L’industrie du court-métrage québécois a lancé un cri de joie en janvier. Fauve, du réalisateur Jérémy Comte et Marguerite, de Marianne Farley faisaient partie des courts-métrages qui couraient la chance d’être honorés aux Oscars du 24 février dernier. C’est toutefois « Skin » qui s’est vu décerné l’Oscar du meilleur court métrage de fiction lors de la 91e cérémonie des Oscars.

 

Ainsi, deux courts-métrages sur les cinq finalistes étaient Québécois, permettant de faire rayonner la province sur la scène internationale.

 

Que pouvait-il y avoir de mieux? Les deux productions sont disponibles et gratuites (légalement) sur le web. Fauve se retrouve sur Vimeo et Marguerite sur Tou.TV. C’est pourquoi je vous invite à vous asseoir 30 minutes pour visionner ces chefs-d’œuvre qui méritent notre attention.

 

D’abord, Fauve présente l’histoire crue de deux jeunes garçons qui se livrent à un jeu dangereux dans une mine à ciel ouvert. Le réalisateur a choisi d’exploiter les thèmes du passage de l’enfance à l’adolescence et de la fin brutale de l’innocence. Il a puisé son inspiration dans un rêve d’enfance qu’il faisait fréquemment.

 

Le récit ne manque toutefois pas de réalisme, alors que Jérémy Comte a fait appel à des acteurs non professionnels, effectuant des auditions dans des écoles pour trouver les garçons qui incarneraient les personnages principaux du court-métrage. Il est difficile d’en dire davantage sur l’histoire de Fauve sans en dévoiler son élément déclencheur qui vous laissera sans voix.

 

La réalisatrice Marianne Farley offre plutôt une histoire touchante d’une grande douceur avec Marguerite. On y découvre le récit d’une octogénaire (incarnée par Béatrice Picard) qui se lie d’amitié avec l’infirmière (interprétée par Sandrine Bisson) qui lui donne des soins à domicile. La vieille dame replonge dans son passé et porte un regard nouveau sur l’homosexualité.

 

Marianne Farley a eu l’idée de ce scénario par sa propre réflexion sur le fait que sa grand-mère n’a pas eu les mêmes choix qu’elle quant au déroulement de sa vie. Elle a affirmé dans une entrevue pour Radio-Canada que les femmes des années 1930 devaient se marier et servir leur époux, alors qu’un autre monde de possibilités s’est ouvert aux femmes de sa génération, ce qu’elle explore au sein de ce court-métrage.

 

Les deux courts-métrages distribués par Jean-Christophe J. Lamontagne au sein de la compagnie H264 présentent des histoires bien ficelées et percutantes qui vous marqueront assurément.

 

Devant autant de talent, nous ne pouvons qu’espérer que ces réalisations reçoivent de prestigieux prix à l’avenir et permettront de démocratiser le genre du court-métrage, qui regorge de perles cinématographiques.

 

Pour voir Fauve : https://vimeo.com/293033666?fbclid=IwAR2PQs9Tycq8iYmsPTYw4zHFHYFWhPVfVupTNzrowx92iBLT9lCosaPtaPk

Pour voir Marguerite : https://ici.tou.tv/marguerite

 

Crédit photo: H264 distribution cinéma


À PROPOS DE L'AUTEUR
Coralie Laplante

Coralie Laplante

Féministe engagée, passionnée de toutes les formes d'art et de l'écriture, j'ai la tête en constante ébullition! Je n'hésite pas à défendre les causes qui me tiennent à cœur, allant des droits humains jusqu'à notre environnement. Le cinéma et la mode s'ajoutent à la liste de mes passions, tout comme mon (trop) grand amour pour le café. Vous découvrirez ici une part de mes idées et de mes découvertes!

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