Un des conseils les plus répétés – mais pas faux pour autant – est de faire semblant d’être confiante jusqu’au point de le devenir. Comment est-ce qu’un bluff peut devenir réalité? Amy Cuddy, enseignante en psychologie sociale à Harvard, s’est posé la question.

Imaginez un gars assis bien confo, les mains derrière la tête et les pieds sur la table. Il est tellement à l’aise que ça en est presque arrogant. Figurez-vous maintenant le même gars, mais cette fois, replié sur lui-même, un bras croisé contre la poitrine et l’autre main appuyée sur le cou. Il a l’air pas mal moins au-dessus de ses affaires, n’est-ce pas? Ce n’est pas qu’une question d’attitude puisque je n’ai jamais parlé de sourire fendant ou d’yeux piteux. Si le premier nous semble plus projeter l’image d’un leader, c’est notre côté primate qui nous le dit. Avoir le torse exposé, c’est tout simplement un signe de dominance dans le règne animal. La première position est une démonstration de puissance parce qu’elle ne laisse transparaître aucune crainte de se faire attaquer.

Pas de surprise jusqu’ici : le langage corporel influence la perception que les autres ont de nous. Mais a-t-elle un impact sur l’image de soi? Oh que oui! Le maintien envoie au cerveau l’ordre de sécréter certaines hormones comme la testostérone qui suscite la confiance ou le cortisol, suscitant l’anxiété. Au même titre que sourire pour rien peut donner l’impression d’avoir ben du fun, bonne posture et assurance vont de pair. Amy Cuddy, la prof dont je vous parlais plus tôt, a découvert que se tenir les jambes de la largeur des épaules et tout en posant les mains sur les hanches pendant à peine deux minutes peut faire monter notre niveau de testostérone jusqu’à 20 % et descendre celui de cortisol de 25 %.

Revenons maintenant à mes deux exemples de non-verbal. Ils illustrent le contraste entre les tenues typiquement masculines et féminines. Les garçons assis ont tendance à écarter les jambes, carrer leurs épaules et même placer un bras derrière le dossier de leur chaise. Les filles, elles, croisent les jambes et adoptent une posture fermée. Alors chères cerisettes, si l’on veut prendre une plus grande place dans la société, il faudrait d’abord le faire au travers de notre corps! Faisons des Wonder Woman de nous.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Roxanne Ocampo

Mission Impossible 6 : me décrire en quelques lignes. Attachez vos tuques, il va y avoir du «stock». «Geek». Habileté motrice sous-développée. Cinéphile. Végétarienne. Militante sur les bords. Incapable de cacher mes émotions – euphémisme pour à la fois brailleuse et capable de perforer des tympans avec mon rire. Cyberdépendante. Mexicaine. Montréalaise. Idéaliste. Assoiffée de rencontres. Lève-tard. Anglicisée. Rockeuse dans l’âme. Amoureuse de thé, du vent et de mots crus. Beurre d’arachide. Orbite. Tournevis. Vélociraptor. Gangrène. Soie dentaire. Otarie.

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