Cahier de bord

Pour nous, pauvres étudiants, le temps des fêtes signifie bouffe à volonté, cadeaux et surtout… repos! Pour la plupart des cégepiens, nous avons un bon mois de congé. C’est bien de faire mille et une activités, mais c’est aussi le moment parfait pour relaxer et penser à soi.

Pour vous faciliter encore plus la vie afin que vous ne vous cassiez pas la tête du tout, je vous propose cinq activités parfaites pour ceux et celles qui ont envie de décompresser. Comme quoi vous avez tout cuit dans l’bec!

1. Faire une overdose de bains

Je sais que pour certains, prendre un bain, c’est comme se baigner dans sa crasse. Enlevez cette pensée de votre esprit IMMÉDIATEMENT. Prendre un bain, c’est relaxant, c’est l’fun, c’est chaud, y’a des bulles (parce que oui, si tu met pas de bulles dedans, c’est vraiment de la merde) et ça sent bon. Est-ce que vous êtes convaincus maintenant? Prenez des bains tout le temps. Offrez vous ce petit moment de réconfort tout nu avec vous-mêmes <3

 2.  Se permettre de procrastiner

Pendant toute la session, on a procrastiné. À chaque fois, on s’est senti mal. C’EST FINI CE TEMPS-LÀ! Maintenant, vous avez tout votre temps. Regardez des vidéos niaiseuses sur YouTube, dansez devant votre miroir, écoutez toutes les séries du monde, on s’en fout! Vous n’avez plus de compte à rendre à personne, vous avez le droit de ne rien faire.

3. Dormir jusqu’à ce que mort s’en suive

On croit trop souvent que le sommeil n’est pas nécessaire. On le néglige parfois. Le temps des fêtes est le moment parfait pour rattraper tout le sommeil manqué pendant la session. Vous avez donc une date avec votre lit à partir de maintenant!

4. Lire

Je n’ai jamais le temps de lire pendant que je suis à l’école. Pourtant j’adore ça! Je profiterai donc de tout mon temps libre pour faire baisser mon immense pile de romans à lire sur ma table de chevet. C’est comme s’évader dans le confort de sa maison!

5. Aller voir ses vieux amis, ses grands-parents, etc.

OK, ça vous demande un peu d’effort, mais ça vous fera beaucoup de bien. Prendre le temps d’aller visiter les gens qu’on voit moins souvent sera votre BA de la journée et rendra heureux tout le monde. Il n’y a que des avantages, alors inspirez-vous de la féérie et de l’esprit de partage du temps des fêtes pour aller à la rencontre des gens qui vous sont chers!

Que comptez-vous faire pendant votre congé?

Photo: Flickr

Féminisme: Mouvement social qui a pour objet l’émancipation de la femme, l’extension de ses droits en vue d’égaliser son statut avec celui de l’homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique; doctrine, idéologie correspondante. (Lexilogos)

Le féminisme, c’est être égales aux hommes. Pour ça, il faut aussi que les hommes soient nos égaux dans certains domaines.

Benoît Paquette cumule 50 ans d’expérience, il a une femme, il est un père de famille et un homme au grand cœur. Pourtant, il est souvent interrogé sur son orientation sexuelle. M. Paquette est coiffeur, voilà pourquoi certaines personnes trouvent qu’il est normal de poser ce genre de questions. Il s’agit d’un signe que les préjugés entourant cette profession persistent toujours.

Benoît Paquette a été l’un des premiers coiffeurs au Saguenay. À ses débuts, il y a 50 ans, il a connu une grande popularité. «Les gars apportent quelque chose de différent à la coiffure féminine, ils ont un œil plus extérieur», précise-t-il. Il n’a pas dû attendre très longtemps avant qu’il puisse devenir propriétaire d’un salon, une réalité bien distincte de la plupart des coiffeuses à l’époque.

Encore aujourd’hui, les hommes ont moins de difficulté à intégrer le marché du travail dans un métier traditionnellement féminin, c’est-à-dire une occupation où l’on retrouve moins de 30 % d’hommes. C’est différent pour les filles qui sont plus propices à se faire intimider, croit la conseillère pédagogique du Centre de formation professionnelle (CFP) de Jonquière, Sandra Tremblay. Il est aussi plus toléré pour les filles de pratiquer un métier masculin alors que les hommes sont plus souvent ridiculisés.

Chapeau, les filles!

Les filles sont aussi plus encouragées à travailler dans des disciplines à prédominance masculine. Il existe d’ailleurs un concours, «Chapeau, les filles» pour encourager les femmes à étudier dans un secteur d’activité où les hommes constituent la majorité des employés. Je salue ce concours, que je trouve tout à fait pertinent, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’aucun concours de ce genre n’existe pour les hommes.

En outre, il y a très peu de documentation à ce sujet. Les recherches concernant les femmes dans des métiers masculins sont, au contraire, beaucoup plus nombreuses. «C’est vrai que ça serait bien d’inciter les hommes à étudier dans des domaines féminins. Cela pourrait empêcher de catégoriser certaines professions comme des métiers de femme», souligne Mme Tremblay.

Il y aurait toutefois moins de clientèle pour ce genre de concours estime, Sandra Tremblay. «Il y a environ 65 filles qui étudient dans des domaines masculins alors que je compte deux étudiants en décoration en ce moment. Je ne peux pas me rappeler la dernière fois que des garçons ont étudié en secrétariat», fait-elle valoir.

Même son de cloche du côté de Benoît Paquette: «Je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas de concours pour les hommes. Les jeunes coiffeurs n’ont pas nécessairement les ressources pour se lancer en affaires, le milieu est vraiment plus difficile de nos jours.»

Préjugés persistants

Malgré les années, de nombreux préjugés existent encore chez les coiffeurs. «La première fois que j’ai parlé aux propriétaires du salon Dimension Coiffure, elles m’ont demandé si j’avais un chum. Ça fait 50 ans que je suis marié et je suis père», insiste Benoît Paquette. Sa fille a d’ailleurs dû déménager assez jeune, parce qu’elle était l’objet de moquerie des adolescents à son école en raison du métier de son père.

«Mon père ne voulait pas que je devienne coiffeur, il disait que ça ferait trop fifi. Il a essayé de me dissuader, mais la passion était plus forte», affirme M. Paquette. Le coiffeur de 67 ans croit que c’est plus laborieux pour les gars hétérosexuels, puisque le jugement des autres est très dur.

Photo: Jade Pinard

Je ne sais pas si tu es comme moi, mais plus les mois avancent et plus le stress de savoir ce que je vais faire lorsque je serai grande m’angoisse. Cette question fatidique me tourne sans cesse dans la tête sans trouver de réponse.

Comment demander à une jeune fille de choisir tout de suite ce qu’elle fera pour le reste de sa vie, je me le demande? Je veux dire, il y a plein de métiers dont je ne connais même pas l’existence!

Il faut jongler avec les intérêts, les forces, les faiblesses, les caractéristiques des jobs, tout en se demandant si ça va répondre à nos attentes. Quand je vois mes ami(e)s qui savent déjà ce qu’ils veulent faire depuis l’âge de 10 ans, ça me décourage et, surtout, ça m’angoisse. Surtout que l’inévitable 1er mars arrive à grand pas. (Prends une grande respiration et calme-toi, Julie…)

Je me dis que le mieux est de s’informer. Après une, deux, voire trois visites chez la conseillère d’orientation, les options qui s’offrent à moi deviennent un peu plus claires (ou pas). Je profite des visites des universités au cégep pour me renseigner, je navigue sur les sites web des écoles pour mieux comprendre les programmes offerts; je me rends même aux portes ouvertes afin de m’imprégner de l’ambiance. Pourtant rien ne me convainc encore assez pour m’inciter à adopter un métier pour le reste de ma vie.

Autre côté machiavélique de mon angoisse existentielle: la fameuse cote R. Dans mon cas, c’est l’un de mes pires démons. On ne se le cachera pas, les universités vont surtout regarder la cote R pour déterminer qui sera accepté ou non. Pour celles qui souhaitent entrer dans un programme contingenté, cette fameuse cote vous hantera.

Malgré les questionnements, les incertitudes, le stress et l’angoisse qui m’habitent toujours par rapport à mon futur, autant prendre un jour à la fois et faire de mon mieux!

Photo: Free Images

Si vous cherchez à lire un texte sortant droit de la main de Nicholas Sparks ou bien quelque chose qui pourrait se retrouver dans un film mettant en vedette le beau Ryan Gosling, je vous conseille de changer d’article. J’ai plutôt envie de vous expliquer à quel point je trouve ridicules les expressions qui peuvent désigner notre vagin.

La chatte

Autant il y a quelques années on pouvait retrouver un Persan dans l’entrejambe des filles que maintenant c’est plutôt la mode au chat sphinx. À part ce qui concerne le poil, j’essaye encore de trouver les ressemblances entre le vagin et le chat. Quelques sceptiques diront qu’on peut aussi dire qu’il est sauvage comme les félins, je leur répondrai que c’est plutôt la femme dans son entité complète qui peut être sauvage — ne pas la réduire à son vagin.

La plotte

Un mot tout droit sorti des poubelles. Dans la catégorie des pires mots qui existent sur la terre, il doit faire partie du top dix. Toutes les expressions imaginables dans lesquelles ont peut retrouver le mot «plotte» sont répugnantes. J’ai peut-être trouvé la seule occasion ou le mot «plotte» peut être utilisé à bon escient, c’est lorsqu’on le répète plusieurs fois ce mot avec des intonations différentes. Essayez avec un air inquiet ou même naïf, je vous confirme que c’est hilarant et on peut enfin comprendre pourquoi ce mot a été inventé.

La snatch

Définition selon le Urban Dictionary: «That girl’s got a nasty smelling snatch». La définition parle d’elle-même.

Avoir du sable dans le vagin

Expression qui désigne une fille frustrée. Il est normal qu’après une journée complète passée à la plage sous un soleil chaud, ayant comme seule musique le bruit de la mer bleu clair, je retrouve des grains de sable dans mon orifice vaginal. C’est plutôt une sensation tannante, mais au moins j’ai passé une belle journée. Tandis que lorsque je suis fâchée pour mille et une raisons et que tu me dis que j’ai du sable dans le vagin, je te réponds non. Utilise bien les mots. Tu ne peux pas dire que j’ai du sable dans le vagin, car ton expression est erronée. Je suis rarement fâchée après une journée complète à la plage. Utilise plutôt l’expression «avoir le vagin en rogne» ou « t’as le vagin frustré» et comme cela il n’y aura plus de confusion.

Tout cela pour dire que je trouve qu’il est bien d’utiliser les mots justes quand on parle. On n’est pas obligé de jouer les Baudelaire et de trouver une panoplie de synonymes pour désigner le vagin. Oui, vous pouvez dire que cet article ne sert à rien. J’ai eu le «vagin en rogne» quand j’ai écrit, mais au moins j’ai eu un plaisir fou à critiquer les différentes expressions vaginales.

Photo: We Heart It

T’sais quand t’as besoin de changement, tu te regardes dans le miroir et tu te dis que ça va pas pantoute. T’es juste écœurée pis tu sais pas quoi faire. J’ai trouvé la solution parfaite! Une petite coupe de cheveux, avec au bout de la ligne, ta B.A. de la journée.

Moi en tout cas c’est ça que j’ai fait. J’étais tannée de mes longs cheveux, je n’en voulais plus de cette chevelure qui traine partout où je vais, (à tel point qu’on pouvait me suivre à la trace), qui se pogne dans les racks au magasin et dans les zippers des manteaux. C’était assez!

Et là, je me suis dit: «T’sais Julie, ça fait quand même beaucoup de cheveux, pourquoi tu ne les donnerais pas? Ouais bonne idée!» Mais mes cheveux sont teints, donc ça ne marche pas, que je me suis dit…

J’ai fait mes petites recherches et j’ai trouvé le Programme DonEspoir Cancer qui accepte les dons de cheveux colorés. Programme DonEspoir Cancer œuvre depuis maintenant 9 ans et s’est associé depuis peur avec le fabriquant de perruques Perruque RL Moda afin de pouvoir distribuer gratuitement les prothèses capillaires aux jeunes enfants atteints du cancer au Québec. Cet organisme à but non lucratif offre aussi la possibilité au donateur d’insérer une lettre d’encouragement et d’espoir adressé à l’enfant qu’ils remettront en même temps que la perruque.

Si toi aussi ça t’intéresse de faire un don de cheveux, il faut que tu saches que quelques critères s’appliquent. Premièrement, la plupart des organismes ne prennent pas les cheveux colorés ou traités chimiquement, car pour faire une seule perruque plusieurs dons sont utilisés et ils doivent eux-mêmes traiter le cheveu pour uniformiser la couleur, donc un cheveu non coloré sera préférable. (Si tes cheveux sont traités tu peux les envoyer au même programme que moi, il les accepte!) Pour les cheveux blancs ou gris, c’est la même chose.

De plus, une longueur minimale est souvent exigée. Je devais envoyer minimum 8 pouces (20 cm) de cheveux, par contre ça peut varier selon l’organisme. Ensuite les cheveux doivent toujours être attachés avec un élastique aux deux extrémités. Finalement, ils doivent être propres et secs!

Et voilà, c’est une façon simple de changer de tête et de faire plaisir à pleins d’enfants!

Voici quelques adresses où tu peux envoyer ta tignasse :

Programme DonEspoir Cancer / Perruques RL Moda
4891, boulevard St-Charles
Pierrefonds (QC)  H9H 3E4

Pantene Beautiful Lengths
c/o Archway Marketing Services
P. O. Box 434
2110 Kipling Avenue
Etobicoke Station B, ON M9W 5L4

A Child’s Voice Foundation
Angel Hair for Kids Program
3034 Palstan Road, suite 301
Mississauga (ON)  L4Y 2Z6

Photo: We Heart It

J’ai le blues de l’automne.

L’autre fois, j’attendais à la caisse au IGA. J’écoutais la jeune fille en avant, pas plus vieille que moi, parler de sa petite sortie aux pommes en amoureux à la caissière. Je me suis dit que jamais, jamais, je ne vais amener mon copain aux pommes tant qu’on n’aura pas nos huit enfants et notre chien.

Je me disais, ce jour-là, que c’est parce qu’on va avoir fait tout le Kama Sutra pour pimenter notre vie de couple et qu’on va être rendus à se trouver des pépins pour plus faire l’amour. Comme quoi, on n’est pas encore rendus là.

On est trop jeunes pour se balader main dans la main au travers des pommiers et s’obstiner sur quelle sorte de pommes est la meilleur (c’est la McIntosh).

Aller aux pommes, ça fait trop automne.

Sauf que j’ai quand même acheté ma première citrouille, parce que tout le monde fait ça en octobre. J’ai même acheté une courge, le légume qui a une drôle de forme. Je n’ai jamais cuisiné ça de ma vie, je sais même pas comment le couper, sauf que tout le monde en achète, à l’automne.

Alors ce vendredi soir-là, j’ai préféré refuser toute invitation à sortir pour venir à bout de ma courge.

– Est-ce que tu sors ce soir? m’a demandé une amie, puisque c’est normal de sortir un vendredi soir quand tu as 19 ans et que t’habites plus chez tes parents.

– Non désolée, je suis fatiguée, j’ai dit. Ma courge m’attend, c’est une bonne excuse.

Ou peut-être aussi parce qu’il faisait trop froid pour marcher jusqu’au bar. La brise d’octobre est assez aguicheuse pour que je doive mettre des collants avec ma petite robe, sauf que j’ai déjà dépensé 50$ en collants ce mois-ci (et en produits dérivés de la citrouille). Je n’ai même pas eu le temps de mettre un pied dehors qu’ils étaient déjà troués et déchirés. Résultat : j’ai le nez qui coule, les yeux rouges et une voix d’homme.

Finies les robes à l’automne, l’été c’est fini depuis un boute. (Surtout au Saguenay.)

Alors, non. Je ne suis pas sortie. J’ai remplacé le vin par un thé à la citrouille dans ma tasse avec des pommes du DavidsTea.

J’ai le blues saisonnier, mais en avance sur tout le monde. Moi, c’est pas à l’hiver, mais à l’automne.

Alors j’écoute du Kaïn pour passer à travers. Le problème avec les chansons de Kaïn? Ça me rappelle juste, au final, à quel point je suis aussi quétaine que les autres à l’automne.

Mon amour, je sais que tu vas lire ce texte, alors est-ce que tu veux m’amener aux pommes? Oui, aux pommes! Embarque-moi dans ta belle Mazda et on va rouler jusqu’à Rougemont. Je ne veux pas qu’on soit comme Adam et Ève, pas que je sois gênée de me promener nue. Je veux qu’on soit comme tous ces couples quétaines. Je voudrais que tu sois mon super héros de la pomme, juste pour que tu comprennes c’est quoi mettre des collants. Bref, je veux aller aux pommes.

Et j’veux que tu m’amènes boire un maudit café à saveur de citrouille au Starbucks.

Automne, t’es la saison que je déteste le plus. T’es ma saison préférée.

Photo: Sarah Horrigan via Flickr

Depuis un bout de temps, mon newsfeed Facebook est rempli d’articles partagés de «5 trucs qui vous assurent le bonheur  ou de «10 indices qui te prouvent que tu as trouvé l’homme de ta vie» pis j’en ai assez. Genre vraiment.

Ça m’donne l’impression qu’on veut tout avoir servi sur un plateau d’argent, qu’on ne veut pas explorer, qu’on veut juste savoir. Pis ça m’donne l’impression qu’on a trouvé toutes les réponses à nos questions comme par magie pis que notre vie est donc plus simple maintenant qu’on nous a dit ces révélations (qui n’en sont pas vraiment, quand on y pense un peu).

J’ai pas envie qu’on me dise que par huit facteurs ben simples on peut savoir qui est ma meilleure-meilleure amie. Ma meilleure-meilleure amie, elle a ce titre spécial-là parce qu’elle comprend une partie de moi que pas grand monde comprennent, en plus d’être capable de vouloir être là pour moi en silence quand ça feel pas ou vouloir faire la fête avec moi un mardi soir qu’on devrait étudier. C’est à elle que j’annonce en premier mes bonnes et mes moins bonnes nouvelles, pis c’est avec elle que je parle de vraiment (mais vraiment) n’importe quoi. Si vous voulez vraiment dire à votre BFF que vous l’aimez, écrivez-lui votre propre texte avec vos insides et vos moments-clés où vous avez compris combien vous étiez proche. Ne lui montre pas un patron de texte que tout le monde utilise.

J’ai pas envie qu’on me dise non plus comment savoir que j’ai trouvé l’homme de ma vie. J’ai envie de faire mes erreurs, de me laisser guider par mon cœur et de finir par le trouver… mais par moi-même! Même si ça risque de vouloir dire de vivre dans le doute, de penser beaucoup trop avant de m’endormir et de risquer d’avoir de la peine. Parce que ça veut aussi dire qu’en étant consciente de ces risques-là, je ne renonce pas à la conquête du bonheur à deux.

J’ai pas envie de penser que c’est avec les réponses écrites devant mes yeux que je vais pouvoir comprendre plus rapidement. Parce que c’est en cherchant nous même les réponses qu’on comprend réellement les questions. Notre prof de maths avait raison, dans le fond, quand il nous donnait le livre «corrigé» de notre livre d’exercices pis qu’il nous disait qu’on pouvait faire les exercices en copiant simplement les réponses, mais qu’à l’examen on comprendrait rien.

Au fond, on est mieux de faire nos bons coups comme nos erreurs par nous-même. Quand va arriver le bon temps, on va savoir par nous-même qu’on vient de trouver la bonne réponse à notre question, on aura pas besoin de vérifier dans le corrigé de notre vie pour le savoir…

On va simplement être certaine de notre réponse.

Photo: We Heart It

Quand j’étais petite, je m’imaginais à 19 ans riche, populaire, mariée, avec plein de bébés, mais, surtout, heureuse et complète. Bon OK, j’ambitionnais peut-être, et je dois dire que je ne suis pas malheureuse, mais je n’imaginais pas ma vie ainsi. Je suis sensée vivre ma vie à fond, pas la face dans le fond de mes cahiers.

J’avais envie de voir autre chose, des nouveaux paysages, de nouvelles personnes. J’avais envie de me voir moi, bon. Là tu vas m’dire: «Ben voyons Ève, tu peux t’voir tous les matins dans l’miroir, si tu veux.» Bonne blague, ma petite cerisette, mais je voulais plutôt dire que j’avais envie de me voir moi dans un endroit inconnu, dépaysée, livrée à moi-même.

Ça fait que en mai dernier, en fermant mes cahiers pour l’été, j’ai décidé de quitter le Québec pendant cinq semaines pour la merveilleuse ville de Vancouver, en Colombie-Britannique. Je ne suis peut-être pas allée à Riyad en Arabie Saoudite (merci Google), mais j’étais tout de même dépaysée, à cinq heures d’avion de chez Maman et Papa.

Ça m’a pris quelques jours à peine pour me faire des nouveaux amis et m’intégrer. Du ben bon monde, super gentils, ultra crinqués. Du ben ben bon monde, pour vrai. Et c’était cool, vraiment! Mais après une semaine, j’étais déjà redevenue tristounette. Ça faisait une semaine que j’étais là et rien ne changeait, toujours ce même feeling désagréable à l’intérieur.

C’est après une bonne réflexion et quelques claques dans la face que j’ai réalisé que c’est ben l’fun se faire des nouveaux amis, s’ouvrir aux autres et même leur offrir mon amour et mon amitié, mais ça donnait absolument rien si je n’arrivais pas à apprécier la petite blonde en face de moi dans le miroir.

J’ai décidé de vivre mes expériences pour moi. Prendre le métro seule, magasiner seule, marcher seule et manger au restaurant seule. Ça semble ridicule, mais c’était tout un exploit. Je n’aurais jamais fait ça auparavant. Parce que j’avais toujours besoin de quelqu’un pour être avec moi. Être seule me rendait malheureuse. En fait, l’idée de me retrouver seule avec moi-même me faisait littéralement trembler.

Plus je m’obligeais à être seule et à m’endurer, plus j’en apprenais sur moi et plus j’apprenais à m’aimer. Aimer mes traits de personnalité, les imperfections sur mon corps et même mes défauts. Et drôlement, plus je m’appréciais, plus j’appréciais les autres. C’est tu pas beautiful ça?

Où je veux en venir avec ma tranche de vie, ma petite cerisette, c’est que la base de tout, c’est l’amour de soi. Je ne parle pas de narcissisme ici. Je parle d’accepter tes défauts comme tes qualités, de t’accepter comme tu es et d’être capable d’être seule avec ta petite personne sans tomber dans la déprime. S’il faut aller à l’autre bout du monde, le plus loin possible de ton patelin pour te faire comprendre que tu es quelqu’un qui mérite d’avoir confiance en soi, alors fais-le. Une famille merveilleuse, un chum aussi romantique et beau que Ryan Gosling et des milliers de meilleures amies pour la vie, c’est vraiment incroyable. Mais rappelle-toi ma petite cerisette que la seule personne qui mérite tout ton amour, qui est importante et qui sera toujours là quoi qu’il arrive, c’est toi-même.

Je suis peut-être pas riche, populaire, mariée et avec plein de bébés, mais je suis heureuse et complète parce que j’ai appris à m’aimer. À m’aimer moi.

Photo: We Heart it

Vincent Vallières a raison : «Le temps est long, long, long, long, long». Le cours d’anglais est franchement interminable. J’apprends à rédiger un texte, à composer une introduction avec un sujet amené, posé, divisé et à lire en diagonale. Le hic là-dedans c’est que je suis en deuxième année de CÉGEP. Je pensais que l’époque où Memo l’éléphant nous apprenait à lire était révolue…

Flashback

Si je tends les mains, je touche presque le ciel. Mes pieds ont quitté le sol et le vent me fouette le visage, je dois tasser les quelques mèches de cheveux qui sont projetées sur mes lèvres humides.

Une chance que j’ai shotguné une balançoire, elles sont très prisées ces derniers temps… Tout comme les méli-mélo de Jessica, mon amie qui exhibe un tour de bouche tout rouge parce qu’elle se lèche trop les lèvres.

Je me balance tranquillement en prêtant attention au babillage de mes voisines. (J’te jure, pour être à l’affût de tous les potins, c’est au spot des balançoires que ça se passe!)

Aujourd’hui, j’ai appris deux choses :

La première, SCANDALE : Fanny-la-guidoune-qui-sort-avec-des-gars-plus-vieux est rendue à l’étape de porter des G-strings. Oui oui, l’affaire que te rentres dans la craque des fesses. Oh my god, elle a même pas encore l’âge pour louer Rage meurtrière» ou Le cercle sans supervision parentale, you know what I mean? Rassure-toi, je n’ai pas des yeux bioniques, je l’ai su quand elle s’est mise à «capoter»* parce qu’elle avait peur que les p’tits gars voient sous sa jupe lorsqu’elle était dans les airs.

*Ici, le terme «capoter» n’est pas entre guillemets parce qu’il constitue un québécisme, mais bien parce que Fanny n’angoissait pas vraiment à l’idée de peut-être exposer au grand jour ses petites fesses de prépubère. En fait, je dirais même qu’elle avait un brin d’espoir qu’un coup de vent soulève sa jupe question de faire fantasmer les garçons.

La deuxième chose que j’ai apprise : Mon chum* Cédric sort avec Sabrina. Déception. Je me console toutefois en me disant que j’ai peut-être une chance d’être sa deuxième blonde… L’an passé, il est sorti avec moi et ma meilleure amie en même temps, alors c’est envisageable!

*Chut! Il ne sait pas qu’il est mon amoureux.

Quand mon tour de balançoire est fini – car oui, on a instauré un système de rotation pour que toutes les filles puissent profiter de l’attraction (je vous l’avais dit qu’elle était très populaire cette année) -, je vais voir Anne pour lui quêter un morceau de rouleau aux fruits. Ouain, elle est chanceuse Anne : quand c’est pas les rouleaux aux fruits, c’était les goldfishs ou les ficellos. Moi, j’ai jamais de collations. Mais ça me dérange pas trop, parce que de toute façon je trouve que les poissons au cheddar ben ça donne mauvaise haleine.

La cloche sonne. Je cours me placer en rang. Je sais pas vous, mais moi je suis toujours parmi les premières dans la file. Peut-être qu’un jour, je serai derrière avec les grandes si je mange toutes mes croûtes… paraît que ça fait grandir, les croûtes.

Retour à aujourd’hui

En attendant le coup d’onze heures qui signifie la fin du supplice qu’est mon cours, je me surprends à rêver de retourner dans le passé. L’époque où y’en avait pas de problèmes! L’époque où porter des bobettes de grand-mère était accepté et où les couples se formaient par l’intermédiaire d’une croix sur un bout de papier. «Oui?», «Non?» ou «Peut-être» pour les indécis…

Photo: Pinterest