Voyage

Il y a de ces soirées où je ferme les yeux et où je ne pense plus à la routine. J’oublie les travaux, la vaisselle qui s’empile et les petits tracas d’étudiante pour rêver, tout simplement.

J’ai refait le monde à maintes reprises dans le confort de mes couvertures, éradiquant la pauvreté et les conflits. Sous mes paupières, il n’était plus question d’inégalité des sexes, de conflits sanglants ou d’attentats dévastateurs.

Dans mes rêveries utopiques, il faisait bon vivre sur toute la surface de la terre. Mon imagination débridée se plait à esquisser une société où les différences culturelles représentent une richesse.

Lorsque je ne refais pas le monde, je rêve d’aventures.

Je ferme les yeux et je suis catapultée à Istanbul, où je réalise mon souhait de visiter la Mosquée Bleue. En quelques secondes, je fais de la randonnée pédestre dans l’air pur des Pyrénées espagnoles. Le lendemain, je m’imagine aisément déambuler dans un souk marocain, humant l’odeur des épices décuplées par la chaleur. Ensuite, je vais faire un tour au Costa Rica, où je baragouine les quelques mots d’espagnol que je connais.

Parfois, je fais aussi un saut dans le passé. L’adepte d’architecture en moi visite l’Expo 67 alors que mon côté pacifiste discute avec Martin Luther King, lui-même assis à côté de Nelson Mandela. La fascinée d’histoire en moi assiste avec émotion à la chute du mur de Berlin et l’amoureuse du voyage que je suis visite le Pérou au temps de l’Empire Inca.

Je chéris ces soirées où mon imagination se perd en rêveries loufoques, parce que tout y est permis : aucune contrainte monétaire et le temps n’y est plus un facteur.

«La logique vous mènera d’un point A à un point B : L’imagination vous emmènera partout»

-Albert Einstein et ses douces paroles

Photo : Wikimédia

Cela fait maintenant plusieurs mois que j’explore la terre canadienne et je peux déjà dire qu’il y a certaines différences marquantes. À l’intention des futurs étrangers, je vous présente le top 10 des choses à ne pas faire au Canada! (Surtout quand on est un maudit français chiant 😉 )

  1. Oublier de donner un pourboire au serveur

Au Canada, le fait de donner plus ou moins 15 % de pourboires est obligatoire, faute de quoi on nous regardera avec insistance. Le serveur n’est pas près de nous oublier!

  1. Se servir de l’alcool des autres lors d’une soirée

Se servir dans le pack du mec assis à côté de toi : n’y songe même pas. C’est à TOI d’apporter ton propre alcool. Plus besoin de payer 20 euros pour n’avoir qu’un verre, héhé.

  1. Ne pas respecter l’environnement

On arrête de jeter les ordures et les bouts de papier par terre et on devient écoresponsable! Au Canada, la protection de l’environnement occupe une place majeure dans la société et la population marque un intérêt certain pour cette cause.

  1. Faire du bruit après 23 h

Si tu ne veux pas que la police débarque et te colle une amende. La première fois on se croit dans un film.

  1. Garder ses chaussures chez les autres

On laisse ses chaussures sales et boueuses sur le tapis d’entrée. Étrange au début, une véritable habitude par la suite! Attention aux super chaussettes que tu pourrais porter ce jour-là et à l’odeur de tes pieds.

  1. Vouloir faire la bise à tout bout de champ

Difficile de se défaire du réflexe français par excellence. Deux petits bisous sur les joues qui rapprochent les individus. Ici, c’est différent et c’est parfois beaucoup mieux. On serre la main pour dire bonjour ou on fait de gros « hugs » à nos amis proches!

  1. Rire de l’accent québécois

Ici, c’est toi qui as un accent. Pauvres c’htis et Marseillais…

  1. Boire de l’alcool dans la rue

Bien que ça le soit également en France (ou plus ou moins), boire de l’alcool dans la rue ou les parcs est formellement interdit, sous peine d’une lourde amende. Fini les petits biberons alcoolisés dans le métro ou dehors.

  1. Arrête de répondre au « bienvenue » du serveur

Comme les Anglais nous diront « You’re welcome », cela n’a aucun rapport avec notre statut d’étranger.

  1. Critiquer, râler, tout comparer à la France

Si tu es parti, ce n’est certainement pas pour critiquer ton pays d’accueil, mais bien pour l’aimer et le découvrir. ON OUBLIE LA FRANCE. Si personne ne te le demande, évite de tout rapporter à ce pays et cesse de réclamer du fromage à la place du cheddar. Ce n’est pas au Canada de s’adapter, mais bien à toi. En plus, la poutine est super bonne.

Depuis quelques mois, j’ai un nouveau hobby. Le genre de passe-temps que vous commencez par hasard, par curiosité, presque avec scepticisme, sans vous douter que peu de temps après, vous ne pourrez plus vous en passer! J’ai commencé à échanger des cartes postales.

Ici, je devine votre regard interrogateur en lisant cette dernière phrase. Eh oui, j’échange des cartes postales avec des gens de partout autour du globe qui, comme moi, rêvent de voyages et d’aventures. Elles peuvent être vues comme de vulgaires bouts de papier sur lesquels on aura flanqué des timbres, puis mis à la poste.

Pour moi, une carte postale représente bien plus que cela: c’est un bout du monde dans ma boîte aux lettres, une parcelle de culture couchée sur papier, un petit message qui a voyagé des milliers de kilomètres pour terminer son périple chez moi, pour mon plus grand bonheur!

L’adepte de voyages, la rêveuse, la romantique ou l’aventurière en vous se sentira peut-être interpellée par ce hobby hors du commun. Pour se joindre à cette communauté de collectionneurs de tous âges, il faut se créer un profil, tout à fait gratuitement, sur le site Postcrossing. À partir de ce moment, votre aventure commence. Vous réquisitionnez une adresse, qui vous sera attribuée aléatoirement, et c’est parti! Un jour, sans crier gare, ce sera à votre tour de recevoir une carte postale venue de l’autre bout du monde, timidement insérée entre deux factures. Puis, peu à peu, les cartes postales prendront le dessus sur la paperasse ennuyante et vous en viendrez peut-être, comme moi, à prendre plaisir à aller chercher le courrier pour découvrir quelles surprises vous y attendent, car des surprises, il y en a, croyez-moi: j’ai déjà reçu une carte postale de Hong Kong entièrement écrite en mandarin!

Grâce à ce passe-temps, j’ai même affiné mes notions en géographie! En effet, qui connaît la différence entre la Hollande et les Pays-Bas? J’avoue bien humblement que c’était flou pour moi avant de recevoir une carte postale d’une dame des Pays-Bas qui m’a expliqué exactement de quoi il en retournait. Également, vous auriez dû voir ma stupéfaction le jour où une carte du Swaziland a atterrie dans ma boîte aux lettres. Qu’est-ce que çamange en hiver, un Swaziland? Eh bien, après de petites recherches, j’ai découvert que le Swaziland était en fait un petit pays d’Afrique!

À travers les cartes postales, j’ai aussi appris à connaître l’art typique de différents pays du monde. Je vous assure que l’art ukrainien est à couper le souffle, je suis aussi tombée en amour avec les draperies indiennes et je veux absolument aller au Maroc me procurer l’une de ces poteries dont j’ai vu des photos.

Bref, l’échange de cartes postales est un excellent moyen de voyager à partir de chez soi, de s’ouvrir sur le monde et sur les cultures merveilleuses qu’il recèle. Que dire de plus? Ah oui, c’est un passe-temps qui fait rêver!

Le voyage est la forme d’ivresse la plus totale. La liberté atteint son paroxysme dès lors que l’on admire un paysage magnifique et intouchable, plus réel que les cartes postales qui ont l’habitude de nous faire rêver. Les cheveux dans le vent, les joues roses et froides, les pieds engourdis et les yeux toujours vivants.

Cet hiver j’ai eu les vacances dont j’ai toujours rêvé. J’ai eu mon propre «road trip». Contrairement aux films, il y avait un peu plus que quelques culottes et une brosse à dent dans mon sac à dos, et je n’ai pas pu voyager la crinière au vent en chantant à tue tête dans une vieille Chevrolet cabriolet. C’était mon aventure à moi, avec ses maladresses et ses imprévus. J’ai réalisé mes rêves d’enfants, découvert tout un tas de choses dont je ne mesure pas encore l’impact.

En réalité, je ne me rends pas bien compte de ce qui m’arrive. Moi, la petite bourguignonne qui avait pour habitude de se pelotonner dans son lit et de passer son temps à rêver, qui se contentait de simplicité et aimait le confort et la sécurité. Aujourd’hui je vois plus grand, j’ai soif d’aventure et d’inconnu. Et pour la toute première fois, je suis heureuse toute seule. Je n’attache pas mon bonheur à un garçon qui m’aurait fait tourné la tête une fois de plus, non, je suis heureuse par moi-même et par les choix que j’ai fait. Je n’ai pas besoin que quelqu’un m’apprenne à être heureuse et prenne soin de moi car j’en suis parfaitement capable.

La distance avec les gens que l’on aime n’est pas la fin du monde, il s’agit seulement d’une question d’habitude. On s’adapte, on s’habitue et parfois on oublie. Il n’y a que le voyage qui permet la véritable expérience, car il est un test à chacune de nos relations humaines. Il est le test de notre moi intérieur, le fameux et impénétrable moi intérieur, celui qui nous met en proie à des interrogations et qui ne cessera jamais de nous surprendre. On dit souvent que les plus belles photos sont celles qui se capturent avec les yeux. Elles restent bien au chaud dans un coin de la tête et ce sont elles qui continueront de nous interpeller.

Je sais que demain m’appartient. Car, dans ces instants suspendus que personne ne peut me voler, je me plais à être la reine du temps. 

Photo: We Heart It

Avant je rêvais d’aimer. Disney me faisait rêver de la perfection, de la princesse et de son prince charmant, des plus beaux paysages, et de son histoire à saveur d’un conte de fée. Sauf que le conte de fée, c’est trop cliché. Aujourd’hui, je veux pas juste aimer, je veux voyager à travers l’amour.

Je veux qu’on parte en sac à dos, et qu’on vive la vraie vie; t’sais celle qui connaît le doute, la peur, la tristesse et la déception. Mais je te promets que dans notre sac à dos, il va aussi y avoir du bonheur, des rires, de l’amitié profonde, des folies, et bin de l’amour.

Je te promets que le jour où on décide de partir, on va se rendre quelque part, mais j’espère que t’es prêt à tout, parce que la destination je la connais pas, et le chemin non plus. Il y a des fois où on va se retrouver devant les plus belles merveilles du monde, que ce soit la muraille de Chine ou les pyramides d’Égypte, mais il y a d’autres fois où on va se retrouver sur la terre ferme à observer des jeunes guerriers sur les champs de cacao. Pis nous aussi on va se sentir comme des guerriers de l’amour, parce que ce n’est pas toujours facile.

Ça se peut qu’on se perdre, pis ça se pourrait même que le trajet soit long parce que des fois on doit vivre avec les tensions, comme on doit vivre avec les défauts de l’autre. Des fois, voyager longtemps ça donne l’impression que c’est monotone, que c’est routinier et que ça devient ennuyant. Ça arrive, pis ça va nous arriver à nous aussi. Mais ce jour-là, faudra juste changer la boussole de bord, pis on ira visiter le Nord. Le Danemark t’en penses quoi?

Je veux jamais que tu me demandes où on s’en va demain, parce que demain je le connais pas. Je sais pas si t’es l’homme de ma vie, mais t’es celui qui me rend heureuse maintenant, pis le moment présent il est bin plus beau. Si on n’en profite pas, l’angoisse va nous rattraper. T’sais quand je te parlais du doute, je voulais parler de ces questions qui nous tracassent quand on pense au futur. On en a pas besoin de celles-là, elles sont juste là en guise d’obstacles, mais les obstacles ont été inventé pour être traversé, pas pour te faire tomber.

T’aimes tu ça les manèges toi ? Parce que j’aimerais ça que tu embarques dans le mien. Ça va arriver que ça ressemble à une montagne russe, que ça tourne en rond, que ça aille vers le bas pis que ça remonte en haut, mais je te promets qu’on a bin du fun dans ce manège-là. Des fois, ça fait peur, mais quand on est rendu dedans, on veut pas débarquer.

Voyager, c’est vouloir tout découvrir, tout voir. Tout de suite. Parce que la société veut que ça aille vite, ça fait que nous aussi on veut aller vite. Pis à certains endroits va falloir ralentir le rythme parce que pour connaître le monde, faut prendre le temps de le faire. Regarder en surface, ça rien de ce que ça l’air en profondeur des fois. Tu le sais comme moi que la Chine ça l’air beau, l’architecture est d’une beauté inestimable, mais les conditions de travail sont pas toujours celles que tu pourrais oser imaginer.

Voyager, c’est aussi des beaux moments. Je veux qu’on regarde les étoiles jusqu’au lever du soleil, qu’on danse sur la plage, qu’on se découvre au fur et à mesure qu’on découvre le monde, pis qu’on garde toujours en tête qu’on est biens. Ça se peut que tu veuilles déraper des fois, vivre tes trips seuls, faire des expériences qui t’appartiennent, et je te le souhaite. Parce que voyager à deux, c’est aussi faire son propre voyage personnel dans le même envol.

Je ne sais pas on si on va se rendre à San Francisco ou en Australie, mais je te promets qu’on va faire un bout ensemble. Voyager, c’est plus que de la distance. C’est d’apprendre à se découvrir, à apprivoiser l’amour, à en tirer des apprentissages, à en créer des souvenirs, à vivre des nouvelles expériences, à faire des nouvelles rencontres, à se cultiver, et à devenir quelqu’un de grandissant. Puis si jamais tu finis par décider de faire le voyage seul, je te promets qu’on aura fait le plus féerique des voyages. Ça ne sera pas comme l’histoire de Cendrillon, mais ce sera notre conte de fée à nous.

Mais après tout, c’est ma version de l’amour, pis je ne voudrais pas qu’elle soit parfaite. Parce que moi la perfection je trouve ça fastidieux.

Photo: weheartit

Le 24 décembre dernier, une majorité de Québécois déplorait l’absence de neige, véritable symbole du temps des fêtes dans la province. Pendant ce temps dans la chaleur de l’Espagne, les festivités battaient leur plein, mais rien à voir avec nos traditions nord-américaines!

La veille de Noël dans la région de la Catalogne, en Espagne, les habitants fêtent la Tió. Cette tradition est typiquement catalane. Il faut savoir que la Catalogne est différente du reste du pays, elle est plus prospère et ses habitants possèdent leur propre langue : le catalan. Les habitants réclament leur indépendance depuis plusieurs années, invoquant le fossé culturel qui les sépare du reste de l’Espagne. Il ne faut donc pas se surprendre si la région a des traditions qui lui sont propres!

La Tió, qui signifie « Bûche de Noël » en catalan, est une fête assez surprenante pour ceux qui ignorent son déroulement comme c’était mon cas jusqu’à ce que Berta, une Catalane de 17 ans, m’explique en quoi elle consiste. Au début du mois de décembre, les familles placent dans leur maison un tronc d’arbre sur lequel elles auront dessiné un visage souriant. Le tronc d’arbre, appelé tió, est recouvert d’une couverture et il est aussi affublé d’une barretina, le bonnet typique catalan.

Le soir du 24 décembre, la famille bat la bûche avec des bâtons pour la « faire chier », ou autrement dit, pour qu’elle donne des cadeaux. Lorsque Berta m’a dit cela, j’étais plutôt perplexe et bien honnêtement, je me suis dit que le français n’étant pas sa première langue, alors il était bien probable qu’elle n’ait pas trouvé d’autre mot pour exprimer sa pensée! Eh bien non, « faire chier le tió » est l’expression exacte, aucun terme plus poli ne peut être employé! Les parents ont caché de petits cadeaux sous la couverture du tió, qui sont découverts une fois que le tió est « chié ». Lorsque les membres de la famille frappent la bûche avec des bâtons, ils chantent des chansons traditionnelles de ce moment de l’année.

Lorsque Berta a eu terminé de me décrire cette tradition du 24 décembre, elle a conclu en disant : « On est bizarres les Catalans! ». Je ne la contredirai pas, mais chose certaine, j’aimerais bien vivre un tel réveillon une fois dans ma vie!

En ce qui a trait à l’arrivée du Nouvel An, les Espagnols ont une tradition bien particulière : ils mangent un raisin à chacun des douze coups de minuit précédant l’arrivée de la nouvelle année. On les appelle les raisins de la chance, parce que la tradition veut que tous ceux qui parviennent à les avaler à temps vivent une année remplie de chance et de prospérité. Ce n’est toutefois pas aussi aisé qu’on serait porté à le croire parce que les raisins espagnols sont bien plus gros que les raisins québécois, en plus de contenir d’énormes pépins, a spécifié Berta.

Finalement, comme le père Noël est très peu répandu en Espagne, ce sont plutôt les Rois mages qui apportent les cadeaux aux enfants, dans la nuit du 5 au 6 janvier. Alors que les enfants d’ici écrivent une lettre au Père Noël, les gamins espagnols s’adressent plutôt à Melchior, Gaspar et Balthazar, les trois Rois mages orientaux.

Voilà donc comment se déroulent les célébrations du temps des fêtes en Espagne. Si les Catalans ignorent tout de la magie d’un Noël blanc, ils peuvent par contre se targuer d’être parmi les seuls qui vivent l’effervescence entourant la Tió.

Photo : Joan Cuevas

Dans un peu plus d’un mois, ce sera le temps des fêtes. Si pour moi Noël n’est pas Noël sans un sapin illuminé dans le salon et une traditionnelle dinde partagée en famille le 25 décembre, qu’en est-il ailleurs dans le monde? J’ai discuté avec Ghita Dezzaz, une sympathique étudiante marocaine, qui m’a brièvement présenté les traditions de son pays en cette période de l’année.

Le Maroc est un pays situé en Afrique du Nord, bordé par l’océan Atlantique à l’ouest et par la mer Méditerranée au nord. Colonisés par les Espagnols et les Français à une certaine époque, les Marocains sont désormais indépendants, le pays étant dirigé par un roi. L’Islam est la religion qui domine largement le Maroc et ce, depuis le VIIème siècle.

Comme Noël est une fête chrétienne et que la population est majoritairement de religion musulmane, Ghita mentionne que le 25 décembre est une journée bien ordinaire dans la vie de ses compatriotes, qui se rendent au boulot et poursuivent leur train-train quotidien alors que l’Occident est en fête. Nulle présence de lumières de Noël, de sapins illuminés ou de cadeaux enrubannés dans les foyers marocains.

En ce qui a trait aux traditions du nouvel an, Ghita me rappelle que dans son pays, il y a deux calendriers: le calendrier tel qu’on le connait, dit grégorien, ainsi que le calendrier islamique. Le nouvel an islamique est donc beaucoup plus significatif que le nouvel an grégorien pour les Musulmans, qui fêteront la Raas Assana, la nouvelle année musulmane, le 1er octobre prochain. «Le calendrier islamique commença le jour où le prophète Mahomet migra de La Mecque à Médina», m’apprend Ghita. À cette date, les familles marocaines, pratiquantes ou non, se réuniront pour partager un repas et rendre visite à des amis.

Le 31 décembre, alors que nous entamerons le compte à rebours pour accueillir la nouvelle année, seule une minorité des habitants de ce pays nord-africain fera la fête à l’occidentale. Ghita confirme en me disant que «cette célébration n’est pas ancrée dans notre culture et nos traditions: ce n’est qu’une coutume qu’on a empruntée aux Européens, puisque la culture européenne a quand même un impact sur les Marocains.» Le nouvel an grégorien gagne de plus en plus d’adeptes au fil des ans, bien qu’aucun rassemblement ne soit organisé pour l’occasion dans le pays: les familles qui souligneront l’arrivée de la nouvelle année le 31 décembre le feront donc dans l’intimité de leur foyer.

Bref, la culture marocaine étant différente de la nôtre, il est bien normal que nos traditions du temps des fêtes diffèrent également.  Pourtant, l’essentiel reste le même: l’importance de la famille durant ces moments de réjouissance. Et si, malgré le fossé culturel et tous ces kilomètres qui nous séparent, nous n’étions pas si différentes, Ghita et moi? Deux jeunes filles de 17 ans qui fêtent l’arrivée de la nouvelle année avec leurs familles respectives, la tête pleine de rêves et de projets pour ces 365 jours à venir.

Photo: wikimédia

Il y a trois ans, j’embarquais dans un avion direction Cuba, pour un stage humanitaire. Loin de ma famille, de mon amoureux et de mon petit confort, j’étais loin de me douter que l’expérience que je m’apprêtais à vivre allait changer ma vie.

Cela faisait plusieurs mois que je me préparais pour cette grande aventure de deux semaines. J’étais enthousiaste, mais surtout très craintive. Une foule d’inquiétudes et de questionnements me traversaient l’esprit. Mon petit côté douillet allait sans doute en prendre un coup.

Dès mon arrivée, mes inquiétudes que j’avais forgées durant des mois ont disparues d’un seul coup. J’ai tout de suite su que ce voyage allait me plaire. Malgré les repas peu variés, les douches froides et les toilettes qui laissaient parfois à désirer, je me suis découvert un goût de l’aventure.

Au fil des deux semaines, j’ai appris à laisser de côté mes inquiétudes et j’ai vécu chaque expérience à 100 milles à l’heure. À travers les expériences inoubliables, les rencontres chaleureuses et les moments magiques, j’ai appris beaucoup de choses sur moi-même ainsi que sur un peuple peu fortuné, mais riche culturellement et historiquement.

En allant à Cuba, je voulais apporter quelque chose dans la vie du peuple cubain. Je voulais faire quelque chose qui allait changer leur vie. Avec le recul j’ai l’impression que c’est plutôt eux qui m’ont apportée quelque chose. L’expérience que j’ai eue la chance de vivre, a complétement changé ma façon de voir les choses et j’en suis éternellement reconnaissante.

Certains organismes comme Québec sans frontières, Le centre de solidarité internationale du Saguenay Lac-St-Jean ainsi que Jeunesse Canada Monde offrent des opportunités de voyages humanitaires.

Si un jour l’occasion de partir pour ce genre de voyage se présente à vous, n’hésitez-pas une seconde. C’est une expérience enrichissante, unique et qui nous fait réaliser à quel point le monde est grand et beau malgré ses petites imperfections.

Il y a déjà quelques années, ma mère et mon beau-père ont pris une décision : ils allaient marcher le chemin de Compostelle. Le fameux sentier pédestre qui traverse la France et l’Espagne.   Aujourd’hui, 17 octobre 2016, ils viennent d’arriver au point final de cette route.

Ils ont entrepris une marche de 1600 km, depuis Puy en Valey (France), jusqu’à la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice, Espagne.

C’est 62 jours consécutifs, avec un sac rempli sur les épaules. Quelques morceaux de vêtements, des souliers supplémentaires, un mince matelas de sol, un peu de lecture et déjà les sacs sont lourds.   Ma mère a déjà mis son sac plein sur mes épaules, je me suis effondrée. Je leur lève mon chapeau pour avoir traîné ces sacs, c’est déjà tout un exploit!

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Ils se sont préparés en allant marcher tous les dimanches, en planifiant des playlists (Of Monsters and Men est d’ailleurs fortement recommandé) et en lisant des M. Michelin. Bref, ils étaient prêts. Et beaux à voir.

Durant 62 jours, mon couple de marcheurs préféré a parcouru les champs, les montagnes, la campagne et les villes, sous la pluie ou le soleil cuisant de l’Espagne.   Ils ont vu, gouté, senti l’Europe comme personne, profitant de chaque instant. Ils ont multiplié les rencontres, avec d’autres pèlerins de partout autour du globe.

Si on me demandait de décrire le bonheur ultime, je répondrais : le visage ébloui de ma mère et le grand sourire de mon beau-père sur les photos de route. Encore mieux, je dirais leurs yeux brillants au moment où vous lisez ces lignes. Et je suis persuadée qu’ils ont versé une larme de joie et de fierté.

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Ils sont tellement adorables (et hipsters) qu’ils ont Tumblr. Oui oui, tumblr! Pour suivre leurs aventures et voir les paysages magnifiques qu’ils ont traversés, jetez un coup d’œil au toutenmarchant.tumblr.com

Bref, je suis pas mal fière de ma mère, qui me dit tout le temps qu’elle est fière de moi.

Bravo à vous deux d’être allés au bout de ce long chemin. C’est l’accomplissement ultime. Maintenant que les enfants sont grands, autonomes, vous êtes à la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, heureux de la route, qui a duré plus que 62 jours.

Photo : toutenmarchant.tumblr.com