La folie des Golden Globes et des Oscars achève. L’année cinématographique 2014 laisse (enfin) place à la prochaine. Et voilà qu’on attend les futurs «films de l’année» avec impatience. Comme un tas de promesses lancées dans l’océan populaire de cinéphiles américains.

Jetons un coup d’œil à ce qui sera à voir et à surveiller durant la prochaine année.

1. Knight of Cups, Terrence Malick, sortie prévue le 11 décembre 2015 (photo à la Une de l’article)

Enfin. Trois longues années d’attente, puis Terrence Malick (Tree of Life, Thin Red Line) nous revient avec son art poétique semi-populaire.

Knight of Cups, sorte de thriller philosophique, s’annonce être époustouflant et rythmé… en plus de présenter une palette d’acteurs (Christian Bale, Cate Blanchett) plus qu’honorable.

De toute façon, a-t-on déjà vu un mauvais Malick?

2. Le Petit Prince, Mark Osborne, sortie prévue le 7 octobre 2015

La célèbre histoire de Saint-Exupéry au cinéma. Animée en 3D, colorée à souhait. Rien à voir avec la série du même nom qui défile sur les ondes de Télé-Québec.

Œuvre d’une beauté et d’une qualité assurément exemplaires, Le Petit Prince est attendu depuis belle lurette. Osborne nous a servi Kung-Fu Panda en 2008, alors on lui fait confiance.

Il n’y a qu’à voir la bande-annonce.

3. In the Heart of the Sea, Ron Howard, sortie prévue le 11 mars 2015

Comme à son habitude, Ron Howard (Beautiful Mind, Rush) offre un long-métrage biographique, nécessairement dramatique. Cette fois, il nous emmène en mer avec un équipage prisonnier des vagues suite au naufrage d’un baleinier au XIXe siècle.

Ron Howard excelle dans le «d’après une histoire vraie». Surtout dans les larmes.

4. Peanuts, Steve Martino, sortie prévue le 16 décembre 2015

Après The Book of Life, Fox Family s’offre Peanuts, un film animé sur l’univers de Charlie Brown et compagnie.

Cette première annonce une utilisation douce – loin des Garfields et des Spongebob portés à l’écran – respectant l’écriture et le dessin coloré, mais humble, de Charles Schulz.

5. By the Sea, Angelina Jolie

Dernière chance pour Angelina après Ie quasi désastreux Unbroken? La «jeune» réalisatrice tente cette fois sa chance dans un drame romantique situé en France.

Tout un défi pour Jolie, qui se permet de jouer et de diriger à la fois. Brad Pitt et Mélanie Laurent font, bien heureusement, partie du projet.

Photo: hitfix.com

La soirée «ICI. Nous aimons Radio-Canada Saguenay-Lac-Saint-Jean» a cassé la baraque mercredi soir à la salle François-Brassard du Cégep de Jonquière.

Plus d’une dizaine d’artistes et de membres influents du milieu culturel se sont réunis sur scène pour chanter la pomme à notre diffuseur public. C’était beau, c’était grand de voir autant de voix s’unir pour dénoncer les actions – ou l’inaction – des gouvernements fédéral… et provincial.

Avant tout, il faut comprendre que le mouvement «J’aime Radio-Canada» est né des importantes coupes budgétaires imposées à la Société Radio-Canada par nos dirigeants. Il faut aussi comprendre que Radio-Canada, c’est un diffuseur public dont le sort appartient (idéalement) à l’ensemble de la population, payeurs d’impôts, contribuables, peu importe.

Radio-Canada doit promouvoir la culture pancanadienne, et donc encourager les producteurs et artistes du cinéma, de télé, de musique, d’arts visuels d’ici.

Si on coupe dans Radio-Can, on coupe dans nous en fait.

En région, comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les répercussions se font sentir horriblement. Ici, c’est la communauté régionale qui écope directement. De fait, si Radio-Canada doit couper dans le contenu régional, elle perd la capacité d’offrir une visibilité de qualité aux organismes culturels et sportifs du milieu, aux artistes, à nos gens.

C’est cette entrave à la diversité de l’information qui a fait monter sur scène tous ces gens mercredi. Ces gens-là, artistes et membres du milieu culturel, n’auraient pas pu sortir de la région, du Québec, du Canada sans la station régionale radio-canadienne.

Hier, c’était donc un grand spectacle. Intime et amoureux. Les invités présents ont livré des discours romantiques et passionnés. Certains sont venus chanter pour redonner généreusement à la station régionale qui a su les distinguer, les faire connaître. Notons Gazoline, Mordicus, Philippe Brach, Dany Placard, Mario Pelchat.

En parallèle à la grande qualité des performances musicales, plusieurs orateurs et membres du milieu culturel ont touché le public par des discours flamboyants. Le réalisateur Sébastien Pilote, le directeur général de Regard sur le court, Ian Gailer, et le grand journaliste Pierre Maisonneuve étaient d’ailleurs de la partie.

Hier, c’était beau et vrai. Tant de gens rassemblés pour la défense de notre culture, de nos valeurs, c’est si rare et si inspirant.

Moments forts :

La prestation enflammée de Mordicus (je suis déjà en quête de leur album) et l’extraordinaire discours de Pierre Maisonneuve qui a touché droit au cœur les étudiants en communication et en production.

Moments «bof!» :

Les discours passifs-agressifs des quelques députés qui se sont présentés à la soirée. Les attaques et accusations publiques, on va passer!

Moment «J’en crois pas mes yeux!» :

Les trois artistes de la troupe À Tour D’Rôle Cabaret qui reconstruisent et offrent au public une prestation de la famille Jackson… version marionnette vivante. Ça brulait les yeux de bonheur.

Photo: Vicky Boutin via Facebook

On a tous entendu parler du discours qu’a livré Emma Watson à l’assemblée de l’ONU. Il s’agissait de féminisme, d’égalité hommes-femmes, du pouvoir des hommes à changer les préjugés et les préjudices faits aux femmes.

Emma Watson, nommée ambassadrice pour les droits des femmes à l’ONU il y a quelques jours, a relancé le débat sur l’égalité des sexes. De là, il faut bien comprendre que la bataille des femmes n’est pas terminée, ni gagnée malgré que nous soyons riches, malgré que nous vivions du bon côté de la planète, malgré que nous mettions sur le marché de jolis robots(!).

Emma Watson, de belle volonté, a invité les hommes à aider les femmes, à faire partie de la légion féministe (sans blague).

Par contre, il me semble que la clé soit tout autre.

De fait, il est grand temps que nous nous bottions le derrière un peu. Les pétitions, les marches, les manifestations, les statuts publics, c’est beau… ça peut marcher pour quelques minutes, quelques heures peut-être.

Et si chacune de nous se prenait en main plutôt? Et si on arrêtait de déplorer nous-mêmes notre sexe, comme nos arrière-grands-mères apprenaient à le faire malgré elles? Je vous donne un exemple.

Il y a quelques jours, mon pneu a crevé de façon lamentable. Je ne savais pas changé un pneu. Je ne savais même pas que tous les outils dont j’avais besoin sommeillaient dans mon coffre. La galère.

En rentrant chez moi, j’ai bien vu que chaque gars assis au salon en était pourtant capable. Pourquoi donc? Parce que les pères, en général, ne montrent pas ça à leurs filles? Non, non. C’est parce que je n’ai jamais demandé à ce qu’on me montre comment faire.

C’était donc ma faute, pas celle de toutes les entités mâles du continent. Inconsciemment ou non, je m’étais faite à l’idée que je n’avais pas à faire ça, que c’était les gars qui changeaient les pneus dans la vie.

Je me disais féministe : j’ai raté. J’ai abandonné; je n’ai pas su, ni demandé parce que je suis une fille. Constat lâche et malheureux. C’est comme se faire gober par ses propres préjugés : ça fait hyper mal au cœur et à l’esprit.

J’ai dressé la liste des choses que je ne savais pas faire dans la vie pratique et que je laissais toujours aux hommes de ma vie. À ce jour, elle contient «changer une ampoule», «couper un homard en deux» et «monter un meuble de la compagnie suédoise».

La prochaine fois, c’est moi qui ferai tout ça. Vous savez, chaque bataille se gagne grâce aux petits et très petits pas. Il faut simplement arracher nos propres barrières et commencer quelque part.

C’est parti?

Photo: UN Women

Je n’étais jamais arrêtée à Trois-Rivières avant. Entre Montréal et Québec, Montréal et Jonquière, Trois-Rivières n’avait été que le long viaduc aux allures de la Métropolitaine. Hier soir, j’y suis entrée par la force des choses : on m’offrait sur un plateau d’argent trois grands noms de la musique d’ici. Heureusement que La Cerise a accepté avec joie cette belle collaboration avec le festival, sinon je serais passée à côté de quelque chose qui sera très grand un jour. Le Festivoix est grand et beau. Et la soirée du 4 juillet l’a définitivement placé «su’a map» comme on se plaît à dire.

Scène des Ursulines 19h : Du sexe et du sombre sous les saules pleureurs

Pierre Lapointe s’en est tenu à sa formule éclectique, assourdissante, noire. C’est ça, Punkt. Là, à l’ombre des saules pleureurs, au milieu du jardin de l’ancien couvent des Ursulines, le chanteur populaire a gagné son public. Encore une fois. Pierre Le Grand a fait rire et a ému la foule. En 90 minutes, il a servi des parcelles de Punkt, son «spectacle sexuel extraordinaire» – c’est lui qui le dit! – en y ajoutant des touches sombres, acerbes, tout droit sorties de ses anciens albums. Des chansons tristes qui ont tôt fait de déclencher des murmures dans la foule. Drôle de choix pour un festival d’été. Au final, avec cette voix toujours belle, cette note toujours juste, ces paroles enveloppantes, la foule n’est pas repartie sans chagrin ni joie explosive. On ne sort jamais indemne d’un spectacle de Pierre Lapointe.

Scène Loto-Québec 21h30 : Du vrai bon Indie pop d’ici!

Groenland. Groupe indie pop montréalais encore trop méconnu sur la scène provinciale. Leur album The Chase est un bonbon d’été au goût doux et mélancolique. Sur scène, ils font un tabac. Plein d’énergie, revigorant, lumineux, Groenland a enflammé la scène, envoûté la foule nombreuse qu’on pouvait supposer en place pour Half Moon Run (HMR). Ceux qui ne les connaissaient pas en sont nécessairement tombés amoureux. Les autres semblaient ravis. On en aurait voulu plus. Moins d’une heure plus tard, le groupe quittait la scène, visiblement ému et heureux. HMR embarquait 30 minutes plus tard.

Scène Loto-Québec 22h30 : Un show impossible

Dans ma tête, c’était impossible. Impossible de reproduire avec justesse les pistes du succulent Dark Eyes. J’attendais donc ce groupe bien-aimé, avec une peur profonde au ventre. Et pourtant. Les membres de Half Moon Run ont un talent qui fait frissonner. Chaque chanson entamée durant le long spectacle du célèbre groupe montréalais (d’adoption) laissait perplexe. Ils ont repris sans gêne, avec une facilité déconcertante leurs succès d’album. Il faut dire que leurs mélodies sont complexes; le chant, difficile (du moins qui le devrait). Mais hier, c’était comme faire «Play» sur son walkman et regarder les gars se déchaîner devant une immense foule excitée qui chantait à tue-tête. C’était de qualité, et beau à voir. Ils ont servi aux Trifluviens près de 90 minutes de spectacle, trois rappels et des chansons inédites, jouées pour la première fois sur cette scène. Il ne fallait pas manquer ça.

On attend donc un second album ainsi qu’une renommée qui va éclater mondialement dans les prochaines années. Garanti.

Notre journaliste Laurence Richard est une collaboratrice invitée pour le blogue du Festivoix!

Photo: Facebook

À l’école secondaire, il est de plus en plus coutume de pousser les jeunes à faire du bénévolat. On compte leurs heures, on demande des signatures, on confirme au bulletin. Parfois, on ferme les yeux quand on reconnaît la signature du parent, qui sauve quelques points à son enfant… assez pour qu’il entre en médecine dans deux ans.

Est-ce bien ça, du bénévolat? Un acte forcé, consigné, validé? Demandez à de vrais bénévoles, de vrais volontaires. Ils vous diront!

Du bénévolat, ce n’est pas un travail qu’on compile. C’est un travail qu’on fait avec cœur, avec rigueur, par humanité surtout. Et ces nombreuses heures… on les donne (gratuitement) à qui? À des festivals internationaux? À des directions d’écoles privées? À des organismes largement subventionnés? Si c’est ce qui vous tient à cœur.

Si vous ne vous sentez pas concernés par ces organisations, voici quelques façons, plus près des gens, de faire du bénévolat cet été :

1. Organismes d’aide aux personnes itinérantes

Ces organismes reçoivent de moins en moins d’argent (en tout cas, surtout à Montréal) avec les années. Ils en viennent à fermer plus tôt, ouvrir plus tard, offrir un nombre très limité de lits pour la nuit. Souvent oubliés, ces organismes méritent que des volontaires s’intéressent à eux. Un bénévole y fera la cuisine, la vaisselle, le service, le ménage peut-être. Un bel endroit pour ceux qui savent écouter : certaines personnes itinérantes ont bien des histoires à raconter!

2. Visites aux résidents âgés

Des grands-pères, mères, tantes oubliés. Il y en partout, dans chaque ville, sur chaque étage de chaque établissement pour personnes âgées. Pourquoi ne pas offrir un peu de temps à ces nombreuses solitudes? Ça ne peut être que quelques heures par semaine… La visite d’un bénévole devient un rendez-vous hebdomadaire. Offrir un peu d’amour pour passer les heures, quelque chose dont chacun a besoin.

3. Gardes d’enfants en milieux défavorisés

Quand les garderies (surtout celles en milieu familial) ferment leurs portes pour une semaine ou deux, ça peut être un désastre pour plusieurs parents. Certains ne peuvent se permettre de perdre une paye pour des vacances forcées. C’est là qu’un volontaire devrait entrer en jeu. Garder des enfants, garder des enfants gratuitement… Il est où le problème, si c’est pour le bien-être de familles qui en arrachent?

Photo: CIJ du Val d’Oise

Ton cellulaire te suit partout l’été? Tu l’as définitivement classé comme un outil nécessaire à ton quotidien? Pourquoi donc ne pas joindre l’utile à l’agréable? Voici un top 10 des applications de l’été! Des applis chéries qui facilitent la – dure – vie d’étudiants en vacances.

1. Coupe du monde FIFA : une application produite par Radio-Canada qui offre une vue d’ensemble sur le plus gros événement soccer au monde. À l’image de l’application Sotchi 2014, on a accès aux horaires, aux équipes, aux nouvelles fraîches et aux résultats en direct en un doigté! De quoi rendre la vie moins stressante quand tu ne peux pas regarder ton équipe jouer la finale (les étudiants, ça travaille l’été, dah!).

2. Gas Buddy : Tu n’as pas l’argent pour investir dans une jolie voiture électrique et tu te retrouves à faire le taxi bénévolement tout l’été? Gas Buddy deviendra un ami inévitable cet été (le nom l’indique). L’appli permet de trouver la station-service la plus près qui offre le prix le plus bas sur l’essence. Et les prix sont mis à jour régulièrement durant la journée! Qui sait, l’argent que tu sauveras te permettra peut-être de rêver à l’électricité.

3. IMDB : Évidemment, un incontournable quatre saisons. C’est l’appli dont tu as besoin quand tu valses entre les rangées de ton disquaire préféré ou du magasin qui loue des films (pour ne pas le nommer). IMDB offre détails et critiques sur tous les films produits depuis que le monde est monde. À avoir à la main avant l’achat ou la location d’un produit cinéma. Ou quand tu essaies de te rappeler du nom de l’actrice sur la pochette.

4. Aldiko : À la façon d’un e-reader, Aldiko permet de feuilleter romans, essais, BD ou magazines numériquement. Très facile à utiliser, l’appli a une grande banque d’oeuvres du domaine public (gratuit). L’application est gratuite et permet de lire plusieurs formats de documents souvent illisibles via les applis de base d’un téléphone. Et surtout, il va sans dire que lire Hugo en voiture la nuit sans Aldiko ne serait pas possible. Alors, hein!

5. Sky Map : Développée par Google, l’appli recrée une carte des étoiles parfaite. À tous ceux qui n’ont jamais su repérer les Grande et Petite ourses, voici enfin le moment attendu… Il n’y qu’à pointer son téléphone dans la direction désirée, et l’appli montre précisément les constellations, planètes et étoiles qui s’y trouvent. À couper le souffle.

6. Atelier cocktail : Une application qui permet de trouver des recettes de cocktail rapidement et simplement! Contrairement aux autres applications du même genre, Atelier cocktail offre la section «Dans mon frigo», qui permet de sélectionner le type d’alcool qu’on possède et d’en tirer le meilleur cocktail. Indispensable pour se la jouer cool.

7. Apprendre l’espagnol : Très chouette pour ceux qui rêvent de partir en Amérique latine. L’appli est drôle, simple à utiliser et parfaite pour se remémorer les bases apprises à l’école.

8. L’Explorateur Parc Parcours : La SEPAQ propose des cartes détaillées des parcours et des sentiers offerts dans ses parcs. À utiliser quand l’envie vous prend de partir en randonnées ou en camping dans nos parcs nationaux!

9. Sudoku : Pas de présentation nécessaire. Une application qui sert à passer le temps en voiture ou en salle d’attente… sans avoir de remords. (C’est comme faire des maths, non?)

10. Mes parcours : Encore une appli Google. Celle-là permet aux amateurs/trices de course ou de vélo d’enregistrer la vitesse, la distance et le parcours emprunté grâce à la géolocalisation de votre cellulaire. C’est trippant… à moins que la NSA ne vous intercepte avant la fin de votre entraînement.

* Ces applications n’ont pas été testées avec un téléphone tatoué d’une pomme.

Photo : Johan Larson (Flickr)

C’est dommage, parce qu’avec ces années qui filent et défilent, on a oublié qu’on pouvait créer. Je ne parle pas de fabriquer une breloque à partir de perles achetées en magasin, ni de dessiner un cupcake au feutre et de le faire encadrer.

Je parle de créer. De créer à partir de la terre, de la nature même. Il est temps de revenir en arrière un peu, de revenir aux méthodes artisanales de nos arrière-grand-mères. Et c’est un peu la mode ces temps-ci de toute façon. Alors créons, et soyons à la mode.

Je vais être franche, tout ce que j’ai pu créer jusqu’à maintenant, c’est une salade. De la laitue, des tomates, quelques tranches de concombres. Pénible quand on y pense. Je me suis quand même forcée à la tâche pendant trois mois pour de misérables salades de légumes sans originalité. Mais j’étais contente d’avoir pu propulser par moi-même ces ingrédients dans mon assiette. Par moi-même, pas en tendant le bras pour agripper une botte de salades et deux concombres des États-Unis.

Pour celles et ceux qui l’ont deviné, eh oui, j’ai jardiné. Cela fait deux ans que je jardine l’été. Je fais pousser ma laitue, mes légumes. Avec du compost maison. Du vrai qui pue parfois. Et des graines bio achetées à la quincaillerie (mon expertise s’arrête quelque part tout de même).

Vous savez quoi? Il n’y a rien de plus agréable que de créer un potager et de le voir se développer avec les semaines. Le mien est ambulant, par manque de soleil dans ma cour. J’ai donc plein de petits pots partout que je déplace avec les rayons. C’est mignon à souhait. En plus, c’est ce qui s’approche le plus de l’auto-suffisance alimentaire.

Je ne veux pas vous écrire comment jardiner. Ça ne s’apprend pas avec des mots. J’ai appris avec des l-i-v-r-e-s empruntés à la bibliothèque. Il y a des images, et c’est souvent très bien vulgarisé. Je vous invite à en emprunter un, par curiosité. Vous verrez où ça vous mènera.

Un petit truc pour terminer : la patience, c’est la clé du jardinage. Ne pensez pas que vous verrez une carotte pousser devant vos yeux. Elle prendra peut-être trois longs mois avant d’atteindre sa forme réelle. Prenez soin de vos pousses. Balayez les résidus qui s’installeront sur leurs feuilles, arrosez-les quand il n’y a pas de pluie. C’est simple, et ça redonne des bases humaines à l’alimentation. Essayez.

Photo: Pixabay

Il était une fois, une grande compagnie aux grands profits qui vint, sans s’annoncer vraiment, en territoire québécois. Celle-ci voulait creuser, creuser la terre des gens pour y glisser ses grands silos de métal en espérant qu’on ne la voit pas trop, car ce liquide noir qui y circulerait ne semblait pas faire des joyeux ici. «Est-ce dangereux ?» crièrent quelques-uns. «Mais non!» répliqua l’Homme de la compagnie à tous ces gens effrayés. «Pas pour les humains…» chuchota-t-il à son adjoint.

Et c’est ainsi que la grande compagnie débuta ses beaux projets. Vint un jour le moment de choisir où elle dresserait son port marin; où aboutirait ce qui passerait dans les tuyaux sous la terre et sous l’eau. Le Québec, on le sait, est fort d’un beau fleuve qui rend fiers ses gens. Ce fleuve-là, les compagnies l’aiment bien aussi, qu’on se disait.

C’est Cacouna qui fut choisie, une petite ville près de Rivière-du-Loup. On y commencera donc des travaux qui chambouleront l’eau du fleuve bientôt, à la mi-mai. «Pas grave!» ont dit ceux qui dirigeaient la province.

Heureusement qu’un jour, un petit groupe de gens tenta de réveiller les voisins. Ils criaient et agitaient les bras dans les airs. «C’est une catastrophe!» disaient-ils en chœur, en pointant Cacouna.

Ces gens-là n’étaient pas amis avec la grande compagnie pétrolière. Ces gens-là s’affolaient parce que les cétacés qui venaient les visiter arrivaient justement à la mi-mai. Pire encore, c’étaient le moment et l’endroit exacts où ils se reproduisaient. Les activités de la compagnie allaient tout faire rater cette année.

Des gens de Cacouna suivirent le mouvement. Ils furent 400 en même temps à brandir les poings en l’air. D’autres brandirent la Loi sur les espèces menacées en plein visage du chef de la compagnie. Parce que ces baleines-là sont moins de mille encore dans le monde.

Ces baleines-là, ce sont nos bélugas, ces têtes blanches qui sortent de l’eau pour dire coucou, parfois.

TRANSCANADA et ses travaux d’exploration à Cacouna menacent nos bélugas d’extinction. C’est une situation grave contre laquelle nous devrions tous nous lever.

Le 10 mai prochain à 13h, des citoyens manifesteront au Vieux-port de Chicoutimi contre le projet d’exploration de TransCanada à Cacouna.

Pour la protection des animaux, pour des énergies alternatives, contre les grandes compagnies pétrolières : on s’y rendra en chantant.

Photo: Wikimedia Commons*

*Le groupe Sauvons les bélugas du St-Laurent invite les citoyens à arborer la couleur blanche pour montrer leur appui à la cause, d’où le simple carré blanc.

C’est important de voter.

Je pourrais te dire que des milliers de personnes vivent sous un régime de dictature, sans droit de vote (ou pire, qu’il soit faux).

Je pourrais aussi te dire que des centaines de personnes meurent chaque année en se battant pour leur droit à la démocratie. Qui aurait cru que ce système eut pu amener des bains de sang.

Je finirais en te rappelant que ta grand-mère est née sans être assurée de pouvoir voter à ses 18 ans. 1940. La date amère ou les Québécoises ont enfin pu s’exprimer ailleurs qu’entre les quatre murs de leur salon. Elles se sont battues. Faisons-leur honneur.

Je pourrais te répéter tout ça sans me lasser. Mais ce serait comme rembobiner la cassette.

En fait, on oublie souvent qu’on doit aussi voter pour nous, pour les autres, et pour ceux qui nous suivront.

Conserver une société juste et propre, c’est une bataille de tous les jours. Ce serait une grande erreur de croire que l’égalité peut être acquise. Demandez-le aux Afghanes.

Ainsi, voter nous permet de maintenir une bonne démocratie. Comment un peuple qui ne vote pas (ou pas assez!) peut être entendu de ses dirigeants? Par la violence? On ne veut pas ça.

Voter, c’est influencer notre société. C’est faire des choix, prendre position sur des enjeux qui nous tiennent à cœur, pousser les élus à écouter leurs concitoyens.

Voter, c’est pousser le cynisme dans un gouffre et l’y enfermer pour de bon.

Tu peux crier avec amour le nom du parti qui rejoint tes valeurs, ce n’est pas interdit.

Tu peux débattre avec force si tu crois posséder les meilleurs – et de vrais –arguments.

Tu peux pleurer aussi lorsque les résultats seront dévoilés. Cela voudra dire que la majorité de tes concitoyens ne voit pas le futur de la même façon que toi. Ce n’est pas grave. Tiens à l’œil le parti élu : tu te battras plus fort la prochaine fois si tu y crois vraiment.

C’est ça la démocratie.

Ce n’est pas un jeu politique ou hypocrite.

C’est un mouvement de groupe. La majorité l’emporte. Mais personne n’empêchera la minorité de se faire entendre ou de se battre si un enjeu la tracasse. Je te le répète : c’est une bataille quotidienne qui aura des résultats.

Mais aujourd’hui, dis-toi que c’est un coup à donner pour faire respecter tes convictions et ta vision d’une société qui respecte tes valeurs les plus fondamentales.

Avec amour, votons.