Création

Jeudi soir dernier comme la plupart d’entre vous je me suis rendue à la salle François-Brassard avec des amis pour assister à la 38e édition de Cégep en Spectacle. Au cours de la journée il m’a été donné de rencontrer quelques-uns des participants. Tous étaient bien sur très fébriles à l’idée de monter sur scène.

En m’entretenant avec eux ça m’a fait réaliser à quel point ça prend du courage et de l’investissement.

Jeudi soir dernier il y avait 3 gagnants officiels, mais ils sont honnêtement, à mon avis tous gagnants.

Pour souligner la participation de chacun des participants, j’ai décidé de résumer chacun d’eux en quelques mots.

Ève-Marie Tremblay : Authenticité

Un talent de composition, des paroles très bien choisies.

Célia Lucas : Courage

Une scène, un micro, une voix, et un numéro sensationnel.

Gabrielle Savard-Dion : Intense

Par les paroles de sa composition et ses mouvements.

Thamara Chiasson et Marianne Pilote : Complicité

Autant entre elles qu’avec un violon!

Rosalie Dumais-Beaulieu : Touchant

Elle nous a fait passer par une gamme d’émotions en quelques minutes.

Érika Yergeau : Impressionnante  

Une si grande voix provenant d’un si petit corps.

Danick Martineau : Prometteur

Un nom à retenir.

Jean-Xavier Bois : Génie

Un mystère qui nous sort de notre zone de confort.

Will Verreault : Rassembleur

Toute en légèreté, il nous a tous fait chanter avec lui.  

Lydia Lévesque : Attachante

Tellement d’aisance sur scène, un vent de fraîcheur !  

Tous à la leur manière ils sont montés sur scène pour démontrer un numéro qu’ils avaient préparé depuis quelques mois. N’oublions pas qu’ils ont également dû passer par un processus d’audition et de pratiques. Ils se disent cependant tous contents d’avoir embarqué dans le projet et ne regrette rien. C’est effectivement un très bel accomplissement.

On ne peut passer sous silence l’excellente équipe d’animation qui nous ont fait beaucoup rire ! Il y a derrière ces blagues et mimiques assurément beaucoup de travail ! L’animation de la 38e édition a certainement été réussie ce défi de nous faire passer une belle soirée avec brio !

Je lève mon choipeau à ceux qui nous ont fait entrer dans l’univers d’Harry Potter et de Code F le temps d’une soirée !

Bref, félicitations à tous les candidats, l’équipe d’animation, le comité organisateur et l’artiste invité Jay Du Temple qui ont contribué au succès de cette soirée !  

Félicitations également aux gagnants :

1ère position : Gabrielle Savard-Dion

2ème position : Rosalie Dumais-Beaulieu

3ème position : Danick Martineau 

 Mercredi 7 décembre, 19 h —La onzième édition du gala En vert et contre tous du Cégep de Jonquière promet d’être haute en couleur ! Lors de cette soirée à la salle François-Brassard, au coût de deux dollars, aura lieu la diffusion de plusieurs courts métrages réalisés par les élèves de première année en Technique de Production et postproduction.

Ce gala mis en place par Denis Harvey et Jimmy Francoeur, deux professeurs enseignant le cours « Organisation du travail en équipe », ne cesse d’évoluer d’année en année. Dans le cadre de ce cours, les élèves ont appris les fondements essentiels au travail d’équipe en contexte professionnel afin d’avoir toutes les compétences requises pour, par la suite réaliser, le travail de session. Celui-ci étant la réalisation d’un court métrage en équipe, les élèves ont dû suivre des règles strictes avant d’user de leur imagination.

Le court métrage doit être exécuté sous une thématique qui est elle-même rattachée à un chapitre du volume prescrit pour le cours (volume intitulé : Communiquer et interagir). Les thématiques sont : Épouvante style Universal studio monsters 1920 à 1950, Parodie de films connus, Campagne publicitaire ou info pub, Soap américain, Super héros, Western, Émission d’informatio, Comédie romantique, Jeu télé, Émission type « Caméra café », Science-fiction et Documentaire animalier.

Monsieur Harvey m’a précisé que le soir de l’événement, les deux enseignants s’étant partagé également les 24 équipes (12/12), soumettent leurs courts métrages dans un contexte de gala ressemblant à une compétition. Chaque chapitre sera évalué par les jurys selon la qualité pédagogique du contenu et un vote aura lieu pour nommer la meilleure des deux productions.

Pour l’aspect technique et artistique, des responsables du concours intercollégial de l’âme à l’écran monteront sur scène à la fin de la soirée pour nommer les trois équipes s’étant le plus distinguées.

Vous comprendrez donc que cette soirée gigantesque ne pourrait avoir lieu sans le travail remarquable des enseignants, mais également des élèves qui ont inspiré ce projet et qui prennent à cœur leur réalisation. Sans oublier tous ceux qui œuvrent dans l’ombre, c’est-à-dire une trentaine d’étudiants en bureautique travaillant d’arrache-pied pour préparer l’événement et la médiatiser. Cette soirée permet de promouvoir le talent de nos jeunes et de leur donner une visibilité qui mérite amplement d’être soulignée. D’ici là, je vous invite à visionner les teasers de l’événement disponible sur leur page Facebook.

J’espère vous voir en grand nombre !

Il n’a que 20 ans et Jean-Denis Martel se démarque déjà comme étant un jeune entrepreneur de la région. Il est également aux études au Cégep de Jonquière en gestion de commerce. Ce domaine le rejoint particulièrement puisqu’il possède sa propre entreprise: Les gâteaux de Jean-Denis.

Vous l’aurez deviné, J-D excelle dans le domaine de la pâtisserie! J’espère que vous les avez déjà vu ou même dégusté, parce que ses gâteaux ne sont pas seulement beaux, mais ils sont aussi awesome! Sérieux, il faut les goûter au plus vite!

Sa passion a débuté dès l’âge de 5 ans alors qu’il cuisinait avec sa grand-maman. Depuis, la cuisine est devenue partie intégrale de sa vie – si on peut dire.

Il y a 2 ans, à travers l’école, les amis, les sorties, il décide de se partir en affaires. Il se spécialise particulièrement dans les cupcakes & les gâteaux.

Les gâteaux de Jean-Denis accumule contrat par-dessus contrat pour des fêtes, mariages, peu importe l’occasion!

Ah! Pis c’est tout nouveau, tout beau, J-D lance une web-série de capsules recette. Le but est de gâter ses clients, comme il dit, en leur donnant des p’tits trucs faciles à réaliser à la maison.

Dès le premier mars, les capsules seront présentées vers 15h. Un petit scoop: un pot Masson citron et meringue dans le premier épisode. En passant, les recettes vont être faciles, rapides et pas trop chères!

«Je veux faire connaître mon entreprise et développer la proximité avec mes clients.» qu’il dit.

Jean-Denis croit énormément en l’entreprenariat et en la réalisation de soi à travers ses projets. Alors pour la réalisation de son nouveau projet, il prône le travail local. Il collabore avec des amis qui étudient en ATM pour le montage de ses vidéos (son, éclairage, caméra).

Le lancement officiel des Capsules recette de Jean-Denis va se faire le 24 février prochain dans la biblio du Cégep. Ça va être malade: plein de cupcakes au rendez-vous!

Mais si vous voulez participer, faut demander au boss… (Facebook: Jean-Denis Martel)

Allez aimer sa page Facebook: Les gâteaux de Jean-Denis!

Ce gars-là est complètement motivé, ça vaut la peine de l’encourager!

Source: Page facebook les gâteaux de Jean-Denis

 

J’aimerais ça te raconter mes yeux, t’expliquer que même s’ils semblent fuyants par moment, ce n’est pas du snobisme, je te jure. Je n’ai pas la prétention de me croire supérieure à qui que ce soit, même pas quand je bois un dry martini avec des olives farcies aux amandes.

J’aime même pas ça anyway.

Non, ce n’est pas un complexe d’infériorité, je t’assure. Je les ai vécues, les années de torture psychologique pour un pas grand chose. J’osais même pas me pencher pour attacher mes lacets devant tout le monde, tu vois le genre. C’est con, ça n’sert à rien. Tu fais juste t’enlever l’opportunité de te montrer au grand jour. Pourtant, c’est beau le Soleil, ça porte sur ses rayons l’odeur d’un jour plus libre. Ça chatouille, ça s’éclate sur tout ton tapis de peau, pis même en dedans.

C’est peut-être que tu m’intimides un peu, je t’avoue, mais toujours dans un mélange de fascination et de curiosité. Ce n’est pas de la gêne tant que ça, je me garde juste le plaisir de laisser planer le mystère. Aussi parce que je me vois mal arriver dans ton monde en y imposant le mien. Pas que je crois que ma réalité crie fort, mais parce que la rencontre de deux passés différents m’intéresse, pas la domination d’un empire. Ce n’est pas le mur de Berlin, mais quand même, y’a ce rideau entre nous qui ne nous dévoile de chacun que les ombres de nos silhouettes évasives dont la lumière du grand jour a bien voulu tiré portrait.

Je n’ai de toi qu’un croquis grossier. Je n’ai de toi qu’un tout petit souvenir, le temps d’un minime partage d’une parcelle d’instant. De toi qui cours pour attraper le bus en laissant voler quelques feuilles de ton porte-document. De toi qui se regardes dans le reflet de la vitre du métro en essayant de te recoiffer subtilement. De toi qui se plantes 5 minutes devant le comptoir à produits laitiers pour faire un choix réfléchi entre le yogourt grec au citron et le Silhouette aux fraises en spécial à 1,99$. De ce que tu dis à ton enfant pour le rassurer dans la salle d’attente chez le dentiste. De toi qui es dans ma vie en hors-champ le plus souvent, mais qui contribues tellement à l’authenticité de mon quotidien.

À toi que je ne connais pas, j’aimerais ça te raconter mes yeux. Te dire que si je n’ai pas soutenu ton regard dans la file du McDo, ce n’est pas par snobisme, par complexe d’infériorité ou par gêne, c’est parce que je me doute bien que tu ne connais pas l’ampleur de ce que tu m’inspires.

J’aimerais ça savoir si t’es le genre de personne à mettre du ketchup un peu partout. Que tu me dévoiles ce qui te fait chanter du ABBA sous la douche à 6h AM. Que tu me confies ce qui te fait briller d’existence, ce qui te fait crier de rage, ce qui te rend malade à un point où t’as les yeux flous tout le temps. Que tu me racontes la fois où les papillons t’ont brûlé le ventre à force de danser. J’aimerais ça que tu m’expliques tes yeux, pour que tu puisses comprendre les miens. Que pendant que j’hésite entre le trio MacPoulet pis le Joyeux Festin croquettes, tu me racontes pourquoi la sauce à Bigmac te fait penser à ta grand-mère.

C’est peut-être purement égoïste de ma part de vouloir découvrir ton univers avant de te dévoiler ce qui m’habite moi aussi, mais voilà, j’ai juste envie de te dessiner en une esquisse, en ce que j’ai capté de plus brut. De gribouiller sans finir les lignes, pour laisser place à l’imaginaire, pour continuer de carburer à l’inspiration. C’est ce qui me permet de ne pas me lasser de la vie.

Pas parce que je n’aurais pas voulu que notre rencontre dure plus longtemps, mais je ne voudrais surtout pas estomper la véracité de ce partage, dans toute sa petitesse et sa grandeur.

Je ne te connais pas, tu ne me connais pas. J’aurai sans doute oublié à quoi ressemble ton visage dans 2 semaines, mais pour un instant, tu m’as fait ressentir la beauté de l’ordinaire. Et tu as probablement changé quelque chose en moi, sans que tu ne le saches, sans que je ne le sache. Parce que tu m’inspires la vie, cher inconnu. Et par ton regard, tu me rappelles que j’en suis une moi aussi.

Je ne suis qu’une vague solitaire qui trouve refuge dans les marées des eaux inexplorées.

Photo : Tumblr

Tout commence par soi. Si je ne m’aime pas, qui le fera? Et même si tu me détestes, jamais tu ne réussiras à me détester autant que moi, je m’aime.

Je veux m’aimer démaquillée, nue, devant mon miroir.

Je veux m’aimer le jour et la nuit.

Je veux m’aimer le matin en robe de chambre les cheveux en batailles.

Je veux m’aimer dans ma robe préférée comme dans mon vieux pyjama qui laisse à desirer.

Je veux m’aimer dans mes élans de colère et quand mon coeur bat à la chamade.

Je veux m’aimer lorsque je suis fière et quand je suis découragée.

Je veux m’aimer quand j’ose quelque chose de nouveau.

Je veux m’aimer quand je regrette, ça aura été une leçon.

Je veux m’aimer le sourire aux lèvres et le visage trempée de larmes.

Je veux m’aimer quand je prends du poids et quand j’en perds.

Je veux m’aimer plus que jamais.

Je veux reconnaitre mes défaults, mais particulièrement mes qualités.

Je veux m’aimer comme personne ne m’a jamais aimé.

Tout commence par soi. Si je ne m’aime pas, qui le fera? Et même si tu me détestes, jamais tu ne réussiras à me détester autant que moi, je m’aime.

Il est temps de vivre et d’apprécier les bonheurs de la vie. Allez, portons un toast à nous, en tant que personne, et crions : “HEY! ‘GONNA LOVE MYSELF! NO, I DON’T NEED ANYBODY ELSE!”

Photo : Tumblr.com

Le tricot ce n’est pas que pour les mamies et parfois, ça va au-delà de la création de pulls, de bas, de mitaines et de foulards : le tricot envahit les rues des métropoles pour humaniser et réchauffer le gris du bitume. Le tricot-graffiti change la perception qu’on a de la ville, et ce une maille à la fois.

Selon l’artiste textile et tricot-graffiteuse, Marilène Gaudet, le tricot-graffiti humanise en faisant sourire les passants et en réveillant en eux des émotions. «Parfois, des gens font spontanément des colleux aux arbres.»

Le tricot-graffiti ça sert aussi à se réapproprier la rue pour s’y sentir chez soi. «Je crois que la ville existe grâce aux habitants qui la font vivre. Le tricot-graffiti redonne le pouvoir à l’habitant pour qu’il se sente investi dans son milieu», affirme l’enseignante de géographie et tricot-graffiteuse, Anne Buisson alias Dinette.

eiqjfsaj

Le syndrome du lapin, par Dinette.

Leurs créations sont mignonnes comme tout. Colorées, douces, réconfortantes et, selon l’emplacement, rigolotes. (Personnellement, une statue super sérieuse avec un pull multicolore, ça me fait beaucoup rire.)

tes34

Louis Cyr habillé par les Villes-Laines, un collectif de tricot-graffiti qui a cessé ses activités en décembre 2014.

De l’art pour tous

«Avec le tricot-graffiti, tout le monde a accès à l’art. Même si les galeries sont gratuites, tout le monde n’y entre pas, c’est une habitude sociale», explique Dinette.

La rue est un espace de liberté qui permet aux artistes de recevoir des réactions directes, et aux passants, amateurs d’art ou non, de s’exprimer. «Tout le monde donne son avis, des fois ils sourient et le hug, des fois ils le coupent parce qu’ils trouvent ça poche. C’est ce que j’aime de l’art de rue», dit-elle.

Vous pouvez admirer les créations de Marilène et Dinette un peu partout à Montréal, ou sur leurs sites web respectifs :

http://cargocollective.com/marilenegaudet

http://dinetteconnection.org/about/

Photos: Courtoisie

Mon corps nu reste en équilibre sur l’eau. Mes yeux sont rivés au ciel, mes orteils pointent vers ces nombreux astres qui peuplent ce dernier. Je gonfle mon ventre pour ne pas m’enfoncer dans les profondeurs du lac. La nuit est douce et l’eau est chaude malgré l’heure tardive.

Étant dans mon plus simple appareil, la vulnérabilité m’emporte. Je me sens toutefois tellement légère, tellement pure. J’ai l’impression d’être seule au monde et ce sentiment me dessine un sourire sur le visage.

Je fixe longtemps le ciel en espérant y apercevoir une étoile filante. Puis, elle apparaît : je deviens toute excitée. Pendant quelques secondes, le temps se fige et mes yeux brillent comme si c’était la plus belle chose au monde.

«Le bonheur ne laisse pas de traces. C’est une étoile filante. Il passe, c’est tout, il remplit la vie d’images éblouissantes qui défilent à toute allure et qu’on ne retient pas.» -Katherine Pancol

Je m’éloigne aveuglément du quai, me laissant tranquillement bercer par le courant. L’espace d’un instant, une trainée lumineuse parcourt le ciel. Je me sens choyée d’assister à ce spectacle bien qu’il soit bref. Mes millisecondes sont comptées. Sans même y réfléchir, je formule un souhait.

C’est sorti tout seul, je n’ai eu aucun contrôle.

Mon souhait, je n’ai pas eu le temps d’y songé comme on songe au vœu qu’on fera à 11 :11 ou en soufflant ses bougies d’anniversaire. J’ai murmuré quelques mots du bout des lèvres. Ces mots m’ont rentré dedans comme si un autobus venait de me frapper de plein fouet. Ces mots m’ont estomaquée.

Mon subconscient s’est exprimé sans que j’aie un seul mot à dire.

J’ai réalisé ce que je voulais vraiment et que je me cache depuis probablement trop longtemps.

J’ai fais demi-tour et suis retournée m’asseoir, muette, sur le quai en bois.

Mes souhaits ne se réalisent jamais. C’est dommage. Pourtant, à chaque fois j’ai la certitude que cette fois sera la bonne. Que cette fois, mon vœu deviendra enfin réalité.

Peut-être que le roi des étoiles trouve que j’abuse d’elles, peut-être qu’il considère que ce que je demande est irréaliste. Je n’aurai jamais de réponses.

Quoi qu’il en soit, que mon vœu devienne réalité ou non, je vois désormais plus clair et mes désirs enfouis au plus creux de mon être refont surface lors d’une milliseconde : désirs que je ne peux plus me cacher.

Photo: Jeff Gagnon

Tu m’avais invité chez toi. T’étais beau, pis tu m’faisais rire avec ton imagination débordante. Ça fait que… j’ai dit oui.

Ça faisait une couple de semaines qu’on se parlait. Tu m’faisais découvrir des groupes scream, t’essayais d’me faire aimer ça. Ça a pris du temps, mais tu y es parvenu. Tu me dépassais d’une tête et demie. J’aimais ça. Tu mesures combien déjà? 6 pieds? Tes yeux verts, fallait que je lève la tête en maudit pour les regarder. Demande toi pas pourquoi j’ai des problèmes de cou maintenant!

J’suis arrivée chez toi. T’habites vraiment dans un trou perdu. On est allé de l’autre côté de la rue, à l’école primaire. On a bu. Je t’écoutais parler, parce que quand tu bois, tu parles, tu parles, tu parles. Moi, je riais. Tu m’faisais beaucoup rire. Le genre de rire qui te fait du bien, où tu peux pu respirer pantoute et que t’as mal aux joues. Ta main frôlait ma cuisse par moment lorsque tu t’emportais dans tes histoires et que tu gesticulais avec ampleur. Je bougeais pas d’un poil. J’attendais la prochaine histoire, la prochaine caresse subtile, presque imperceptible, mais qui me faisait frissonner.

On est retourné chez toi, j’étais pas si soûle que ça. Y’avait une tente roulotte dans ta cour. T’as dit: «Tu veux qu’on dorme là?». On a écouté de la musique et on s’est couché. Il faisait chaud, chaud comme en plein milieu d’une foule gigantesque dans un concert de Lamb of God.

J’sais pas comment c’est arrivé, mais on était collés ou, en tout cas, vraiment proches. Mon coeur courait le marathon. Ça faisait une heure que personne avait dit un mot, mais on savait très bien que ni l’un ni l’autre ne dormait.

Tu m’as dit «Je t’aime». Pas un je t’aime lancé tout croche, incertain. Un vrai, un sûr de lui. Ça m’a fait capoter. J’ai eu peur. Ça effraie en maudit quand tu sais que c’n’est pas de la bullshit. Ça fait que… J’ai figé. Pis j’ai pas dit je t’aime en retour.

Aujourd’hui, je n’regrette pas, parce que t’es bien d’ton bord et moi aussi. Mais y’a des fois, comme maintenant, j’y pense pis j’me dis que j’suis un peu conne.

Photo: We Heart It

On est (presque) toutes pareilles, les filles. On voit quelque chose qu’on ne connaît pas, qu’on a entendu parlé et qui nous semble intriguant. Mystérieux. Même si certains nous disent de ne pas aller dans ce terrain-là, qu’on en retirera rien de bon, on ne les écoute pas. On n’écoute pas non plus notre voix intérieure qui nous dit que ce n’est pas une bonne idée. À la place, on s’lance. On essaie.

T’es comme ma première cigarette.

La première fois, j’me suis laissée tenter  un soir d’été qui faisait trop chaud pour être réellement le soir. J’étais sur une terrasse avec des filles que je connaissais et des garçons que je ne connaissais pas trop. Toi, t’étais là, pis, j’sais pas pourquoi, mais ce soir-là, tu me tentais. Tu allais et venais d’une personne à l’autre. T’es vite venu à ma bouche une fois, puis deux, pis j’ai su que c’était déjà trop tard. Tu m’avais trop tentée pour que je te dise non. J’avais pas envie de te dire non, anyway.

C’est vite devenu sérieux, toi pis moi. Y’avait pas une occasion où on n’était pas ensemble. La plupart de mes amies me demandaient qu’est-ce que je faisais avec toi, qu’est-ce que je te trouvais? De mon point de vue, je ne les comprenais pas. Notre relation était parfaite : on avait nos moments seuls comme ceux entre amis autour d’un verre ou dans les pauses, tu me rendais heureuse du mieux que tu le pouvais pis c’était pas plus compliqué que ça.

C’est ce que je croyais. Jusqu’au jour où j’ai réalisé que tu m’apportais juste des problèmes. C’était un dimanche quand j’ai réalisé ça. Un dimanche matin 7h05 si je me rappelle bien. Tu me coûtais relativement cher, tu me démotivais à me tenir en forme pour rester avec toi, pis tu m’empestais. Pour vrai, ce matin-là est le premier matin où j’ai trouvé que t’empestais. Je te trouvais presque sale.

J’ai eu de la difficulté à me défaire de toi. Y’a eu tous ces soirs, avec un verre de pris de trop, où c’était pas trop long qu’on se retrouvait, toi pis moi. Le désir était là, parfois même insoutenable. Y’avait pourtant pas une fois, après coup, que je ne le regrettais pas. Heureusement, je me suis désintoxiquée de toi, une bonne fois pour toute.

Je t’ai éteint, comme les habitués le font, un pied au sol pour t’écraser en frottant ben fort pour être vraiment certaine qu’il ne reste plus aucune flammèche.

Ciao-bye, homme-cigarette!

Photo : WeHeartIt