Le 24 décembre dernier, une majorité de Québécois déplorait l’absence de neige, véritable symbole du temps des fêtes dans la province. Pendant ce temps dans la chaleur de l’Espagne, les festivités battaient leur plein, mais rien à voir avec nos traditions nord-américaines!

La veille de Noël dans la région de la Catalogne, en Espagne, les habitants fêtent la Tió. Cette tradition est typiquement catalane. Il faut savoir que la Catalogne est différente du reste du pays, elle est plus prospère et ses habitants possèdent leur propre langue : le catalan. Les habitants réclament leur indépendance depuis plusieurs années, invoquant le fossé culturel qui les sépare du reste de l’Espagne. Il ne faut donc pas se surprendre si la région a des traditions qui lui sont propres!

La Tió, qui signifie « Bûche de Noël » en catalan, est une fête assez surprenante pour ceux qui ignorent son déroulement comme c’était mon cas jusqu’à ce que Berta, une Catalane de 17 ans, m’explique en quoi elle consiste. Au début du mois de décembre, les familles placent dans leur maison un tronc d’arbre sur lequel elles auront dessiné un visage souriant. Le tronc d’arbre, appelé tió, est recouvert d’une couverture et il est aussi affublé d’une barretina, le bonnet typique catalan.

Le soir du 24 décembre, la famille bat la bûche avec des bâtons pour la « faire chier », ou autrement dit, pour qu’elle donne des cadeaux. Lorsque Berta m’a dit cela, j’étais plutôt perplexe et bien honnêtement, je me suis dit que le français n’étant pas sa première langue, alors il était bien probable qu’elle n’ait pas trouvé d’autre mot pour exprimer sa pensée! Eh bien non, « faire chier le tió » est l’expression exacte, aucun terme plus poli ne peut être employé! Les parents ont caché de petits cadeaux sous la couverture du tió, qui sont découverts une fois que le tió est « chié ». Lorsque les membres de la famille frappent la bûche avec des bâtons, ils chantent des chansons traditionnelles de ce moment de l’année.

Lorsque Berta a eu terminé de me décrire cette tradition du 24 décembre, elle a conclu en disant : « On est bizarres les Catalans! ». Je ne la contredirai pas, mais chose certaine, j’aimerais bien vivre un tel réveillon une fois dans ma vie!

En ce qui a trait à l’arrivée du Nouvel An, les Espagnols ont une tradition bien particulière : ils mangent un raisin à chacun des douze coups de minuit précédant l’arrivée de la nouvelle année. On les appelle les raisins de la chance, parce que la tradition veut que tous ceux qui parviennent à les avaler à temps vivent une année remplie de chance et de prospérité. Ce n’est toutefois pas aussi aisé qu’on serait porté à le croire parce que les raisins espagnols sont bien plus gros que les raisins québécois, en plus de contenir d’énormes pépins, a spécifié Berta.

Finalement, comme le père Noël est très peu répandu en Espagne, ce sont plutôt les Rois mages qui apportent les cadeaux aux enfants, dans la nuit du 5 au 6 janvier. Alors que les enfants d’ici écrivent une lettre au Père Noël, les gamins espagnols s’adressent plutôt à Melchior, Gaspar et Balthazar, les trois Rois mages orientaux.

Voilà donc comment se déroulent les célébrations du temps des fêtes en Espagne. Si les Catalans ignorent tout de la magie d’un Noël blanc, ils peuvent par contre se targuer d’être parmi les seuls qui vivent l’effervescence entourant la Tió.

Photo : Joan Cuevas


À PROPOS DE L'AUTEUR
Juliette Lefebvre

Juliette Lefebvre

Je suis une lectrice insatiable, une fille définitivement artistique et curieuse de nature. Le voyage me passionne, l’ailleurs m’habite constamment, vous le remarquerez sans doute au fil de mes écrits. Combien d’heures ai-je passées à rêver de contrées lointaines et de cultures à découvrir? Peut-être un peu trop, mais je me dis qu’un grain de folie n’a jamais tué personne, bien au contraire! Si j’ai l’air timide au premier abord, mes amis proches vous diront pourtant que je suis incapable d’arrêter de bavarder. Je n’y peux rien, j’ai toujours mille et une anecdotes à raconter!

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