du p’tit bout d’été qui essaye de refaire surface de temps en temps? Est-ce qu’on peut dire au monde de faire autre chose? Ça s’peut tu?

Pis misteur sunshine, c’est pas parce que le mois de septembre s’est invité qu’il se pousse et qu’il s’en va se faire une couverte en bouts de ouates de nuages pour se cacher. Nope, il reste là. Pis moi je reste dehors avec lui.

Quand on enfile un cardigan, un foulard pis des jeans, l’automne c’est une saison sur la grosse coche. Ouais madame/monsieur !

Cueillir des pommes; marcher dans les sentiers pédestres tracés au milieu d’une mer de feuilles rouges, oranges et jaunes; piquer une course matinale à 7h juste pour voir le petit nuage qui s’échappe d’entre tes lèvres à cause de ta respiration haletante.

J’me relis, pis j’trouve ça quand même un peu cliché mes p’tites activités.

J’me regarde en train d’écrire mon article, pis j’me rends compte que si j’suis vraiment en train de faire c’que j’fais, ben je gosse.

Je me regarde. Pis j’regarde autour de moi.

Je suis enveloppée dans une couverture, ma TV ouverte est sur mute parce que j’écoute le CD de The Franklin Electric. Je détourne mon regard pour voir, posés à ma droite sur la table, une tasse de thé pis un livre.

Bon. Je me gosse. Ça y est.

Je critique le cliché. Mais dans le fond, le cliché me fitte parfaitement.

Je suis le cliché.

Parfois on critique, on pense qu’on est out of the box pis que ça ne nous concerne donc pas le moule déjà tout fait qu’on nous met sous le nez.

Parfois on critique, pis on se rend compte que le moule est ben ben confortable, pis que c’est même agréable de fitter dedans.

Être unique pi sortir de l’ordinaire, on l’est à temps plein en faisant «juste» être.

Est-ce qu’on peut prendre un break de temps en temps?

Y’a pas de gêne à vouloir chiller ben molo dans le moule.

Surtout quand c’est entouré de meilleurs amis pas gênants comme le thé chaï à la citrouille, la musique pis les mots.

«On peut tu changer de cassette?»

Non, on peut mettre la même en boucle un petit bout. Pis même appuyer à nouveau sur play quand elle s’arrête.

Fittez donc dans le moule des fois, ça fait du bien.

En «juste» étant, vous pouvez y fitter à votre manière — oubliez pas ça.

Photo: Maude Boutet

J’suis pas Ricardo, je sais, mais j’me réserve le droit de jaser fruits et légumes encore.

C’te fois là, c’est la banane la vedette.

Mais pas n’importe laquelle.

Non madame/monsieur!

D’la banane qui a la pelure brune.

Avant que ma valse de la banane start, juste une chose : pensez pas croche en lisant. J’parle d’un fruit. Déjà là c’est wack, rajoutez-en pas.

Y’a pas grand monde qui ose la choisir dans le bol de fruits qui traîne sur la table. Jusqu’à temps que quelqu’un la mette dans un smoothie ou une recette de pain aux bananes. C’est là qu’on se rend compte qu’elle est pas mal plus sur la coche que l’autre à la peau jaune toute parfaite.

De la peau, bah c’est de la peau. Folle révélation, I know.

La peau, en dessous, il peut se cacher quelque chose de ben ben nice.

Faut juste pas s’arrêter à ça, l’enveloppe de peau.

Y’a des soirées comme les deux dernières où t’es heureuse. Heureuse que mom and dad t’aient montré que les bananes qui vont faire le meilleur mélange avec n’importe quoi sont peut-être pas celles qu’on aurait choisies au départ.

Y’a de ces gens et de ces moments qui te font comprendre pourquoi tu penses d’une façon plutôt qu’une autre.

Qui te font comprendre que tout un chacun a sa petite histoire, histoire qui mérite d’être racontée.

Qui te font comprendre que l’apparence, c’est juste un mot qui a de l’importance dans le dictionnaire parce qu’il remplit un trou qui autrement aurait été vide et blanc.

C’est pas juste sur du papier que l’encre peut devenir porteuse d’un message.

C’est pas les mélanges les plus prévisibles qui sont nécessairement les meilleurs.

Fuck les bananes jaunes parfaites.

Photo: We Heart It

Après la joie d’être en vacances passée et la vue d’un compte en banque qui ne fait que descendre, on se dit que ce serait comme le temps de commencer à travailler. Pas de panique, mon boss a dit qu’il allait appeler pour me faire entrer. Mais là c’est long. Beaucoup trop long.  Hyperventilation.  En y repensant, l’attente n’est pas si pire. En fait, elle comporte même plusieurs avantages. Si vous êtes dans cette situation, relaxez et prenez le temps de constater à quel point vous êtes bien : tout est chill!

1. Dormir.

Hein? C’est quoi ça? C’est l’affaire après laquelle tu as couru durant toute la session dernière et que tu repoussais toujours un peu plus à grands coups de tasses de café. L’heure est venue de faire du rattrapage : se lever à 11h, c’est tout à fait permis. S’endormir debout, c’est du passé; avoir  trop d’énergie au réveil sera votre nouvelle réalité!

2. Temps libre=bonne bouffe.

Déjeuners, dîners et soupers n’auront jamais été aussi élaborés et délectables. Out le Kraft Dinner et les toasts au beurre de peanuts! Les blogues de cuisines deviendront vos meilleurs alliés et le guide alimentaire canadien n’aura jamais vu une fille remplir ses recommandations aussi bien.

3. Training à l’horizon.

Plus d’excuses : une journée comporte 24 heures, ce n’est rien de prendre une heure pour enfiler ses chaussures et aller faire du sport! Vous n’avez qu’à passer le pas de la porte et hop!, vous y êtes. On laisse tomber le gym pour aller courir à l’extérieur, faire des abdos couchée dans l’herbe et des push-up la face dans les pissenlits! Le sentiment d’accomplissement après tout vaut tellement la peine. Genre, on se sent comme Beyoncé.

4. Tanning!

C’est bien beau suer sous le soleil, mais étendre une serviette sur le bord de la piscine et faire l’épave est gé-ni-al. On en profite pour prendre des couleurs : par couleur, j’exclus le rouge. On essaie de passer de vanille à chocolat – on ne se cachera pas que passer de vanille à homard, c’est pas mal moins cute…! Vivement la crème solaire pour faire le plein de Vitamine D en toute sécurité!

5. Passer beaucoup de temps sous le soleil ça fait blondir les cheveux! Allô, les reflets plus pâles : on dit oui au summer hair sans aucune hésitation! Pas besoin de prendre rendez-vous chez la coiffeuse, on laisse la nature agir et pour un look surfer, on opte pour le look «frisé-pas-peigné-style-je-sors-de-l’océan».

6. Bye bye Make-up.

Tant qu’à adopter un look naturel, pourquoi se maquiller? Pas besoin de mascara, de fond de teint ou de poudre bronzante : votre teint est imprégné du soleil que vous avez pris durant les derniers jours et pas de cernes car vous avez rattrapé toutes les heures de sommeil qu’il vous manquait. La vita è bella! La journée sans maquillage devrait être tous les jours. En plus, qui veut avoir l’air d’un raton-laveur en sortant de la piscine?

7. TV et DVD. Journée grise? C’est LE moment de te taper tous les films et séries dont ton entourage te parlait depuis janvier. On se met à jour et ENFIN on sait de quoi il est en question quand notre mère nous parle d’Unité 9 ou que nos amis de gars font l’éloge de Game Of Thrones! Ça n’empêche pas de se retaper le film Cher John et d’imaginer à quoi pourrait ressembler notre summer love… en mangeant du popcorn.

8. Lire.

Regarder un fil d’actualité Facebook, ce n’est pas tout à fait de la lecture : Ça fait combien de temps que t’as pas ouvert un livre juste pour le plaisir de faire de la lecture? Je sais, le traumatisme des livres imposés par ton prof de français est encore tout frais, mais je te jure que ça va passer.

9. Adios, chambre bordélique!

L’heure est au grand ménage de printemps : même si c’est tardif, il n’est jamais trop tard. Avec une chambre trop rangée qui sent le «poush-poush en ca-canne», on épate maman à coup sûr! Un émerveillement qui durera deux minutes pour par la suite te faire lancer : «J’ai hâte de voir ça va durer combien de temps!». Challenge accepted.

10. Agentes 007.

Il est temps de se botter les fesses et de monter un plan pour commencer à travailler : on ne se le cachera pas, toi et ta collègue êtes tout de même impatientes de pouvoir recommencer à travailler ensemble. Cette mission pas impossible déguisée en une petite visite «improvisée» au bureau de votre supérieur ne pourra pas faire de tort..! Diabolique, il n’y verra que du feu.

11. Explorons l’inexploré.

Tant qu’à se tourner les pouces, ouvrez vos ordinateurs (vous êtes déjà bien parties) car Google deviendra votre meilleur ami. Votre région regorge de petits trésors dont vous ne soupçonnez même pas l’existence. Durant vos futures journées de congé, vous saurez quoi faire! Avant d’aller à l’étranger, c’est toujours bien de connaître son propre coin de pays!

12. Planification 101.

Élaborer un budget pour l’année à venir, ça pourrait être une pas pire idée, non? T’sais, au cas où tu commencerais à travailler plus tard l’été prochain… On ne sait jamais!

Photo: Moyan Brenn via Flickr

Gifs tirés de Tumblr et Reactiongifs.com