Histoire romantique, pornographie féminine? Le film «Cinquante nuances de Grey» vient créer bien des questionnements. Tranquillement, la sexualité devient de moins en moins taboue dans notre société au point de laisser un film traitant de sadomasochisme au grand écran. Au Québec, le film est disponible aux jeunes de plus de 16 ans. Pour ce qui est de la France, il est disponible aux plus de 12 ans.

Trop jeune?

Plusieurs diront qu’il suffit d’aller sur internet pour trouver un nombre incalculable de films pornographiques beaucoup plus crus. D’autres auront comme argument que le livre, pour sa part, est disponible pour tous. Je répondrais à cela qu’un livre vient créer des images, mais qu’on reste tout de même maître de celles-ci et d’arrêter quand on veut. Je n’avais rien contre la sortie de ce film, même si ça m’étonnait tout de même un peu que la société soit si à l’aise avec ce sujet, mais j’acceptais plutôt bien la situation… Jusqu’à ce que je sache qu’il n’était pas 18 ans et plus et qu’en plus il était accessible aux jeunes de 13 ans en France.

Personnellement, je n’ai pas vu «Cinquante nuances de Grey». Sentez-vous donc bien à l’aise de me reprendre si mes propos sont faux. Tout de même, j’ai demandé à mes amies de quoi il avait l’air. À 18 ans, l’unanimité était évidente pour un mot : intense. Et à 18 ans, la plupart des femmes connaissent leur sexualité et sont bien à l’aise avec ce sujet. À 16 ans, elles se questionnent face à l’amour, à la sexualité et on leur donne cette image. On fait passer une histoire de domination sexuelle et de sadomasochisme pour du romantisme. On fait croire que ÇA c’est une histoire qui sort du commun et qui est incroyablement belle. Pour certaines, il s’agit de la première image sexuelle à laquelle elles font face… Et il est question de violence pour avoir du plaisir. C’est le meilleur moyen de leur infliger une crainte par rapport aux relations sexuelles! Qu’en est-il de la vision masculine? Christian Grey est tellement désiré des femmes, pourquoi ne pas faire pareil?

Une forme d’hypersexualisation 

Du haut de ses 13 ans, Rose aimerait encore jouer à la poupée, mais elle se demande si c’est normal puisque toutes ses amies ne le font plus… Elle ne sait jamais où se ranger lors des célébrations : la table des grands ou celle des enfants? Tranquillement, à son rythme, elle quitte le monde des rêves pour s’attaquer à celui de la réalité. En voyant maman se maquiller, elle se sent à son tour devenir une femme. De son côté, Mélodie vient de souffler sa seizième bougie. Elle passe son cours de mathématique dans les vapes à se questionner. Elle se demande si elle aurait dû accepter le joint qu’on lui a offert, vendredi dernier. Elle angoisse face à sa première rencontre avec la sexualité et anticipe la réaction de son copain. Rose et Mélodie ne savent même pas encore totalement ce qu’est la sexualité, mais on laisse Anastasia et Monsieur Grey leur montrer.

Bien évidemment, ce sont des noms fictifs. Mais Rose ou bien  Mélodie, ça pourrait être ta sœur, ta cousine et même ta future petite fille. Et elles méritent de vieillir et de développer une saine sexualité par elles-mêmes, à leur propre rythme.

Photo : WeHeartIt


À PROPOS DE L'AUTEUR
Amélie Savard

Amélie Savard

<p>Mon confort se cache dans ma naïveté. J’aime croire que dans chaque noirceur se trouve une étoile qui vient allumer un tison d’espoir pour toutes les âmes ayant perdu leur chemin en cours de route. Ça sonne trop «quétaine», je vais continuer autrement. Éternelle romantique que je suis, j’adore les belles choses. Je me contredis toujours. Un jour je suis ci, et le lendemain je suis ça. Je veux tout goûter, tout essayer, et tout faire. Les mots «être raisonnable» m’énervent particulièrement, parce que selon moi, la vie est faite pour sortir des sentiers battus. Je suis une bibitte à musique, j’en joue, j’en écoute, j’en porte, bref j’en mange tout simplement. En conclusion, je suis un drôle d’oiseau qui vole dans un drôle d’univers, mais je le vis plutôt bien puisque je finis généralement mon aventure bien emmitouflée dans les nuages.</p>

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