Philippe Brach a offert un spectacle au Cégep de Jonquière le 18 avril dernier dans le cadre de sa tournée pour son dernier album, Le silence des troupeaux. L’artiste a su nous faire plonger dans son univers excentrique par une représentation dynamique qui n’a laissé personne indifférent.

 

Le chanteur a produit un spectacle diversifié, oscillant entre le folk et le rock, le tout parsemé de touches jazz, à l’image de ses chansons. Il a notamment interprété les œuvres rythmées Pakistan, La Peur est avalancheet Né pour être sauvage. Brach a également transporté les spectateurs au sein de ses textes crus et authentiques avec Alice et Tu voulais des enfants.

 

Phillippe Brach a ainsi majoritairement réalisé des pièces de son dernier album, Le Silence des troupeaux, sorti en 2017. Il a aussi offert des chansons de ses deux autres albums, Portraits de famine (d’ailleurs réalisé par Louis-Jean Cormier) et La foire et l’ordre.

 

Vice E Roi

 

La première partie de la représentation a été assurée par le groupe originaire de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Vice E Roi. La formation ayant récemment lancé son deuxième album, Les heures maladives, a bercé le public de ses chansons indie folk aux textes des plus touchants. Après s’être produit aux Francouvertes en mars dernier à Montréal, le son du groupe résonne de plus en plus à l’extérieur de la région.

 

Brach vient également du Saguenay, où il a réalisé une technique de production télévisuelle au Cégep de Jonquière. Ce retour dans cet établissement a ravivé des souvenirs chez l’artiste. Il a aussi été des plus généreux avec son public, lui permettant de lui poser des questions et interagissant régulièrement avec lui.

 

Le chanteur au style hors du commun traite du thème de l’image avec Le silence des troupeaux, et ça lui réussit. C’est par son visage déformé sur la pochette de son album, ses vidéoclips originaux très léchés et son incroyable présence sur scène que Philippe Brach nous transporte dans un autre monde. Il est donc intéressant de prêter l’oreille à la dernière œuvre de l’artiste, qui ne suscite certainement pas le silence.

 

Crédits photo : Teresa Fortier

Le premier album de Billie Eilish When We All Fall Asleep, Where Do We Go? est parvenu pour la première fois à nos oreilles le 29 mars dernier. Résultat : une œuvre envoutante, variée et qui pourrait probablement devenir votre prochaine strange addiction.

 

À 17 ans, Billie Eilish a su livrer un album qui oscille entre le pop, le rock et l’alternatif, chacune de ses chansons offrant un style unique. C’est d’ailleurs avec son frère Finneas O’Connell qu’elle coécrit ses textes. Il est aussi responsable de la production de l’album.

 

Nous avons pu découvrir la chanteuse en 2016 lors de la diffusion de sa pièce Ocean Eyes, qui a précédé la sortie de son EP dont smile at me en 2017. La popularité de la Californienne n’a cessé de croitre depuis.

 

« J’ai retiré mes Invisalign [appareil dentaire], voici l’album », annonce d’entrée de jeu Billie Eilish sur sa nouvelle création. L’adolescente qui sait faire preuve d’autodérision n’hésite cependant pas à aborder avec plus de sérieux de nombreux thèmes au sein de cette œuvre. Ces derniers valsent des peurs à l’amour, jusqu’à la relation trouble de l’artiste avec les états que nous atteignons lors de notre sommeil.

 

Nous pouvons ainsi être bercés par la douceur de xanny, puis emportés par le rythme entrainant de bad guy ou de all the good girls go to hell. L’univers de la chanteuse est donc original par les sauts qu’il offre entre les styles.

 

Les plus récents vidéoclips de Billie Eilish pour les chansons bad guy, bury a friend et when the party’s over ne pourraient mieux représenter en images l’atmosphère de cet album. Par leur esthétique léchée au sein d’un univers aussi épeurant qu’attirant, il est impossible de ne pas vouloir en découvrir plus.

 

Avis à tous les adeptes de la populaire série The Office : vous entendrez bel et bien des extraits de dialogues de la série au sein de my strange addiction.

 

Billie Eilish est une chanteuse qui n’a pas peur d’être elle-même et de montrer son unicité, ce qui transparait dans cet album assumé. L’artiste a d’ailleurs récemment affirmé publiquement être atteinte du syndrome de la Tourette (une affection neurologique caractérisée par des tics moteurs et/ou sonores incontrôlés, involontaires et brefs). Elle peut ainsi être une source d’inspiration pour tous, démontrant que malgré cette maladie, elle exerce pleinement son art.

 

Parce qu’en dépit de son jeune âge, Billie Eilish nous livre des chansons qui sauront définitivement marquer l’industrie de la musique. Dès que vous cliquerez sur la première pièce de ce nouvel album, je peux vous assurer que vous ne pourrez vous empêcher d’écouter immédiatement la suite.  Puisque, qui sait où nous allons réellement lorsque nous sommes endormis?

 

L’exposition de l’artiste cri Kent Monkman, Honte et préjugés : Une histoire de résilience, prend d’assaut le Musée McCord jusqu’au 5 mai prochain. Présentées pour la première fois en 2017, les œuvres de l’artiste réécrivent les 150 ans d’histoire du Canada d’une perspective autochtone, sans manquer de briser les conventions.

 

Le deuxième étage du musée est ainsi divisé en neuf chapitres thématiques s’agençant à différents pans de l’histoire du Canada, de l’époque coloniale à aujourd’hui. Ces chapitres constituent en des extraits des mémoires de Miss Chief Eagle Testickle.

 

Ce personnage au nom hors du commun est l’alter ego de Kent Monkman, qui apparaît dans la majorité de ses toiles. Cette représentation d’un Amérindien non binaire, abordant toujours fièrement une paire de talons hauts, s’inscrit au sein des œuvres de l’artiste dans le but de détruire les tabous et de s’éloigner d’une histoire canadienne racontée par « des Européens, hommes blancs et hétérosexuels ». De plus, l’artiste a affirmé que les Autochtones avaient « une place pour ces personnes bispirituelles dans leur culture », au contraire des Européens.

 

Ainsi, l’artiste aborde les thèmes de la colonisation et des conditions de vie des autochtones, mais aussi des sexualités multiples, de l’identité, de la résilience et de la xénophobie, qui sont au cœur des toiles et des installations de l’exposition.

 

Les œuvres de Kent Monkman nécessitent donc notre attention toute particulière, car à quelques mètres de distance, nous pouvons les confondre avec des toiles de paysages traditionnels, réalisées à l’aide des techniques des grands peintres du XIXe siècle. Mais, dès que nous nous en approchons, nous pouvons percevoir des détails choquants.

 

Tout d’abord, l’artiste a su réinventer la toile connue Les Pères de la Confédération, où il y a inséré son célèbre alter ego, posant nu devant les politiciens médusés. Assis sur une couverture de la Baie d’Hudson, il pointe du doigt le colonialisme et l’absence de considération des droits des Autochtones dans les politiques canadiennes d’origine.


Il est également impossible de demeurer indifférent devant sa toile Le Cri, qui dénonce les conditions effroyables dans lesquelles des milliers d’enfants ont été enlevés afin de séjourner dans les pensionnats indiens. Le même mur sur lequel figure la toile, plusieurs porte-bébés sont accrochés, alors que d’autres sont tracés à la craie. Ces derniers représentent les nombreux jeunes qui ne sont pas revenus de ces établissements visant à les déposséder de leur culture.

Monkman n’oublie pas de s’attarder de façon poignante à notre époque, dénonçant la surreprésentation des Autochtones en milieu carcéral et illustrant la violence présente sur les réserves.

La 16eédition du Gala De l’Âme à l’Écran (DAE) s’est déroulée samedi soir au Cégep de Jonquière, mettant à l’honneur les courts-métrages de jeunes provenant des cégeps de l’ensemble de la province. Incursion dans cet événement cinéphile haut en couleur, et rencontres avec le porte-parole ainsi que les membres du jury.

 

« 90% des gens ont commencé par un court-métrage. C’est une façon de proposer quelque chose qui nécessite moins de budgets, une façon de passer au long métrage. Tu peux expérimenter et avoir du vrai fun cinématographique avec un court-métrage », a déclaré le porte-parole de l’événement, Jean-Carl Boucher.

 

En effet, le Gala DAE a mis en valeur une vingtaine de courts-métrages de la relève québécoise dans les catégories fiction, expérimental, animation et documentaire. Les différentes œuvres ont été analysées par un jury constitué du directeur photo Benoit Jones-Vallée, de la cinéaste documentariste Mélanie Carrier et du comédien Simon Pigeon. Différents prix ont été accordés aux créations s’étant le plus démarquées. Mathieu Germain, du Cégep de Rivière-du-Loup, a remporté le prix du meilleur court-métrage pour sa réalisation documentaire Traces d’Hiver.

 

Les membres du jury, de gauche à droite : Benoit Jones-Vallée, Simon Pigeon et Mélanie Carrier.

 

La compétition se déroulait dans le cadre du Festival international du court-métrage au Saguenay, REGARD. Cet événement, tenu du 14 au 17 mars, a offert aux festivaliers de visionner des courts-métrages professionnels d’ici et d’ailleurs, en plus de proposer différentes activités.

 

Les œuvres présentées dans le cadre du concours de DAE ont permis aux spectateurs de s’immiscer dans le regard des jeunes sur leur société. Jean-Carl Boucher affirme que « les générations précédentes disent souvent que notre génération est un peu perdue, ne sait pas trop où se placer. J’ai l’impression que c’est une illusion, parce qu’on sait vraiment où on s’en va : tu le sens dans les œuvres. »

 

Mélanie Carrier considère d’ailleurs que « dans la jeunesse il n’y a pas encore de carcan, de réflexe d’institution où tu veux plaire à ci, plaire à ça : tu fais ce que t’as à faire, tu dis ce que t’as à dire. », une caractéristique qui a teinté les courts-métrages de la soirée. Elle croit intéressant de découvrir les thèmes qui touchent les jeunes.

 

Le genre du court-métrage a le pouvoir de raconter des histoires qu’il ne serait pas possible de divulguer à l’aide d’un autre médium, selon Simon Pigeon. Il considère que la réalisation de ce type de film est beaucoup plus accessible aujourd’hui, ce qui donne la chance à tout le monde de tenter le coup. « Maintenant, tu peux quasiment faire un film avec un iPhone, puis ça peut être beau! » renchérit le comédien.

 

Benoit Jones-Vallée croit que « tout change dans l’industrie en ce moment. Les modèles qui existaient n’existeront plus dans cinq ans », la nouvelle génération apportant un renouveau à l’industrie cinématographique.

 

Ainsi, les juges se sont davantage penchés sur le message livré par les courts-métrages des candidats que l’aspect technique de leur réalisation, comme l’exprime M. Jones-Vallée : « L’histoire, j’ai l’impression que c’est la base de tout. Le message, l’intention : moi, c’est ce que je regardais. Ce n’est pas l’exécution par rapport à la lumière, ou par rapport à la qualité de la caméra. C’est plus : do I care? Est-ce que ça m’a touché? Est-ce que ça a été fait avec raffinement? »

 

Le Gala de l’Âme à l’Écran a ainsi permis de promouvoir le médium à part entière qu’est le court métrage et d’illustrer le talent des jeunes, car comme l’affirme Jean-Carl Boucher :

 

Ça a toujours été les jeunes, depuis le début du cinéma. C’est toujours les jeunes qui apportent un nouveau point de vue, avec ce qui est unique à chaque génération. C’est une sensibilité qu’ils apportent, une nouvelle façon d’émouvoir.

 

Il ne reste plus qu’à tourner le regard vers l’industrie cinématographique de demain, et à attendre la 17édition du gala!

 

Crédits photos : page Facebook de Benoit Jones-Vallée, Krysalide Diffusion et page Facebook de Mélanie Carrier.

L’industrie du court-métrage québécois a lancé un cri de joie en janvier. Fauve, du réalisateur Jérémy Comte et Marguerite, de Marianne Farley faisaient partie des courts-métrages qui couraient la chance d’être honorés aux Oscars du 24 février dernier. C’est toutefois « Skin » qui s’est vu décerné l’Oscar du meilleur court métrage de fiction lors de la 91e cérémonie des Oscars.

 

Ainsi, deux courts-métrages sur les cinq finalistes étaient Québécois, permettant de faire rayonner la province sur la scène internationale.

 

Que pouvait-il y avoir de mieux? Les deux productions sont disponibles et gratuites (légalement) sur le web. Fauve se retrouve sur Vimeo et Marguerite sur Tou.TV. C’est pourquoi je vous invite à vous asseoir 30 minutes pour visionner ces chefs-d’œuvre qui méritent notre attention.

 

D’abord, Fauve présente l’histoire crue de deux jeunes garçons qui se livrent à un jeu dangereux dans une mine à ciel ouvert. Le réalisateur a choisi d’exploiter les thèmes du passage de l’enfance à l’adolescence et de la fin brutale de l’innocence. Il a puisé son inspiration dans un rêve d’enfance qu’il faisait fréquemment.

 

Le récit ne manque toutefois pas de réalisme, alors que Jérémy Comte a fait appel à des acteurs non professionnels, effectuant des auditions dans des écoles pour trouver les garçons qui incarneraient les personnages principaux du court-métrage. Il est difficile d’en dire davantage sur l’histoire de Fauve sans en dévoiler son élément déclencheur qui vous laissera sans voix.

 

La réalisatrice Marianne Farley offre plutôt une histoire touchante d’une grande douceur avec Marguerite. On y découvre le récit d’une octogénaire (incarnée par Béatrice Picard) qui se lie d’amitié avec l’infirmière (interprétée par Sandrine Bisson) qui lui donne des soins à domicile. La vieille dame replonge dans son passé et porte un regard nouveau sur l’homosexualité.

 

Marianne Farley a eu l’idée de ce scénario par sa propre réflexion sur le fait que sa grand-mère n’a pas eu les mêmes choix qu’elle quant au déroulement de sa vie. Elle a affirmé dans une entrevue pour Radio-Canada que les femmes des années 1930 devaient se marier et servir leur époux, alors qu’un autre monde de possibilités s’est ouvert aux femmes de sa génération, ce qu’elle explore au sein de ce court-métrage.

 

Les deux courts-métrages distribués par Jean-Christophe J. Lamontagne au sein de la compagnie H264 présentent des histoires bien ficelées et percutantes qui vous marqueront assurément.

 

Devant autant de talent, nous ne pouvons qu’espérer que ces réalisations reçoivent de prestigieux prix à l’avenir et permettront de démocratiser le genre du court-métrage, qui regorge de perles cinématographiques.

 

Pour voir Fauve : https://vimeo.com/293033666?fbclid=IwAR2PQs9Tycq8iYmsPTYw4zHFHYFWhPVfVupTNzrowx92iBLT9lCosaPtaPk

Pour voir Marguerite : https://ici.tou.tv/marguerite

 

Crédit photo: H264 distribution cinéma

Que ce soit pour libérer des prisonniers d’opinion ou faire avancer des causes sociales primordiales, vos mots ont du pouvoir. Comment ? En participant à la campagne des cartes de souhaits d’Amnistie internationale, qui a lieu chaque année.

 

En effet, la campagne de l’organisation Amnistie internationale propose une action fort simple : envoyer des messages de soutien à des défenseurs des droits de la personne partout sur la planète. Cette action vise à humaniser les prisonniers d’opinion auprès de leurs geôliers (entrainant une diminution ou une abolition de la torture du prisonnier, dans certains cas), à libérer des activistes injustement emprisonnés ou à attirer l’attention des gouvernements afin de faire avancer de nombreuses causes. La campagne des cartes de souhaits se déroulant partout sur la planète, vous pouvez imaginer le nombre de messages reçus par chacune des personnes soutenues par Amnistie !

 

Mais justement, qui sont-elles ? Chaque année, l’organisme à but non lucratif cible des personnes ayant un besoin d’aide criant, comme tous les autres moyens mis en place n’ont pu améliorer leur situation. Toutefois, les activistes ciblés lors de la campagne de 2019 possédaient une caractéristique bien particulière : elles étaient toutes des femmes. Ainsi, vous pouviez envoyer vos mots d’encouragement à dix femmes, originaires de l’Égypte au Brésil.

 

Par exemple, vous auriez pu contribuer à la libération d’Atena Daemi. Cette jeune femme qui a effectué des actions pacifiques visant l’abolition de la peine de mort en Iran s’est vu imposer un procès de 15 minutes. Cette procédure l’a condamnée à une peine de sept ans de prison, qu’elle purge actuellement. En raison des mauvais traitements qu’elle subit, son état de santé se détériore rapidement. Il est donc nécessaire que la communauté internationale mette en place des efforts virulents pour obtenir sa libération.

 

Mais est-ce que de petits bouts de papier parviennent réellement à des objectifs aussi ambitieux ? La réponse est oui ! Cette campagne entraine 75% de résultats positifs. Concrètement, c’est 124 personnes sur les 161 visées par la campagne des cartes de vœux qui ont été libérées entre 2000 et 2018.

 

Comment agir ? À chaque année, il est possible pour vous de participer à un marathon d’écriture organisé près de chez vous, ou encore, d’en mettre un sur pied vous-même dans votre milieu ! Vous pouvez également écrire des cartes de souhaits à l’échelle individuelle, dans le confort de votre maison, sans participer à un événement organisé.

 

Alors, qu’attendez-vous pour donner un pouvoir concret à vos mots ? Moi, j’empoigne mon crayon !

 

Il est également possible de vous impliquer d’autres manières : dons, formations, campagnes diverses tout au long de l’année, etc. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site d’Amnistie internationale au https://www.amnistie.ca.

Crédit photo: Amnistie internationale

 

On connait tous une personne souffrant de maladie mentale. Une seule, ou devrais-je dire plusieurs? Sachant que près d’une personne sur cinq souffrira de maladie mentale au cours de sa vie, nous ne pouvons nier l’omniprésence de ce phénomène dans notre société. C’est pourquoi je vous invite à prendre part à la journée Bell Cause pour la cause le 30 janvier prochain.

 

Bell souhaite par l’entremise de cette journée amorcer une conversation provinciale concernant les troubles mentaux afin de briser la stigmatisation entourant ce sujet. L’entreprise investit également des fonds dans la recherche, dans les soins aux individus souffrant de maladie mentale ainsi que dans de nombreux organismes.

 

Comment pouvez-vous agir? Rien n’est plus simple! En textant, en twittant, en regardant la vidéo de Bell Cause pour la cause sur Facebook ou bien sur Instagram, vous faites une différence. Pour chacune de ces actions, Bell s’engage à remettre 5 sous à des initiatives concernant la santé mentale.

 

Les troubles mentaux sont multiples et larges : allant de la dépression, à la phobie sociale ou l’anorexie, une foule de personnes devront les combattre au cours de leur vie. Nous nous devons d’être à leur écoute et leur offrir notre support, sans jugement. En effet, ce sont les préjugés entourant la maladie mentale qui amènent près des 2/3 des personnes atteintes à ne pas chercher de l’aide.

 

Même si la maladie mentale est un sujet de plus en plus présent dans l’espace public, il n’en demeure pas moins qu’un certain malaise persiste lorsque nous énonçons ce thème.

 

Je crois cependant que les personnes devant surmonter ces maux ne doivent pas les combattre dans l’ombre. Je souhaite plutôt qu’elles les affrontent au grand jour, avec le support et l’acceptation de chacun. Est-ce utopique? Ce ne l’est pas : il ne suffit que d’amorcer la conversation.

 

Crédit photo: Bell

Des troubles du sommeil, une détérioration de l’estime de soi, la création d’une dépendance : ces effets liés à une trop grande utilisation des réseaux sociaux, nous les entendons régulièrement. À la suite de la contemplation des comptes Instagram, Facebook ou Twitter de personnalités parfaites et de leurs corps qui le sont tout autant, plusieurs ressentent de la pression quant à leur propre vie suite au temps passé sur les réseaux sociaux. Devant les nombreux impacts négatifs de ces plateformes web, nous pouvons nous questionner concernant leur raison d’être. Mais, une récente découverte m’a redonné espoir en le bien-fondé des celles-ci.

 

Lors d’une récente navigation sur Instagram, j’ai pris connaissance du compte Les Folies passagères, qui se décline d’ailleurs également sur Facebook. Cette page présente l’œuvre de Maude Bergeron, artiste et militante féministe. Elle publie ainsi sur cette plateforme, depuis 2016, ses œuvres abordant de nombreux enjeux de société, tels que la diversité corporelle, le féminisme et la santé mentale. Ses publications sont accompagnées de textes magnifiquement écrits. Ils traitent avec exactitude et éloquence de ces sujets controversés, parfois trop absents des réseaux sociaux.

 

Effectivement, sachant qu’une personne sur cinq souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie, je crois des plus pertinents que Maude Bergeron brise les tabous entourant ce sujet. Elle énonce l’importance de soutenir toutes personnes souffrant d’un trouble de santé mentale et s’adresse à ceux en souffrant eux-mêmes, leur disant qu’il est normal de prendre du temps pour guérir.

 

De plus, selon l’Institut de la statistique du Québec, un adolescent sur deux n’aime pas son corps. Le bombardement de corps retouchés sur les différents médias ne favorise généralement pas l’acceptation de soi… Toutefois, j’ai été des plus touchée de constater la diversité de corps qui est illustrée sur le compte de Les folies passagères, me faisant croire à un changement des mentalités qui s’opèrent actuellement dans notre société.

 

Mais l’artiste ne s’arrête pas là : elle n’hésite pas à aborder les thèmes des relations toxiques,  de la politique ou de la culture du viol, le tout avec aplomb et sensibilité. Je vous invite également à découvrir sa boutique en ligne où elle commercialise de nombreux objets illustrant ses magnifiques œuvres. Vous pouvez également vous y procurer son roman graphique Pamplemousse.

 

Enfin, les réseaux sociaux devraient de contenir plus de comptes comme celui de Maude Bergeron. Parce qu’en effet, avec l’énorme auditoire que ces plateformes rejoignent, si le nombre de contenu tel que celui présenté par Les folies passagères augmente, nous pouvons croire en un apport bénéfique des réseaux sociaux. Par la diffusion d’idées égalitaires, positives et inclusives sur ces plateformes, il est clair que les mentalités peuvent évoluer, une personne à la fois. Dans notre société au quotidien effréné, il est parfois difficile de faire la part des choses concernant les idées qui nous sont véhiculées. Je vous incite donc à faire un tour sur le compte de Maude Bergeron, qui je l’espère, saura mettre un baume sur votre quotidien comme il l’a fait pour moi.

 

Lien vers le compte Instagram @lesfoliespassageres : https://www.instagram.com/lesfoliespassageres/

Lien vers le compte Facebook Les folies passagères : https://www.facebook.com/lesfoliespassageres/

Lien vers la boutique en ligne : https://lesfoliespassageres.com/

 

crédit photo: @lesfoliespassageres

Une illustration poignante de la sous-représentation féminine à Hollywood : voilà ce qu’offre le documentaire This Changes Everything. Au travers de témoignages d’actrices réputées telles que Meryl Streep, Resse Witherspoon, Cate Blanchet et Natalie Portman, ce film réclame l’atteinte de la parité dans l’univers cinématographique américain.

  

Vous aimeriez visionner ce documentaire? Si vous n’étiez pas présent au Festival international du film de Toronto en septembre, ou encore, si vous n’avez pas assisté au Festival du nouveau cinéma à Montréal le  13 octobre dernier, cela risque d’être difficile. En effet, l’œuvre n’a toujours pas de distributeur, ce qui constitue une preuve criante du tabou et des vives réactions suscités par cet enjeu.  

Pourtant, montrer ainsi au grand jour le traitement réservé aux femmes à Hollywood est des plus nécessaires pour que les choses changent, car la parité est bien loin d’être atteinte dans ce domaine, autant devant que derrière la caméra.

Effectivement, selon un rapport effectué par l’école de communication et de journalisme Annenberg de l’University of Southern California’s ( USC ) analysant 1 100 films produits dans les 11 dernières années, seulement 4% d’entre eux sont réalisés par des femmes. Cela correspond à 22 réalisateurs pour une seule réalisatrice embauchée.

Sur nos écrans la situation n’est guère plus reluisante : parmi les 100 films ayant généré le plus de revenus aux États-Unis en 2017, 68,2% des rôles parlés étaient tenus par des hommes contre 31,8% par des femmes. Cela constitue un ratio de 2,15 hommes pour chaque femme. Certes, de récents succès au box-office tels que Wonder Woman et La Belle et la Bête ont permis à des femmes de s’illustrer dans des premiers rôles. Mais, aucune mesure n’est concrètement implantée pour assurer la parité au sein des rôles accordés dans les productions cinématographiques, ce que déplore This Changes Everything. Puis, considérant les chiffres, les productions mettant en vedette des femmes demeurent grandement insuffisantes.

De plus, vieillir à Hollywood est plus ardu pour les femmes, comme la majorité des personnages féminins se trouvent dans la vingtaine ou la trentaine. Comme si la femme demeurait éternellement mince, séduisante et sans une ride… Plus précisément, 46% des personnages masculins au cinéma américain sont âgés de 40 ans et plus. C’est uniquement 29% des personnages féminins qui se situent dans la même tranche d’âge. Concrètement, si je vous demande de me nommer dix actrices se situant dans la quarantaine, vous peinerez sûrement à trouver des noms. Si nous reprenons le même exercice avec des hommes, ne serait-ce pas plus facile?

L’ensemble de ces éléments ne sont que la pointe de l’iceberg afin de démontrer comment la diffusion accessible du documentaire This Changes Everything est nécessaire. À l’ère du mouvement #metoo, où des dénonciations se sont effectuées auprès de figures importantes d’Hollywood, il ne fait pas de doute qu’une mutation du domaine du cinéma est nécessaire.

Mais surtout, il est important de montrer aux jeunes garçons et aux jeunes filles des modèles féminins forts sur leurs écrans, comme l’a affirmé la coproductrice du film Geena Davis. Elle déplore la culture patriarcale à laquelle sa fille est exposée.

Ironiquement, me direz-vous, ce film est produit par un homme, Tom Donahue. Je crois cependant qu’il est le symbole que les hommes peuvent et doivent s’impliquer dans la quête d’un monde plus égalitaire pour réellement atteindre la parité.

Enfin, pour assurer une juste représentation des femmes sur nos écrans, cet enjeu doit d’abord faire partie intégrante de notre espace public et la discussion peut s’amorcer par une œuvre culturelle. Ainsi, espérons d’être en mesure de visionner This Changes Everything au cinéma prochainement, car il est grand temps que le changement puisse s’amorcer.