Cultivée

Philippe Brach a offert un spectacle au Cégep de Jonquière le 18 avril dernier dans le cadre de sa tournée pour son dernier album, Le silence des troupeaux. L’artiste a su nous faire plonger dans son univers excentrique par une représentation dynamique qui n’a laissé personne indifférent.

 

Le chanteur a produit un spectacle diversifié, oscillant entre le folk et le rock, le tout parsemé de touches jazz, à l’image de ses chansons. Il a notamment interprété les œuvres rythmées Pakistan, La Peur est avalancheet Né pour être sauvage. Brach a également transporté les spectateurs au sein de ses textes crus et authentiques avec Alice et Tu voulais des enfants.

 

Phillippe Brach a ainsi majoritairement réalisé des pièces de son dernier album, Le Silence des troupeaux, sorti en 2017. Il a aussi offert des chansons de ses deux autres albums, Portraits de famine (d’ailleurs réalisé par Louis-Jean Cormier) et La foire et l’ordre.

 

Vice E Roi

 

La première partie de la représentation a été assurée par le groupe originaire de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Vice E Roi. La formation ayant récemment lancé son deuxième album, Les heures maladives, a bercé le public de ses chansons indie folk aux textes des plus touchants. Après s’être produit aux Francouvertes en mars dernier à Montréal, le son du groupe résonne de plus en plus à l’extérieur de la région.

 

Brach vient également du Saguenay, où il a réalisé une technique de production télévisuelle au Cégep de Jonquière. Ce retour dans cet établissement a ravivé des souvenirs chez l’artiste. Il a aussi été des plus généreux avec son public, lui permettant de lui poser des questions et interagissant régulièrement avec lui.

 

Le chanteur au style hors du commun traite du thème de l’image avec Le silence des troupeaux, et ça lui réussit. C’est par son visage déformé sur la pochette de son album, ses vidéoclips originaux très léchés et son incroyable présence sur scène que Philippe Brach nous transporte dans un autre monde. Il est donc intéressant de prêter l’oreille à la dernière œuvre de l’artiste, qui ne suscite certainement pas le silence.

 

Crédits photo : Teresa Fortier

Ces temps-ci, la société, tu m’fâches. Tu m’fâches parce que j’ai l’impression que j’peux pu chanter mes chansons préférées de Loud à tue-tête sans que tu me traites de «Basic White Bitch». Tu m’fâches aussi parce que si je décide de prendre du temps pour me faire un beau maquillage comme j’aime tant le faire, tu vas m’dire que j’suis «Fake».

 

Ces temps-ci, on dirait que c’est la mode d’être marginal, oui, mais surtout que c’est mal de partager ses intérêts avec plusieurs personnes. Madame la Société, tu nous pousses à entrer dans le moule, mais une fois qu’on est d’dans, tu nous rappelles que c’est important qu’on soit tous différents. Faudrait que tu te branches un peu.

 

Ces temps-ci, je dois remettre en question mes goûts musicaux et vestimentaires parce que j’me demande si c’est bien d’aimer ça ou non. J’en viens à me poser la question si j’aime ça parce que tout l’monde le fait ou si j’aime RÉELLEMENT ça. Pis bien souvent, j’aime ça pour vrai.

 

Alors là, d’autres questions se bousculent dans ma tête. «Si j’aime réellement ça, pourquoi j’ai l’impression que c’est pas bien d’apprécier ce style musical-là?» Je cherche des réponses sans cesse, mais je t’avoue ne pas en trouver énormément. Dis-moi, c’est quoi le problème à aimer une chanson comme «Toutes les femmes savent danser»? Ah! Tu me diras que maintenant que les filles de 14 ans l’aiment, toi tu peux pu l’aimer, c’est ça? Pourtant c’est drôle, il y a 8 mois de cela, tu la hurlais avec moi.

 

J’vais te demander une chose. Peux-tu me laisser tranquille et me laisser apprécier les choses que je veux? Ah oui pis ton jugement constant, tu peux le laisser de côté lui aussi.

 

Le premier album de Billie Eilish When We All Fall Asleep, Where Do We Go? est parvenu pour la première fois à nos oreilles le 29 mars dernier. Résultat : une œuvre envoutante, variée et qui pourrait probablement devenir votre prochaine strange addiction.

 

À 17 ans, Billie Eilish a su livrer un album qui oscille entre le pop, le rock et l’alternatif, chacune de ses chansons offrant un style unique. C’est d’ailleurs avec son frère Finneas O’Connell qu’elle coécrit ses textes. Il est aussi responsable de la production de l’album.

 

Nous avons pu découvrir la chanteuse en 2016 lors de la diffusion de sa pièce Ocean Eyes, qui a précédé la sortie de son EP dont smile at me en 2017. La popularité de la Californienne n’a cessé de croitre depuis.

 

« J’ai retiré mes Invisalign [appareil dentaire], voici l’album », annonce d’entrée de jeu Billie Eilish sur sa nouvelle création. L’adolescente qui sait faire preuve d’autodérision n’hésite cependant pas à aborder avec plus de sérieux de nombreux thèmes au sein de cette œuvre. Ces derniers valsent des peurs à l’amour, jusqu’à la relation trouble de l’artiste avec les états que nous atteignons lors de notre sommeil.

 

Nous pouvons ainsi être bercés par la douceur de xanny, puis emportés par le rythme entrainant de bad guy ou de all the good girls go to hell. L’univers de la chanteuse est donc original par les sauts qu’il offre entre les styles.

 

Les plus récents vidéoclips de Billie Eilish pour les chansons bad guy, bury a friend et when the party’s over ne pourraient mieux représenter en images l’atmosphère de cet album. Par leur esthétique léchée au sein d’un univers aussi épeurant qu’attirant, il est impossible de ne pas vouloir en découvrir plus.

 

Avis à tous les adeptes de la populaire série The Office : vous entendrez bel et bien des extraits de dialogues de la série au sein de my strange addiction.

 

Billie Eilish est une chanteuse qui n’a pas peur d’être elle-même et de montrer son unicité, ce qui transparait dans cet album assumé. L’artiste a d’ailleurs récemment affirmé publiquement être atteinte du syndrome de la Tourette (une affection neurologique caractérisée par des tics moteurs et/ou sonores incontrôlés, involontaires et brefs). Elle peut ainsi être une source d’inspiration pour tous, démontrant que malgré cette maladie, elle exerce pleinement son art.

 

Parce qu’en dépit de son jeune âge, Billie Eilish nous livre des chansons qui sauront définitivement marquer l’industrie de la musique. Dès que vous cliquerez sur la première pièce de ce nouvel album, je peux vous assurer que vous ne pourrez vous empêcher d’écouter immédiatement la suite.  Puisque, qui sait où nous allons réellement lorsque nous sommes endormis?

 

Les amateurs de musique punk rock seront servis avec le passage de The Offspring au Québec cet été pour deux spectacles à Trois-Rivières et à Alma. La dernière venue du groupe californien au Québec remonte à 2016 au Festivent de Lévis.

 

Les interprètes de You’re Gonna Go Far, Kid s’arrêteront d’abord à Trois-Rivières le 28 juin à 21h30 dans le cadre du Festivoix. Le festival avait déjà fait venir les groupes de renommées mondiales Bad Religion et Billy Talent. Les billets sont en vente au festivoix.com.

 

The Offspring s’arrêtera par la suite au Saguenay-Lac-Saint-Jean à Alma le 15 juillet lors du Festivalma. Les organisateurs du festival ont travaillé en collaboration avec Évènement 2M qui travaillait depuis cinq ans pour faire venir le groupe en région. Le Festivalma va prolonger ses activités de deux jours pour l’occasion. Les 7500 billets, qui ont été mis en vente le 30 janvier dernier, ont tous été vendus en deux heures.

 

Depuis ses débuts en 1984, The Offspring a vendu plus de 40 millions d’albums et a réalisé neuf albums en tout. Il a également gagné les prix Best Rock Artist (meilleur artiste rock), Best Group (meilleur groupe) et Best Album (meilleur album) pour Americana lors du MTV Europe Music Awards de 1999.

 

L’exposition de l’artiste cri Kent Monkman, Honte et préjugés : Une histoire de résilience, prend d’assaut le Musée McCord jusqu’au 5 mai prochain. Présentées pour la première fois en 2017, les œuvres de l’artiste réécrivent les 150 ans d’histoire du Canada d’une perspective autochtone, sans manquer de briser les conventions.

 

Le deuxième étage du musée est ainsi divisé en neuf chapitres thématiques s’agençant à différents pans de l’histoire du Canada, de l’époque coloniale à aujourd’hui. Ces chapitres constituent en des extraits des mémoires de Miss Chief Eagle Testickle.

 

Ce personnage au nom hors du commun est l’alter ego de Kent Monkman, qui apparaît dans la majorité de ses toiles. Cette représentation d’un Amérindien non binaire, abordant toujours fièrement une paire de talons hauts, s’inscrit au sein des œuvres de l’artiste dans le but de détruire les tabous et de s’éloigner d’une histoire canadienne racontée par « des Européens, hommes blancs et hétérosexuels ». De plus, l’artiste a affirmé que les Autochtones avaient « une place pour ces personnes bispirituelles dans leur culture », au contraire des Européens.

 

Ainsi, l’artiste aborde les thèmes de la colonisation et des conditions de vie des autochtones, mais aussi des sexualités multiples, de l’identité, de la résilience et de la xénophobie, qui sont au cœur des toiles et des installations de l’exposition.

 

Les œuvres de Kent Monkman nécessitent donc notre attention toute particulière, car à quelques mètres de distance, nous pouvons les confondre avec des toiles de paysages traditionnels, réalisées à l’aide des techniques des grands peintres du XIXe siècle. Mais, dès que nous nous en approchons, nous pouvons percevoir des détails choquants.

 

Tout d’abord, l’artiste a su réinventer la toile connue Les Pères de la Confédération, où il y a inséré son célèbre alter ego, posant nu devant les politiciens médusés. Assis sur une couverture de la Baie d’Hudson, il pointe du doigt le colonialisme et l’absence de considération des droits des Autochtones dans les politiques canadiennes d’origine.


Il est également impossible de demeurer indifférent devant sa toile Le Cri, qui dénonce les conditions effroyables dans lesquelles des milliers d’enfants ont été enlevés afin de séjourner dans les pensionnats indiens. Le même mur sur lequel figure la toile, plusieurs porte-bébés sont accrochés, alors que d’autres sont tracés à la craie. Ces derniers représentent les nombreux jeunes qui ne sont pas revenus de ces établissements visant à les déposséder de leur culture.

Monkman n’oublie pas de s’attarder de façon poignante à notre époque, dénonçant la surreprésentation des Autochtones en milieu carcéral et illustrant la violence présente sur les réserves.

Le 8 mars, on souligne quelque chose d’extrêmement important dans le monde.

Le 8 mars, on souligne les droits des femmes.

Le 8 mars, on se rappelle des grandes figures féministes ayant marqué l’humanité.

Le 8 mars, on se rappelle que même encore en 2019, on doit défendre nos droits.

 

Cette journée, officialisée en 1977 par l’ONU, met de l’avant la lutte pour les droits des femmes et rappelle que jamais nous ne devrions nous sous-estimer et nous laisser abattre par les inégalités par rapport aux hommes.

 

En tant que femmes, nous menons ce combat incessant, celui de devenir égale à 100%. Pas à 80%, pas à 90%, pas à 99%, mais bien à 100% égale.

 

Évidemment, nous avons fait énormément de chemin depuis un siècle. Les mouvements féministes prennent de l’expansion et maintenant, nos voix sont entendues.

 

Le 8 mars, on rappelle à tous que ce combat n’est pas terminé.

 

Encore aujourd’hui, des femmes reçoivent un salaire moins élevé que celui d’un homme qui effectue le même travail. Selon Statistique Canada, il y a peine quelques années, les femmes gagnaient environ 0,87$ pour chaque dollar gagné par un homme.

 

Selon un article d’Urbania, en matière d’égalité économique, l’Islande arrive au premier rang avec 87%. Même la première position n’obtient pas une équité parfaite.

 

Encore aujourd’hui des femmes reçoivent des traitements injustes.

Encore aujourd’hui, des femmes ne sont pas prises au sérieux pour leurs compétences.

 

Inaugurons le 8 mars fièrement. Par contre, on doit se rappeler que cette cause doit être militée tous les jours.

 

Soyons fières de ce que nous sommes, soyons fières d’être des femmes fortes se battant pour nos droits. Des droits que nous méritons entièrement.

 

Voici quelques phrases provenant de différentes femmes expliquant leur fierté d’être ce qu’elles sont.

 

Pourquoi suis-je fière d’être une femme?

 

Comme ça, sans réfléchir, je dirais pour mettre en lumière la diversité de la féminité. En réfléchissant plus, je dirais que je suis fière d’être une femme grâce à tous les exemples autour de moi de femmes qui se relèvent, qui se battent pour une cause ou même qui se battent pour élever les mentalités! Je suis fière d’être une femme et fière d’être moi.

– Jade, 15 ans

 

Je suis fière d’être une femme pour pouvoir un jour porter un enfant. Pour tout le chemin que la femme a parcouru jusqu’à aujourd’hui, et parcourra dans le futur. Pour sa persévérance. Pour sa personnalité assumée. Pour son grand cœur. Pour sa passion. Pour ne pas se considérer comme une victime, et continuer de se battre pour la cause du féministe.

– Delphine, 19 ans

 

Pour l’amour et l’entraide entre nous.

– Adèle, 19 ans

 

Je suis fière d’être une femme qui fonce dans la vie et qui n’a pas peur des inégalités femmes/hommes qui existent encore malheureusement en 2019.

– Audrey, 20 ans

 

D’avoir une sensibilité et une force qui s’harmonisent et de pouvoir les exprimer sans me faire juger.

-Marie-Clarisse, 19 ans

 

Ce qui me rend fière d’être une femme, c’est tout le chemin que nos ancêtres ont façonné. En passant du droit d’aller au travail à l’acquisition du droit de vote, tout ce qu’elles ont fait, pour les générations futures, a changé notre mode de vie, nous permettant aujourd’hui d’avoir accès à l’éducation et d’être sur le marché du travail. Ce qui me rend fière d’être femme, c’est la beauté de nos âmes et de nos corps, l’envie de crier et de se libérer de l’emprise de la société. C’est la solidarité féminine qui nous rend fortes, le girl power qui nous permettra, un jour, d’acquérir l’égalité entre tous. C’est toutes les personnes s’identifiant comme femme qui me rendent fière d’être une femme.

– Jeannick, 19 ans

 

Sur ces belles paroles, rappelons-nous que le 8 mars se déroule tous les jours, et qu’en continuant à lutter ainsi, nous réussirons à obtenir cette si belle égalité que nous méritons.

 

Soyons fières d’être des femmes.

 

Crédit photo: Jacques Azam

L’industrie du court-métrage québécois a lancé un cri de joie en janvier. Fauve, du réalisateur Jérémy Comte et Marguerite, de Marianne Farley faisaient partie des courts-métrages qui couraient la chance d’être honorés aux Oscars du 24 février dernier. C’est toutefois « Skin » qui s’est vu décerné l’Oscar du meilleur court métrage de fiction lors de la 91e cérémonie des Oscars.

 

Ainsi, deux courts-métrages sur les cinq finalistes étaient Québécois, permettant de faire rayonner la province sur la scène internationale.

 

Que pouvait-il y avoir de mieux? Les deux productions sont disponibles et gratuites (légalement) sur le web. Fauve se retrouve sur Vimeo et Marguerite sur Tou.TV. C’est pourquoi je vous invite à vous asseoir 30 minutes pour visionner ces chefs-d’œuvre qui méritent notre attention.

 

D’abord, Fauve présente l’histoire crue de deux jeunes garçons qui se livrent à un jeu dangereux dans une mine à ciel ouvert. Le réalisateur a choisi d’exploiter les thèmes du passage de l’enfance à l’adolescence et de la fin brutale de l’innocence. Il a puisé son inspiration dans un rêve d’enfance qu’il faisait fréquemment.

 

Le récit ne manque toutefois pas de réalisme, alors que Jérémy Comte a fait appel à des acteurs non professionnels, effectuant des auditions dans des écoles pour trouver les garçons qui incarneraient les personnages principaux du court-métrage. Il est difficile d’en dire davantage sur l’histoire de Fauve sans en dévoiler son élément déclencheur qui vous laissera sans voix.

 

La réalisatrice Marianne Farley offre plutôt une histoire touchante d’une grande douceur avec Marguerite. On y découvre le récit d’une octogénaire (incarnée par Béatrice Picard) qui se lie d’amitié avec l’infirmière (interprétée par Sandrine Bisson) qui lui donne des soins à domicile. La vieille dame replonge dans son passé et porte un regard nouveau sur l’homosexualité.

 

Marianne Farley a eu l’idée de ce scénario par sa propre réflexion sur le fait que sa grand-mère n’a pas eu les mêmes choix qu’elle quant au déroulement de sa vie. Elle a affirmé dans une entrevue pour Radio-Canada que les femmes des années 1930 devaient se marier et servir leur époux, alors qu’un autre monde de possibilités s’est ouvert aux femmes de sa génération, ce qu’elle explore au sein de ce court-métrage.

 

Les deux courts-métrages distribués par Jean-Christophe J. Lamontagne au sein de la compagnie H264 présentent des histoires bien ficelées et percutantes qui vous marqueront assurément.

 

Devant autant de talent, nous ne pouvons qu’espérer que ces réalisations reçoivent de prestigieux prix à l’avenir et permettront de démocratiser le genre du court-métrage, qui regorge de perles cinématographiques.

 

Pour voir Fauve : https://vimeo.com/293033666?fbclid=IwAR2PQs9Tycq8iYmsPTYw4zHFHYFWhPVfVupTNzrowx92iBLT9lCosaPtaPk

Pour voir Marguerite : https://ici.tou.tv/marguerite

 

Crédit photo: H264 distribution cinéma

Je suis la première à sacrer dès que le moindre petit flocon tombe du ciel. Je suis la première à vouloir partir au chaud pour la presque totalité de l’hiver dès que la température descend sous -10°C. Cependant, j’ai vu des articles un peu partout depuis le début de l’hiver qui m’ont fait regretter de me plaindre. Des itinérants se font amputer à la suite des vagues de froids qui se sont abattues sur le Québec cette année.

Bien que la population Montréalaise s’ouvre de plus en plus les yeux face aux problèmes que vivent les itinérants par temps froid, certaines personnes insensibles ne comprennent toujours pas la gravité de la situation. Sous un article du Journal de Montréal mentionnant des engelures et des amputations d’orteils chez les itinérants, je suis tombé sur le commentaire d’un homme qui m’a plus que déstabilisé.

 

« Pourtant il n’a pas fait si froid que ça, si on compare aux derniers hivers. », furent les mots de l’homme. Lorsque j’ai lu ceci je me suis demandé comment une personne pouvait justifier de tels propos. Le cas des itinérants étant un problème très grave, comment une personne peut-elle penser que de telles paroles peuvent être de mise?

 

Certains itinérants n’ayant pas encore trouvé de refuge passent leurs nuits à l’extérieur. Alors que dormir dans le froid glacial n’est certainement pas la situation idéale, plusieurs refuges ont, bien que tardivement, ouvert leurs portes. Puisque les ressources d’hébergement d’urgence ne peuvent accueillir plus d’itinérants, l’hôpital Royal-Victoria de Montréal offrent maintenant, depuis le 15 janvier, 80 lits pour les itinérants.

 

La responsable du dossier de l’itinérance à la Ville de Montréal, Rosannie Filato avance que certains des centres d’accueil débordent. Là est donc toute l’importance des 80 lits en plus à la disposition des itinérants dans l’hôpital Royal-Victoria. Là est aussi l’importance de ne pas prendre la situation des itinérants à la légère, surtout en se rappelant des cas de décès comme celui d’un itinérant de Rimouski qui est décédé, seul, dans son triste appartement, en 2015, alors que le froid s’abattait sur la ville. Je me souviens que lorsque je croisais cet homme, il ne demandait que quelques dollars pour pouvoir s’acheter un café.

 

Il faut donc prendre soin des centaines d’itinérants qui sont malheureusement dans la rue pendant ce rude hiver, car un simple geste peut parfois changer la vie d’une personne et peut-être même la sauver.

 

Chères générations antérieures,

 

J’aimerais avoir la chance d’élever mes enfants comme vous l’avez fait. Voir leurs petits visages au milieu de feuilles d’arbre en plein mois d’octobre. Aller à plage nager dans l’eau glaciale du fleuve St-Laurent. Ou encore construire un simple bonhomme de neige lors de la première neige de novembre.

 

J’appelle ça une chance, parce qu’en 2019, la planète est branchée sur un respirateur artificiel.

 

« Vous ne vous mettez pas dans la même situation si vous avez une bronchite que si vous avez un cancer en phase de métastase. Et la planète est dans une situation de cancer très avancé. »

– Nicolas Hulot, ex-ministre français de la Transition écologique et solidaire, à l’émission spéciale Minuit moins une pour la planète de Radio-Canada.

 

Dans votre temps (je ne vous rajeuni pas…), la santé de la planète, on en avait rien à faire. Bon, on savait ce qu’était la pollution, mais est-ce qu’on y accordait une grande importance? Non, parce que si vous aviez su que la pollution dégrade l’environnement de façon durable, je suis convaincue que vous auriez agi.

 

Je n’ai pas envie de passer mes vacances à l’intérieur à l’air climatisé parce qu’il fait trop chaud dehors. J’ai envie d’aller faire du camping et de manger des guimauves sur le feu de camp. Je veux aller à la plage avec mes enfants. Et surtout, je veux aller prendre des marches, faire du vélo ou encore courir à l’extérieur en humant l’odeur de la nature dans mes narines.

 

Vous vous dites sûrement: « Ça, c’est avoir de l’ambition! ».

 

Vous voyez, ce sont de toutes petites choses bien simples. Futiles. Mais, avec le réchauffement climatique, elles sont toutes menacées, et deviendront bientôt des activités rares.

 

En 2019, on le sait et c’est prouvé. Le réchauffement climatique menace notre planète.

 

Depuis que je suis toute jeune qu’on me rappelle à quel point c’est important de récupérer, que c’est important de jeter mes déchets à la poubelle, que c’est important de protéger ma belle planète. Pourtant, ce n’est jamais l’exemple qu’on m’a donné. Et je ne peux pas dire que je n’ai jamais contribué à la pollution!

 

Je comprend aujourd’hui. Vous avez fait des erreurs, des erreurs très graves, et nous aussi. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’on le réalise.

 

Mais le message n’est-il pas assez clair? N’est-il pas temps d’agir? D’agir pour vrai, en prenant des actions concrètes. On a pleins d’exemple autour de nous: la ville verte de l’Europe Oslo, et il y en a d’autre.

 

Est-ce qu’on a envie que les générations futures aient à vivre dans un monde où les catastrophes climatiques sont fréquentes? Tornades, inondations, sécheresses, verglas, tempêtes hivernales…

 

Peut-être qu’on est prêt au Québec pour une deuxième « Révolution Tranquille », mais je l’appellerais plutôt la « Révolution, pis ça presse ».