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Ici comme ailleurs, c’est quatre histoires offrant un amalgame de retrouvailles et de séparations. Or, dans un cas ou dans un autre, l’émotion est au rendez-vous. Le concept est modeste, sans artifices, mais tout de même douze coches au-dessus d’Occupation double

Le coup d’envoi de l’émission est lancé. À défaut de prendre l’avion, j’enfourche ma bicyclette. Elle a beau avoir fait bien du millage, ma bicyclette, reste que les chances qu’elle me conduise jusqu’en Europe sont minces, voire nulles : mon vélo est stationnaire…!

Je pédale en scrutant attentivement l’écran de ma «tivi». J’entre dans un monde parallèle : «L’aéroport, c’est un peu comme un microcosme, où est-ce que tout est possible. C’est comme l’univers du possible.» (David Bernard, animateur d’Ici comme ailleurs) Pour la première fois de ma vie, l’espace de trente minutes, j’ose y croire. Oui, je retombe en enfance et je me hasarde à penser que les histoires à l’eau de rose, ça existe peut-être pas juste dans les films.

La Marocaine du début, ben elle me fait croire que le prince charmant existe peut-être vraiment : elle me donne de nouveau espoir en l’amour véritable. Pis la Française qui «vit en harmonie avec son passé, son moi et son futur» depuis son séjour au Québec, elle, je l’idolâtre. Ses nouvelles chums de filles, j’me croise les doigts serrés pour qu’elles ne perdent jamais contact parce que dans la vie, y’a rien de plus beau que l’amitié. Ces filles-là ont fait irruption dans sa vie, ont fait une différence dans son univers et c’est déjà le temps de la laisser repartir dans son pays natal.

Et finalement, un couple. Un gars. Une fille. Amoureux. La seule chose qui les désunit : un rêve. Le gars doit partir tourner un documentaire à Rome. Un voyage d’une durée indéterminée. Sa blonde? Elle le laisse plier bagage parce que, bah, elle l’aime. «Aimer, c’est laisser l’autre faire ce dont il a envie et présentement ce qu’il veut c’est partir.» Le pire dans l’histoire c’est que malgré leurs yeux pétillants d’amour et les papillons qui peuplent encore leur estomac, ils ont mis un terme à leur relation de neuf mois. Décision rationnelle, décision à fendre l’âme. C’est triste quand une relation prend fin par déficit d’amour, mais ce l’est encore plus quand le problème, c’est pas l’amour, c’est le mauvais timing. Ces amoureux, ils s’échangeaient «un dernier regard, un dernier baiser». Ils s’aiment et s’aimeront probablement encore pour longtemps, mais l’«au revoir» qu’ils se sont adressé à l’aéroport est peut-être bien un «adieu».

C’est à la vue de leur dernier baiser que j’étais ben contente d’être sur mon vélo. Comme ça, les larmes qui coulaient sur mes joues se confondaient bien avec la sueur qui perlait sur mon visage. Un attrape-nigaud efficace…

Photo: Facebook


À PROPOS DE L'AUTEUR
Coralie Boisvert-Doyon

Coralie Boisvert-Doyon

Sherbrooke, voilà d’où je viens : la ville plus petite que Montréal mais plus grosse que Jonquière. Je suis le genre de fille qui n’aime pas emprunter le chemin facile dans la vie, recherchant toujours à vivre un maximum de sensations fortes. Or, devenir la prochaine Sophie Thibault n’a pas toujours été dans ma liste de priorités. Au contraire, lorsque j’étais haute comme trois pommes, je rêvais plutôt d’être vétérinaire, clown et danseuse de ballet… Comme quoi on évolue un peu avec le temps !

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