L’amour c’est un peu comme conduire un char. Au début, tu mets les breaks et un jour, quand tu gagnes en confiance et que tu manœuvres bien ton bolide, tu décides de lever ton pied du frein et de baisser ton break à bras. À ce moment-là, tu croises les doigts ben fort pour ne pas pogner d’accident.

Tu le sais que chaque jour, une voiture dérape et prend le clos. Même que ça t’est peut-être déjà arrivé, personnellement. Or, tu t’en es toujours sorti indemne et maintenant que ta carrosserie est réparée, tu meurs d’envie de reprendre le volant. Au plus profond de toi, t’espères que la route sera longue sans être trop sinueuse.

Ouain, ça fait peur des fois conduire une auto. Tu ne sais jamais si ton engin va tenir le coup et on va se le dire : personne n’est à l’abri d’une panne d’essence. Parfois aussi, on se perd en chemin. Quand tu ne sais pas lire une carte ou que tu la mets à l’envers, ça arrive de prendre la mauvaise route ou pire, la mauvaise sortie. Malheureusement, certains ne savent pas comment faire demi-tour et rebrousser chemin.

Retour à la case départ.

D’autres trouvent ça excitant de partir sans jamais vraiment savoir quelle sera leur destination finale, sans jamais savoir où leurs quatre roues vont les mener. C’est un risque à prendre, mais que tu arrives à Los Angeles ou à St-Cyrille-de-Wendover, tu auras vu de beaux paysages.

La prochaine fois, tu feras plus attention, question de ne pas t’égarer et tu prendras le temps de bien fuller ton char avant de partir, car tu ne voudras pas répéter la même erreur. Du temps, laisse-t’en.

L’amour c’est aussi laisser tomber ton masque. C’est laisser tomber le jeu auquel tu t’adonnes pour plaire ou surtout, pour ne pas déplaire. C’est d’envoyer ce texto que tu meures d’envie d’envoyer après une première date, pendant une chicane ou juste comme ça un samedi matin, sans avoir la chienne d’exprimer ce que tu ressens. T’as même le droit d’ajouter une émoticône si le cœur t’en dit. Un smiley n’a jamais fait perdre la face à personne, t’sais…

L’amour, c’est accepter d’être vulnérable devant l’autre. En tant qu’humain, t’as le droit d’être moralement fragile de temps en temps.

Fuck off la carapace.

Fuck off le cœur de pierre.

Fuck off l’orgueil.

Laisse ça tomber. Tu n’as pas à jouer au tough. L’amour, c’est dépourvu de jugements. L’amour, c’est débordant de compréhension et de compassion. L’amour, c’est une perte totale de contrôle. J’irais même jusqu’à dire que ça donne le vertige. Si tu regardes trop longtemps en bas, ça se peut que tu n’aies plus envie de sauter. Néanmoins, ça se peut aussi qu’en chokant, tu passes à côté de quelque chose de beau et que le regret de ne pas avoir plongé surpasse le mal de s’être planté.

Alors, pourquoi on ne se le dit pas quand on s’aime?

Parce qu’on a peur? Franchement, c’est effrayant s’élancer dans le vide. Mais en même temps, si personne ne saute, jamais nos ailes ne se déploieront.

Peut-être qu’on refoule nos sentiments parce que le timing est mauvais. Mais entre toi et moi, il ne sera jamais bon, le timing. Y’a pas de bon moment pour dire je t’aime. C’est une question de feeling.

Tout ça n’est qu’une définition de l’amour : une parmi tant d’autres. Il s’agit de la mienne, mais honnêtement, ça vaut quoi venant d’une fille qui n’a même pas son permis de conduire? Une fille qui au fond, n’a jamais lâché la pédale de break?

Si y’a une chose que tu dois retenir c’est que si l’occasion se présente, garroche-toé dans les bras de Cupidon.

Si tu tombes, quelqu’un sera là pour te ramasser.

Et souviens-toi, la route peut être longue avant d’arriver.

Photo : Weheartit

T’es sur ma to-do list, entre faire l’épicerie et passer le balai. C’est ça que tu représentes : un vulgaire bout de papier sur lequel j’ai rapidement inscrit ton nom, une case dans mon agenda. Je n’ai même pas soigné ma calligraphie. D’ailleurs, je ne serais même pas surprise d’apercevoir une faute d’orthographe dans ton prénom.

C’pas parce que ton importance est moindre à mes yeux. C’est juste que j’prends pas le temps. J’prends pas le temps parce que c’est samedi pis j’suis débordée. J’prends pas le temps parce que j’ai la tête bourrée de projets et de tâches à réaliser. J’prends pas le temps parce que la vie est trop courte pour s’arrêter deux minutes.

Bullshit.

Il est là le problème. La vie est trop courte pour ne pas s’arrêter deux minutes. S’arrêter, chose qu’on ne fait pas assez. Laisser le temps en suspens l’espace d’une soirée. Focaliser sur le moment présent. Mettre de côté nos téléphones, nos soucis et nos peines.

Écouter. Discuter. Partager.

Partager, un mot trop souvent utilisé pour parler d’une vidéo ou d’un statut populaire dans notre fil d’actualité. Pourtant, à la base « partager » signifie plutôt se rallier, se solidariser. On n’prend plus le temps d’apprécier le «ici et maintenant».On n’prend plus le temps de chérir les moments où on est enfin réunis. On n’prend plus le temps de se regarder dans le blanc des yeux pour se dire ce que notre cœur crie.

Au pire, on se le dira sur Facebook. Quand nos doigts taperont sur notre clavier, ces mots que nos lèvres sont incapables de prononcer. Quand nos yeux seront rivés sur notre écran au lieu de fixer ceux de l’autre. Quand nos larmes resteront figées dans le monde virtuel à la place d’être retenues dans le mouchoir que nous nous serions tendus. Quand on se voilera la face derrière un texto bourré d’émoticônes censés remplacer nos véritables émotions.

Tu m’enverras un message lorsque tu seras à la table avec tes amis, juste pour être sûr que t’es pas 100 % mentalement présent avec eux. Juste pour être sûr que tu ne profites pas de ta soirée au maximum pis que t’as la tête ailleurs.

T’es sur ma to-do list pis j’aimerais ça jamais y rayer ton nom. Je n’ai pas envie de me dire «Yes sir! Une chose de moins à faire» en traçant un trait sur toi. Être avec toi, c’est pas une tâche. Être avec toi ça me fait plaisir, ça me fait du bien : je ne devrais pas voir besoin d’une liste pour me rappeler que tu existes.

Dis-moi, on peut-tu vivre pleinement notre vie avant qu’il ne soit trop tard?

On peut-tu lâcher le virtuel, le monde extérieur pis jouir du moment présent?

Ne laissons pas le futur devenir présent et le présent devenir passé trop rapidement.

Vivons maintenant.

Photo : Coralie Boisvert-Doyon

À tous ceux qui m’ont quittée en cours de route, à tous ceux que j’ai quittés en cours de route,

Je regarde nos vieilles photos, celles où l’on rit bras dessus, bras dessous. Celles où nos yeux brillent d’allégresse. Celles où notre naïveté est tellement frappante qu’elle aurait pu fracasser l’objectif de la caméra.

«Merci d’être dans ma vie», se disait-on.

«Que ferais-je sans toi? », nous interrogions-nous.

Les jours, les mois, les années se sont écoulés et à cette question, j’ai désormais une réponse. Sans toi, la vie continue. Le vide que tu as laissé a été rempli par quelqu’un d’autre.

Il y a 365 jours, je savais ce que tu avais mangé pour déjeuner. Je connaissais tes plus grands rêves. Tu me tenais au courant de tes histoires de cœur épineuses. J’étais ta confidente, celle qui te ramassait à la p’tite cuillère quand t’avais le cœur en mille morceaux.

Et toi, tu faisais la même chose pour moi. On n’avait plus de secret l’un pour l’autre.

Aujourd’hui, 365 jours plus tard, je suis incapable de dire tu fous quoi de ta vie, incapable de dire comment tu as rencontré l’amour et encore moins ce que tu as mangé pour déjeuner.

On s’est totalement perdus de vue.

Du jour au lendemain, plus de textos, plus d’appels, rien. Bref, plus de nouvelles.

«How strange-to be strangers again.»

On est autant coupables l’un que l’autre d’avoir jeté, consciemment ou non, notre amitié dans les profondeurs de l’oubli.

C’est lorsque je regarde ces vieux albums photo que je réalise à quel point tu me manques. À quel point notre amitié était précieuse à mes yeux.

Parfois, j’ai envie de plonger dans ce profond gouffre, celui dans lequel sont séquestrés nos belles années, nos meilleurs moments, nos liens brisés, pour reprendre ma place à tes côtés.

Mais l’orgueil me retient.

L’orgueil, ce sentiment qui refoule nos plus fortes envies.

Ce sentiment qui anéantit tant de relations.

Ce sentiment qu’on devrait parfois ravaler, alors que la dignité nous serre si fort. Notre fierté enroule ses forts bras autour de notre poitrine et ne nous laisse pas partir, ne nous laisse point chavirer dans ce qui pourrait s’avérer être une marrée de rejets et de regrets.

Alors, on ne fait rien. On laisse le temps panser nos blessures. On laisse d’autres gens faire leur entrée dans nos vies en espérant qu’ils aient autant d’effet sur nous que cette personne qui est partie ou qu’on a laissé partir en a eu. Comme si c’était possible. Comme si on était tous facilement remplaçables…

C’est absurde.

À notre époque, les gens sont outrés de constater que les mariages ne durent plus. Que les couples ne s’efforcent plus à tenir leur flamme en vie lorsque la moindre brise la fait vaciller. Qu’ils renoncent rapidement à l’amour en sachant que quelqu’un de «mieux» viendra leur tendre la main.

Or, aussitôt qu’il s’agit d’amitié, il semble acceptable de faire une croix sur un ami pour une déraisonnable raison : un message mal compris, un triangle amoureux, une amitié négligée…

Ami infidèle, ami malhonnête. Ami absent, ami hypocrite. On ne prend même plus la peine de s’expliquer avant de rejeter.

La logique humaine est parfois exaspérante.

À tous ceux qui m’ont quittée en cours de route, à tous ceux que j’ai quittés en cours de route,

Mes souvenirs se résument désormais à des photos, à des textos, à des fragments de ma personnalité.

Les gens entrent dans nos vies et en ressortent, parfois trop rapidement, en laissant leur trace. Mais au bout du chemin, qui restera-t-il auprès de nous ?

Photo : Coralie Boisvert-Doyon

Mon corps nu reste en équilibre sur l’eau. Mes yeux sont rivés au ciel, mes orteils pointent vers ces nombreux astres qui peuplent ce dernier. Je gonfle mon ventre pour ne pas m’enfoncer dans les profondeurs du lac. La nuit est douce et l’eau est chaude malgré l’heure tardive.

Étant dans mon plus simple appareil, la vulnérabilité m’emporte. Je me sens toutefois tellement légère, tellement pure. J’ai l’impression d’être seule au monde et ce sentiment me dessine un sourire sur le visage.

Je fixe longtemps le ciel en espérant y apercevoir une étoile filante. Puis, elle apparaît : je deviens toute excitée. Pendant quelques secondes, le temps se fige et mes yeux brillent comme si c’était la plus belle chose au monde.

«Le bonheur ne laisse pas de traces. C’est une étoile filante. Il passe, c’est tout, il remplit la vie d’images éblouissantes qui défilent à toute allure et qu’on ne retient pas.» -Katherine Pancol

Je m’éloigne aveuglément du quai, me laissant tranquillement bercer par le courant. L’espace d’un instant, une trainée lumineuse parcourt le ciel. Je me sens choyée d’assister à ce spectacle bien qu’il soit bref. Mes millisecondes sont comptées. Sans même y réfléchir, je formule un souhait.

C’est sorti tout seul, je n’ai eu aucun contrôle.

Mon souhait, je n’ai pas eu le temps d’y songé comme on songe au vœu qu’on fera à 11 :11 ou en soufflant ses bougies d’anniversaire. J’ai murmuré quelques mots du bout des lèvres. Ces mots m’ont rentré dedans comme si un autobus venait de me frapper de plein fouet. Ces mots m’ont estomaquée.

Mon subconscient s’est exprimé sans que j’aie un seul mot à dire.

J’ai réalisé ce que je voulais vraiment et que je me cache depuis probablement trop longtemps.

J’ai fais demi-tour et suis retournée m’asseoir, muette, sur le quai en bois.

Mes souhaits ne se réalisent jamais. C’est dommage. Pourtant, à chaque fois j’ai la certitude que cette fois sera la bonne. Que cette fois, mon vœu deviendra enfin réalité.

Peut-être que le roi des étoiles trouve que j’abuse d’elles, peut-être qu’il considère que ce que je demande est irréaliste. Je n’aurai jamais de réponses.

Quoi qu’il en soit, que mon vœu devienne réalité ou non, je vois désormais plus clair et mes désirs enfouis au plus creux de mon être refont surface lors d’une milliseconde : désirs que je ne peux plus me cacher.

Photo: Jeff Gagnon

Ça n’a pris que quelques secondes avant que je pose les yeux sur lui. Dès lors, mon cœur s’est arrêté, mon souffle s’est coupé. Il n’était pas question que je cesse de le regarder, de l’admirer.

Il a été le soleil de ma journée, il a chassé tous les nuages de mon ciel.

Non, je ne relate pas ici le début d’une histoire d’amour à l’eau de rose entre le prince charmant et moi.

Il ne s’agit même pas d’amour, de désir ou d’attirance.

Il s’agit plutôt d’admiration, de respect et de fascination.

Il n’était pas comme les autres : une prothèse lui servait de jambe droite et son bras gauche était démuni d’avant-bras. Un vrai guerrier.

L’unicité de la chose provient du fait que nous étions à la «Spartan Race» du Mont-Tremblay ces 23 et 24 mai derniers (vous savez, ces courses à obstacles over intenses) et que, malgré ses membres en moins, il y participait.

J’étais bénévole et il approchait de mon obstacle : le slippery wall.

Derrière moi, les cris de fierté et d’encouragement de sa famille me brisaient les tympans, mais ça m’était égal. Pour dire vrai, mes cris se joignaient aux leurs.

Et c’est là que le miracle s’est produit.

Il a couru vers l’obstacle comme si sa vie en dépendait, puis, il s’est accroché à la corde avec une seule main et a grimpé le mur incliné. Sa prothèse le faisait glisser, mais jamais il n’a abandonné.

C’était le dernier obstacle. Il a descendu l’échelle qui se trouvait de l’autre côté du mur et a filé jusqu’à la ligne d’arrivée où ses proches l’attendaient, impatients de serrer leur héros dans leurs bras.

À ce moment, j’ai doucement remis mes verres fumés pour camoufler mon regard embué et j’ai espéré avoir la force nécessaire pour retenir ces larmes prêtes à jaillir.

Vraiment, «he is a spartan».

Ce jour-là, mon chandail rouge de «volunteer» m’en a fait voir de toutes les couleurs. Des braves ainsi que des moins braves ont défilé devant moi.

Une femme a vaincu sa peur des hauteurs après être restée perchée durant de longues minutes en haut du mur en sanglotant. «I’m scared» disait-elle.

«Come on, you can do it!», lui répondions-nous.

Elle a réussi.

Une autre femme, assez corpulente, a quant à elle tenté de vaincre le monstre trois fois avant de gagner la bataille. Il suffisait de lui tendre la main et de lui donner cette petite tape dans le dos pour qu’elle vienne à bout de la bête.

La renonciation n’est pas une option.

Un jeune homme atteint de dystrophie musculaire m’a aussi jetée par terre. Il était incapable de s’agripper à la corde, mais, en guise de compensation, il a fait plus de burpees que la majorité des autres participants.

Cette victoire m’a fait réaliser qu’aucune excuse n’est valable et que le mental est plus fort que tout. Il suffit d’y croire pour atteindre nos objectifs.

Aucun mur, aucun obstacle n’est trop haut.

Aucun mur, aucun obstacle ne devrait nous faire peur.

Avec un peu de volonté, de courage et de confiance, rien ne peut entraver notre chemin vers la réussite.

À tous ceux qui ont baissé les bras devant l’épreuve à cause d’une vulgaire crampe au mollet, une ampoule ou une épaule endolorie, sachez que vous auriez pu triompher vous aussi. Il suffit de dompter la bête avant de la défaire. Il suffit de dompter sa peur avant de briller.

Photo : Pinterest

T’as beau caresser la vie tant que tu veux, un jour elle va se retourner pis elle va te puncher dans face. Une droite justifiée ou illégitime? Bonne question! Quoi qu’il en soit, ça va faire mal. Coiffe-toi d’un casque, apprends à maîtriser tes «katas» de karaté ou whatever, mais sois prêt. Le jour où la vie va te mettre KO et qu’elle te plaquera dans les cordes du ring, questionne-toi à savoir si le karma a choisi le bon adversaire.

Je m’adresse à toi innocente victime du karma.

Tu ne méritais pas une telle raclée.

Tu ne méritais pas les ecchymoses qui colorent désormais tes avant-bras ou ton œil tuméfié.

 En fait, pour être franche, tu étais plutôt digne d’un high-five ou d’une médaille.

Tu aurais dû gagner ce combat versus la vie.

Mais bon, la vie est plutôt injuste et, parfois, on est asséné de coups immotivés.

Soudainement, voilà que sur un plateau d’argent on t’offre le parfait package pour passer la plus atroce des journées…T’sais LA journée de marde.

Tantôt, c’est comparable à un coup de pied sur le tibia : c’est douloureux, mais la souffrance ne perdure point.

Genre qu’il ne reste pas suffisamment de lait pour noyer toutes tes céréales. Le rouleau de papier de toilette est dénudé de ses feuilles de coton et tu constates cette situation de crise trente secondes trop tard. Ton café ébouillante sans scrupule tes papilles gustatives t’empêchant ainsi de savourer pleinement ton délicieux tartare.

À certaines occasions, c’est plutôt comparable à une opération à cœur ouvert sans anesthésie.

Ton crush a coché la case «non» dans ta lettre, t’as coulé ton cours de philo à 59%, ton stage en Europe est annulé… Ouais, tu vis littéralement une journée de marde.

Tu te prends la tête à deux mains et soudainement tes lèvres commencent à bouger de façon inattendue. Tu chantes. Tu te métamorphoses en Lisa Leblanc. Un ver d’oreille qui résume bien tes dernières vingt-quatre heures.

Inquiète-toi pas : peut-être que demain ça ira mieux même si aujourd’hui ta vie c’est de la marde.

Pour l’instant, t’as le droit d’opter pour la position fœtale, de sucer ton pouce et d’écouter en rafale les premiers épisodes d’Une grenade avec ça. Un sourire irréfrénable va se dessiner sur ton visage quand Ève va raccrocher le téléphone en disant : «C’était Pat, il reste au Costa Rica…».

Tu vas rire parce que tu sais pertinemment la véritable raison derrière son départ des ondes et que tu trouves pas mal wack l’excuse des réalisateurs.

Bref, morale de cette histoire : même si t’es beau, fin pis drôle. Même si tu crois que le p’tit Jésus est de ton bord parce que toi, le mensonge, la colère et la méchanceté tu connais pas ça, watch toi. Mon petit ange, tu ne sais jamais quand la vie s’emportera, quand le karma va cogner à ta porte.

T’sais, t’aurais peut-être pas dû manger la dernière tranche de pain l’autre jour, tu le sais que personne n’aime ça les croûtes de pain de fin de paquet…

 Photo : Pinterest.com

Combien de grains de sable se sont écroulés du sablier avant qu’Il te tende sa grande main? As-tu souffert quand le marchand de sable a laissé tomber, pour une dernière fois, sa poussière magique sur tes paupières? Le flux de lumière qui a émané du tunnel t’a-t-il aveuglée ?

 Lorsque les rayons du soleil caressent ma peau, je t’imagine dansant au rythme du vent. Je suis tes mouvements grâce aux trainées blanches que tu laisses derrière toi. Celles qui zèbrent le ciel.

Lorsque la lune illumine le ciel, je t’imagine virevoltant dans la voûte céleste à la recherche de l’endroit parfait où t’établir. Au loin, tu aperçois Sirius. Tu rêves d’un jour resplendir comme elle le fait.

Ton périple a dû s’étendre sur plusieurs jours, puisqu’entre ici et là-haut se trouve un nombre infini de kilomètres. Un nombre infini de promesses inachevées.

Je t’imagine devant les immenses portes dorées qui mènent directement au Paradis. De l’autre côté du portail, Il t’attend, avide de faire ta connaissance. D’ailleurs, Il te regardait depuis un bon moment du haut de son trône lorsque tu étais avec nous, ici-bas.

Dès l’instant où une de mes pensées t’est adressée, j’imagine que les poils sur tes bras se dressent et qu’un petit frisson parcourt ton échine. Je m’excuse : tu dois souvent frémir.

Lorsqu’Il te souhaite la bienvenue, tu te sens bien. Tu te sens libérée. Sur Terre, tu as laissé toute ta souffrance, tes regrets, tes peines et tes peurs. Tu as troqué ces sentiments dévastateurs, rongeant tous les vivants, contre bien-être, satisfaction, béatitude et bravoure. La maladie n’existe pas là-haut. Les mensonges et la malice non plus.

Je t’imagine en train de jouer aux cartes avec ta grand-mère et ton arrière-grand-père. Toi qui pensais ne jamais les revoir. C’est pourtant avec un large sourire qu’ils t’ont accueillie et qu’ils t’ont ouvert les bras.

À l’heure qu’il est, des ailes ont sans doute émergé entre tes clavicules faisant de toi un véritable ange. Tu dois briller de mille feux.

La vérité c’est que je t’imagine heureuse pour apaiser ma tristesse.

Il y a un an, on marchait main dans la main, dans la même direction. Trois-cent-soixante-cinq jours plus tard, je marche seule. Je sais toutefois que ma solitude n’est que physique, puisque tu continues de guider mes pas par-dessus mon épaule.

J’ai hâte d’à mon tour flotter jusqu’à toi, te serrer dans mes bras et te dire à quel point tu m’as manqué.

Parce qu’Il est venu te chercher trop tôt, je n’étais pas prête.

Photo : Flickr.com

Jambes élancées, lèvres pulpeuses, cheveux longs et dorés. Courbes aguichantes, décolleté plongeant et robe ajustée. On l’appelle Barbie. Évidemment, Barbie a déjà trouvé son Ken. Or, dans le cadre de son emploi de barmaid, on lui exige de «vendre un rêve» aux autres hommes malgré cette union. Une drôle d’antithèse puisque le peu de tissu qui la couvre laisse peu de place à l’imagination.

Ce soir, si Barbie a lissé ses cheveux et s’est barbouillé les lèvres de rouge, c’est que le bruit de l’argent jeté sur le comptoir du bar est sa principale source de motivation.

Quoi qu’on en dise, les standards de beauté pour passer de devant le bar à derrière sont assez élevés. La beauté fait vendre, la beauté nous attire.

Un regard incendiaire, cinquante sous.

Un clin d’œil et un sourire engageant, une piasse.

Des pommes de fesses dénudées, soixante-quinze sous.

Des seins exposés par un décolleté plongeant, deux piasses.

Une brunette, une piasse et vingt-cinq.

Une blondinette, deux piasses et cinquante.

Il va sans dire que les atouts féminins de Barbie lui rapportent gros…

«Une blonde gagne plus de tip qu’une brune » affirme l’ex-barman, Samuel Murray. À ses yeux, cette réalité est directement liée au stéréotype de la blonde niaise. Dans un tel contexte, l’intelligence et la force de caractère que dégagent les brunes émoustillent peu le sexe opposé.

De son côté, la barmaid du bar universitaire La Chasse-Galerie, Marie-Pierre Pruneau, déclare avoir déjà amassé 400$ en une soirée de travail. «On me voyait au complet, j’en ai entendu parler pendant six mois!» Des micros-shorts, un t-shirt transparent trop échancré : voilà la clef de son succès.

Derrière le comptoir, ces employés de nuit «jouent une game». Les numéros de téléphone laissés par des clients assoiffés d’érotisme s’empilent et les confidences susurrées à l’oreille des barmans se multiplient. Or, «98% de ces oiseaux de nuit sont en couple», révèle Marie-Pierre Pruneau. Le jeu de séduction auquel ils se livrent est une tactique infaillible pour démunir plusieurs poches de leurs huards.

Toutefois, malgré le fait que les hommes soient parfois plus généreux que la gent féminine, la technique du «premier arrivé, premier servi» s’applique au moment de servir un client altéré. Barmaid dans un pub depuis bientôt huit ans, Julie Goyette prétend que les femmes appâtent la clientèle masculine. Il est donc fondamental de les servir dans les règles de l’art.

Dans le cas où un homme verse son shooter à un autre mâle, l’absence de masses graisseuses sur sa poitrine diminuera ses chances de récolter autant de pièces d’or que sa collègue. Le cégépien Benjamin Maniraguha admet ne pas laisser de pourboire aux barmans, alors que son ami avoue «donner 1$ pour être respectueux» -soit la moitié de ce qu’il octroi à une jolie demoiselle-.

Une question demeure : quel montant un consommateur doit-il allouer à une barmaid pour la remercier de son service ?Lorsque Barbie ouvre une bière, verse un shooter de vodka ou mélange du rhum et du coke dans un verre, elle s’attend à recevoir au moins un dollar par consommation. Les trois barmans interrogés sont d’ailleurs unanimes à ce sujet.

Bref, tout ça donne soif ! Je vais aller me verser un bon verre d’eau, me regarder dans le miroir et me dire que ce soir, ma face vaut probablement cinquante cennes de tip …

Photo : Facebook

J’avais pris la peine de déposer mon pyjama au pied de mon lit. J’avais même tassé mes bottes de l’entrée pour être certaine de ne pas m’enfarger dedans à trois heures le lendemain matin. C’était écrit dans le ciel, pas besoin d’une boule de cristal pour savoir que mes capacités intellectuelles seraient amoindries à cette heure-là. C’était le 31 décembre pis la bière était un peu trop bonne…

Ce soir-là, le p’tit diable sur mon épaule a pris le dessus sur l’ange. Lucifer a pris le contrôle de mes doigts.

D’abord, ils étaient dociles. Mes pouces glissaient tranquillement des touches M ou I de mon clavier dans le but de remercier ceux et celles qui avaient encore la faculté de me souhaiter la bonne année.

Puis, au cours de la soirée, mes mains se sont insidieusement introduites dans mon sac à main et se sont emparé de mon téléphone. Comme ça, sans crier gare. Si j’avais pu les enfermer dans une cage, je l’aurais fait. Mes doigts se sont transformés en animaux sauvages prêts à dévorer chacune des lettres qui illuminaient mon écran.

Le prince des ténèbres a même fait parvenir son venin à mon cœur. Le liquide toxique a disloqué sans scrupules l’armure qui protégeait mon organe vital. Une dose d’affection impondérable a coulé dans mes veines.

Mes doigts se sont tout à coup dirigés vers ma page d’émoticônes. Quelques points-virgules accompagnés de parenthèses se sont insérés dans mes conversations vides de sens. Peuplés de clins d’œil mal placés et de «J’m’ennuie» mal écrits, mes textos n’exprimaient rien de cohérent.

Et si seulement ça s’arrêtait là.

Belzébuth estimait que mes doigts ne me causaient pas assez de tort. Sans doute croyait-il que les mots n’étaient pas assez puissants pour exprimer mes émotions. Il a donc jeté un sort à ma bouche aussi. Et là, j’ai touché le fond du baril. En parfaite harmonie, mon index et mes lèvres ont joint leur force. Ma liste de contacts a défilé devant mes yeux vitreux et j’ai composé un numéro de téléphone.

Chaque fois, c’est la même histoire. Au fond des bouteilles de fort se cache l’esprit du mal prêt à régenter tous mes membres.

Chaque fois, entre une et deux heures du matin, le cellulaire de quelqu’un vibre — ou pire sonne — après avoir reçu un message indécryptable.

Le lendemain, avec la gorge aussi sèche que le désert du Sahara et le cœur flottant sur une mer alcoolisée, j’ai posé les yeux sur l’arme du crime. C’est avec regret et avec honte que j’ai constaté les dégâts du diable.

Du coin de l’œil, j’ai cherché une pelle entre les autres murs de ma chambre. Elle pourrait m’être utile pour creuser le trou dans lequel je me réfugierai durant les trois prochaines semaines…

Le pire dans cette histoire, c’est que je n’ai même pas mis le pyjama préalablement déposé sur ma couette.

0ad6945522ab714987a1544cb0afdd87

Quand tu regardes ton téléphone après une grosse nuit de textos en état d’ébriété…
«Je pars donc immédiatement pour le Népal, où j’ai l’intention de vivre en tant que chèvre.»

Photos: Tumblr et Pinterest