Je viens de terminer le livre de Noémie Dufresne, «Un like à la fois». Plusieurs personnes la critiquaient, se demandant pourquoi acheter ce livre-là, pourquoi encourager «quelqu’un qui se montre pour être populaire». J’avais envie de le lire avant de juger. On juge tellement sans connaître, que cette fois-ci, j’avais envie de laisser la chance au coureur.

Je dois vous avouer que je suis mitigée après ma lecture.

D’un côté, j’avais l’impression de lire un texte de présentation orale. Je comprends que Noémie a dû écrire son livre et que l’écriture ne fait pas partie de ses nombreux talents, mais il aurait pu être écrit différemment. D’une manière chronologique, elle nous raconte comment elle est devenue populaire sur Internet. «L’histoire du lift», comme elle aime bien le rappeler.

Elle nous ramène parfois à des événements qu’elle a déjà expliqué: «comme je l’ai expliqué plus tôt», et personnellement, ça me dérange. Effectivement, ça fait exposé oral.

J’aurai aussi préféré avoir le point de vue de ses ami(e)s sur sa popularité plutôt que seulement son point de vue à elle. Comment ça a changé ses relations familiales, amicales, comment les gens à l’école ont réagi. Pas seulement comment elle est devenue populaire. C’est un peu superficiel, elle aurait pu aller plus loin. Mais peut-être ne voulait-elle pas non plus qu’on en sache trop. Elle ne montre que ce qu’elle veut bien que l’on sache d’elle. Qu’elle est une femme forte qui a passé à travers beaucoup de difficultés, mais qui en est sortie grandie.

Pareil pour ses voyages, elle parle de ce qu’elle a vu à Paris, par exemple, sans donner trop de détails. J’aurai adoré savoir ce qu’elle pensait du château de Versailles. Pourtant, tout ce que je sais c’est qu’elle l’a vu. Je sais que ce n’était pas le but premier du livre, mais ça aurait rajouté un petit quelque chose.

D’un autre côté, j’ai bien aimé parce qu’elle nous apporte dans son univers, et s’ouvre à nous en nous confiant où elle se voit dans quelques années. Son récit est ponctué de pensées, de rêves de popularité qu’elle caresse depuis qu’elle est jeune.

Après avoir lu le livre, j’apprécie Noémie un peu plus que je ne l’appréciais avant. J’ai aimé en apprendre plus sur elle et sur sa vie, ça me permet de mieux comprendre qui elle est.

J’ai aimé ma lecture, même si le contenu était chronologique et peu détaillé par moments. Je te le recommande. Arrête de te fier aux bla bla des gens et de ce qu’elle projette, et lis son livre. C’est la meilleure manière de mieux connaître le phénomène Noémie Dufresne et de te faire une vraie idée d’elle. Ça va peut-être même changer ton opinion.

J’aurais pu vous écrire un texte littéraire comme j’ai l’habitude après avoir lu un roman passionnant dont j’ai le goût de vous parler. Mais aujourd’hui, c’est différent.

Les romans servent à plein de choses: comme échappatoire, pour connaître de nouvelles choses, pour se renseigner, mais ils servent aussi à nous faire réfléchir.

Le roman de Tommy Wallach, « Si c’est la fin du monde » est un de ceux-ci. Si les gens le trouvent simpliste et décousu, moi je l’ai adoré. Un astéroïde fonce sur la planète Terre et a 66,6% de chance de nous tuer. Ils nous restent deux mois. Que fait-on?

Entre la peur et l’amour, il y a aussi un aspect plus important. L’abandon des étiquettes qui nous collent à la peau: le sportif, la barbie, la riche, le pauvre… Il ne reste que deux mois, tout ça n’a plus vraiment d’importance non? C’est une des situations que vivront Peter, Anita, Andy et Eliza, les héros du roman. Au cours de ces deux mois, ils apprendront beaucoup de choses, sur eux-mêmes et sur les autres.

Au-delà du livre, il y a aussi cette question existentielle que l’on se pose en tant qu’humain: que ferais-je si j’avais seulement deux mois à vivre? Serais-je assez honnête envers moi-même pour laisser mon conjoint que je n’aime plus depuis des années? Irais-je déclarer ma flamme à celui pour qui je brûle depuis notre rencontre? Détruirais-je tout sur mon passage parce que ça ne sert plus à rien ou serais-je cette fille sage qui restera enfermée chez elle? Est-ce que j’experimenterais des trucs que je n’ai jamais osé faire par peur du jugement?

Après y avoir réfléchis, je me rends compte qu’attendre la fin du monde est ridicule. J’ai commencé à penser comme celà: et si je mourais en sortant de chez moi? Ça me donne une raison de ne pas m’endormir fâchée ou de ne pas partir sans avoir dit à tout le monde que je l’es aimais, car qui sait combien de temps il nous reste sur Terre? Alors pourquoi ne pas prendre ton courage à deux mains et faire ce que tu as envie ?

Photo: Weheartit

Il y en a qui ne comprennent pas. Ils trouvent ça bizarre. Et c’est bien correct, je respecte ça. Mais moi, les amitiés virtuelles, ça fait partie de ma vie.

Il arrive parfois que l’on n’ait pas les mêmes passe-temps que nos amis. Par exemple, on écoute une série ou on lit un livre, et on a envie d’en parler à tout le monde, envie de partager ce qu’on ressent vis-à-vis telle ou telle situation, mais on ne peut pas parce qu’ils ne s’intéressent pas à ça. Alors on se tourne vers des inconnus, des gens sur des forums ou des réseaux sociaux qui partagent nos passions. Anglais ou français, on se débrouille et on se comprend. Parfois, on se lie d’amitié avec les gens à qui l’on parle, et ils deviennent des amis très proches. J’ai déjà eu des amis virtuels que je m’étais fait sur des sites de clavardages comme Blablaland ou encore Chapatiz, avec qui je parlais tous les jours. Et c’est encore le cas.

J’ai parfois l’impression qu’avoir des amis que l’on n’a jamais vus en vrai, c’est mal perçu par notre entourage ou la société. J’ai l’impression d’avoir à me justifier chaque fois que quelqu’un remarque que je parle à une « inconnue ». « Peut-être qu’elle te dit des mensonges, peut-être que ci, peut-être que ça ». La vérité c’est qu’il y a aussi des photos sur les profils des gens. Si l’on commence à douter de tout le monde, la paranoïa va s’emparer de nous.

Ce que les gens ne comprennent pas, c’est qu’il arrive que l’on se sente plus proche de quelqu’un sur internet, car il ne nous connait pas et l’on se sent moins jugé. Parfois, cette personne peut vivre la même situation que toi et sait ce que tu ressens. Je suis une personne réservée et j’ai souvent de la difficulté à aborder les gens. Écrire « Salut » à quelqu’un sur les réseaux sociaux est beaucoup moins gênant que d’aller dire à une autre fille que ce qu’elle porte aujourd’hui est beau.

Je ne dénigre pas les amitiés réelles. J’ai plusieurs bonnes amies et c’est important d’avoir des contacts avec la réalité. Je n’encourage personne à rester chez elle parce qu’elle a des amies sur internet.

Ce que je veux dire c’est que lorsque l’on partage quelque chose de semblable et que ce lien est fort, on s’attache à ses gens à qui l’on a l’habitude de parler tous les soirs. C’est la même chose qu’une relation à distance, finalement.

Photo : We Heart It

Les femmes ont fait un grand pas depuis les années ’40. Mais il reste encore du chemin à faire, tout n’est pas gagné. Certains stéréotypes et certaines manies sont difficiles à se débarrasser, comme un vieux toutou de notre enfance qu’on ne veut pas jeter.

Les femmes qui ont milité et qui militent encore pour nos droits se font pointer du doigt. Être féministe en 2016, c’est mal vu. Mais détrompez-vous. Être féministe, ce n’est pas de brûler sa brassière, ce n’est pas d’être contre les hommes, ce n’est pas quelque chose de péjoratif.

Être féministe, c’est seulement vouloir l’égalité de l’homme et de la femme dans toutes les sphères de la vie.

Être l’égale des hommes, c’est aussi pouvoir être respectée lors de relations sexuelles. Malheureusement, le consentement sexuel n’est pas quelque chose de compris par tout le monde. Le consentement sexuel doit être appris dès le plus jeune âge.

Lors de leur conférence Sexe, égalité et consentement, la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, le rappeur Koriass et la journaliste indépendante et blogueuse Marylise Hamelin ont expliqué que la majorité des agressions sexuelles est due à une méconnaissance du consentement.

Une fille sur cinq est forcée à avoir des relations sexuelles. Mais seulement un homme sur quinze en est victime. C’est donc trois fois plus de femmes que d’hommes.

Pourquoi seulement apprendre aux filles à bien se tenir, à bien agir, à s’habillement convenablement, les faisant donc culpabiliser lorsqu’une telle chose arrive? Les hommes doivent, eux aussi, apprendre comment agir.

La victimisation de l’agresseur n’est pas la bonne manière de faire.

Les gens pensent qu’un viol, c’est un homme sorti de nul part qui violente une femme et la force à avoir des relations sexuelles dans un stationnement désert… digne d’un film hollywoodien. Ce n’est pas ça, la vraie vie.

La vraie vie, c’est un ami dans un party qui a trop bu et qui se ramasse dans une chambre avec ta meilleure amie.

Les statistiques le prouvent : huit femmes sur dix connaissent leur agresseur.

Mais ça ne se résume pas seulement aux relations sexuelles. Les micro-agressions peuvent être aussi banales que de klaxonner une fille lorsqu’elle marche dans la rue ou que de poser des questions privées sur sa sexualité.

«Klaxonner une fille pour avoir son attention, c’est aussi efficace que d’attacher une roche à son CV pis de le lancer dans une fenêtre d’un commerce pour se trouver une job.»

  • Koriass

Le consentement sexuel, c’est un oui clair, répété et désiré.

Si tu as encore de la difficulté avec la notion de consentement, voici une vidéo pour toi.

 

Photo : Page Facebook Sexe Égalité et Consentement

La plateforme Wattpad (qui est une application où tu écris et publie tes histoires) est de plus en plus populaire. Plusieurs personnes qui écrivent finissent par voir leurs histoires devenir réalités. Et c’est le cas pour Morgane Bicail.

Morgane est une jeune fille de 14 ans qui écrit sur Wattpad. Son histoire, PhonePlay, est la plus lue sur cette application. Même si elle est jeune, son livre est très bon et facile à lire malgré ses 349 pages assez imposantes.

PhonePlay raconte l’histoire d’Alyssa, 16 ans, qui revient chez elle comme tous les autres soirs. Elle hait sa vie monotone dans sa maison de luxe avec ses parents qui préfèrent travailler plutôt que de s’intéresser à elle. Mais cette soirée est différente des autres.

Pendant qu’elle fume sa cigarette sur son balcon, elle reçoit un texto d’un inconnu qui lui écrit seulement: «Bonsoir, Alyssa». Intriguée, elle répond, demandant qui est-ce. Elle ne se doute aucunement qu’elle vient de s’embarquer dans un jeu dangereux.

L’inconnu lui répond: «Devine qui je suis et je serai à toi». Jusqu’où Alyssa ira-t- elle pour découvrir qui est ce mystérieux inconnu?

Ce livre, je l’ai adoré. L’action commence dès le début et perdure tout au long du roman, donc pas trop de flafla et d’introduction trop longue. Au courant de l’histoire, on s’imagine des théories, on essaie de deviner qui lui parle et, à la fin, BANG. On découvre ce qu’on n’aurait jamais pu deviner. Deux jours seulement et je l’avais déjà terminé. Ça faisait longtemps que je n’avais pas dévoré un livre comme celui-là!

Seulement 16$, en vente dans toutes les librairies et, bien sûr, disponible sur Wattpad.

Photo: Michel-lafon.fr

Femme, je m’adresse à toi : ce jour de mars en est un qui porte ton nom. Ne m’en tiens pas rigueur si je nous mets toutes sous le même titre. Un groupe n’est pas nécessairement uniforme parce qu’il est un groupe.

Or, un mouvement collectif mise sur les points communs des gens qui le composent. C’est là qu’on trouvera la force optimale. Loin de moi l’idée de réduire ton essence humaine à un organe génital que tu n’as guère choisi, mais c’est parce que tu ne l’as pas choisi qu’on doit collectivement en définir le sens, plutôt que de se le faire imposer.

La féminité, c’est plus que le rouge à lèvre et les talons hauts.

Une femme, c’est plus que la féminité.

Le féminisme, c’est plus que le combat entre les femmes féminines, les femmes pas féminines, les talons hauts, le skateboard, les hommes et les femmes, les lesbiennes, les hétéros, etc.

C’est tout ce qui se trouve entre les deux et autour.

Je n’oserais dissoudre l’unicité de chacune d’elles au nom du genre. Que personne ne me fasse croire que les femmes sont toutes pareilles. J’en connais des douces comme du velours et d’autres qui sentent l’audace aussi fort qu’elles peuvent répliquer, s’objecter, s’affirmer.

Il y en a qui sont de glace et il y a des cœurs qui fondent comme le printemps, des têtes remplies de songes, des têtes dures, des rêveuses, des plus lucides, mais surtout de belles têtes qui doivent être arrosées chaque jour d’un élan de confiance.

D’autres qui ont besoin d’être nourries de vérité et de réalité, pas au nom d’une religion ni des hommes : au nom de personne sauf d’elles-mêmes, de ce qu’elles veulent être et devenir à l’échelle individuelle et sociale, pour qu’elles refusent de se taire et de ne composer que le son d’ambiance.

Femme, je t’en prie, ne baisse pas les bras devant ceux qui te croient faiblesse. Tu as en toi le berceau du monde et le brasier d’une passion qui brûle au ventre.

Parce que ta grandeur se mesure à celle de l’univers, femme.

Parce que même la tornade ne pourrait te dépouiller de tes atouts.

Ta beauté repose dans ta force et dans ta douceur à la fois, comme le ruisseau là-bas.

Et plus je te regarde, plus je te trouve belle.

Photo : WeHeartIt

J’ai dit « vin » et tu t’es sentie interpellée? Viens ici ma grande, j’ai une application pour toi.

Vivino est une application gratuite qui te facilitera la vie et te permettra de faire des découvertes. Le principe est simple : tu prends une photo de l’étiquette de la bouteille que tu souhaites acheter, et tu as accès à plein d’informations à son sujet.

Version gratuite

Tu as accès aux notes données par les 10 millions d’utilisateurs de partout à travers le monde et des idées de repas qui vont avec le vin que tu as choisi. Tu hésites entre deux ou trois sortes? Pas de problème, le comparateur te donnera la note pour tous les vins que tu as sélectionnée.

Si tu es au restaurant, pas de problème! Tu peux prendre en photo la carte des vins pour avoir les notes et les avis.

Tu as aussi la possibilité de garder en mémoire, les bonnes bouteilles que tu ne te rappelles plus après une soirée bien arrosée ou celle que tu trouvais mauvaise, pour ne plus faire l’erreur de les acheter.

Version Premium

Dans cette version, tu peux avoir un guide d’achat basé sur tes préférences et un budget t’est offert aux deux semaines, avec en plus, des notes accordées par des experts. Tu pourras aussi avoir accès à une cave virtuelle dans laquelle tu pourras placer les vins que tu as préférés. Et, comme dans toute version Premium qui se respecte, le temps d’attente est moins long quand l’étiquette n’est pas reconnue.

La version Premium est offerte à 4,99 $ par mois ou 49,99 $ pour une année (tu as deux mois gratuits!) disponible sur Apple Store et Google Play.

Photo : Pinterest

J’aimerais ça te raconter mes yeux, t’expliquer que même s’ils semblent fuyants par moment, ce n’est pas du snobisme, je te jure. Je n’ai pas la prétention de me croire supérieure à qui que ce soit, même pas quand je bois un dry martini avec des olives farcies aux amandes.

J’aime même pas ça anyway.

Non, ce n’est pas un complexe d’infériorité, je t’assure. Je les ai vécues, les années de torture psychologique pour un pas grand chose. J’osais même pas me pencher pour attacher mes lacets devant tout le monde, tu vois le genre. C’est con, ça n’sert à rien. Tu fais juste t’enlever l’opportunité de te montrer au grand jour. Pourtant, c’est beau le Soleil, ça porte sur ses rayons l’odeur d’un jour plus libre. Ça chatouille, ça s’éclate sur tout ton tapis de peau, pis même en dedans.

C’est peut-être que tu m’intimides un peu, je t’avoue, mais toujours dans un mélange de fascination et de curiosité. Ce n’est pas de la gêne tant que ça, je me garde juste le plaisir de laisser planer le mystère. Aussi parce que je me vois mal arriver dans ton monde en y imposant le mien. Pas que je crois que ma réalité crie fort, mais parce que la rencontre de deux passés différents m’intéresse, pas la domination d’un empire. Ce n’est pas le mur de Berlin, mais quand même, y’a ce rideau entre nous qui ne nous dévoile de chacun que les ombres de nos silhouettes évasives dont la lumière du grand jour a bien voulu tiré portrait.

Je n’ai de toi qu’un croquis grossier. Je n’ai de toi qu’un tout petit souvenir, le temps d’un minime partage d’une parcelle d’instant. De toi qui cours pour attraper le bus en laissant voler quelques feuilles de ton porte-document. De toi qui se regardes dans le reflet de la vitre du métro en essayant de te recoiffer subtilement. De toi qui se plantes 5 minutes devant le comptoir à produits laitiers pour faire un choix réfléchi entre le yogourt grec au citron et le Silhouette aux fraises en spécial à 1,99$. De ce que tu dis à ton enfant pour le rassurer dans la salle d’attente chez le dentiste. De toi qui es dans ma vie en hors-champ le plus souvent, mais qui contribues tellement à l’authenticité de mon quotidien.

À toi que je ne connais pas, j’aimerais ça te raconter mes yeux. Te dire que si je n’ai pas soutenu ton regard dans la file du McDo, ce n’est pas par snobisme, par complexe d’infériorité ou par gêne, c’est parce que je me doute bien que tu ne connais pas l’ampleur de ce que tu m’inspires.

J’aimerais ça savoir si t’es le genre de personne à mettre du ketchup un peu partout. Que tu me dévoiles ce qui te fait chanter du ABBA sous la douche à 6h AM. Que tu me confies ce qui te fait briller d’existence, ce qui te fait crier de rage, ce qui te rend malade à un point où t’as les yeux flous tout le temps. Que tu me racontes la fois où les papillons t’ont brûlé le ventre à force de danser. J’aimerais ça que tu m’expliques tes yeux, pour que tu puisses comprendre les miens. Que pendant que j’hésite entre le trio MacPoulet pis le Joyeux Festin croquettes, tu me racontes pourquoi la sauce à Bigmac te fait penser à ta grand-mère.

C’est peut-être purement égoïste de ma part de vouloir découvrir ton univers avant de te dévoiler ce qui m’habite moi aussi, mais voilà, j’ai juste envie de te dessiner en une esquisse, en ce que j’ai capté de plus brut. De gribouiller sans finir les lignes, pour laisser place à l’imaginaire, pour continuer de carburer à l’inspiration. C’est ce qui me permet de ne pas me lasser de la vie.

Pas parce que je n’aurais pas voulu que notre rencontre dure plus longtemps, mais je ne voudrais surtout pas estomper la véracité de ce partage, dans toute sa petitesse et sa grandeur.

Je ne te connais pas, tu ne me connais pas. J’aurai sans doute oublié à quoi ressemble ton visage dans 2 semaines, mais pour un instant, tu m’as fait ressentir la beauté de l’ordinaire. Et tu as probablement changé quelque chose en moi, sans que tu ne le saches, sans que je ne le sache. Parce que tu m’inspires la vie, cher inconnu. Et par ton regard, tu me rappelles que j’en suis une moi aussi.

Je ne suis qu’une vague solitaire qui trouve refuge dans les marées des eaux inexplorées.

Photo : Tumblr

Je voulais m’évader, m’en aller loin, ailleurs. Pour moi, le monde était vidé de son sens. Tout était surfait, surjoué. La société était à mes yeux rien d’autre qu’artificielle, mauvaise, sans aucun doute. Dans la catégorie cynique désagréable, oui.

«Quand on est réellement bien en dedans de soi, on est bien partout.» (Mon amie Anne, 2013, Québec, Canada).

Celle-là m’avait marquée.

C’était des phrases empreintes de simili-sagesse qu’on se lançait ici et là, pour s’aider un peu, pour se donner espoir que ça se peut d’être bien pour de vrai de vrai, même dans un chandail de laine qui pique pis qui nous agresse la peau, genre. Je ne suis pas adepte des phrases de Psycho-pop, ça me fait rire à la limite. Je trouve ça malaise. Des proverbes Châtelaine qui insinuent que la grandeur de tes problèmes est inversement proportionnelle à la quantité de mousse dans ton bain. Dans une salle de bain Feng-shui. Comme si la vie c’était si simple (peut-être que oui, peut-être que non).

Le hic, c’est qu’autant je me moquais de ces thérapies-là, autant j’aurais voulu y croire, finalement. Que ce soit simple. Que mon mal-être disparaisse en collant des roches dans un scrapbooking (en 2009). Que mon mal de cœur s’estompe au son des vagues d’un tout inclus à Cuba. Sauf que j’avais ben beau me dire namasté, je namastais pas.

«L’art de vivre» était bien plus abstrait que tout ce que suggéraient les magazines et les blogues.

Le pire, c’est que je n’étais pas moins clichée: je voulais partir voyager, parcourir le monde. Tsé, le genre de chose que tout le monde écrit dans son album de finissant. Des rêves d’ados blasés, qui sont tannés d’avoir l’impression de servir à rien, à grande échelle.

Et puis j’ai vieilli. Mon désir de voyager ne s’est pas pour le moins estompé, il a évolué. Ce n’est plus pour fuir que je caresse l’idée d’un voyage, mais pour enrichir le moi que j’ai déjà nourri ici. Pour mieux revenir. Pour mieux repartir. Pour mieux vivre en bref, que ce soit ici ou là-bas. Je me suis raisonnée au fait que certaines choses ne pouvaient changer drastiquement; Que certaines opinions ne valaient plus la peine qu’on les écoute si elles ne se donnaient pas la peine de se réformer aux variables importantes: le droit de tous et chacun, la justice, le progrès à la grandeur humaine. L’humanité.

Personne n’a à se mettre le fardeau du monde sur les épaules. Sinon tout le monde. C’est tout le monde ou ce n’est personne.

Personne n’a à être malheureux pour le seul fait d’avoir une conscience morale plus réveillée et alerte que la majorité.

Ce serait la plus ironique des malédictions.

C’en est presque une, en effet.

Photo: tumblr