On a tous déjà eu un ami somnambule. Un ami qui sendort sur le divan, tout croche, la tête couchée sur un oreiller plein de problèmes et qui risque de se réveiller raqué, sans savoir pourquoi.

Quelqu’un qui se force pour ne pas avoir à se forcer. Un oublieux d’ambition, un négligeur de relation. Un décrocheur de la vie.

On dit que le somnambulisme c’est une série d’actes automatiques et inconscients qui se produit pendant le sommeil et dont on a aucun souvenir au réveil.

Dit comme ça, j’avoue que je trouve ça beau. Mais, j’ai toujours trouvé ça beau l’instinct. C’est beau quand on fait les choses sans vraiment penser avec autre chose que notre ventre. Mais ça l’est moins quand on les fait pour éviter d’écouter ce que dit notre guts.

Sûrement parce que ce qu’il a à dire c’est poche. Qu’au fond, c’est trop difficile de regarder ses problèmes dans le blanc des yeux. « Cest pas si pire », c’est ce que tu veux lui dire à ton ami. Mais même si c’est vrai, on n’entend pas toujours quand ce sont les autres qui parlent.

C’est plate, avoir un ami somnambule. On le regarde aller et tout ce qu’on peut faire c’est de soupirer. C’est pas méchant, on trouve juste ça dommage. À quoi tu penses pour vrai ? Réveille-toi donc !

Comment on réveille ça, quelqu’un qui ne veut pas ouvrir les yeux ? Toi tu es juste l’ami, c’est dur de trouver ton rôle là-dedans. Est-ce que ça se peut, voir quelqu’un qu’on aime se perdre et ne rien faire ?

Dans sa sieste, ton ami n’a pas remarqué qu’il brisait un peu les autres aussi.

Tu as juste envie de le shaker, de lui envoyer un « wizz » sur MSN pour qu’il allume. De lui dire que tu comprends que c’est plus facile de vivre sur la Lune, mais qu’en bas la Terre n’arrête pas de tourner pour lui donner un break.

Tu as envie de lui dire que tu lui avais dit, mais aussi que tu t’excuses de ne pas avoir trouvé les vrais bons mots.

Des fois, on est impuissant et c’est difficile d’admettre des choses comme ça. Par orgueil, par morale, par amour. Sauf qu’il n’y a pas de manière de réveiller un somnambule. Alors la seule chose à faire, je pense, c’est d’être là quand il va se réveiller. Tsé pour l’aider à réparer son petit peu de vie brisée.

Photo : WeHeartIt

Cette année, jai eu 18 ans. Jai pu voter, faire mon premier don de sang et sortir dans les bars en étant vraiment fière de me faire carter (fierté qui sest très rapidement estompée dans mon cas). Mais surtout, je suis devenue « adulte ». Et jai un peu eu limpression de me faire rentrer dedans par un dix-huit roues.

J’exagère, mais le point est celui-ci : je me suis sentie tout sauf prête.

J’aurais aimé être déjà plus « adulte ». Plus fière de ce que je devenais, plus, plus, plus. Alors, en grande folle, j’ai décidé de monter le volume de ma vie (pas que j’ai commencé à toujours crier, au sens figuré je veux dire).

Activités scolaires, sorties sociales, implication un peu partout, j’ai décidé de tout faire, en même temps, d’un coup. Mais pour une fille qui n’a jamais rien eu d’autre à penser qu’à ses « études » et ses chums de filles, c’est un gros changement. Et puis, avec les responsabilités qui s’accumulent, les travaux commencés beaucoup trop tard et les relations qui demandent du temps elles aussi, 24 heures dans une journée ce n’était plus assez.

Pendant un moment, je me suis sentie invincible et j’ai frappé un mur, parce que je ne sais pas vraiment voler (pis aussi j’ai le vertige). Bref, j’ai voulu être adulte, j’ai aussi voulu en faire trop.

C’est que je pensais qu’être adulte c’était de faire des choses d’adultes. Avoir mille responsabilités, être constamment orienté vers son futur et surtout n’avoir aucun temps pour soi. Ben non (heureusement).

Être adulte c’est être capable de s’écouter et de se comprendre. C’est de se dire à nous-mêmes les vraies choses, même si on n’a pas toujours le goût de les entendre. C’est dire oui, c’est aussi dire non. C’est connaitre ses limites, mais les tester de temps en temps et être surpris du résultat. C’est vouloir apprendre à être une personne encore plus nice que celle que tu étais hier.

Je ne pense pas être devenue une adulte cette année. J’aime encore les films de superhéros, j’ai tout le temps besoin que le volume soit à un nombre pair et j’hais ça le champagne parce que je trouve que ça pétille trop. Mais la personne que je suis aujourd’hui n’est plus comparable à celle que j’étais à 17 ans.

Alors à toi qui fonces tout droit vers la majorité, qui a le sentiment d’aller trop vite et de manquer plein de choses, mais aussi l’impression de pédaler dans le vide. Prends ton temps, essaie de nouvelles choses et fais ce que tu aimes. Et je te souhaite parmi les réussites (et les débarques aussi) de devenir un peu plus l’adulte (ou pas) que tu souhaites être.

Photo : We Heart It

Si toi aussi ta grand-mère tas déjà sorti un «Dans mon temps, on navait pas toutes ces bébelles-là», tu risques de pas mal tidentifier à la nouvelle émission de Télé Québec : Like-moi!. Sadressant typiquement à la fameuse Génération Y, l’émission fait une hilarante critique de ce quest la vie de jeunes adultes à l’ère numérique.

L’auteur Marc Brunet (à qui on doit Les bobos et Le cœur a ses raisons) a bien cerné son public: tous les épisodes de l’émission sont disponibles sur le web et en tout temps (parfait pour le bingewatching!). Un peu à la manière des Appendices ou du Nouveau Show, l’émission est composée de sketchs complètement éclatés qui tu risques d’adopter bien assez vite.

Dans les trois premiers épisodes déjà en ligne, tu pourras te régaler de sketchs comme des mauvais vidéos YouTube , des publicités malaisantes, des conversations d’emojis incompréhensibles, des conseils vino douteux ou des peines d’amour beaucoup trop publiques.

Les comédiens (entre autres la ravissante Katrine Levac, l’excentrique Adib Alkhalidey et la talentueuse Marie-Soleil Dion) exposent la réalité d’une génération qui cherche amour et bonheur sous l’influence des textos et des réseaux sociaux.

Même si les scènes sont caricaturales (et vraiment tordantes), Like-moi! nous confronte à de vrais problèmes créés par notre propre obsession du virtuel (arrête, admet-le). Attentes déraisonnables, besoin constant de validation, quête du bonheur immédiat, il faut se le dire, on a tendance à se rendre la vie difficile. Ce qu’en dit Like-moi!: vaut mieux en rire!

Alors la prochaine fois que mamie te lancera un «Tu n’as pas encore de p’tit chum?», envoie-lui un lien de l’émission. Et quand elle ne sera pas capable de l’ouvrir, ben ris en silence en attendant les prochains épisodes, tous les mardi, juste ici.

Photo : Page Facebook de l’émission